Septembre 1987 - Rentrée en 6ième
La grande aventure, le collège et toutes ses nouveautés. Je
pratique un nouveau sport tous les mercredi, la Voile et je découvre le jeu de
rôle. Avec une petite équipe d'amis nous commençons avec "l'Oeil Noir" et
switchons rapidement sur AD&D. C'est lors d'une de ces séances de JdR que je
rencontre Ange pour la première fois. C'était l'Elfe du groupe, elle montrait un
profond attachement à la culture celtique. Rien de notable cette année là, on se
lie d'amitié mais elle ne m'intéresse pas. En fait aucune fille ne m'intéresse à
cette époque là, elles sont loin de mes préoccupations du moment (mes amis, la
voile, le JdR et les bouquins), d'autant plus que Ange cultive un look étrange :
toujours en pantalon, les cheveux courts, pas de poitrine (bon à cet age là de
toute manière...), un look très garçon. Elle n'est pas belle, n'intéresse pas
les garçons, mais elle est sympa, c'est déjà ça.
Septembre 1988 - Rentrée en 5ième
Je ne sais plus à partir de quel moment j'ai commencé à
m'intéresser à elle. Ou l'inverse, on a commencé un petit jeu de cache cache, de
"je t'aime moi non plus", il était hors de question pour moi de sortir avec une
fille, ma fierté masculine en aurait pris un coup. Mais la petite Ange avec son
look androgyne et sa solitude me plaisait bien. Notre groupe de JdR continuait
toujours, notre MJ anorexique nous quittant malheureusement en fin d'année pour
être hospitalisé afin d'être nourri de force. Ange me fait clairement la chasse,
je flippe et m'invente une copine "blonde et en 4ième" que je vois le mercredi
au lieu d'aller à la voile. Un mensonge qui me coûtera tellement je pense.
Pourquoi j'ai inventé ce truc là ? J'en sais rien, je ne pensais pas qu'elle y
croirait, moi même je trouvais ça trop ridicule. En plus la petite ange
m'impressionnait déjà, j'ai quasiment 1 an d'avance dans mes études alors
qu'elle est la plus vieille de sa classe bien que n'ayant pas redoublé, hasard
des naissances. Elle est beaucoup plus mure que moi et me fait peur. Elle me
fait découvrir The Cure, elle entre dans son trip Curiste qui durera tant
d'années. Je commence à m'intéresser aux filles. Ange et moi avons même failli
nous embrasser dans les couloirs du collège, mais je n'ai pas trouvé la force.
Trop dur, trop peur, trop impressionnant. Je ne suis pas sur de vouloir sortir
avec elle. Mais déjà son regard me fait chavirer et sa petite voix m'envoûte.
Puis vient le voyage de classe en Allemagne, les familles d'accueil, le train
couchette. Et mon premier baiser, au son de "Still Loving You". Je m'en
rappellerai toute ma vie : train vers Nürnberg, il y avait 2 autres filles, des
bonnes amies, et Ange. Nous avons éteint la lumière. J'étais assis à coté
d'elle. Je devais trembler de tous mes membres, mon coeur risquait d'exploser
dans ma poitrine. Ange s'est doucement approchée de moi dans le noir, m'a pris
la main, s'est collée contre moi, ses petits seins contre ma poitrine puis a
posé ses lèvres contre les miennes. Nous nous sommes embrassés gauchement, puis
petit à petit j'ai commencé à l'enlacer, à mettre mes mains sous son T-shirt,
dégrafer son soutien gorge, lui caresser ses petits seins d'adolescente. Cela a
duré tout le trajet, bien que je me sois fait chopper par le prof de Math qui a
débarqué à l'improviste dans le wagon des filles (où j'étais avec Ange). Après
cette nuit, elle m'a donné son soutien gorge. Je l'ai gardé de nombreuses
années, caché, comme un trophée, ou plutôt un souvenir. Ange m'apprend la vie,
m'initie à des tas de choses interdites. Nous ne faisons pas l'amour, oh non, je
suis encore bien loin de ces préoccupations, pour l'instant c'est baisers et
caresses. Tout le monde s'étonne que je sorte avec la "fille moche", la "vilaine
ange" qui ressemble à un garçon. Elle me parle de sa vie, de sa mère qui
l'oblige à se couper les cheveux pour ne pas plaire, à porter des pantalons pour
faire fuir les garçons. Je ne verrai Ange en jupe que 3 ans plus tard je crois.
On ne sait pas trop où se situer ange et moi. Nous sortons ensemble sans
vraiment l'être, je passe plus de temps avec mes potes qu'avec elle. A la fin de
l'année, la pression des amis est trop forte, nous nous séparons, sans douleur,
comme ça.
Septembre 1989 - Rentrée en 4ième
La révélation. Il ne s'est rien passé de notable durant
l'été, mais un truc a changé. Les filles, voilà un sujet fort intéressant. Je
commence à draguer un peu tout ce qui passe, mais je ne sors pas avec Ange. Elle
plonge de plus en plus dans son trip gothique. Je rejoins le mouvement tout en
restant le bon petit soldat, l'enfant sage que j'ai toujours été. C'est l'époque
des longues soirées au téléphone (parfois durant 3h) avec elle, à écouter de la
musique à distance, ce fameux "Close to me" qui bercera à jamais ma mémoire.
Nous ressortons encore ensemble, mais cela dure peu. Notre amitié grandit de
façon exponentielle, elle est devenue ma meilleure amie, ma confidente pour mes
peines de coeur avec d'autres filles qui n'arriveront jamais à sa cheville. Je
vais la voir chez son père, mes parents commencent à connaître la "petite Ange".
Ils connaissent surtout d'énormes factures de téléphone, mais bon...
Septembre 1990 - Rentrée en 3ième
De voyages en colonies, je découvre la vie, fait de nouvelles
rencontres éphémères, me prend aussi bon nombre de vents dans la tête. Mais je
reviens toujours vers Ange. Je refuse de sortir avec elle cette année là. Je me
concentre sur mes études pour intégrer le meilleur lycée de la ville, je
commence déjà à tracer mon parcours idéal, les filles passeront ensuite. Ange et
moi nous brouillons un peu vers la fin de l'année, elle me reproche de ne pas
l'aimer, mais je n'aime personne à cette époque là, je manque furieusement de
maturité.
Septembre 1991 - Rentrée en 2nde
La grande aventure. Nouveau lycée, nouveaux amis. C'est un
peu effrayant aussi. Je rencontre Julien qui deviendra mon nouveau meilleur ami
jusqu'au drame. Je plonge à fond dans les études. Année chiante au possible, je
ne vois que Ange de temps en temps, elle n'est pas dans le même lycée que moi.
J'ai arrêté le JdR mais je revois de temps en temps mes amis de collège. Pour
l'anniversaire de l'un d'eux, Ange et moi nous retrouvons après de longs mois
sans nous voir ni nous téléphoner. Elle a les cheveux longs, une belle jupe.
Elle est encore plus belle qu'avant, la rose a éclot, elle me fait chavirer. On
se retrouve autour d'une partie de Battletech avec tous les autres. Elle doit
partir plus tôt pour rentrer chez elle, cela me désole, je voudrais parler avec
elle, savoir ce qu'elle devient, comment elle va. Au moment de partir, alors que
nous étions alliés, la trahison de ses armées provoque la destruction massive de
la totalité des miennes pour son plus grand plaisir. Garce ! Elle part en riant,
je la poursuis. nous nous embrassons dans la rue. Un baiser amical, pas de je
t'aime. Je crois que je ne lui ai jamais dit je t'aime et elle non plus en fait.
Pas avant 2001 en tout cas. On recommence à s'appeler, elle me parle d'un
éventuel transfert dans mon lycée l'an prochain. Je me mets à rêver...
Septembre 1992 - Rentrée en 1ière
Ange est là ! Elle rejoint mon lycée ! Je saute dans tous les
sens, la présente à mes amis. Le constat est le même à chaque fois : "mais c'est
qui cette fille moche ?". Sa mère a repris les choses en main, cheveux courts à
nouveau, pantalons peu sexy. c'est clair qu'elle ne colle pas avec les canons de
l'époque. Mais je la connais bien, je distingue déjà la perle qui se cache en
elle. Pourtant une fois de plus la pression sociale est trop forte. Je ne veux
pas être le gars à sortir avec la fille moche. Ange veut sortir avec moi, je
refuse, la jetant même dans les bras de Julien pour avoir la paix. Et avant
l'été c'est la catastrophe. Julien vient me voir et m'annonce tout sourire qu'il
a couché avec Ange, alors même qu'ils ne sont sortis ensemble que quelques mois
il y a longtemps déjà. Il se vante, elle était vierge, je manque de m'étouffer,
il en parle avec le plus grand mépris, comme d'un trophée. Rupture définitive
avec lui. Explications avec Ange. Elle était encore amoureuse de lui, de son
coté bohème, révolutionnaire, il sait parler, il est un peu philosophe. Et un
jour alors qu'ils rentraient du lycée, Ange lui demande s'il voudrait coucher
avec elle, comme ça, pour se rassurer et voir si elle plait. Il répond "Tout
mais pas ça", mots qui resteront gravés à jamais dans ma mémoire. De rage elle
le traque toute la journée, profondément vexée, elle fait de cet affront une
affaire personnelle. Ils arrivent chez lui et font l'amour. Elle me dira plus
tard que c'était fort décevant, que Julien a été mauvais. Maigre consolation.
J'espérais secrètement qu'Ange soit mon premier amour et que je sois de même
pour elle. Mes illusions s'envolent, je me sens à la traîne, encore vierge, je
doute de moi. Je me replonge encore plus à fond dans les études pour oublier.
Quelques filles par ci, par là, mais plus des amourettes de vacances, je ne veux
pas d'une relation stable. Ange redouble sa première, change de lycée une
nouvelle fois, retourne à Toulon. Nos chemins s'éloignent, je vais la perdre...
Septembre 1993 - Rentrée en Terminale
L'année où tout a basculé, la fin d'une vie, d'une époque.
Ange sort avec d'autres personnes à Toulon, on se téléphone encore, mais c'est
différent, je soufre maintenant, une souffrance nouvelle, au niveau du coeur,
quelque chose de jamais ressenti. Ange m'invite chez elle à Toulon me promettant
monts et merveilles, j'accours, nous passons la journée ensemble, à nous
balader, elle m'initie au tarot divinatoire. Elle m'emmène sur le rocher des
amoureux, me fait une déclaration, me dit que si je trouve le rocher où est
marqué "Perdition", c'est que nous sommes fait l'un pour l'autre. Je ne
trouverai jamais ce rocher qui pourtant était devant moi, sous mes yeux, au fond
de l'eau. Je rentre à Marseille désespéré bien décidé à oublier Ange. Je
commence une relation stable avec Ludivine. Sur un malentendu. J'avais demandé à
une amie de me présenter à Ludivine, une fille en première avec elle. Lorsque
mon amie arrive avec la fameuse Ludivine, je constante avec horreur que ce n'est
*pas* la bonne Ludivine, il y en avait deux dans sa classe ! Pas grave, celle-ci
me plait bien, je me jette à fond dans ma relation avec elle au son d'Unchained
Melody. Nous nous entendons bien. Je suis un peu intimidé car Mika, mon meilleur
pote m'a sorti un jour une sale blague "Tu connais la différence entre Ludivine
et une mouche sur le cul d'une vache" (j'ai pas dit que ça allait être poétique
non plus), "Elles se sont toutes les deux pris un coup de queue". Mon Dieu !
Elle n'est plus vierge alors que moi si ! Je peux croire ses sources, il sort
avec la meilleure amie de Ludivine. J'ai du mal à oublier Ange, son histoire
avec Julien m'a profondément affecté, je commence à voir que je tiens un peu à
elle tout de même, mais je n'arrive toujours pas à analyser mes sentiments, je
ne perçois que de la jalousie, je ne veux pas voir ce qui commence à crever les
yeux. Ma relation avec Ludivine est au beau fixe, le bac approche, tout va bien.
Pourtant l'orage gronde au loin sous le soleil de Marseille. La veille de
l'épreuve de philo, Ange vient me rendre visite à la maison. J'ai prévenu mes
meilleurs potes (pas Julien) qu'elle va venir et conscient du risque qu'elle
représente pour ma relation avec Ludivine, je leur demande de m'appeler tout
l'après midi au téléphone pour que je ne fasse pas de connerie. Ange vient à la
maison à 14h, nous discutons dans ma chambre sur le tapis. Elle est belle, j'ai
envie d'elle. On parle de l'époque où nous sortions ensemble. Elle sort avec un
gars plus vieux qu'elle, Freddy. Je mets de la musique, "Still Loving You". On
se regarde tendrement, de nombreux souvenirs remontent à la surface. "Tu te
souviens" dis-je ? "Oui" répond t'elle dans un souffle. Nous nous jetons l'un
contre l'autre, nos lèvres se touchent, nous nous embrassons. Je défait sa
veste, dégrafe son soutien gorge, commence à la caresser. Toujours aussi
maigrichonne, je l'aime comme ça. Changement de musique, "The Cranes". La voix
sépulcrale de la chanteuse nous berce. "Pense à Ludivine" dit elle. Je pense à
la phrase de Mika. Ludivine n'est plus vierge. "Je m'en fous, c'est toi que...
et Freddy ?" dis je. Aucune réponse de sa part, nous nous déshabillons. Sortir
les préservatifs, le stress de la première fois, essayer d'en mettre un
correctement. Le téléphone sonne : mes amis qui viennent aux nouvelles. "Tout va
bien, je dois raccrocher". Ils sentent que je cache quelque chose. Je débranche
le téléphone. Je suis conscient de ce que je vais faire. J'accepte mon destin.
Nous faisons l'amour. Enfin, j'essaie. Je suis plutôt catastrophique, ça ne veut
pas marcher. Ange le prend du bon coté. Elle commence à m'embrasser dans le cou,
sur le torse et descend petit à petit vers mon bassin. Ses yeux. Ses yeux me
hanteront toujours, je revois son regard, un regard d'amour, d'envie, de passion
alors qu'elle joue avec moi. Nous restons tout l'après midi à nous aimer, à se
caresser, à s'embrasser. "On n'a jamais réussi à être ensemble au même moment
nous deux, on s'est toujours ratés" dira t'elle. "Oui, et je pense que quand je
serai marié tu seras toujours ma maîtresse" j'ajoute en rigolant. J'ai le
sentiment d'avoir tout raté, mais j'ai tellement appris ce jour là. Et Ange a
été ma première fois. A nouveau. Elle m'a crée, elle m'a forgé, je lui dois
d'être ce que je suis. Je la raccompagne à la gare. Rentré chez moi, mes amis me
téléphonent, je ne peux qu'avouer ce que je viens de faire. Ludivine m'appelle
ensuite pour me donner rendez-vous le lendemain matin avant l'épreuve. Mon
cerveau est en vrac, je ne sais plus où j'en suis, j'ai l'impression d'être la
pire des ordures. Mais je ne suis plus vierge, je ne serai pas ridicule avec
Ludivine. Le lendemain elle m'attend devant la salle de l'épreuve. Me demande
pourquoi j'ai les coudes râpés, m'embrasse et me souhaite bonne chance. Je
n'arrive pas à me concentrer, je penses à Ange, Ludivine. Bilan des courses, le
major de promo en philo se tape un 4 au bac. Pas grave, les sciences sont là
pour tout rattraper. L'été, le choc, la rupture. Alors que Ludivine est en
vacances dans un bled paumé où se trouve son ex, je lui écris tous les deux
jours une belle lettre, sous forme de journal. C'était une littéraire, fille de
prof de français, c'est elle qui m'a vraiment révélé la littérature, donné le
goût pour l'écriture. Pourtant, aucune réponse de sa part. A mon retour à
Marseille, je reçois un colis contenant toutes mes lettres brûlées. C'en est
trop pour cette année. Je me brise trois phalanges d'un coup de poing dans mon
lit. Fin d'été abominable, je change, je deviens mauvais, aigri, je veux me
venger, j'adopte une attitude de sale petit con que je garderai de nombreuses
années.
Septembre 1994 - Rentrée en Math Sup
Guerre froide avec Ludivine qui ne me parle plus. Son Ex l'a
à nouveau largué. Bien fait. Lors de mon bizutage, je fais la connaissance d'une
Corse bien mignonne avec le même prénom que Ludivine (mais en Flamand).
J'apprécie l'ironie de la chose et nous sortons ensemble. Je revois Ange, nous
nous amusons ensemble, en toute amitié. On se connaît par coeur, c'est l'entente
cordiale. Ludivine fulmine dans son coin, ses amis m'attaquent sans cesse en me
disant qu'elle soufre, que je ne sors avec ma Corse que pour me venger de
Ludivine. Pas totalement faux. Un soir alors que je rentre chez moi, je la
trouve sur mon chemin, faut dire qu'elle habitait à coté de chez moi. Elle est
triste, malheureuse. Elle me plait toujours, je l'aime encore, elle me manque.
J'ai mon walkman avec justement "Unchained Melody" dessus. "Tiens, écoute ça,
Ludivine, tu te souviens". Elle me regarde tristement. "Oui". "Tu me manques
dis-je, et si on recommençait ?". Nous nous embrassons, le lendemain je quitte
ma tendre Corse pour m'afficher publiquement avec Ludivine. Noël approche, Mika
organise une fête dans son appartement où il vit seul, privilège du fils à papa
qu'il est. Ludivine et moi nous retrouvons seul un après midi pour décorer
l'appartement, grâce à la complicité de Mika. Nous nous retrouvons au lit, nus
pour la première fois ensemble.
- Ludivine : Et tu feras quoi ensuite (note : après avoir fait l'amour avec moi)
?
- Moi : (je suis complètement séché par la question, elle fait allusion à une
amie à elle qui après avoir couché avec son copain s'est faite larguer le
lendemain). Euh, je te garderai (d'un romantisme absolu mais la question m'a
dérouté)
- (dans un murmure) Vas-y doucement, je suis vierge...
- (Gros choc. Elle est vierge ?! Mika espèce d'imbécile ! C'est sa petite phrase
qui m'a fait coucher avec Ange et trahir Ludivine. C'est trop pour moi, je ne
peux pas faire l'amour avec elle dans ces conditions). Tu es vierge ? Je crois
qu'il vaut mieux que l'on fasse ça dans un meilleur endroit.
Nous nous rhabillons. Le soir de la fête nous ferons l'amour
dans la chambre des amis chez Mika alors que celui-ci couchera avec la meilleure
amie de Ludivine dans la pièce à coté. C'est le début d'une belle histoire, je
continue à voir Ange, mais en pure amitié. Ange évolue dangereusement à mon sens
: elle embrasse le mouvement gothique, plonge dans le JdR semi-réél (Vampire),
fréquente des groupes de rôlistes toulonnais qui s'illustreront tristement
quelques mois plus tard dans des saccages de cimetières. Elle vit avec son père,
l'emprise de sa mère disparaît, elle se fait belle, récupère toutes ses années
perdues, sort avec un nombre incalculable de mecs qu'elle appelle "mes petits
poissons". Tout gravite autour d'elle. J'aime Ludivine, mais je suis
terriblement jaloux pour Ange. Elle m'offre la totalité de ses cartes Magic The
Gathering comprenant de nombreuses cartes rares. C'est sa façon de me faire
plaisir. Cette année là je m'entaille la main suite à une dispute avec elle,
pour me souvenir. Une petite croix sur la main droite, légère cicatrice qui ne
partira jamais, mais qui me rappelle Ange dans les moments de doute. Elle était
gravée dans mon esprit, maintenant elle l'est dans ma chair. L'amour de ma vie,
celle qui m'a fait découvrir la vie, qui m'a arraché à une jeunesse studieuse et
ennuyeuse, celle qui m'a montré tant de plaisirs, le bonheur.
Septembre 1995 - Rentrée en Math Spé
Les choses se corsent. Les concours me demandent beaucoup de
temps de travail mais j'arrive toujours à mener une relation stable avec
Ludivine. Je pars souvent en vacance avec elle, nos parents se connaissent, tout
est en bonne voie. Ange rentre en fac, elle se cherche, commence des études de
psycho. On reste en contact, mais comme amis malgré quelques baisers. On se voit
de temps en temps à Aix. Je l'aime encore, je lui dis que je voudrais être avec
elle, mais elle ne veut rien de stable, elle veut s'amuser, profiter de la vie,
de sa nouvelle vie. Elle m'invite dans sa chambre en cité universitaire un soir.
Elle me propose un massage qui dégénère. Mais elle ne veut pas se mettre avec
moi. Je rentre chez moi avec le sentiment que c'est la dernière fois que je la
vois avant longtemps; il est 4h du matin, je suis crevé, lorsque j'ouvre les
yeux la rambarde de l'autoroute fonce sur moi. J'esquive de justesse, ayant la
peur de ma vie. Je ne veux pas mourir, pas maintenant. Mourir en revenant de
chez Ange, quelle belle fin pourtant. Je retrouve Ludivine. Je ramène tout au
sexe, je ne pense qu'à m'amuser et profiter de la vie. Expériences en tout
genre, je goûte à tout, trompe Ludivine à Noël avec une fille bourrée qui ne
m'intéresse pas du tout. Expérience homosexuelle sans pénétration avec un
inconnu en rentrant de soirée un jour. Je veux tout tester, tout tenter. Le
tournant que prend notre relation avec Ludivine m'inquiète un peu. Je suis accro
à Ange, je ne suis pas sûr d'aimer Ludivine. Tout va trop vite, je flippe. Un
jour, un pote de prépa me dit "Tu vas faire quoi avec Ludivine, la plaisanterie
a assez durée, tu ne l'aimes pas quand même ?". J'ai toujours été trop sensible
au regard des autres, à ce qu'ils pensent de moi. Etais ce de la jalousie de sa
part ? Une boutade ? Je ne sais pas, mais le doute a germé dans mon esprit... Les
vacances d'été. J'ai réussi mes concours et pars pour Toulouse. Ludivine et moi
nous disputons, en fait je provoque une dispute, je veux la quitter, commencer
une nouvelle vie à Toulouse, tirer un trait sur mon passé. Assez de souffrances,
oublier les filles pour quelques temps. Je quitte Marseille sans même lui dire
au revoir, aucune nouvelle, je disparais du jour au lendemain.
Septembre 1996 - 1ère année en école d'ingénieur
La fête, de nouveaux amis, la fin des études lourdes.
Sorties, drague. Mais rien. Je regrette mon attitude vis à vis de Ludivine. Je
la rappelle au bout de 3 mois. Elle ne veut plus entendre parler de moi et elle
a raison. Je me complais dans ma douleur, aime passer pour une victime. Je tente
vaguement de draguer mais le coeur n'y est pas. Je repousse Julie, je pense plus
à m'amuser avec mes potes qu'à draguer. J'ai quelques nouvelles d'Ange, mais je
me sens éloigné d'elle, différent, nous n'avons pas les même centres d'intérêts.
Elle devient une amie comme une autre.
Septembre 1997 - 2ième année en école d'ingénieur
La solitude me pèse. Mes vaines tentatives pour trouver une
copine se soldent toutes par des échecs. Mika me contacte pour me proposer un
plan à trois avec sa copine du moment. Je refuse après avoir longuement hésité.
C'est la dernière fois que j'entends parler de lui, lui qui a été mon meilleur
pote des années durant. Quelques nouvelles d'Ange qui doit changer de fac à la
fin de l'année. Elle me manque, comme amie uniquement. Période de fête entre
amis, le tourbillon de la vie étudiante me happe de plein fouet.
Août 1998 - Année en Suède
Je change de vie à nouveau, j'oublie des anciens pote, je
fuis à nouveau, rencontre Marie, commence une belle histoire avec elle. Delphine
la française me fait des avances. Elle sort avec quelqu'un qui est resté au
pays, mais cela ne va pas trop, un soir où elle est bourrée, je la ramène dans
sa chambre et elle me demande de l'embrasser. Marie, Delphine, je n'ai jamais
été fidèle, j'ai commencé ma vie sexuelle en trompant, je mourrais en trompant à
mon avis. Je l'embrasse sur la joue et commence à lui caresser les seins lorsque
Massimo débarque dans la chambre pour prendre des nouvelles. Je suis arrêté en
plein vol. Je remonte avec Marie qui m'attend, Massimo n'a rien vu je pense. Le
lendemain Delphine et moi convenons d'oublier ce qui a failli se passer cette
nuit là. Bien sûr tout ceci n'apparaît pas dans mon journal de l'époque. Un jour
je reçois une carte d'Ange qui a écrit à mes parents n'ayant pas ma nouvelle
adresse. Je suis tellement heureux de savoir qu'elle va bien. J'en parle à Marie
mais omets bon nombre de détails sur nos relations. Une petite carte en réponse.
Puis je l'oublie à nouveau. Retour en France et séparation physique de Marie qui
rentre à Dublin. Nous restons ensembles, bien décidés à essayer de vivre
ensemble d'une manière ou d'une autre.
Juillet 1999 - Octobre 2001
Je manque de partir vivre à Dublin, Marie manque de venir
habiter en France. Mais rien ne se fait. Je suis plus intéressé par ma carrière
que par mon couple. Je sombre dans la douce facilité d'un couple distant : je
suis libre mais j'aime Marie. Je me fais draguer par une fille à mon vidéoclub
et me retrouve chez elle. Elle veut manifestement coucher avec moi. Pour la
première fois de ma vie, je dis non, je ne trompe pas ma copine. Je choisis de
construire, de vivre avec Marie coûte que coûte. Mais le temps n'arrange rien,
la séparation commence à détruire notre bel amour, la pression familiale me
pèse, tout le monde veut que l'on prenne une décision. Je n'ai pas de solution,
mais je sais que Marie sera la femme de ma vie. On trouvera bien. Pas de
nouvelle d'Ange pendant ces longues années. Eté 2001, je pense à Ange et
Ludivine plus que d'habitude. Je tapes leur noms dans un moteur de recherche sur
Internet. Surprise, je les retrouve. Ludivine a poursuivi une brillante carrière
en littérature, a écrit des essais et des livres de grammaires pour enfants.
Ange est thésarde en sciences cognitives maintenant. J'ai un immense sentiment
d'échec, de jalousie, j'impression que je n'ai rien fait de ma vie jusqu'à
présent, que tous ont réussi sauf moi. Changement dans mon attitude, je donne
tout au travail, il n'est plus question pour moi de quitter la France, je
commence une carrière ici, l'opportuniste, le louveteau est né. Je contacte Ange
sans grand espoir, un petit mail. Le miracle arrive, elle me recontacte, nous
parlons longuement, elle est seule, donne tout à ses études. On parle de nous,
de notre passé. Elle a un colloque sur Paris en octobre, je propose de
l'héberger. Elle accepte. Ange est de retour !
Octobre 2001 - Septembre 2002
Octobre arrive. Ange aussi. Dieu qu'elle a changé, c'est une
femme superbe maintenant (en tout cas pour moi). On se fait un resto avec des
potes qui connaissent Ange de nom, depuis le temps que je leur en parle. Thomas
connaît mon passé avec elle. Lui et Tommy font des paris pour savoir si je
tiendrai les 3 jours de son passage à Paris sans lui sauter dessus (et
réciproquement). Chaque nuit je rêve d'elle, la savoir dans mon lit juste à coté
me fait oublier Marie. Je rêve de la caresser, de lui faire l'amour comme avant,
elle qui me connaît si bien, celle qui m'a donné le plus de plaisir jusqu'à
présent dans ma vie. La suite s'enchaîne rapidement : le dernier matin je vais
la réveiller, elle me demande un câlin dans un murmure tout en gardant les yeux
fermés. Je m'allonge à coté d'elle, conscient que les choses risquent de
dégénérer rapidement si je ne fais rien. Je choisis le passé. Nous faisons
l'amour pendant des heures, ma plus belle nuit, le meilleur orgasme de ma vie.
Elle semble radieuse, je ne l'ai jamais sentie comme ça. Je n'ai aucun remord
pour Marie. Je suis devenu un vampire sentimental, totalement froid, insensible,
purement sexuel. Je dois partir au boulot, Ange part dans la matinée pour
Marseille. On se douche ensemble, refait l'amour, s'embrasse une dernière fois.
On a conscience d'avoir fait une bêtise. Je lui dis que j'ai fait ça pas amitié
en partie, mais pas seulement. En rentrant, je trouve un mot sur ma table, où
elle me parle de nous, me dit qu'il vaut mieux que je reste avec Marie. Mais le
mal est fait, le poison est dans mes veines, me gangrène l'esprit. Vacances avec
Marie assez moroses, je ne l'aime plus. Je ne pense qu'à Ange, Ange, encore et
toujours Ange. En décembre je descends à Marseille pour voir le Seigneur des
Anneaux avec elle. Nous n'y allons pas, nous faisons l'amour dans sa voiture,
elle me propose de passer la nuit chez son frère. "Je ne peux pas, mes parents
vont se demander où je suis" (pour moi, je suis avec elle comme avant, pour nos
plans sexe/amitié). "Mais pourquoi, tu fais ce que tu veux non ?" (pour elle,
tout est déjà allé trop loin, elle pense que je vais quitter Marie pour elle).
Elle me ramène chez moi, me propose de venir vivre avec moi sur Paris, me dit
"je t'aime" pour la première fois, cela me bouleverse, elle trouvera à
poursuivre sa thèse sur Paris, tout est possible. Je lui dis que je ne sais pas,
que je veux sauver mon couple. Mars 2002. Retour à Marseille, je retrouve Ange,
nous nous aimons encore, elle me redemande encore de choisir. Et je le fais. Je
veux vivre avec Marie, je veux sauver ce qui peut l'être avec elle. Elle pleure,
me dit qu'elle regrette de s'être fait des illusions, qu'elle avait pensé que
c'était plus que de l'amitié entre nous. Je ne l'avais jamais vu comme cela
avant. Nous sommes en voiture, elle met "The Cranes". "Tu te souviens ?" dit
elle en larmes. "Oh oui". Je suis triste, j'ai l'impression d'avoir tout gâché,
que je suis misérable, un salop, que je trompe tout le monde. Lorsque nous nous
quittons, je sais que quelque chose de grave vient de se passer. Je ne sais plus
quoi penser. Je n'aime plus Marie. Je veux la quitter. Cet été, il faut que je
lui dise. La graine germe, je comprends que j'ai fait fausse route, je regarde
les signes qui ont parsemé notre vie. Lorsque j'appelle Ange en juillet après
avoir fait le mort depuis mars, mon univers explose. Elle a rencontré un mec en
mai, et maintenant elle vit avec lui. La terre s'ouvre sous mes pieds, je revois
ma vie, je comprends. Je n'ai que ce que je mérite. Tout est fini dans mon coeur
avec Marie.
Octobre 2002 - 16 Janvier 2003
On part en vacances avec Marie une dernière fois en octobre,
pour son anniversaire. Je n'ose pas la quitter, elle est si joyeuse, mais je
suis désagréable malgré moi, ne l'aime plus, tout m'énerve en elle. Décembre. Je
quitte Marie. Je rappelle Ange pour avoir de ses nouvelles, et elle a cette
phrase assassine...
- Ange : On s'est toujours raté, tu n'étais pas prêt l'an dernier. Même au
collège quand tu sortais avec cette blonde et que tu ne voulais pas de moi. On
aurait pu vivre quelque chose de bien.
- Moi : (Seigneur Dieu, une petite graine insignifiante...) Mais... mais j'ai
menti, je ne sortais avec personne, je n'étais pas prêt c'est tout. Mais
pourquoi ai je menti ?! Je suis désolé, rien n'était vrai !
- ... Tout ça pour ça. Quel gâchis. (dans un murmure un peu comme si elle ne
croyait pas ce qu'elle disait) De toute manière cela n'aurait pas marché entre
nous, tu aimes la ville, j'aime la campagne, non ?
- (je n'arrive plus à parler, les sanglots me bloquent la voix) Peut être. Peut
être pas. Quel gâchis, mon Dieu, quel gâchis.
- (petit rire) Mais c'est pas grave, ne te met pas dans cet état.
La stratégie du rire, c'est elle qui me l'a apprise, je sais reconnaître ce
rire, ce rire qui protège. Elle soufre, elle aussi mais ne le montre pas. Je
m'effondre en larmes, vide une bouteille de Martini, appelle au secours Thomas.
Il me traîne de force à la pendaison de crémaillère de Seb. Je vois Chloé pour
la première fois. Un miroir, Ange est devant moi. Je suis le seul à lui parler
de la soirée, le seul à m'intéresser à elle. Comme toujours, je m'intéresse aux
délaissés, comme Ange il y a 14 ans de cela. C'est trop dur pour moi. Je veux me
détruire, tout détruire autour de moi comme un enfant qui casse ses jouets de
rage. Je m'éloigne de mes amis, tente de me prendre des cuites mémorables pour
oublier. Retour catastrophique à Marseille pour les vacances. Commisération des
uns, gaffes des autres, tout le monde me gonfle avec Marie et mes parents me
harcèlent pour savoir si je vais bien, me disant d'aller voir Ange, mon amie. Je
n'ai pas la force de la voir. Début janvier, grosse déprime, pleurs, larmes,
doutes, excès. Je roule à fond sur le périph, je ne souhaite qu'une chose :
mourir dans un accident, je n'ai pas le courage de me foutre en l'air, mais si
quelqu'un pouvait me tuer, ça serait bien. 16 janvier, ultime tentative de
survie, écriture d'un journal, pour comprendre, analyser ce qui a pu se passer.
Quelque part en France, près d'une grande ville.
Ah, le début d'année, quel moment propice pour prendre de bonnes résolutions. Ca, on peut dire que j'en ai pris des résolutions. Bonnes je sais pas, mais nombreuses sûrement :
Tout d'abord, faire du sport régulièrement. Je fais déjà du sport régulièrement. Et du vrai en plus, pas de la salle de musculation. Remarquez, j'ai déjà été inscrit en salle de musculation. Mon dieu que c'est déprimant. Vous avez le choix : il y les gros musclés qui viennent montrer aux petits rachitiques qu'en prenant un bol de protéines par jour on peut devenir comme eux et mourir d'une crise cardiaque à 40 ans. Il y a les petits rachitiques qui regardent les gros musclés avec envie, tout en matant les filles super minces en bavant, filles supers minces qui sont juste là pour faire du sport en esquivant les dragueurs en tous genres et en se moquant des pauvres filles venues pour perdre leur excédant de cellulite avec l'été. Ajoutez à cela une bonne dose de sueur rance, un musique Dance style "Cher" année 2000, un coach qui vous recommande d'arrêter le sport et de faire un régime, un abonnement hors de prix, une salle bondée de monde lorsque vous y allez après le boulot, et cerise sur le gâteau, des tas d'exercices stupides impliquant de soulever une masse non négligeable de fonte avec diverses parties de votre corps, dans la plus grande souffrance. Parmi mes autres résolutions, un super importante, celle que tout le monde
doit faire le matin du 1er Janvier, la tête dans le cirage au fond d'un canapé
inconnu (mais où je suis là ?!) au milieu de vestiges culinaires d'une année
révolue : rencontrer de nouveaux gens, se chercher un(e) copain(e), avoir
une relation stable et ne plus se comporter en gamin. Ah oui, c'est sûr
les couples ne se promettent pas ça. Ben voyons, ils sont heureux eux, ils ont
leur petite vie qu'ils estiment pleine de désagréments. Y'a rien de pire qu'un
couple pour un célibataire. Surtout un réveillon du jour de l'an. Quand les
douze coups de minuit sonnent, le célibataire de base n'a que deux options :
se jeter au cou de la belle inconnue, amie de l'ami du meilleur pote, que l'on
a maté toute la soirée. Ou bien se planquer sous une table pour fuir l'orage.
Quel orage ? L'orage des voeux de bonne année. J'ai horreur des voeux de bonne
année. Y'a toujours un beau couple pour te souhaiter "Bonne année, bonne
santé, beaucoup de travail (hé ho, j'en veux pas de ça moi, j'aime être oisif
!) et surtout de l'Amour". Et voilà, c'est lâché. L'Amour. Avec un grand A,
comme "Ah merde, bientôt la trentaine et je suis encore célibataire". Ils ont
beau jeu les couples de nous lancer un "A tes Amours !". Comme si c'était
facile d'abord. Si ça l'était je serais pas célibataire. Faut pas croire,
c'est pas un choix de vie (pas pour moi en tout cas). C'est juste que j'ai pas
de bol. En plus, sans vouloir me la raconter, c'est pas que je sois moche, ni
même totalement inintéressant, je me lave les dents 2 fois par jour, je mange
équilibré, j'ai pas un gros bide, j'ai même quelques muscles et j'ai de beaux
yeux. J'ai un bel appartement tout neuf pour deux avec un lit pour deux sauf
que je suis un. J'ai un boulot stable, je gagne bien ma vie, je suis ouvert
d'esprit, j'aime sortir et faire la fête, je suis blindé d'amis et j'ai une
belle voiture neuve d'il y a 5 mois qualifiée "D'attrape minettes" par mes
amies (mariées, mères, en couple). Faut croire qu'elle attrape tout sauf les
célibataires ma voiture. La preuve, elle m'a attrapé chez le concessionnaire.
Non, franchement, je ne pense pas être un cas. Je fais juste parti des 70% de
jeunes célibataires de la région selon un récent sondage de la feuille de
choux du coin. Franchement ça me fait une belle jambe d'être majoritaire.
Comment ils se sont arrangés mes potes minoritaires pour se trouver des
copines ? En plus j'avais de l'avance sur tout le monde, j'ai été le premier
du groupe à m'investir dans une relation sérieuses. Pendant que les autres se
faisaient des soirées biture, je lavais mon linge en couple. C'était mimi
comme tout. Je pensais que c'était la bonne, vous savez, celles qui
fera battre votre coeur pour toujours, celle avec qui vous avec envie de
rester, à la regarder, à serrer contre vous... Bref, ben c'était pas celle là.
On s'est séparé en Décembre. La brillante idée que j'avais eu là ! Se séparer
juste avant les fêtes. Je ne vous dis pas le bonheur total que ça a été. Je
vous raconterai peut être un jour le contexte de ma séparation, ça ferait un
bon mélo, avec une fin bien triste. J'ai tenté de noyer mes chagrins dans
divers liquides plus ou moins nocifs (sans succès, je tiens super bien
l'alcool malheureusement), j'ai pensé partir loin et même partir tout court
mais faut croire que mon heure n'était pas venue. Je suis vraiment passé par
les pires dessous. Mes potes me disaient tous "c'est pas grave, tu en trouvera
une autre (je veux pas d'autre !), tu es encore très jeune et puis regarde tu
n'es pas le dernier". Alors ça, c'était vraiment le truc à pas dire.
Effectivement je suis pas le dernier, j'ai l'insigne honneur de faire parti
des derniers célibataires incasables du groupe. Et dires que je plaignais ces
mecs là avant : ils sont complexés, ils trouveront jamais de copines, tiens je
vais leur présenter machine ça pourrait coller entre eux. G E N I A L !
Franchement, génial ! Bilan des courses : je suis célibataires, j'ai plus une
seule amie célibataire (je les ai toutes casées avec me potes, pensant bien
faire), la femme de ma vie est celle d'un autre, et je suis entouré de gars
pathétiques (youhou, je fais partie du groupe maintenant !).
Je m'emballe, mais je sais même plus ce que je voulais dire du coup. Ah oui,
j'en étais à ma super déprime de la mort en période de fêtes. En plus c'est
tombé avant mon anniversaire. Le pied total. J'ai revu ma famille, j'ai eu
droit aux sourires tristes de complaisance, à ceux tombés de la dernière pluie
("Comment elle va ta copine ?", "Ah Ah (tape sur le ventre), bientôt le
mariage !", "Tu vas la voir quand ?"). Y'a que mon chat qui m'a snobé. Il
snobe tout le monde celui là de toute manière. Il vient pour manger, hop une
caresse et on repart dormir. Le célibataire épanoui. En tout cas il a plus de
couille lui, bien fait ! Non mais, pourquoi il n'y aurait que moi de triste
sur cette terre. J'ai passé mon temps en larmes dans mon coin, à me cacher, à
sourire aux gens, à pleurer des heures au téléphone avec mon meilleur pote (en
couple lui aussi). Quand je suis rentré chez moi, j'étais déshydraté. Mais ça
allait mieux, bonnes résolutions oblige.
Depuis je replonge progressivement. J'arrête pas de sortir, de voir mes potes,
de balancer des sourires politiques, de faire la fête. On me présente les
dernières célibataires sur le marché du Coeur, tout le monde pense que je vais
mieux, en fait plus personne ne s'occupe de savoir comment je vais vraiment.
C'est ça le pire avec les peines d'amour : on vous aide au début pour pas que
vous fassiez des conneries, puis dès que ça va mieux, on vous laisse sécher
avec vos kleenex alors que c'est le moment critique ou vous avez besoin d'être
entouré. Moi je suis entouré de kleenex.
Néanmoins, je suis résolu à rencontrer des nouveaux gens cette année, des
nouveaux amis. Des gens neufs, qui ne vous connaissent pas, qui ont des goûts
différents, de préférence qui sont seul et pas obsédés par ça. Parce que y'en
a marre des couples. Je vais au resto, y'a que des couples, y'a même machin
qui s'est trouvé une copine tient ! C'est marrant, je suis en bout de table
maintenant, c'est l'endroit parfait pour les gens seuls. C'est vrai que je
suis obsédé. Quand on vit des années en bâtissant une relation que l'on espère
voir aboutir sur un beau mariage avec des fleurs blanches, un curé bourré, le
gros Jojo qui veut piquer le porte jarretelles de l'épouse, avec de la belle
musique classique et que l'on se retrouve seul comme un con avec son Ficus qui
n'en finit plus de crever, à tenter de se bourrer (comment il fait le curé
???), avec le grand Lolo qui arrête pas d'embrasser sa copine devant toi (est
ce que je bouffe un éclair au chocolat devant un gars au régime moi ???), à
écouter du Pink Floyd et du Bowie en boucle, on est pas forcément heureux.
D'ailleurs si quelqu'un est en train de lire ces lignes, j'espère lui avoir
filé un peu le bourdon.
Puis on se promet aussi d'être plus mature. Le syndrome de Peter Pan, c'est
bien un temps, mais fait apprendre à grandir. D'ailleurs c'est sûrement à
cause de mon immaturité que je me suis séparé, non ? C'est sûrement ça. Oui
oui. Sûrement. Finies les consoles de jeux X2, PS-Cube et Game-Box. C'est fini
tout ça, je me remets à l'écriture, à la lecture de trucs sains. Finis les
films d'action entre potes. Finies les soirées sympas entre mecs à refaire le
monde. Le monde il veut pas de moi. Ou alors pas en couple. J'aime pas être
seul. J'ai horreur d'être seul. Six ans que je n'étais plus seul, je ne suis
pas fait pour le célibat. En plus mes voisins me regardent bizarrement
maintenant ("Tiens, le gars du premier est séparé, fuyons ça pourrait être
contagieux !"). Vive la vie ! Il faut en profiter, je vais aller en boite
m'éclater la tronche à coup de musique électronique, aller dans des Pubs avec
mes potes Gays (des mecs beaucoup plus sensibles que les hétérosexuels de
base). En plus ils savent faire la fête. Je vais retourner au théâtre plus
souvent, finir de visiter les musés d'Art du coin, regarder des films
intelligents, des films d'auteurs, des documentaires bosniaques et des films
tristes. Quoi que les films tristes c'est pas bon pour le moral. Je chiale
comme une madeleine quand le héro meurt, quand il comprend que son amour est
impossible, etc... Les comédies ne me font plus rire. En fait j'ai plus goût à
rien. C'est comme une maladie. Quand on mange trop, on a la nausée et on ne
peut plus rien avaler. Ben quand on a trop aimé, on ne veut plus aimer ni rien
ressentir de peur d'exploser. Le pire c'est qu'on veut aimer et ressentir des
trucs, mais on est encore trop fragile pour ça. Je vais aller me coucher avec
Mr Pilchard (un chat en peluche offert par mon Ex), demain ça ira mieux.
Allez, dédicace spéciale à tous les célibataires récents, une petite chanson
de Brandy
(
http://www.azlyrics.com/lyrics/brandy/haveyouever.html )
Have you Ever
[Chorus]
Have you ever loved somebody so much
It makes you cry
Have you ever needed something so bad
You can't sleep at night
Have you ever tried to find the words
But they don't come out right
Have you ever, have you ever
Have you ever been in love
Been in love so bad
You'd do anything to make them understand
Have you ever had someone steal your heart away
You'd give anything to make them feel the same
Have you ever searched for the words to get you in their heart
But you don't know what to say
And you don't know where to start
[Chorus]
Have you ever found the one
You've dreamed of all of your life
You'd do anything to look into their eyes
Have you finally found the one you've given your heart to
Only to find that one won't give their heart to you
Have you ever closed your eyes and
Dreamed that they were there
And all you can do is wait for the day when they will care
[Chorus]
What do I gotta do to get you in my arms baby
What do I gotta say to get to your heart
To make you understand how I need you next to me
Gotta get you in my world
'Cuz baby I can't sleep
[Chorus]
Ah, la fin de semaine. Quoi de plus merveilleux pour un jeune cadre dynamique comme moi que la fin de semaine ? Ca me fait toujours ça le vendredi. Dès 15 heures, je pense déjà à ce que je vais faire, je n'ai qu'une envie. Me tirer. Rentrer chez moi, tranquille et partir faire mon sport hebdomadaire (non, pas le footing !). Puis penser à ce que je vais faire le Samedi.
Le Samedi matin, c'est jour de marché. Je me lève à 10
heures, je mets une machine à laver, je prends mon Caddy de vieux et je vais
acheter ma bouffe de la semaine. Le Caddy ? Mais si, le machin à roulette
ridicule à motifs écossais. Toutes les petites vieilles en ont un. Moi aussi.
Faut passer le cap du premier jour où on croit (à juste titre) que tout le monde
vous regarde. Ensuite ça va mieux. Et puis c'est pratique pour porter les trucs
lourds, les bouteilles de lait, d'eau, etc... Autre rituel, passer à La Poste,
pour chercher le colis que vous ne pouvez pas chopper en semaine. Après 45
minutes de queue et des envies violentes de géronticide (non mais pourquoi
les vieux ils vont à La Poste le samedi matin ??? Ils ont que ça à foutre en
semaine, et ils y vont le samedi matin pour t'emmerder !), on récupère son colis
(oh le joli DVD acheté sur le net, oh une boite de pâté maison de la grand mère
!). Hop, rentré à la maison, il faut étendre son linge sinon ça va sentir le
moisi et Lundi on va encore se prendre une remarque au boulot. Il est temps de
manger. Quoi d'ailleurs ? Tiens, j'ai acheté que des merdes au marché ce matin.
Bah, de la viande avec des légumes poêlés feront l'affaire. 14h, je commence mon
ménage, aspirateur, serpillière et poussière sont au rendez-vous. Je mets la
musique à fond tant qu'à faire, ça m'occupera l'esprit. Enfin fini...
Voilà ! C'est le Samedi soir ! Que vais je faire... ?
Oublions d'abord le plan "je me fous devant la télé à regarder une émission
stupide pour dépressifs". Il y a aussi le plan naze chez un autre pote, avec
pizzas / plats chinois / japonais et dessert maison. Et hop, un bon DVD, et
chacun rentre chez soi. C'est vachement sympa des soirées comme ça. J'en
redemande. Vraiment (regardez mon regard motivé...). Ou alors il y a l'éternel
plan d'un classicisme à mourir : la boite du samedi soir.
C'est un monument la boite du samedi soir. Parce que nous, on
ne va pas dans les boites à banlieue, là où on risque de trouver des mauvais
garçons qui vont nous péter la tronche à la sortie. Non, non, on est pas comme
ça nous. On est des vrais citadins. On va dans les boites branchées du coin, les
boites ou il faut être bien habillé pour rentrer, le genre ou tu paye 22€
l'entrée, 12€ la boisson (coca / vodka / eau) et 2€ le vestiaire. Mais au moins
on est sûrs d'être entre gens du même monde. S'agirait pas qu'un sauvageon
vienne nous embêter non plus. En plus elle est vraiment bien cette boite. Il y a
trois salles : une salle Techno, une salle Disco et une salle Latino - R&B. On
va toujours d'abord dans la salle Techno. Il s'en trouve toujours un pour râler
et vouloir aller remuer son corps sous des rythmes Latino, mais bon, la majorité
(dont moi) gagne toujours. On ira plus tard. Résultat, on passe 2 bonnes heures
à suer dans la salle Techno, les tympans vrillés par cette sauce commerciale,
les yeux piquant à cause du brouillard artificiel, en train de baver devant les
Gogo Danseuses à moitié nues. On part ensuite dans la salle Latino, elle est
blindée de monde, on va voir la salle Disco (tiens, ils passent du Cloclo et des
Village People). Un Alexandrie - Alexandra et YMCA plus tard, on repart onduler
au son de la techno. On mate les filles (enfin, les célibataires, les mecs en
couples font ça plus discrètement entre deux baisers à leur tendre et douce) et
comme d'habitude on rentre seul à 4 heure du matin.
Le dimanche je dors jusqu'à midi, je petit déjeune à 14h, et
je me mate mon DVD arrivé la veille. Le tout en caleçon de nuit jusqu'à 20h.
Avec un peu d'ordinateur au milieu, faut bien s'occuper. Ceux qui vont manger
chez leur parents le midi ne savent pas la chance qu'ils ont. Ensuite je regarde
un truc pourri la télé le soir, je jette un oeil sur le film érotique de
M6, et voilà je suis enfin prêt à retourner au boulot.
Ca c'était moi (vous ?) avant. Ce soir j'ai pas envie de
continuer comme ça. J'ai plus envie. J'en ai même carrément marre de ce
train-train. D'abord ce soir je vais pas au sport. Comme vendredi dernier (hé
hé, j'avais un restaurant en tête à tête avec une fille que j'aime bien /
beaucoup / énormément, qui me plaît bien / beaucoup / énormément mais qui semble
plus absorbée par son travail et son chat que par moi. Mais rien n'est perdu.
Affaire à suivre). Bon, ce soir c'est moins prometteur. J'ai rendez-vous pour
boire un coup avec un bon pote qui arrive de l'étranger pour le week-end et mon
meilleur ami avec sa meilleure petite amie. Ca va être la fête ! Le gars il est
célibataire aussi, plus vieux que moi, et... d'ailleurs il est mieux que moi,
plus drôle, plus extraverti, plus riche, plus mieux ! Et il est seul. Je
suis foutu. J'y arriverai jamais. Si même lui il y arrive pas j'ai aucun espoir.
Il m'a donné plein de bons conseils pourtant pour mes futurs hypothétiques
rendez-vous avec la fille de vendredi dernier. Finalement je sais pas si je vais
les suivre.
Demain aussi c'est fête. D'abord je dors. Pas de marché, ras
le bol. Une lessive, mais ensuite une balade quelque part. Et le soir, tada !
Fondue Savoyarde chez mes amis homos je vous prie. Et oui ! Bon, pour la drague
c'est pas gagné, le maître de maison m'a prévenu : "Y'aura que des mecs".
Mouais, on peut pas être en bonne compagnie et entouré de jolies filles. La
dernière fois que j'ai fait ce plan là, j'ai eu le malheur de mixer vin blanc et
vin rouge durant le repas. Ca s'est super bien passé. Enfin, jusqu'au dimanche.
J'ai passé la journée à parler à la cuvette de mes WC, essayant de la convaincre
d'accepter mes offrandes. Mais non, rien n'a voulu sortir. J'ai traîné ma nausée
jusqu'au lundi soir. Affreux, j'ai jamais autant été malade. Demain soir, je
bois pas une goutte.
Dimanche aussi, c'est fête, je suis invité à une galette des
rois chez mon couple favori. Vous savez, il y a une référence pour tout.
Ben eux, ils représentent la référence du couple idéal (à mes yeux). C'est sûr
ils s'engueulent un peu de temps en temps comme tout le monde, mais ils sont
adorables. Déjà ils sont mignons comme tout. Mais attention, pas le genre "voui
mon amour ma biche ma mie". Non, un vrai couple moderne, bien dans ses baskets,
qui sort, qui se balade, etc... Bref, ils sont supers. En plus ils font de
l'humanitaire. Ils m'invitent à leur galette des rois. Ils m'invitent aussi à
sortir de temps en temps. Franchement ils sont supers. Y'a pas une tradition
stupide qui dit que celui qui se casse un bridge sur une fève en céramique se
fiance dans l'année ? J'espère que je vais me péter un bridge (j'en ai pas, zut
!).
Vraiment, ça sent le bon week-end à plein nez ! J'ai la
pêche, d'ailleurs faut que je me prépare pour sortir. Un petite douche, rasage,
déodorant, lavage de dents, chemise propre à défaut d'être repassée et c'est
parti !
00h49
Un traquenard. Les traîtres, je suis tombé en plein
traquenard. Ah certes, le bon pote était là, le meilleur et sa moitié aussi.
Mais qu'est ce que j'ai dégusté. On est allé manger un truc dans une chaîne de
restaurants spécialisés dans la nourriture végétarienne et les cocktails frais.
C'est sympa, la musique y est bonne et les serveuses plutôt accortes. Le repas a
démarré plutôt calmement, tout le monde a parlé boulot, bref, les discussions
chiantes habituelles. Ensuite on a médit sur les absents, on a plaint les
irrécupérables. Puis c'est tombé sur moi. Le sujet a délicatement glissé dans ma
direction, tel un coulée de neige qui arrive discrètement derrière vous pour
mieux vous enfouir. Et là c'était parti. Passage au grill de la part du bon pote
pour savoir les raisons de ma rupture, raisons qu'il connaissait fort bien pour
avoir été mis au courant par le meilleur ami, ça sert à ça le meilleur ami :
vous lui filez un secret afin qu'il se charge de le répéter en douce à tout le
monde et vous épargne ainsi la délicate tache de raconter votre vie. En plus,
souvent l'histoire racontée est de plus en plus triste et donc vous êtes encore
plus à plaindre. La copine me donne de bons conseils pour reprendre le dessus,
on me balance l'éternel "c'est quand on cherche que l'on ne trouve pas" (mouais,
mais si je cherche pas je doute que l'on me trouve). Le bon pote me dit
d'attaquer (cf. la fille du resto de vendredi dernier) qu'il faut aller au
charbon, qu'un râteau ça n'a jamais fait de mal à personne, qu'au pire je me
prends un vent et hop, il y aura plein d'autres filles à rencontrer.
Et c'est là qu'est arrivée la révélation, la solution
à toutes les relations hommes - femmes, au détour d'une question en apparence
innocente posée par le bon pote : "Si elle te dit non, tu continue à la voir ?".
Le plus naturellement du monde, j'ai répondu "Ben oui, je la trouve vraiment
sympa, elle me plait bien, si ça ne marche pas on sera simplement amis...".
Misère, ce que j'avais pas dit là ! Le bon pote et la copine ont presque hurlé
en coeur "Mais non !!! Justement, il ne faut plus la voir !". Le meilleur ami et
moi restons perplexe. "Ben oui, tu comprends, une relation dit démarrer sur un
plan purement sexuel, d'abord on baise, ensuite on voit si ça colle avec
l'autre". Que dire ? Je ne voyais pas les choses sous cet angle là. Pour moi une
relation commence d'abord par une certaine attirance, ensuite on regarde si ça
colle et à la fin on s'amuse. Le sexe devrait être situé à la fin, non
pas comme une finalité, mais comme un dernier test avant les choses
sérieuses. Attention, ne pensez pas non plus que je sois le bon petit Catho qui
ne veut connaître une femme que le jour de son mariage, parce que : premièrement
c'est raté, deuxièmement... j'adore le sexe. Qui n'aime pas ça ? Franchement,
que les frustré(e)s lèvent le doigt ! On ne peut qu'aimer le sexe (comme dit
Félix, c'est comme la brandade de morue, si c'est bien fait, ça peut être très
bon). Mais de là à le mettre en première partie de soirée, il y a un pas.
Pourtant, en y réfléchissant bien, comment commence une
relation "adulte", pas une relation de gamin que l'on peut avoir à 18 ans (ou
dans ces eaux là) où soit on saute sur tout ce qui produit moins de testostérone
que nous, soit on croît encore au coup de foudre, hein ? Quand on acquiert de
l'expérience en expériences ratées, comment cela se passe t'il ? Le plus
souvent, c'est "Oh bonjour, moi c'est truc, blah blah, chez toi ou chez moi, paf
au lit !". Le lendemain c'est "euh, j'étais bourré désolé(e)" et on rentre chez
soi en rasant les murs, prêt à affronter les quolibets des copains : "Wouah
l'autre, t'as vu ce que t'as ramené chez toi hier ? T'étais complètement détruit
ou quoi ?". Ou alors "Tu fais quoi dans la vie, etc..." et c'est le début d'une
relation. En fait toute relation adulte commence par une relation sexuelle.
C'était si simple pourtant. Il faut se lancer pour espérer obtenir quelque
chose, quitte à se prendre une baffe, à passer pour un abruti. D'abord qui ne
s'est pas pris un râteau au moins une fois dans se vie ? Hein, qui ? A part les
gens pour qui la première petite amie fût la bonne, il ne doit pas y en avoir
beaucoup. Le râteau c'est formateur : ça permet de prendre conscience de ses
défauts, de voir ce que l'on peut améliorer pour la fois suivante. En plus
lorsque l'on est bien habitué, cela ne fait même plus mal. Bon, dès lundi
j'attaque ma belle étudiante (toujours la même, celle du restaurant). Attention,
elle j'y tiens donc pas d'idée grivoise derrière la tête, le plan "sexe d'abord"
est reporté à plus tard, si ça ne marche pas avec elle. Sinon, promis, juré,
j'applique ce conseil ! Bon, faut que j'aille méditer sur tout ça, il est temps
de dormir...
13h
Je suis déjà réveillé depuis un bon bout de temps. J'ai bien réfléchi depuis hier soir. Il y a une devise qui je trouve plutôt juste, le genre de devise que l'on peut lire dans son horoscope ou qu'on vous balance lors d'une soirée comme hier soir : "Il vaut mieux vivre ses rêves que rêver sa vie". C'est relativement juste même si c'est d'une banalité à pleurer. Je vais essayer d'appliquer ce précepte. Lundi je sors le grand jeu à mon étudiante favorite, au moins je serai fixé. Ca ne sert à rien de fantasmer sa vie, d'imaginer ce qu'il pourrait se passer si on fait telle chose, ce qu'il se serait passé si l'on avait agi au bon moment. Parfois c'est bon de ne pas réfléchir, il faut savoir foncer et prendre des risques. Je pourrais l'appeler maintenant. Ou demain. C'est étrange comme les bonnes résolutions s'envolent lorsqu'il faut prendre un téléphone ou affronter le regard de quelqu'un. Je vais l'appeler. Quand ? Euh, Lundi, comme j'avais dit. Aujourd'hui c'est pas possible, je dois sortir et demain... pourquoi pas demain. Elle va bosser tout l'après midi, c'est jouable, je vais l'appeler. Demain, je me jette !
17h
Je me prépare pour ma soirée "fondue savoyarde". J'apporte le vin, ça va être bien.
02h27
Heureux. J'ai vraiment passé un très bonne
soirée, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas autant amusé. En plus on ne
peut pas dire que l'on a fait des folies, que l'on est allé en boite ou quoi que
ce soit. Non, une soirée simple avec des gens biens : apéritif (cette fois, pas
de mélange), fondue, beaucoup de discussions, un petit jeu de société
(Brainstorming, assez drôle) et voilà. Hier je me suis fait limite engueuler par
mes potes parce que j'avais hâte de retrouver mes amis homos, et qu'en tant
qu'hétéro célibataire déprimé c'était malsain d'aller voir en face. Ben parfois
mes copains sont des cons. Ce soir j'ai vraiment apprécié ce repas, on a discuté
sans prise de tête, je n'ai pas eu droit aux sempiternels sermons sur ma vie,
les femmes et tout ça (y'avait que des mecs ce soir et les femmes étaient
vraiment éloignées de leurs préoccupations). Il y avait deux couples et un homo
célibataire. Et bien ce qui rassure, c'est que quelle que soit l'orientation
sexuelle choisie, on se pose les mêmes questions, on affronte les mêmes doutes,
on a les mêmes peurs. On est tous pareils. On n'est pas le seul à souffrir dans
son coin et à déprimer. On a beau grandir, on se retrouve toujours vulnérable
face à la solitude.
Le problème avec les amis proches, c'est qu'ils vous
connaissent trop bien, et qu'ils veulent vous aider. Sauf que parfois l'aide
qu'ils nous apportent est plus néfaste qu'autre chose. Il est bon de ne pas
avoir un regard critique sur soi de temps en temps, de voir des personnes qui ne
vous jugent pas, qui vous font penser à autre chose ! Pouvoir décompresser
l'espace de six heures, quel bonheur. Hier, mon meilleur pote se disait qu'il
serait bien de pouvoir lire dans les pensées des autres. J'aimerai qu'il puisse
lire ces pages un jour. Parfois (moi, hier soir) on ne sollicite aucune aide, et
on se retrouve mis sur le grill au milieu d'un véritable passage à tabac moral.
Alors qu'on ne demande rien. Que je ne demandais rien. Ce soir je ne voulais
rien, et je n'ai rien eu. Et j'en suis heureux.
On a parlé de tout, de rien, de sexe. Il y a même eu un
moment complètement délirant, sorti d'un épisode de "Friends". Durant
l'apéritif, on entend taper à la fenêtre de la chambre. Et une voie féminine se
mets à appeler le propriétaire des lieux. Mon pote m'explique qu'il s'agit d'une
chanteuse à succès du début des années 90 qui vit dans l'appartement d'à coté.
Elle vient les voir régulièrement pour lire ses mails chez eux (sic !) et passe
par la fenêtre. Hallucinant ! Plus tard dans la soirée, j'ai pu enrichir mon
panel d'actes sexuels praticables entres hommes (euh, verbalement uniquement,
c'est comme à l'école : j'étudie la théorie sans mettre en pratique). J'adore
leur liberté de ton, sans toutefois tomber dans l'insouciance, ce sont vraiment
des gens biens. Je crois que j'ai trouvé mon deuxième couple idéal, version
homo. Bon, je vais me coucher, il est tôt.
14h15
Je rampe hors de mon lit. Aïe, la journée va être dure...
17h44
Bon, j'ai émergé. La journée ne va pas être dure. Elle est dure, et en plus elle est franchement entamée. Je vais l'appeler demain. C'est plus sur. Qui ? Mais elle ! Non, aujourd'hui c'est trop tard, demain ça sera parfait. J'y crois, demain je me jette ! Finalement, quand on se sent au fond du trou, on arrive toujours à retenter l'aventure pour repartir dans une nouvelle relation. On a beau souffrir énormément à chaque rupture, on se dit que ça ne durera pas indéfiniment, qu'un jour on trouvera la bonne personne celle qui justifiera toutes nos souffrances passées, celle qui nous fera dire "Finalement, ça y est, j'ai trouvé mon âme soeur, c'est normal que cela n'ai pas marché auparavant, ce n'étaient pas les bonnes". Demain je vais lui parler. Je me prendrais peut être mon premier râteau de l'année. Sinon, je me remettrai à espérer que cela soit la bonne. "Il vaut mieux avoir des remords que des regrets". J'ai déjà expérimenté les regrets. Il n'y a rien de pire. Ca vous tue un homme, ça vous mine jusqu'à vous laisser tout sec, épuisé. L'ignorance est pire que tout, vivre dans le doute et se monter des films est malsain. Ca aussi il faut l'ajouter à mes grandes résolutions de début d'année : prendre des décisions rapidement. Eviter les regrets.
23h47
Je rentre du sport. Fatiguant, c'était une bonne
séance. Bon, je ne comprends plus rien avec ma belle étudiante. Elle dit oui à
tout ! Enfin, je me comprends, elle est toujours enthousiaste pour n'importe
quelle proposition, par contre comme elle arrête pas de bosser, je ne sais
jamais quand on pourra se voir. C'est compliqué une fille. Comment ça marche ?
Ca peut pas dire oui / non comme un mec, tout simplement, il faut toujours que
cela soit complexe, plein de sous-entendus et du coup on ne sais jamais ou on
va. Quand on croit que c'est gagné, on se jette et blaff, on se fait refouler.
Quand on croit que tout est perdu, on abandonne et plus tard on se fait
reprocher de ne pas avoir été plus entreprenant. Et zut !
Le pire c'est quand un jour on se retrouve "meilleur ami de
la fille que l'on drague". C'est le pire truc qui puisse arriver. On sait pas
comment c'est arrivé d'ailleurs, on a juste essayé d'être agréable, drôle,
etc... de draguer, et pouf, on est promu au rang de meilleur ami. Et là... c'est
foutu. On a droit aux pire remarques du style "Waouh, j'ai rencontré un mec trop
beau aujourd'hui, j'ai trop envie de le draguer, tu peux pas l'approcher pour
moi ?". Et un pain dans sa tronche aussi pourquoi pas ! Non mais, c'est terrible
d'être le meilleur ami d'une fille. Ensuite elle vous présente à ses amies
"Voici machin, mon meilleur ami, vous allez voir il est trop sympa !". Non je
suis pas trop sympa, je suis un homme célibataire qui doit être désirable. Non
mais c'est quoi ce bordel ! Je veux pas combler votre complexe oedipien moi, ou
jouer le rôle du grand frère que vous n'avez jamais eu. Et là c'est le cercle
vicieux, on est devenu le meilleur ami d'un groupe de filles supers séduisantes.
Et elles vous ont rangé directement dans la catégorie "Pas touche, c'est un
pote, d'ailleurs on ne pense même pas à des trucs obscènes avec lui, ça serait
comme coucher avec Papa". Voilà, vous avez toujours rêvé d'une petite soeur ?
Vous en avez une armée. Et en plus elles sont mignonnes. Bad luck for you.
Bref, un fille c'est super compliqué pour un mec. Vendredi
lors de mon passage sur le grill, j'ai eu droit de la part de la meilleure amie
à la question qui tue (la deuxième) : "Et tu lui plais tu crois ?". Mais qu'est
ce que j'en sais ? J'ai "zéro" en compétence "Psychologie féminine". D'ailleurs
les autres gars étaient d'accord avec moi : un fille ça sait direct si ça plait
à un mec et vice-versa. Un mec ça comprend que dalle. Un mec ça se prend des
rebonds et ça passe à coté des femmes de sa vie. Un mec c'est nul, c'est comme
un chien. Ca fait des yeux doux de temps en temps, ça a la langue qui
pendouille, quand on lui botte le train, il revient heureux en ayant rien
compris. Et quand on veux le caresser, il pense à bouffer. Alors qu'une fille ça
comprend tout, tout de suite, ça manipule un homme (euh, je deviens aigri
moi...) euh... sans le vouloir. Comme un homme ça capte rien, ça imagine
n'importe quoi. Une femme dit "tu veux bien dîner avec moi ce soir ?". Un mec
pense "youpi, ce soir je couche !". Un femme dit "ça va pas ce soir, j'ai plein
de soucis". Le mec pense "Merde, elle va pas bien, faut que je lui foute la
paix" alors que la femme veut qu'on l'écoute, simplement. Conclusion, lors de la
répartition des points de caractéristiques, le mec en a pas eu assez pour
l'intelligence. Pas tous. Mais une grande majorité.
Moi je sais plus quoi penser. Un pote vient de me dire "moi
non plus je comprends pas grand chose aux femmes, mais c'est plus facile de
comprendre quand on est extérieur que quand on est impliqué directement".
Génial. Moi j'y suis en plein dedans et j'y vois rien.
C'est calme. Faut dire que j'ai été passablement "éteint"
aujourd'hui. Pour une obscure raison (dépression latente, sport tardif, pot de
lait Nestlé concentré sucré à minuit), je n'ai réussi à m'endormir qu'à 4h18 du
matin (dernière heure visible sur mon réveil). Et du coup, j'étais calme
aujourd'hui. Très calme. Du genre "hé, ho, on va manger ! T'as pas faim
aujourd'hui ?". "Hein, euh, je réfléchissais...". D'ailleurs je repensais à ma
belle étudiante. Demain je repars à l'assaut, genre "Chevauchée des Walkyries",
avec la musique et tout. Hier mon pote me disais aussi "Tu sais les femmes, il
faut les faire patienter : si t'es trop rapide et même si elles sont
intéressées, elles peuvent se braquer et prendre peur. Si t'es trop lent, elles
se lassent". Il est gentil. Ca m'aide bien, mais il m'a pas donné les durées :
c'est quoi trop rapide, c'est quoi trop lent ? Deux jours c'est bon, hein ? Je
l'ai appelé Lundi, je la rappelle demain pour lui proposer un plan honnête. Si
elle me répond qu'elle a encore du boulot et qu'elle peut pas, j'abandonne.
Enfin, peut être...
De toute manière, je suis bien résolu à me bouger et à
rencontrer de nouvelles personnes, même s'il faut en arriver aux pires
extrémités. Non, je ne vais pas appeler "S.O.S. Détresse - Amitié" (j'ai pas
leur numéro). Non, je tente la dernière chance qu'il me reste, l'Eldorado du
célibataire, le Saint Graal qui donne le bonheur éternel : je m'inscris sur des
sites Web de rencontres. Mais attention, pas des trucs pour pervers où l'on peut
se marier avec un jeune russe pré pubère pour 10.000$. Non, je vise les sites
softs où on peut se faire des amies et plus si affinités. D'ailleurs ça fait un
moment que mon moteur de recherche me bombarde de pubs pour ces sites là. Il a
du remarquer que j'étais célibataire. C'est un malin mon moteur de recherche. Il
cible ses pubs en fonction de mes goûts. C'est parfois gênant quand des amis
viennent faire des recherches sur votre ordinateur ("Dis, pourquoi quand je fais
une recherche j'ai une pub pour un site porno ???", "Euh, c'est l'ordinateur qui
déconne, j'ai un pote qui va me le réparer..."). Depuis peu, ça a changé, c'est
un florilège de publicités vantant l'Amour à portée de main (plus précisément
sous mon index gauche, au niveau du click gauche de ma souris). Au début on ose
pas, on va jeter un oeil, on se dit que c'est remplis de désespérés moches et
gros, des rebus de l'humanité. Du coup on s'inscrit.
L'inscription, c'est déjà une épreuve en soi. Il faut remplir
des tas de trucs généraux pour parler de soi : son boulot, son niveau d'étude,
son age, combien on gagne (???), ses goûts et son physique. Pour le boulot,
facile, j'ai l'habitude. Je dis "loueur de cassettes au Vidéofutur". C'est pas
mon vrai boulot. Mais mon vrai boulot a deux inconvénient majeurs : j'appartiens
à une catégorie de travailleurs méprisés et moqués par le reste du monde.
Ensuite je suis harcelé par des demandes d'aides relative à mon job. En plus il
fait pas spécialement rêver mon boulot. Réalisateur de clips musicaux, artiste,
membre du Raid, ministre, ça fait rêver. Remarquez "loueur au Vidéofutur" ça
fait pas rêver non plus. C'est un emploi que je respecte (je suis leur premier
client : tout célibataire se doit de louer 5 films par semaine, la drague au
vidéoclub étant une activité reconnue). Non, ça fait pas rêver du tout. Je mets
mon vrai boulot sur la petite fiche sur le site web. Combien je gagne. Z'ont pas
à savoir (faut que je me renseigne sur le salaire moyen d'un loueur de
vidéoclub).
Après il y a l'age. Facile, le mien est parfait, ni trop
jeune, ni trop vieux, l'age idéal pour accrocher les petites jeunes et signifier
aux femmes mures qu'on l'est aussi et que l'on peut s'engager. Le physique. On y
arrive. Il s'agit de ne pas se rater. Tout le monde sait que dans une annonce on
regarde d'abord la description physique et pas les goûts (1m78, 99 Kg ça fait
fuir). Ca tombe bien encore, je suis dans la moyenne, mon poids ne fait pas peur
et je suis grand. Cool, demain je suis marié ! Ensuite on balance les éternelles
généralités sur le reste du corps (yeux, cheveux, etc...).
Les goûts, c'est presque l'étape la plus simple. Il y a des
règles très strictes pour accrocher une fille sur Internet, des passions à
éviter, d'autres à inventer. Par exemple on ne dit pas que l'on aime les jeux
vidéos et louer des DVDs, ça fait fuir. Par contre dire que l'on aime l'écologie
(rien à foutre, mais les filles aiment ça en général), qu'on adhère à Amnesty
International, qu'on aime les animaux, les enfants qui font gouzi gouzi,
le théatre, sortir, faire la fête, rassurer sa compagne, être rassuré, qu'on est
tendre, doux et aimant, calin et jovial sans prise de tête, CA, ça marche à
fond. Et au pire, on regarde la fiche des célibataires les plus demandés pour
pomper des idées.
Et puis il y a la photo. Sans photo, t'es foutu. Personne ne
regarde une annonce de mec sans photo de nos jours. Si tu possèdes une appareil
numérique, c'est le bonheur. Sinon il faut piocher dans les photos que t'ont
envoyé tes potes. En fouillant un peu j'en trouve quelques séries. Au ski, avec
un rouleau de papier hygiénique autour de la tête... comment dire... pas celles
là. En soirée, endormi sur le canapé, un filet de bave aux lèvres. Par très sexy
tout ça, encore moins romantique. A Eurodisney avec des oreilles de Mickey en
train d'embrasser Winnie l'ourson. Pas suffisamment mature. Ah ça y est, je
trouve enfin. Les photos d'anniversaire : moi avec un T-Shirt "Jeune Homme,
cherche jeune fille avec gros seins pour rencontres et lectures". Aouch. Moi
avec mon cochon rose mécanique qui fait Grouic en rampant. Non mais je passe ma
vie à passer pour un con ou quoi ??? Ou alors mes potes ne m'envoient que leur
sélection des photos les plus ridicules jamais prises ? Enfin j'en trouve deux
présentables : moi avec mon plus beau sourire, suffisamment loin pour qu'on ne
puisse pas voir d'éventuels boutons disgracieux, suffisamment prés pour que l'on
voit une charmante petite fossette craquante et mes superbes yeux clairs.
Parfait. Une autre en train de déboucher du champagne, ça fait festif et pas
trop ivrogne. Adjugé vendu, j'envoie ces oeuvres d'art sur le site.
Maintenant je peux faire ma recherche de la femme idéale en
vue mariage (c'est dans mon profil : relation sérieuse en vue mariage et
enfants, ça aussi c'est accrocheur). Alors ma ville, son age (22-27 ans c'est
pas mal), niveau d'étude je m'en fous, boulot et salaire je m'en fous aussi, je
clique sur "envoyer" et... Désolé, mais aucune annonce ne correspond à vos
critères, veuillez diminuer le nombre de critères de recherche". Quoi ??? Mais
y'a rien déjà, j'ai demandé "jeune femme dans ma ville", c'est pas comme
demander "jeune femme mature et joyeuse célibataire voulant enfant, non fumeuse
et non alcoolique dans ma ville avec boulot stable et bien payé en vu
d'entretenir oisif en devenir" !!! Ca doit être la ville, c'est sûrement ça, je
vais mettre la grande ville du coin pour voir. Clicou sur le bouton, chargement
en cours, ah, des réponses ! (Merci Seigneur, merci d'avoir créé mon Eve en
moins de 3 minutes avec mon don de cellulite). Cool, y'a même plein de réponses,
excellents, on ne sait que choisir. Ma femme est la, mon double, ma seconde âme
m'attend au détour d'un tableau HTML, j'en pleure de joie. Voyons voir celle là.
1m76, pas mal, 80Kg ! Doh, c'est un mec ou quoi ? Ah ben oui, c'est un abruti
qui s'est trompé dans son annonce. Celle là... 1m65 (correct), 69 Kg, et vlan,
encore un mec. Ah non. C'est bien une fille. Elle est charmante, mais pas pour
l'instant. Il y a encore 28 réponses sur cette première page. Celle là, elle est
jolie sur sa photo avec son chat, physique classique de toute manière je vais
pas faire le difficile vu le mien, je clique sur le mulot, "Contacter la
personne". Que vais je lui dire, un poème, me la jouer drôle, sérieux ? Ah
tiens, c'est marrant, il faut mon numéro de carte bleue pour lui envoyer un
message. C'est pour vérifier mon age ? Hum, non, il faut payer. Mais c'est
n'importe quoi, il faut payer pour se prendre des râteaux maintenant ! Mais où
va le monde ! Enfer, ce site est payant, j'avais même pas fait gaffe en
m'inscrivant ! Zut, tout est à refaire.
Après avoir passé une heure à chercher un site de rencontres
gratuit, j'en trouve finalement un qui a l'air sympa. Je me retape mon profil,
les photos, tout le bidule, la recherche. Je mets des critères suffisamment
larges pour m'éviter la honte d'avoir une réponse vide. Ca y est. Enfin, des
célibataires dans le coin. Je vais pouvoir les contacter !
Ca, c'était déjà il y a deux semaines. Oui, j'ai déjà dépassé
le stade du désespoir depuis un bon moment. Le lendemain de mon inscription sur
ce site, après avoir envoyé des messages à trois femmes de ma vie, j'ai ouvert
frénétiquement ma messagerie. "Vous n'avez aucun nouveau message". Euh, il y a
erreur, vérifie encore un petit coup pour voir, t'as du te perdre sur Internet,
c'est vaste, c'est mal indiqué, on peut se tromper et aller voir dans la boite
du voisin. "Vous n'avez aucun nouveau message (pauvre naze)". Pas grave, elles
ne regarde certainement pas leur mails tous les jours. Au bout de trois jours,
je me suis rendu à l'évidence : elles n'étaient pas les femmes de ma vie ou
alors je n'étais pas les hommes de leur vie). Depuis j'ai adopté la technique
dite du "Low Expectation". Attendez vous à peu, vous serez moins déçu. Chaque
jour je reçois un mail des annonces compatibles avec la mienne (à quelques
erreurs prés : non, je ne cherche pas une femme en Australie, non je ne cherche
pas de femme lesbienne, désolé merci). Et je contacte toutes celles qui sont
dans ma région. En vrac, technique de"l'inondation". Sur le lot, il y en aura
bien une qui me répondra.
Je ne lis plus mes mails, je regarde ma messagerie avec
haine, je vois un rictus moqueur au milieu de son icône. "Vous n'avez aucun
nouveau message". Pauvre larve, tu peux lever le "nouveau". C'est nul ça marche
pas ce truc, je suis pas si mal que ça, si c'était vrai quelqu'un m'aurait déjà
répondu, non ? Y'a plus désespéré que moi sur terre, non ? Tiens ça y est le
machin se réveille, il va encore me balancer un "Vous n'avez aucun ami, personne
ne vous écrit, pensez à vous suicider mais suicidez vous utile : donnez votre
corps à la science avant et prévenez quelqu'un, ça serait bête que l'on vous
retrouve dans six mois, Adieu". Ah ben non, y'a une nouvelle fenêtre qui
apparaît en bas à gauche : "Vous avez reçu un message de XORKVGJTLS en réponse à
votre annonce 23542455....(cliquez ici pour ouvrir ce message)". YES YES YES !
Vite, vite, clicou !
(à suivre...)
La journée est passée comme une lettre à la poste. Dès
le matin j'ai envoyé un mail à ma belle étudiante pour lui proposer un plan
resto. Enième réponse alambiquée incompréhensible pour l'homme de base mélange
de "Mes études sont supers importantes, dans trois mois je joue ma vie, et
gnagnagni et gnagnagna, laisse moi du temps, etc...". Bon, dans mon langage
basique de mec, ça veut dire non. Ou si c'est un oui / oui mais / peut être, il
est trop compliqué de toute manière. J'en ai marre, j'envoie un mail baveux du
style "j'ai rien capté mais c'est pas grave, restons amis et si un jour tu finis
tes études, appelles moi". Pif, paf c'est Kodak, envoyé c'est pesé. Moi : 0 -
Les râteaux : 1. Ma fierté me pousse à dire "Match nul", mais j'aime bien me
faire du mal, ça motive pour passer à autre chose. Etudiante suivante...
En parlant d'étudiante ! Mon mail d'hier ! La femme de ma vie
qu'elle le sait pas encore mais qui a répondu à mon annonce. Je suis allé
frénétiquement consulter ma messagerie : "Message de XORKVGJTLS". Quel joli nom,
je suis déjà amoureux. Ah, c'est la référence de la réponse. En un sens je
préfère, c'était pas trop féminin. Alors, qui est ma douce... Zut, faut se
connecter sur le site de rencontre. J'y cours, j'accède à mon compte en me
frayant un chemin au milieu des 50 bannières de publicités qui se sont ouvertes.
Que me veut cette jeune fille : "Je voudrais te connaître ton annonce me plait".
Bien, elle aurait quand même pu dire si elle préfère le passage sur l'écologie
ou les animaux. C'est peut être l'Ode au mariage et aux enfants qui lui a plu ?
Bon qui est ma tendre et douce... Machine, 18 ans, étudiante, ... Quoi ?! 18 ans
?? Mais je cherche pas à adopter moi, je cherche une femme ! 18 ans, c'est
comment une fillette à 18 ans ? Je vais pas l'emmener voir Harry Potter au ciné
non plus, faut pas délirer. Bon coté physique ça donne quoi ? Commune, très
bien, c'est ce que je cherche. De toute manière quand une fille met dans son
annonce "Je suis plutôt jolie et..." ça veut dire qu'elle est top et qu'elle
cherche un mec top. Donc pas la peine. Quoi d'autre : elle aime le cinéma (Harry
Potter ?), la musique, les sorties et cherche le grand Amour. Cool, une fille
originale, j'adore. En plus c'est pratique pour la première rencontre, dans le
genre banalités à débiter on a pas vu mieux : "Tu aimes quoi comme musique ? Tu
étudies quoi ? C'est quoi ton film favori ?". Alors qu'avec une fille plus
originale qui aime le bondage SM et le fétichisme c'est plus délicat : "Euh...
Ta torture favorite, c'est quoi ? Et les chaînes, tu les préfères en acier ou en
inox ?". Là au moins, je vais en terrain connu : le banal. Quand même, je suis
pas encore si désespéré, mais ça m'a donné espoir.
D'ailleurs aujourd'hui en discutant avec un pote
(célibataire, bien sûr), j'ai découvert qu'un couple que je connais bien s'est
rencontré... sur Internet ! Comme quoi ça marche, ils vivent ensemble depuis 8
mois, le bonheur. Ah, enfin une lumière dans ma journée. L'Amour est au bout du
modem, je le savais. Plein de joie, j'appelle Mr Irrécupérable et lui annonce ma
découverte majeure pour l'avancée des célibataires dans la vie. Sa réponse m'a
... calmé. "Ah, les sites de rencontres ? Mais j'ai déjà essayé, tu t'es mis à
ça toi ? J'ai eu un rancard l'an dernier, en fait c'était un mec qui voulait me
sod..iser dans les parkings du palais des congrès, du coup ça m'a un peu
refroidi". Hum. Quand je dis qu'il y en a qui ont pas de bol. J'aurais jamais dû
l'appeler lui, jamais. Il me gâche le moral à tous les coups celui là.
Retour à la maison. Séance habituelle : ouverture du mail,
réponse aux annonces parues dans la journée (on sait jamais, sur un malentendu
ça pourrait marcher) et... tiens, une mail de la fille d'hier : "Merci pour ta
réponse, veux tu faire quelque chose ce Week-end avec moi ?". J'ai répondu moi ?
Ah, enfin, comment dire, c'est pas vraiment moi, c'est ma souris, elle a cliqué
toute seule, désolé j'ai glissé et... Bon, et alors ! Ca vous arrive jamais
d'être prêt à tout à vous peut être ? Et puis 18 ans, c'est majeur, si ça se
trouve elle en a même 20 (quand on aime on a toujours 20 ans monsieur le Juge).
Et elle avait l'air si gentille. Et ça coûte rien. Enfin si, je peux me
retrouver face à un mec. Je prends le risque, je cours vite de toute manière. Si
ça se trouve, elle a des copines plus vieilles ou alors elle est super jolie,
intelligente et folle moi. Folle de moi ça suffirait déjà. Bref de toute manière
j'ai juste répondu que je voulais mieux la connaître et que j'étais d'accord
pour des sorties. C'est la tactique de la fine bouche : tu marnes pendant 2
semaines à trouver une fille qui veuille bien t'écrire, mais quand ça arrive, tu
laisses mariner. Ca fait moins mort de faim. Et puis avec ses 18 ans faut pas
qu'elle croie que c'est facile de draguer un adulte mature et bien dans sa peau
de mon age. Au moins, elle, elle est rapide, droit au but : 2 mails et
hop un rendez vous. Elle me plait, elle a l'air plus désespérée que moi.
J'espère juste qu'elle me posera pas un lapin, il fait un peu froid en ce
moment, j'ai pas trop envie d'attendre sous la pluie. Je prendrais de la lecture
au cas où. Il faut lui répondre. "Pas de problème, que veux tu faire ce week-end
? Où veux tu aller ? A bientôt j'espère, Moi". Tiens j'ai aussi son vrai prénom.
Il est joli. Il vaut pas celui de ma belle étudiante (qui avait un age honnête
elle au moins) mais il est sympa. J'ai la pêche, ça va être un week-end de fou.
Aujourd'hui j'ai fait fort : un rancard, un râteau, balle au centre.
A peine le temps de rentrer, je dois déjà partir, j'ai un
super resto avec des couples ce soir. Et j'ai réussi à planifier mon Week-end au
complet !
(...)
De retour. Excellente soirée dans le même restaurant Japonais
qu'avec ma belle étudiante. Sauf que cette fois il y avait mon meilleur pote
avec sa copine. Et une très bonne amie très jolie. Qui vit en couple. Depuis 8
ans. Avec un mec qui a le même prénom que moi. Et qui est pas là ce soir. Bah,
on moins on fera un semblant de table normale au resto : 2 couples, 1 réel, 1
faux (bons noms mais mauvaise personne). Tout s'est bien déroulé. Bon, bien sûr
il y a eu le moment merveilleux où ils se sont mis à parler de leurs dernières
vacances dans une Ile avec leurs conjoints respectifs. Et moi je matais la
serveuses. Ca occupe. Et puis le moment que j'attendais est arrivée. L'amie
mi-couple n'était pas au courant que je m'étais séparé. Bon, comme d'habitude,
je pensais que mon meilleur pote avait fait son travail de meilleur pote : la
mettre au courant. Ben non. Il est vachement bien mon meilleur pote, il garde
même mes secrets. Où va le monde ?! Et ça n'a pas raté. Suite à une remarque de
ma part à propos de je ne sais plus quelle fille, j'ai hérité d'un regard outré
et de la question : "Mais, tu n'es plus avec ta copine ???". "Euh... non. On
s'est séparé en Décembre (Joyeux Noël Félix !)". Regard consterné, le couple
regardant étrangement les sushi défiler sous leur nez. Bon, vague explication
genre ça collait plus mais on est resté amis et oui, ça faisait quand même
quatre ans qu'on était ensembles mais tant pis c'est la fin d'une belle
histoire. Changement de sujet.
A part ça, c'était une excellente soirée. Tranquille, sans
prise de tête pour une fois, entre gens (eux) équilibrés et joyeux, vraiment
cool. En rentrant je consulte mes mails. Belle étudiante : 0. C'est un bon
début, voire même une excellente fin. Râteau consommé, il est temps de passer à
la suite. Tiens, Miss 18 ans m'a encore écrit. Elle me donne son numéro de
portable et un rendez-vous boire un coup / cinéma samedi soir. Elles me
surprendront toujours les petites jeunes. Demain je l'appelle. On verra bien qui
répondra. J'ai un peu peur que cela soit "Bonjour, c'est Robert, je suis nu dans
ma chaise, parles moi de toi...". Hum... Miss 18 ans : 1 !
Donc, récapitulatif : demain soir j'ai potentiellement un restaurant avec une amie marieuse qui veut me mettre en ménage avec sa colocataire. Ca me ferait encore rater ma séance de sport. Mes coéquipiers vont me maudire, d'autant que j'invente une excuse pipo à chaque fois. Samedi soir j'avais un repas d'adieu (j'arrête pas de bouffer en ce moment) avec un bon ami qui quitte la région. Je vais devoir sortir ma meilleure excuse pour justifier mon absence (je sors avec une fille de 18 ans pour reprendre confiance en la vie, en moi et absorber sa jeunesse afin de surmonter ma crise existentielle due à mon âge qui n'est pas si vieux finalement). Et Dimanche... Ben j'ai rien. Ca me reposera, le week-end s'annonce chargé. La vie de célibataire est comme une vague. Parfois on est au fond, on pense que l'on ne remontera jamais que l'on va se noyer dans ses remords, ses pensées, ses angoisses. Et parfois tout remonte d'un coup, on recroît en la vie, on voir le futur sous un autre angle, on se rappelle une phrase toute bête : Carpe Diem. Et en ce moment, je compte bien appliquer ce précepte à la lettre !
Encore une journée de fou à tout organiser. Je me méfie, une
vague c'est traître. Parfois la préparation de mes week-end me prend plus de
temps que mon travail. Mon plan avec mon amie marieuse est tombé à l'eau ce
soir, un gros ennuie lui étant tombé dessus au boulot. Egalité, je lui avais
fait faux bond 2 semaines auparavant. Pour la peine je suis allé au sport. Ca
défoule et entretien le corps. Ensuite, petite dégustation de pizzas hyper
lipidiques chez moi avec mon coéquipier. Une soirée entre mecs ça fait du bien
aussi de temps en temps.
Et puis j'ai eu un coup de téléphone de Miss 18. J'avais
tenté de l'appeler aujourd'hui, résultat répondeur. J'avais oublié que les
portables sont interdits dans les amphis (j'ose espérer qu'elle étudie dans un
amphi et pas au lycée. Mon Dieu, quel plan à la con. Elle a intérêt à être
majeure !). Donc c'est elle qui m'a appelé. Première certitude : c'est bien une
fille. Deuxième certitude : elle fait bien ses 18 ans. Troisième certitude : je
sais pas ce que je fous dans ce plan foireux et surtout ce qu'elle me veut /
trouve (ça existe le coup de foudre pour un mec qui a l'age du copain de sa
soeur ?!). Rendez-vous est pris demain. Je sais pas à quoi elle ressemble
(j'appréhende un peu) mais elle le sait, elle a l'air d'avoir flashé sur ma
photo sur internet. C'est déjà ça de pris. En attendant j'ai intérêt à trouver
une excuse en béton armé pour le lapin que je vais poser à mes potes demain
soir.
Pour finir j'ai réussi à occuper mon dimanche. Mon amie
marieuse me propose un resto le midi avec elle seule (je vais finir par grossir
avec ces conneries moi, faudra retourner faire du footing !), étrange pour
quelqu'un qui veut me marier avec sa colocataire, d'autant qu'après elle veut
qu'on aille faire du patin à glace. Elle en a jamais fait en plus. Moi non plus
d'ailleurs. Je vogue aux frontières du réel en ce moment. Pour l'histoire, cette
fille me draguait il y a 5 ans de cela, j'ai toujours refusé de sortir avec
elle. Et elle vient de rompre définitivement avec son copain Samedi dernier.
Mais on est simplement amis. Amis intimes.
C'est dur d'avoir une bonne amie, encore plus une meilleure
amie. Et surtout de rester simplement ami avec. Moi je n'y suis pas
arrivé. Je connais une fille depuis 14 ans maintenant. On s'est connus pendant
le collège. On est sortis ensemble à cette période là. Et au lycée aussi. Et à
l'Université. Mais attention, pas d'une traite. Oh, non non non, j'ai eu
d'autres copines pendant ce temps. Et même en même temps. Cette fille est ma
meilleure amie version "très proche". On confondait souvent amitié, complicité
et amour physique. Bon, on était jeunes et c'était plus par goût de la chose que
par Amour, en plus je n'arrivais pas à lui résister. On ne s'aimait pas à
l'époque, d'ailleurs on avait des petit(e)s ami(e)s en même temps. On
était juste amis. Vraiment de très bons amis, on se confiait tout, on se
téléphonait des heures chaque le soir. Quand elle avait un copain et que j'étais
seul, je rageais un peu, mais ça passait (en plus elle me racontait tout). Puis
durant l'Université nos chemins se sont séparés. J'ai perdu son adresse, elle la
mienne, mais je pensais encore à elle, à ma meilleure amie. Et j'ai
rencontré mon ex copine il y a quelques années. Tout se passait bien avec elle.
Au début. Puis avec les années les difficultés se sont accumulées, j'ai commencé
à moins l'aimer mais je voulais continuer avec elle, j'avais encore de l'espoir.
Le sort s'acharnait sur moi, je me faisais draguer mais je m'étais juré d'être
fidèle. Et je l'étais. Puis tel un coup du sort, ma meilleure amie est
réapparue. Je me suis remis à lui téléphoner, on se confiait de nouveau l'un à
l'autre, je lui parlais de mes problèmes de couple. Un jour je l'ai hébergé chez
moi pendant qu'elle faisait des recherches pour son boulot dans la région.
Durant trois jours j'ai fidèlement dormi dans le canapé sans tenter quoi que ce
soit (mais non sans y songer). Et un matin elle m'est tombée dessus. Et moi
aussi d'ailleurs. Comme avant. Et comme avant cela devait en rester là. Une
malencontreuse erreur, une dernière tentation quelque peu fatale mais qu'il
fallait oublier. Mais le venin faisait son oeuvre. Elle me proposa de venir
vivre avec moi, de tenter la grande aventure ensemble. Je refusais à nouveau.
Mais il était trop tard, mon couple était mort dans ma tête, elle m'avait fait
comprendre que je m'obstinais depuis des années dans une relation qui ne menait
nulle part. Cela me pris de long mois pour prendre la décision de me séparer et
pour comprendre. Comprendre qu'à trop être amis on devient amoureux. Et que
tomber amoureux de sa meilleure amie est la pire chose qui puisse arriver à un
homme : on en souffre, on fait des conneries et on regrette. Finalement séparé
je décidais de recontacter ma meilleure amie après avoir refusé ses avances,
ayant enfin compris ce que nous nous cachions depuis 14 ans, voulant lui avouer
que je l'aimais, comme un fou, comme un malade, que l'on avait déjà perdu trop
de temps et que je pensais que c'était la femme de ma vie, vous savez comme dans
ces films pour adolescents où le héro ignore sa meilleure copine pour
s'apercevoir qu'ils sont fait l'un pour l'autre et se marier à la fin. Sauf que
la vie n'est pas un film pour adolescents, que dans la vie on a rarement deux
chances et que si l'on tarde trop à prendre sa décision on risque de le
regretter très longtemps. Et que l'amante qui attend éternellement n'existe que
dans les rêves d'enfants. J'ai sûrement dû la faire attendre un peu trop
longtemps.
Maintenant elle vit heureuse car elle s'est mis en ménage
récemment. Avec un homme qui n'est pas moi mais qui a le bon goût d'être né
exactement le même jour que moi. Le Temps est assassin. Son ironie aussi. C'est
très dur de garder sa meilleure amie. Encore plus dur de différencier amitié,
complicité, amour.
"Les folies qu’un homme regrette le plus dans sa vie sont
celles qu’il n’a pas commises quand il en avait l’occasion". "Regretter, c’est
juger le passé avec des données qui existent dans le présent et qui n’existaient
pas au moment de notre décision". Je ne veux plus avoir de regret, je veux
prendre mes décisions ou agir au meilleur de ma connaissance avec les éléments
que j'ai au moment où je dois agir. Et sortir du creux de cette maudite vague.
18h18
C'est bon, j'ai planté mes potes au resto ce soir, maintenant ils me haïssent et je suis prêt à partir à mon rendez-vous avec Miss 18.
19h
Je suis à l'heure au rendez-vous. On a convenu d'un truc sur la plus grande avenue de la ville. Pourquoi les filles sont elles toujours en retard ? Hein, pourquoi, surtout quand il fait un pauvre 6°C dehors ? Au moins elle m'appelle pour me dire qu'elle a raté un transport en commun.
19h30
Elle est censée être là d'une minute à l'autre. Je ne sais
absolument pas à quoi elle ressemble. Voyons voir, si c'était elle ? Hum, jolie,
pourquoi pas. Bon c'est pas elle. Et elle ? Oh mon Dieu, pitié, pas elle,
s'il vous plait s'il vous plait ! C'est pas elle non plus. Ouf. C'est marrant de
regarder les filles qui passent et d'imaginer que potentiellement il y a la
femme de sa vie au milieu. Quelques 10 filles seules plus tard, le téléphone
sonne. "C'est bon je suis là, j'arrive, ah ça y est je te vois !". Cool, je ne
vois pas du tout où elle peut être, mais elle au moins si elle me trouve
repoussant elle peut toujours partir en courant et hurlant, seul le son de sa
voix me signalera sa présence. Plaf, une fille apparaît devant moi, version
génération spontanée. Je l'ai absolument pas vu arriver. Il ne faut qu'un
dixième de seconde à l'homme normal pour effectuer les actions de bases
obligatoires lors de tout Blind Date : tout d'abord arborer un sourire de
satisfaction avant même d'avoir vu la fille, par pure politesse. Ensuite la
détailler : les yeux d'abord (chez moi c'est les yeux en priorité). Jolis. Les
seins : très jolis ! Les hanches : minces et agréables. L'ensemble de la
personne : ça a 18 ans ça ! Mais elle est super jolie ! Elle est où sa
tétine, elle a même pas de couettes et de poupée ?! Enfin, relâcher son sourire
crispé pour en arborer un plus franc plus naturel, le genre de sourire de
soulagement que l'on a quand on sait que finalement la soirée ne va pas être
douloureuse pour votre auguste fessier. Mr Irrécupérable, je suis la preuve
vivante qu'il n'y a pas que des mecs sur les sites de rencontres sur Internet.
Bon ensuite il s'agit de clarifier la situation auprès de
Miss 18 qui ne m'a vu qu'en photo. Parce qu'une jolie fille comme ça c'est soit
une fille aveugle, soit une fille qui a cliqué sur mon annonce en croyant
cliquer sur celle de Tom Cruise juste au dessous (les noms de famille se
ressemblent, c'est sûrement à cause de ça). "Euh, tu es Miss 18 ?". "Oui !
Enchantée". Non, c'est pas vrai, c'est bien moi qu'elle est venue voir.
Victoire, mon ego vient de tripler de volume, je plais donc ! Tout espoir n'est
pas perdu ! Pour fêter ça, je la mène au restaurant chinois du coin (je vais
prendre un de ces bide moi !). La discussion est très sympa, détendue, Miss 18
est en fait Miss bientôt 19. Toujours ça de pris. Elle est même assez mature
pour une fille de cet age là, en fait elle est surtout super bavarde. Règle d'or
: quand une fille parle, laissez là. Elle aussi sort d'une rupture récente, son
ex l'a plaquée alors qu'ils aller emménager ensemble, classique. Euuuhhh,
emménager avec quelqu'un à 18 ans ! Avec un mec qui en avait 26 ! Bien.
C'est cela oui. Sacrément mure la petite. Limite flippant. Moi qui cherchait du
sérieux, je suis tombé sur du sérieux. Ca rigole pas Internet, quand tu mets
"Pour une relation à long terme", ça sous entend "Mariage et 2 enfants minimum,
demain je te présente à mes parents". Elle me dis qu'elle est inscrite depuis 2
semaines sur le site, sur les conseils d'une amie, qu'elle a déjà eu plein de
contacts (gnagnagna, t'es une fille, rigolote, une fille se fait toujours
draguer par des gros lourds comme moi qui pratiquent la tactique de
l'innondation, un mec jamais !) et deux rendez-vous avec des nazes qui ne
parlaient que d'eux, de leur bagnole / téléphone mobile / salaire. Bien, merci
pour la liste des sujets à aborder. Puis quand même, chapeau bas pour les mecs
qui ont réussi à parler d'eux, voire même à en placer une, Miss 18 est du genre
prolixe quand il s'agit de parler.
Bref, en tout cas si j'ai du mal à passer l'épreuve de la
photo (je ne suis pas laid, j'ai juste un physique quelconque), je dois
dire que je suis plutôt bon à l'oral. Et ça marche, fin du repas, bilan positif
(un peu comme un entretien d'embauche, sans le "On vous recontactera"), on va se
revoir, on se fait la bise devant les transports en commun. Ah oui, le baiser
d'adieu devant les transports en commun. Pour voir si vous avez une chance, il y
a toujours la technique de "La glissade" genre je m'approche pour te faire une
bise sur la joue, je vise super proche des lèvres,hop j'embrasse la joue gauche
et en passant sur la droite je frôle les lèvres. Si tu as une chance, c'est le
baiser. Sinon c'est l'esquive et au revoir à jamais et marche à l'ombre. Je
tente, paf, ça marche. Bon, je crois que j'ai la côte avec Miss 18. Souvenez
vous : Low Expectation. N'empêche je tombe bien bas.
23h45
Je suis rentré chez moi. Coup de fil de Miss 18, quand va t'on se revoir, etc... Hum. Je suis pas dans la merde maintenant... Pensons à autre chose. Mon resto de demain. Je vais peut être écrire un guide sur les restos de la région, je vais finir par tous les connaître. Et des conseils grosseur, quels restos choisir pour grossir le plus rapidement. Donc demain mon amie marieuse a encore changé ses plans : de resto en tête à tête puis patinoire à plusieurs on passe à resto avec elle, ses amies célibataires et les miens. Ca va dépoter cette affaire, manquerait plus que je trouve quelqu'un demain. N'empêche Miss 18 est vraiment jolie. Aucune chance que cela soit la femme de ma vie, mais elle est jolie (très), elle semble avoir flashé sur moi et la chair est faible. L'homme aussi. Moi encore plus. Et j'ai jamais dit que j'étais quelqu'un de bien.
Complètement vanné. Mon ventre est prêt à exploser et je suis assez fatigué. Miss 18 m'a appelé ce matin à 10h, elle avait un problème de math qu'elle arrivait pas à résoudre. Ouais, ça va pas être possible je sens. Mon plan avec ma marieuse s'est encore transformé en plan foireux au moment où je l'ai vu arriver avec son copain. Oui elle a un copain. Enfin presque. C'est très compliqué. Elle sort avec depuis 1 mois et ils ont déjà rompu 9 fois et se sont déjà remis ensemble 9 fois. Elle s'accroche, mais elle a pas de chance. Elle est toujours tombée sur des mecs bizarres qui profitent d'elle. On essaie de la prévenir à chaque fois et à chaque fois elle nous répond qu'il est trop mignon, qu'elle peut pas le larguer. La pauvre. En plus dans ce cas là, c'est flagrant que le mec abuse d'elle et la trompe avec d'autres filles, mais elle ne voit rien et ne veut rien voir. On est tout de même allé au restaurant chinois (overdose imminente). Puis on s'est baladé dans le quartier chinois. Ensuite, on a cherché une activité pour remplacer la patinoire. Et malheureusement le bowling a été élu grand vainqueur. J'adore le bowling. C'est beau à voir, c'est noble et je suis une vraie merde à ce sport. C'est ma hantise en fait. J'aime pas passer pour un nul, mais avec le bowling c'est gagné à chaque fois. Je suis condamné à finir dernier. Heureusement ce n'est pas toujours néfaste : généralement je sympathise avec la fille du groupe qui est aussi nulle que moi. Entre derniers on s'entend bien. Là c'est ma marieuse qui est nulle. Cinq gouttières d'affilées, elle remporte la palme de la plus mauvaise joueuse. L'honneur est sauf, je ne suis pas dernier. Y'a pas à dire, j'aime bien cette fille, elle est mignonne, un peu étrange parfois mais vraiment sympathique et elle a pas de chance. C'est une amie. Faut pas qu'elle devienne ma nouvelle meilleure amie, c'est trop dangereux. Je crois que je suis revenu de l'amitié hommes / femmes, c'est trop dur à gérer et dans mon cas on peut dire que j'ai eu ma dose. Donc méfiance.
Retour chez moi, j'héberge un pote qui passe un entretien d'embauche demain, célibataire lui aussi, je pense que nous nous comprenons très bien, il a le mérite de s'assumer contrairement aux autres membres du groupe. En tout cas j'ai eu un week-end de folie, je suis totalement épuisé et demain je retourne au boulot. Mon week-end suivant ne sera guère plus calme, je pars au ski avec des amis du boulot. C'est dur d'être actif. Ah oui, j'ai eu un mail de ma belle étudiante qui me dit qu'elle est vraiment dans son trip boulot, qu'elle préfère vivre seule avec son chat pour l'instant et qu'avant d'envisager une relation avec quelqu'un elle préfère bien connaître la personne etc... Pfffu. Entre Miss 18 qui pense déjà mariage et qui est taillée comme un mannequin, ma belle étudiante qui préfère les chats aux hommes et ne pense qu'au boulot mais qui est intelligente, jolie avec des yeux magnifiques, ma vraie meilleure amie qui file le parfait amour avec un autre que moi, ma marieuse qui commence à me plaire dangereusement et sa colocataire qui est censée être tout à fait mon genre et réciproquement, je commence à me perdre.
La situation commence peu à peu à m'échapper. Ma belle
étudiante m'a envoyé un mail expliquant qu'elle était soulagée que j'ai compris
qu'elle était bibliochatophile (en gros, elle préfère vivre avec son chat et ses
livres de cours) et que c'était super cool et qu'on allait se revoir. Je me sens
glisser petit à petit vers la pente du bon ami et Dieu sait que c'est une pente
dangereuse. Ca sent pas bon, je vous le dis, ça sent pas bon. Je vais me
retrouver meilleur ami après le chat, voire pire, confident ! Arg.
Miss 18 m'a encore appelé aujourd'hui pour me proposer de
boire un coup demain soir. Faible comme je suis j'ai dit oui. Elle a fixé le
rendez-vous. Chez moi. Je suis pas dans la merde maintenant. J'ai comme un
affreux pressentiment sur la tournure que vont prendre les événements demain
soir. Moi devant le miroir de la salle de bain : "Bon, tu as passé une bonne
soirée, vous avez bien rigolé, maintenant tu la ramènes chez elle vite fait bien
fait et c'est tout. En rentrant tu te prends une douche froide et au lit -
seul !". C'est la théorie.
Au moins les autres fronts sont plus calmes : ma marieuse est
toujours en préparation du repas avec sa colocataire, ma meilleure amie et moi
nous ignorons depuis 1 mois (très bon pour ma santé mentale ça) et mon Ex est
dans une détresse au moins aussi grande que la mienne. Je commence à sombrer. Je
vois arriver la vague et elle est vachement haute.
Le Seigneur montre la voie et permet de résister à la tentation.
Mouais, ben ça a été limite sur ce coup là. Hier un
pote me disait "Je ne supporte pas de faire souffrir une femme", ou encore "Si
tu n'éprouves rien pour elle tu devrais lui dire afin de ne pas la blesser".
Euh, le désir, c'est assimilé à rien ? Juste pour savoir, hein. Comme prévu Miss
18 est venue me voir ce soir, pour boire un coup (elle est complètement accro à
l'eau du robinet, une vraie rebelle cette fille). Moi j'avais préparé mes
phrases toutes faites "Ecoute petite, je t'aime bien, tu es jolie, mais ça ne
marchera jamais entre nous, ce serait purement sexuel et le Seigneur a dit que
ce n'était pas bien". Puis elle est arrivée. Vous avez jamais éprouvé la
sensation d'être divisé en deux personnes, votre moi "sombre" et votre moi
"gentil". Moi j'ai éprouvé ça.
Ma partie gentille me disait "lâche l'affaire, elle est
gentille, tu risques de lui faire du mal à jouer au con comme ça, tu bois un
coup avec elle et tu la raccompagne tranquille. Tu sais ce que c'est que de
souffrir, n'infliges pas la même chose aux autres et penses ta belle étudiante,
c'est pas encore mort".
Mon moi sombre argumentait de son coté "Bah, qui n'a jamais
eu un plan cul dans sa vie, tu laisses faire, si elle veut elle est majeure,
vous vous amusez et tu lui expliques que non ça marchera jamais demain matin.
Comme ça tu reprends confiance en toi, en plus elle est jeune elle s'en remettra
et si ton pote t'a dit de pas y aller c'est qu'il est jaloux !". Il y a eu comme
une bataille entre le bien et la mal, longtemps.
Personne n'a gagné. J'ai juste été sauvé une horloge. Une
étudiante ça rentre tôt et ça se couche tôt. La Miss devait rentrer à 22h.
Merci. Rien n'est réglé et franchement je pense que la prochaine fois je ne
serais pas sauvé par un horloge si elle revient. Faut que je règle cette affaire
rapidement. Mais Dieu qu'elle est jolie. Tiens, le téléphone sonne "Ah, salut !
Tu es bien rentrée. Oui, moi aussi, non, si, oui, mais peut être, ok la semaine
prochaine, 'nuit, bye. ". Seigneur tu me tentes comme par le
passé, mais fais gaffe, cette fois j'ai pas de copine pour me sauver !
En y réfléchissant, la soirée d'hier n'était pas si mal. J'ai appris quelques trucs intéressants avec Miss 18. Pas des trucs fondamentaux, plutôt des "façons de penser quand on a 18 ans", ce genre de choses que l'on a oublié quand justement on n'a plus 18 ans.
Déjà, à 18 ans on est un peu fleur bleue. On est plein de
rêves, on espère le grand amour, le mec / la fille idéal(e). A mon age, on
n'espère plus rien d'idéal, juste quelqu'un, même bourré de défauts. On est un
peu revenu de tout, on sait très bien que si on veut vivre avec quelqu'un il
faudra faire avec les défauts que l'on va lui découvrir au bout de 2 jours. Miss
18 semble s'offusquer de mes petites manies, de mon cynisme et aimerait que je
sois super attentionné avec elle. Ben c'est pas gagné. Avec ce que j'ai pris
dans la gueule ces derniers temps, je fais gaffe en m'approchant d'une fille.
A 18 ans on pense aussi beaucoup au sexe et on lui accorde un
grande importance. Pas en termes de quantité, mais plutôt en qualité. Moi je
pense en quantité : j'aime bien ça, c'est sympa et pas besoin d'être amoureux
pour le pratiquer. Miss 18 pense en qualité : elle veut
que cela soit magique, inoubliable. Et que le mec soit vachement bon. Ah, ça
dans le genre mettre la pression elle est balèze. Nous avons eu une grande
discussion sur le sexe (même pas amorcée par moi !), sur les pratiques, etc...
Bilan des courses : pour elle c'est avec un mec uniquement, elle est
relativement contre le mouvement Gay. Pas gagné pour mes potes ça, cela
ne va pas coller du tout. De toute manière, cela ne doit pas coller, je
dois lui dire que non merci je ne suis pas intéressé. Ensuite, j'ai demandé
discrètement ce qu'elle ferait dans ce cas d'école : "Imagines que tu sortes
avec un mec de 29 ans et qu'il soit encore vierge. Que ferais tu avec lui ?". Sa
réponse fut... tranchante : "Ben, je le largue, je vais pas jouer au prof, si je
sors avec un mec de 29 ans c'est pour découvrir des choses et pas pour servir de
professeur. En plus vierge à 29 ans c'est bizarre, ça cache un truc, le mec doit
pas être normal". Pauvre Mr Irrécupérable, je sens que c'est loin d'être gagné
pour lui. S'il tombe sur une fille comme elle pour sa première fois, il devient
moine tibétain. C'est dur une Miss 18, on est méchant à cet age là. J'ai aussi
eu droit à la complainte du "Si le mec a une panne, 1 fois ça va, au bout de 2
fois je le largue, c'est qu'il ne m'aime pas. Un mec ça arrive toujours à avoir
une érection, ça peut baiser avec n'importe qui, alors si ça marche pas c'est
qu'il a un problème". C'est gentil, et dire que nous les mecs pensons que les
femmes sont compréhensives en cas de panne sexuelle, qu'elles vont nous
materner. Ben pas à 18 ans manifestement. Elle ajoute aussi qu'il faut que le
mec soit doué. On est rêveur à 18 ans, on espère donc : un mec qui n'a jamais de
panne, qui est un super coup au lit, qui ait déjà une grande expérience et qui
apprenne des nouvelles choses. Ben voyons, et qu'il la fasse jouir aussi, non ??
Pardon. Faut pas se leurrer, c'est rare. A mon avis, elle a pas du rencontrer
beaucoup de mecs elles.
A 18 ans on pense aussi qu'après la première soirée, on peut
présenter son copain à la famille. Comment dire, je n'ai pas envie de voir ses
parents. Déjà ils vont me demander ce que je fous avec leur fille de 18 ans.
Quand je vais répondre "ben justement, rien !" ils vont me rouer de coups pour
lui avoir brisé le coeur. Tsss, avec l'age on apprend à ne surtout plus
présenter ses copines à ses parents avant d'être sûr que cela soit la bonne.
Sinon ils pensent déjà mariage, arrêtent pas de vous gonfler avec vos futurs petits enfants et leurs désir de grand paternité. Puis quand c'est la rupture,
limite ils vous en veulent pour avoir tué dans l'oeuf leur petit fils. Arg. Et
quand on vieillit c'est encore pire, ils vous disent qu'il faudrait songer à se
caser (j'y songe pas peut être, si c'était si facile que ça vous torcheriez déjà
mes gosses !), que les grands parents attendent (ben bon courage, vivez
longtemps et heureux surtout...). Ils vous montrent les filles de leur amis
plein d'espoir, vous narguent avec vos copains de collège qui sont déjà mariés /
3 enfants. En fait on subit une énorme pression parentale à chaque fois que l'on
va les voir. Surtout quand on arrive les bras vides et sans plan sérieux en vue.
"Tu fréquentes quelqu'un en ce moment ?". "Euh, oui, des gens, et au fait
comment va tonton ?". Paf, fin de discussion. Moi mes parents ils sont comme ça,
gentils et attentionnés mais inquisiteurs. J'ai un pote qui a la chance infinie
d'être Juif. Lui c'est pratique, sa mère lui présente les jolies filles de ses
amies. Ma mère n'a que des filles mariées à me mettre sous le nez. Tiens, celle
là je lui donnais des cours de Physique en Terminale, regarde elle est mariée
maintenant. Et elle qui voulait se marier avec toi quand elle était petite. Ben
maintenant elle est pas mariée avec toi. Le bordel. Comment il fait Mr
Irrécupérable pour oser aller manger chez ses parents tous les Dimanches ? Ca
doit être invivable. Moi j'adore mes parents, mais surtout quand j'ai une copine
à jeter entre leurs griffes. Dans le cas contraire, j'ai l'impression que l'on
me regarde comme un échec, le raté de la famille, l'incasable, celui qui finira
vieux et seul.
A 18 ans, ça fera jamais le premier pas. Ah ça non, encore plus quand le mec est plus vieux. Hier, je la voyais se tortiller sur mon canapé à s'approcher de moi doucement tel un chat vers sa proie. Mais oh grand Dieu, aucun risque qu'elle se jette sur moi pour me violer. C'est au mec de tout faire. Au bout d'1h30 à la voir souffrir comme ça (et moi aussi d'ailleurs, j'en pouvais plus de la voir gigoter devant moi avec sa jolie frimousse, ses jolis... bref !) je me suis décidé à lui prendre la main. Voui, je suis un grand romantique. Et un gros couillon aussi. Règle d'or : ne jamais prendre la main d'une 18 ans qui gigote devant vous. Vous lui donnez un doigt, elle prendre le reste. Je passe d'abord pour un petit jeune à attendre plus d'1h pour la "toucher" alors qu'en temps normal entre êtres consentant tout aurait été beaucoup plus vite. Ensuite mon geste a sûrement dû lui paraître bien gnangnan (oh il m'a pris la mimine, c'est mignon comme tout, mais c'est qu'il a peur des filles le grand garçon en plus !). Surtout rester calme. Et voilà qu'elle me saute dessus. Mais attention, comme une fille de 18 ans. Une fille de 18 ans ne couche jamais lors d'un premier rendez-vous (à fortiori si elle doit partir 30 minutes plus tard). Non, non, non, une fille 18 ans c'est plus romantique, plus tactile, plus bisous - bisous, caresses, etc. Au bout des 30 minutes, j'étais à point, bien cuit à l'intérieur et prêt à exploser. Et elle est rentrée chez elle. En un sens c'est pas plus mal. Et puis une bonne douche bien froide ensuite c'est idéal pour aller se coucher. Et pour se "de-stresser"...
Un fille de 18 ans c'est dangereux. Ca vous fait tourner la tête, vous fait rajeunir, sentir vivant, beau et charmeur. Et ensuite vous vous apercevez qu'il y a un monde entre vous deux et que même si un homme est généralement moins mûr qu'un fille, il n'en faut pas beaucoup pour l'être plus qu'une 18 ans. Heureusement demain je pars au ski avec des potes du boulot, retour le 3 février, ça me changera les idées, un grand bol d'air frais et je serai prêt à entamer un nouveau mois et à y voir plus clair. Et puis il y aura la grande brune du fond du couloir qui est tellement jolie...
Départ à 15h45 du boulot sous la neige. L'autoroute est
complètement gelée, les sableuses ne sont pas encore passées, nous manquons de
finir sous un poids lourd et esquivons un gros accident. On avait tout prévu :
652 Km à parcourir en partant a 16h, on devait arriver pas trop tard. On est
arrivé à Minuit en station. Bonheur ultime : la route est praticable sans
chaîne, toujours ça de pris.
Organisation : chaque groupe du boulot doit aller récupérer
la clé de son studio à la discothèque de la station, seul bâtiment ouvert
jusqu'à 4h du matin (pas fous, on avait prévu le coup, passer la nuit dans la
bagnole c'est pas terrible). Sauf qu'on a pas de plan et que la station est
grande, construite dans les années 70, avec ses 13 tours de 20 étages, c'est
super facile de se repérer. Donc à minuit on commence à arpenter les ruelles à
la recherche de la discothèque. Le clubeur que je suis finit par détecter les
boum - boum caractéristiques d'une salle techno au loin. On gare donc la voiture
comme on peut entre deux blocs de neige et on part vers la boite de nuit.
Ambiance de folie, on s'approche du physionomiste "Salut, on vient voir Jeff, il
a les clés de notre studio". "Ah non, Jeff il travaille pas ici, il bosse au
Président, c'est à l'autre bout de la station". Arg. Heureusement une
galerie couverte parcourt la station et permet de la traverser sans mettre un
pied dehors. On se balade dans ce dédale, on croise des troupeaux de
hollandaises bourrées. En fait il n'y a que des hollandais dans cette station.
On apprendra le lendemain qu'un groupe de 900 étudiants hollandais a débarqué le
lundi avec des centaines de litres de bières. Le bonheur. Un hollandais c'est
déjà chiant à la base, bourré c'est encore pire. Ca émet des sons proches du cri
du cochon et en plus c'est grand. La hollandaise est encore pire. Blonde, jolie,
elle mesure en moyenne 1m80. Elle porte un Jean'S moulant avec une chaînette
autour de la taille. Sa voix est rauque et assez masculine. Enfin, elle a
généralement des hanches ... généreuses. Bref, on arrive à l'autre bout de la
station dans l'autre boite de nuit, on se faufile au milieu des géants nordiques
et on trouve Jeff. Il a nos clés. Ouf. Sauvés. Enfin, presque. Le studio est à
l'autre bout de la station, si si c'est le bout dont on vient, soit à peu prêt à
20 minutes de marche dans ces foutus couloirs. On a une enveloppe avec la clé de
l'appart dedans. On bataille un certain temps pour trouver l'appartement en
suivant les panneaux, vraiment pas évident à trouver. En plus c'est marrant, on
est dans le seul immeuble pas connecté à la galerie couverte. Il faut se taper
50 mètres dans la glace et le froid pour l'atteindre. Génial. 9ième étage, on y
est, on va pouvoir dormir. Tiens il y a un papier dans l'enveloppe... "Plan pour
rejoindre votre logement". Putain, y'a pas de justice, tout est indiqué. C'est
trop injuste. Il est 2h30 du matin, les autres groupes arrivent, on va se
coucher. Avant, petit passage aux toilettes, envie pressante... Comment dire...
Il n'y a pas de papier. Rien dans l'appartement. On n'a pas de Kleenex. Et on
n'en peut plus, il faut y aller. Par tirage au sort, le conducteur se trouve
désigné pour aller chercher le rouleau de secours dans sa voiture dans le froid
glacial. 20 minutes plus tard, il revient et nous on peut y aller.
Réveil à 7h du matin. Je cours dans la douche pendant que les autres émergent. Zut, il n'y a pas rideau à la douche. J'arrive tant bien que mal à me doucher sans inonder le studio. Pendant que je me prépare les autres y vont. Je passe devant la porte de la douche en chaussettes. Floc. Comment ça Floc ? C'est drôle, il y a de l'eau sur la moquette. Elle coule de dessous la porte de la douche. Manifestement certains ne savent pas se laver sans rideau. Il y a 1cm d'eau par terre. Bon ça séchera.
Retour du ski, neige excellente, repas copieux, apéro et discothèque, le bonheur. SMS de Miss 18, elle veut savoir comment je vais, si tout se passe bien. Hum, ça commence à devenir lourd.
Rien de particulier, la neige est toujours excellente, notre équipe participe à un slalom Géant organisé par la maison mère. Nous sommes honteusement privé d'une coupe qui nous revenait de droit par une tricherie réglementaire. Tsss, tant pis, un petit verre de vin chaud pour oublier. Re-SMS de Miss 18. Je commence à faire le mort, je vais boire une petit verre d'ailleurs pour oublier.
Toujours une bonne neige, toujours du vin chaud en haut des pistes mais cette fois retour en soirée à la maison. Le retour est impeccable, l'autoroute est parfaitement dégagée. Je rentre à 23h chez moi. Coup de fil de Miss 18, la ligne est mauvaise, mais j'ai le temps de comprendre qu'elle est pas contente et qu'elle veut me parler. Bien, je vais peut être me faire larguer avec un peu de chance. Allumage de l'ordinateur et réception de mes 3 milliards de mails du week-end :
Mail daté de Jeudi soir 18h (2 heures après mon départ de Paris), de "Ma belle étudiante", sujet "Que faire ?". Ouais, je vais encore me faire engueuler, je sens que c'est la soirée. "Salut, blah blah blah , blah blah blih, que veux tu faire Samedi soir : resto ou séance DVD chez toi ?"... Pourquoi le sort s'acharne t'il sur moi ? Je pars au Ski 3 jours et pour une fois que je ne suis pas chez moi et donc pas libre pour le week-end, voilà que ma belle étudiante choisit ce moment pour lever le nez de sa thèse et me propose un plan de rêve pour Samedi soir. J'aurais pas pu avoir le mail 2 heures plus tôt, non ? En plus elle aurait pas eu l'idée de me téléphoner par hasard ? Hein, POURQUOI MOI ?! Mais pourquoi elle est si compliquée cette fille (et pourquoi je craque pour elle en plus !). Vu mon dernier mail et mon absence de réponse depuis maintenant 3 jours, elle va sûrement penser que je la déteste, que je ne veux plus lui parler et avec ma chance naturelle elle est allée noyer son chagrin en boite samedi soir, elle a trouvé un bel éphèbe qui l'a demandée en mariage dimanche matin et elle a accepté. Mr le Destin, cette fois c'est une baffe assurée. Déjà le coup avec ma meilleure amie ça passait pas, mais là si j'ai raté le coche (c'est pas faute d'avoir essayé pourtant), je pique une crise ! Vite, je saute sur mon clavier, je bafouille une excuse "j'étaispaslàdésoléjesuislibreleweek-endprochainnetemarriespasavecledragueurdeboitesdenuitveuxtum'épouser?", paf j'envoie le mail. Pourvu qu'il ne soit pas trop tard. L'Amour c'est pire que la bourse, il faut savoir prendre des décisions au quart de seconde prés et il faut toujours être sur le qui-vive, sinon on peut tout perdre.
Mail daté de Jeudi soir 23h, de "XHDKFDZIOF", sujet "Merci pour ton message". Ah, ça c'est une réponse de mon site de rencontre. Si elle a 18 ans c'est non direct. "Blah blah, rencontre, blah blah, moi, blah blah, toi, blah blah, nous, etc...". Elle a 26 ans, elle est jolie et infirmière. J'ai compris, j'ai du vexer un type dans une vie antérieure et je le paye maintenant. Ou alors on m'a jeté un sort Vaudou. Je réponds sans espoir, avec son physique de top model et son boulot de fantasme elle a sûrement trouvé un époux depuis Jeudi.
Les vacances, c'est nul. On rate plein de trucs, il vaut mieux rester chez soi. Je vais me coucher, ras le bol.
Journée pourrie, il pleut, il fait froid, j'ai sommeil et j'ai la crève.
Retour chez moi, je mets à jour mon journal, j'ai plein de
lessive à faire, j'ai plus rien à bouffer. Mais j'ai un mail de ma belle
étudiante qui va voir si elle peut se libérer Samedi prochain. Bon, tout n'est
pas perdu. Faut que je consulte mes plans week-end (hé oui, on est déjà Lundi,
il faut se dépêcher de trouver un truc à faire le week-end). J'ai toujours ma
marieuse qui veut me caser et fêter le "nouvel an chinois + 1 semaine" chez
elle. Bien, ça peut être intéressant.
Et Miss 18 qui me traque toujours. D'ailleurs elle me
téléphone. Oulà, au son de sa voix, ça va chier grave pour mon matricule. Faut
dire qu'elle m'a appelé trois fois au boulot dans la journée. Et j'ai fait le
mort. Elle part en vacances vendredi soir, oh c'est mignon tout ça, elle veut
que je lui prépare un sandwich pour le voyage, non ? Elle veut me voir dans la
semaine. Moi je suis défoncé, j'ai deux semaines de sommeil en retard à
récupérer, des courbatures partout et un rhume stupide. Et j'ai du boulot.
Enfin, ça fait toujours vachement sérieux de dire ça "Tu comprends, je dois
finir des dossiers cette semaine, je suis overbooké baby je vais pas pouvoir me
libérer avant 23h tous les soirs, sorry". Là ça commence à chier, j'ai droit à
la question qui tue "Comment vois tu notre relation". Prendre sa respiration, se
boucher les tympans et tout balancer : "Je t'aime bien mais ça ne marchera
jamais entre nous, tu es super jolie mais je sors d'une rupture difficile (c'est
vrai, bouhou) et je ne suis pas prêt à m'engager (mensonge éhonté mais ça lui
fera moins mal je pense) ". Pif, paf, emballé c'est pesé, elle a raccroché et je
l'ai larguée. Affaire Miss 18 réglée.
Faisons les comptes : il me reste ma belle étudiante que
j'aime et qui fait que bosser. La colocataire de ma marieuse que j'ai jamais vu
et elle non plus. L'infirmière du mail qui est soit cyber-prostituée, soit
masculine et homosexuel, soit déjà mariée. La petite brune du boulot que j'ai
rencontré au ski qui n'est pas très jolie (restons poli) mais qui est drôle et
dynamique. J'ai encore quelques ouvertures. Mais surtout ma belle étudiante se
souvient de moi et ça c'est le plus beau cadeau que je pouvais avoir
aujourd'hui.
Journée tranquille, je me remets petit à petit de mon
week-end au Ski. Mon horoscope m'a prédit "une semaine excellente et grâce à
l'arrivée de Venus dans votre signe vous rencontrerez l'amour prochainement".
Tsss. J'y crois vachement tiens. J'ai eu un mal fou à bosser aujourd'hui :
j'avais définitivement fait une croix sur ma belle étudiante pensant que tout
était foutu et voilà que maintenant j'y crois de nouveau. Pourvu que je ne sois
pas devenu un bon ami. Manquerait plus que ça. J'étais en réunion tout l'après
midi et je n'arrêtais pas de voir ses superbes yeux bleus devant moi. Rahh,
c'est terrible. En plus ce n'est pas une accro du mail, elle est plutôt du genre
à répondre avec 3 jours de retard. Je risque de rester sans nouvelle d'elle
jusqu'à la fin de la semaine. C'est nul d'attendre, elle me mine le moral cette
fille mais en même temps je suis persuadé que ça pourrait coller entre nous.
Avec elle ce n'est pas une attirance physique comme avec Miss 18. Attention, je
la trouve jolie mais je n'ai pas des envies de sexe quand je la vois. Je
pourrais même attendre longtemps sans rien faire avec elle, je voudrais juste
pouvoir la regarder, l'embrasser, avoir une relation simple. C'est rare qu'une
fille me fasse cet effet, généralement quand on rencontre quelqu'un on pense
toujours au sexe plus ou moins rapidement, mais là non. J'aurais même pas envie
tout de suite en fait, voire même ça me décevrai, je n'aimerai pas qu'elle se
jette sur moi. Je voudrais vraiment que cela marche entre nous (faudrait déjà
qu'elle s'intéresse à moi). Je l'ai rencontrée une semaine après ma rupture,
lors d'une pendaison de crémaillère. J'avais passé l'après midi dans un piteux
état cherchant à oublier (tout) dans divers spiritueux (échec total, on n'oublie
rien et on se sent mal ensuite). J'ai accepté tant bien que mal de sortir le
soir histoire de me changer les idées. Et puis je l'ai vue : elle avait l'air de
s'ennuyer au milieu de gens qu'elle ne connaissait pas. Je me suis approché
d'elle et nous avons commencé à parler. Ca a duré toute la soirée, c'est vrai
qu'on a beaucoup parlé de ses études, mais pas seulement. Lorsqu'elle est partie
j'ai réussi à lui murmurer à l'oreille un "j'espère que l'on se reverra". Elle
m'a répondu tout aussi fugacement "moi aussi". Ca m'a empli de joie. Sur le coup
je me suis méfié. J'avais peur de souffrir du syndrome du "fraîchement séparé" :
on tombe amoureux de la première fille célibataire que l'on rencontre après une
rupture. Je suis rentré chez moi et je lui ai envoyé un mail lui disant que
j'aimerais la revoir. Ensuite nous nous sommes revus pour un restaurant tous les
deux. Je ne sais pas trop quoi penser, peut être que pour elle c'est normal
d'accepter un restaurant en tête à tête avec un gars que l'on vient de voir.
Faudrait que je me forme en psychologie féminine parce que pour moi c'est bon
signe. J'en sais rien, je sais plus quoi penser. Mon meilleur pote me dit que
c'est bien parti, que j'ai une chance. Ouais, vu comment elle est dans un autre
monde avec ses études, je ne sais plus quoi faire, en plus elle ne m'a jamais
répondu franchement. Pourtant je lui ai demandé en gros si j'avais une chance
lui disant qu'elle pouvait répondre sans détour et elle a juste esquivé en se
réfugiant derrière sa thèse. Bon, pourvu qu'elle soit libre ce week-end. J'ose
même pas l'appeler au labo, j'ai peur de la déranger. J'en ai marre, pourquoi je
tombe toujours sur des filles compliquées.
C'est vrai quoi, je suis abonné aux plans bizarres. Je suis
du genre à me faire draguer par des homos en boite, à me faire accoster par des
couples échangistes. Si, si, ça m'est déjà arrivé. J'étais plus jeune à
l'époque, je rentrais d'une soirée entre potes et je suis passé devant une boite
échangiste (ben oui, j'ai pas toujours habité dans de beaux quartiers). Un
couple était devant la porte et papotait avec le patron (je suppose). En passant
près d'eux, ils m'accostent et me balancent un truc du genre "Salut, tu es jeune
et mignon, tu dois être vigoureux, ça te dirait de finir la nuit avec nous ? Tu
viens chez nous et ensuite on te ramène chez toi". Cool, top délire, j'ai réussi
à marmonner une excuse style "euh je peux pas j'ai cours demain matin (manque de
bol c'était un dimanche vers 3h du matin)". Bref, je me suis sorti de ce plan
pourri. J'ai peut être une tête de pervers. Ca doit être ça, je dois passer pour
un détraqué sexuel auprès des gens. Ou alors pour quelqu'un de tellement
inoffensif qu'il n'y a aucun risque à accepter un repas en tête à tête avec lui
ou de voir un DVD chez lui un Samedi soir. Zut, ça me déprime, je vais aller
regarder un film justement : "Jules et Jim", une belle histoire d'amour, au
moins au cinéma ça marche...
Encore une journée calme. Pas de nouvelle de ma belle étudiante. Je vais me remettre en mode "désespéré" comme ça je ne risque pas d'être déçu. Je vais héberger un pote à partir de vendredi soir, avec mon bol légendaire elle va me proposer une soirée chez moi samedi. Si c'est le cas, tant pis, je vais en virer un... Sorry. C'est trop dangereux, elle pourrait le trouver à son goût !
Bref, ce soir j'avais "Celui
qui a abandonné" chez moi. Il est venu récupérer des livres à lui et manger
une pizza. Oui, j'avais pas vraiment envie de faire des efforts de cuisine et la
pizza est un bon moyen de se nourrir sans se fatiguer. Tiens au fait, j'ai reçu
un mail de Miss 18 qui me demande de l'aide en math. Et comme je suis gentil
j'ai accepté. Ma bonté me perdra. Revenons à Celui qui a abandonné. En ce moment
il a pas la forme. Il a pas de boulot, il passe ses journées chez lui à regarder
Dawson et son ex copine qui est devenue sa meilleure amie le nargue avec son
nouveau copain. Comme quoi on a tous les même problèmes. Et il ne faut pas se
rencontrer entre gens à problèmes, c'est pire que de rester seul ou en compagnie
de gens heureux. En fait on a eu une discussion très intéressante, vachement
intime, plus que je n'aurais cru avec lui. Et donc c'est bien ça, il a abandonné
son idéal de couple après sa dernière rupture et refuse de chercher dixit "par
fainéantise". On a pas mal discuté du sujet, j'ai essayé de le bouger, mais à
priori il est bien décidé à ne rien faire et à vivre seul, la solitude ne lui
fait pas peur.
Quel chanceux ! Moi je flippe grave à l'idée de finir mes
jours seul. L'angoisse totale. Je pense que je ne supporterai pas de vivre seul
le restant de mes jours, je préférerai me foutre en l'air avant. Je repense à ce
que nous nous disions ma meilleure amie et moi quand nous étions jeunes : "On
n'arrivera jamais à vivre ensemble, on n'est jamais libre l'un pour l'autre au
bon moment, on finira amant et amante, chacun marié de son côté et à nous
fréquenter en cachette". C'était le bon vieux temps, on était insouciant et on
croyait en l'avenir. Maintenant je n'y crois plus. Elle vit avec un mec et moi
je suis à nouveau seul. A l'époque j'étais légèrement dépressif (comme quoi rien
ne s'arrange avec l'age) et je lui disais que je ne supporterai pas de vieillir,
qu'à 40 ans je me jetterai d'un pont pour en finir, pour partir au meilleur
moment. Ben en fait, c'est sacrément long à attendre 40 ans. Cette soirée ne m'a
pas vraiment remonté le moral, c'est carrément pire qu'avant ! Je n'arrive pas à
me libérer de mes vieux démons, je pense à mon ex (un peu), à ma belle étudiante
(beaucoup), à ma meilleure amie (passionnément, à la folie). J'enrage de la
savoir ce soir avec son mec, heureuse. Je suis jaloux. Affreusement jaloux. Il
faut que j'arrive à l'oublier en tant qu'amante et m'en souvenir comme ma
meilleure amie. Putain, pourquoi je n'ai pas agi au bon moment. On m'a dit "si
elle s'est mise si vite après ton refus avec un autre gars c'est qu'elle n'était
pas faite pour toi ou qu'elle ne t'aimait pas vraiment". Peut être, de toute
manière elle m'a dit récemment que ça n'aurait sans doute pas marché entre nous,
que nous étions trop différents. Sans doute aussi, mais j'aurais tellement voulu
essayer.
Je sais je répète toujours la même chose, je me complais dans
ma tristesse comme un cochon dans sa fange, j'aime me faire du mal, souffrir,
c'est tellement romantique. Je souhaite aussi me punir, me blesser. Je l'ai déjà
fait pour elle. J'ai encore une cicatrice d'ailleurs. Oh, elle est presque
invisible maintenant, elle est sur la main droite, en forme de croix catholique.
Personne ne sait qu'elle existe, elle est très dure à déceler, mais je me
souviens très bien du moment où je l'ai eue. C'était en cours d'Allemand, au
lycée, on venait de se séparer une fois de plus et elle sortait avec mon
meilleur pote. En plus elle avait couché avec lui et c'était sa première fois.
Ca m'avait mis dans une rage folle (d'autant que moi j'étais encore vierge à
l'époque et que j'espérais bien qu'Elle et moi nous ferions cela ensemble pour
notre première fois) et j'avais commencé à m'entailler la main avec des lames de
taille crayon. Ouais bon on fait avec ce qu'on a sous la main, c'était un vieux
taille crayon métallique dont on pouvait démonter les lames avec un tournevis ou
un pièce de monnaie. Je me suis dessiné une petite croix (ça faisait super mal,
c'est bourré de nerfs à cet endroit) entre le pouce et l'index de la main
droite. Pourquoi une croix ? J'en sais rien, je ne m'en rappelle plus bien,
c'est sûrement lié à ma période Gothique / Curiste de ce moment là. Ca pissait
le sang, mais la blessure était bénigne bien qu'affreusement douloureuse. Par
contre j'ai toujours gardé la cicatrice, toute blanche, toute petite, mais
présente. Je la vois tous les jours depuis toutes ces années. Je l'avais presque
oubliée d'ailleurs.
C'est un catalyseur de souvenirs, cela me rappelle tout ce
que j'ai vécu avec elle. Cela me fait voir aussi tout ce que ne vivrai pas avec
elle. Je maudis mon imagination. J'aime bien me faire mal. Maintenant j'ai
grandi, je ne cherche plus à me mutiler, c'est mal vu en société et puis un
adulte trouve des tas de palliatifs. J'aimerai pouvoir partir, tout oublier,
avaler un truc qui me déchire un max, qui me vrille le cerveau et me transforme
en légume amorphe. Mais il faut croire que je suis trop lâche ou que mon
instinct de survie est encore trop fort (je suis encore loin des 40 ans
fatidiques) pour oser jouer avec des pilules merveilleuses, symboles d'un avenir
meilleur, plus facile mais aussi sombre qu'un caveau. Parfois quand je suis au
volant de ma voiture, il m'arrive de penser qu'en appuyant un petit peu plus sur
l'accélérateur je déchaînerai suffisamment de chevaux libérateurs. Mais je n'en
ai pas encore le courage. Je pourrais tuer un innocent par la même occasion, me
tuer aussi (c'est un peu le but). Mais je pense à mes parents dans ces moments
là, au mal que je ça leur ferai, à leur incompréhension. Je ne veux pas mourir,
je veux juste souffrir, avoir très mal. Non, je préfèrerai me détruire à petit
feu, c'est plus simple. Pour l'instant j'arrive bien à garder mon masque
en dehors de chez moi. Je semble toujours joyeux, personne ne se doute de rien.
De toute manière tout le monde s'en fout. Heureusement que j'écris, c'est ma
soupape de sécurité, cela m'empêche de craquer totalement. Je me souviens que ma
meilleure amie m'avait donné le numéro d'une psychologue un fois, me disant que
c'était une amie à elle et que ça pourrait peut être servir un jour. Il faudrait
que je consulte peut être. En fait je dois certainement être stupide, manquer de
maturité au point de ne pas me remettre d'une rupture, d'un acte manqué, mes
problèmes sont tellement mineurs par rapport à ceux des autres. N'empêche que
mineurs ou pas, ils me submergent, ils absorbent mes pensées, Elle absorbe mes
pensées. Je la revois dans mon lit, son sourire, ses larmes, je ressens ses
caresses, ses baisers, ses mains dans les miennes, sa peau contre la mienne.
J'entends sa voix si douce, ses sanglots étouffés, j'ai des tonnes de souvenirs
à oublier, à accepter, à bonifier pour pouvoir repartir. Je ne m'en sens pas la
force. Je lisais hier soir sur un forum une remarque comme quoi tous les gens
qui écrivent sont dépressifs. Complètement, c'est la dernière chose qui me
retienne, qui m'empêche d'éclater totalement, mais en même temps écrire me
déprime encore plus, cette introspection ramène à la surface des souvenirs
douloureux. J'ai encore la force de me battre, d'espérer, mais pour combien de
temps encore...
Ouais, en regardant ma chronique d'hier, je m'aperçois que
j'avais pas vraiment le moral. Aujourd'hui c'est mieux. Enfin, pas vraiment, je
suis d'une humeur massacrante. Je sais pas pourquoi, mais j'ai envie de mordre
les gens. Mes parents m'ont téléphoné ce soir, s'étonnant de ne pas avoir de mes
nouvelles depuis Lundi. Voilà, je les ai mal habitués, maintenant ils me font
une crise si je leur téléphone pas régulièrement. Hé ho, j'ai grandi, je suis un
adulte maintenant, faudrait peut être voir à me lâcher un peu non ? En plus je
me fais harceler au téléphone : "pourquoi tu dis rien, quoi de neuf, que fais tu
ce week-end, etc..." Mais j'en sais rien ! J'ai rien à leur dire, y'a rien de
neuf, foutez moi la paix, je ne sais pas ce que je vais faire ce week-end.
D'abord j'ai toujours pas eu de nouvelles de ma thésarde.
J'ai finalement craqué, je viens de lui mailer. Et demain je lui téléphone pour
savoir si elle est pas morte écrasée par la chute de son mémoire. Demain soir
j'ai sport normalement. J'ai pas envie d'y aller, mais alors à un point
inimaginable. En plus ce sport est fortement basé sur le mental : quand le
mental ne suit pas, le corps ne peut rien faire. Et en ce moment le mental n'est
pas au rendez-vous, du coup je fais n'importe quoi, j'accumule les contres
performances et ça me gonfle.
Dans la série j'ai eu une journée de merde, j'ai eu un mail
de ma marieuse : je me suis fait engueuler car je ne l'avais pas appelé depuis 5
jours. Elle m'a balancé une phrase magique "Ce n'est pas parce que nous ne
pouvons pas être amants que nous ne pouvons être amis". Quoi ??? Mais je lui ai
rien demandé à elle, je veux pas être son amant ! J'ai juste des envies
sexuelles avec elle, tout simplement. Elle sort ça d'où ? En plus elle m'annonce
que sa colocataire s'est trouvé un mec Samedi soir dernier. Vraiment j'ai eu un
week-end maudit ! Je rate un super repas avec ma thésarde, je manque un repas
avec ma marieuse et sa colocataire (on devait fêter le nouvel an chinois
ensemble) et celle-ci se trouve un copain. C'est juré, je ne prends plus de
vacance ! Mais quelle semaine de merde ! Et c'est pas fini, il reste demain.
J'ai peur.
Même chez moi on me gonfle : le téléphone n'a pas arrêté de
sonner. Mes grands parents m'invitent à leurs 50 ans de mariage en Avril, cool,
je les adore mais les fêtes familiales c'est pas mon truc, enfin je vais y
aller. J'ai aussi eu un sondage téléphonique : "Vous vivez dans quoi ? Vous
faites quoi ? Etes vous marié / en concubinage ?". JE SUIS SEUL PAUVRE CRUCHE !
Mais bon Dieu, tout le monde veut m'emmerder ou quoi ? On vient jusque chez moi,
dans MON téléphone personnel me rappeler que je suis seul ! Je me suis calmé en
me faisant un repas "bonheur" : un paquet de Hari Croco. C'est tout. J'avais pas
envie de me préparer à manger pour moi tout seul. A midi je suis allé faire des
courses, histoire de me calmer. Quand je suis énervé ou déprimé, je vais dans un
magasin claquer du fric. Ca me soulage un peu. Aujourd'hui j'ai eu du bol, j'ai
choisi la Fnac et Auchan. Auchan pour 2Kg de bonbons Haribo. La Fnac pour une
brouette de livres et de CD audio. De la musique violente, qui vrille bien les
tympans. Mes goûts musicaux sont fonctions de mon état. Quand je suis calme,
heureux, j'écoute de la musique calme. En ce moment, c'est Hardcore, Métal et
autres trucs qui n'ont même pas de rayon à la Fnac. C'est bien la musique
violente, ça empêche de penser.
Avec tout ça, je n'ai rien de prévu ce week-end vu que ma
thésarde ne me téléphonera sûrement pas. Je suis condamné à accepter la soirée "Tartiflette"
chez Mr l'Irrécupérable. J'en tremble d'avance. Faut que je me trouve un truc à
faire. Je vais peut être inviter Miss 18 à venir bosser ses maths chez moi.
(...)
Paf c'est fait, mail envoyé. Il est hors de question que je
passe un week-end seul à m'ennuyer. Maintenant, d'après la loi "je suis maudit
et tout est organisé pour m'emmerdé au maximum", je devrais avoir un mail de ma
belle étudiante pour accepter mes propositions. Le téléphone sonne encore ! Me
calmer, je dois me calmer. "Oui allo ?". "Oui, bonsoir, je voudrais parler à
Fatima s'il te plait". Pourquoi moi ? IL N'Y A AUCUNE FILLE CHEZ MOI ! TU T'ES
TROMPE DE NUMERO PAUVRE ABRUTI ! Meme les faux numéros me persécutent, je dois
être la cible d'un complot et on veut me rendre fou pour que je prenne une arme
et tire sur tout ce qui bouge. J'envoie bouler le gars avec un minimum de
pincettes lui indiquant qu'il est sûrement aveugle et lépreux avec des moufles
pour s'être trompé de numéro. Je reprends, donc... drrriinnggg. drrrinngg. Là je
vais péter un câble je crois. "Oui allo ? (ambiance souffle de yéti, plus
glacial que ça tu gèles)". "Euh... biiiip (il a raccroché)". Si ce mec me
rappelle, je hurle de toutes mes forces à en faire claquer toutes les vitres du
quartier. Je craque, c'est une cabale, allez tous mourir, je hais l'humanité, je
hais le monde, je hais les gens, laissez moi tranquille !!!
Pour finir, le gars que je devais héberger risque de venir
plus tard, donc j'ai vraiment un week-end seul en perspective. J'espère au moins
qu'il fera beau, je vais peut être me tirer avec ma voiture dans une quelconque
forêt pour marcher un peu et j'irai me pendre à un arbre avec les miens : au
milieu des glands !
La journée avait pourtant mal commencé. Je suis de plus en
plus malade, j'ai ramené un truc du Ski, je sais pas quoi, mais c'est vivace.
D'ailleurs au boulot aussi ils sont malades. J'ai de la fièvre, franchement mal
à la tête, le nez pris et la gorge qui picote. J'ai la flemme d'aller consulter
un docteur. Il va encore me taper 24€ comme l'autre fois pour me dire "c'est un
virus, prenez des Doliprane, buvez beaucoup, dans 4 jours ça ira mieux". Ben
voyons, du coup maintenant j'attends avant d'aller le voir. Je me fais mon auto
médication, en prenant des trucs que je connais non périmés dans ma pharmacie.
En général ça marche plutôt bien.
Donc, la journée avait mal commencé. En arrivant je consulte
mon mail professionnel pour voir si ma belle étudiante à daigné me répondre
(oui, le mail au boulot sert à tout, sauf au boulot). Rien, absolument que
dalle. Aucun mail. C'est la première fois que je vois ça, d'habitude j'ai
toujours un truc, une pub, un powerpoint de photos de top models de la part d'un
pote, un petit quelque chose, quoi. Là, rien. Bon, c'est pas grave, c'est que le
matin, à midi j'aurais un truc.
Le matin, je bosse sur un truc super compliqué qui me prend
la tête depuis deux semaines, ma fièvre augmente et je ne trouve rien pour
résoudre mon problème.
A midi, toujours rien. Pas de mail. Après le déjeuner, je
craque finalement. Je l'appelle. "Bonjour vous êtes bien sur la messagerie de
Belle Etudiante, laissez un message". J'ai horreur des répondeurs. "Salut, c'est
moi, je voulais savoir si tu étais libre samedi soir, rappelles moi cet après
midi (ou envoie moi un mail, une déclaration d'amour, ta thèse, une photo
dédicacée de toi, un cheveu pour un filtre d'amour, etc...)". Désoeuvré,
j'appelle un contact avec qui je dois monter une affaire pour le boulot.
Répondeur encore. Grrr, ça commence à bien faire ! J'appelle mon Ex (on est
restés bon copains tout de même). Je me fais envoyer bouler parce qu'elle est
occupée au boulot et qu'elle à rien à me dire de toute manière. Sympa. Je vais
pouvoir aller m'ouvrir les veines tranquillement aux toilettes maintenant.
L'après midi est pire que la matinée. Je manque de m'endormir
sur mon bureau, j'ai la nuque toute raide, j'ai mal de partout et j'ai les yeux
qui me piquent un peu. Je dois pas être en super forme (d'ailleurs je ne suis
pas allé au sport ce soir, comme d'habitude, c'est mal !). Avant de partir le
soir, je consulte mes mails. Rien. Toujours rien. Mais je pue ou quoi ? Personne
ne m'aime aujourd'hui ? Une journée sans recevoir de mail ! Le serveur est en
rade, c'est pas possible sinon ?! Mon contact du boulot ne m'a pas rappelé non
plus, c'est la totale. Et je n'ai rien de prévu pour ce week-end. Demain ménage,
courses et médicaments. Voilà ! Je prends mon sac, file dans ma voiture et
rentre chez moi.
Chez moi. Relève du courrier : trois relevés de comptes, c'est normal, les impôts approchent. Tient, quelqu'un a tenté de m'appeler pendant que je conduisais : mon Ex. Message : "Désolée pour tout à l'heure, j'étais very busy, je te rappelle plus tard". Tout n'est pas si mal. En rentrant, j'allume mon PC, consulte mes mails persos : un mail de la CEV, je suis accepté dans la communauté (youpi, merci !). Pas de mail de ma belle étudiante. C'est décidé, cette fois j'arrête totalement de la draguer, elle se fout royalement de moi, thèse ou pas thèse elle aurait pu me contacter, j'ai ai ma claque de cette fille, elle est trop bizarre (et moi non peut être ?), c'est sans espoir, tchao, au revoir !
Je mets un CD et m'assois dans le canapé, bien décidé à
dormir, j'ai pas la force d'avaler quoi que ce soit. Coup de fil sur le
portable, voyons quel est le numéro affiché... "Appel de Belle Etudiante". C'est
fou ce que la vision d'un numéro de téléphone peut vous changer autant. D'un
seul coup ma fatigue s'estompe, mon ventre se noue un peu, mon coeur se met à
battre plus fort, mon cerveau sort de sa léthargie. Alléluia, elle n'est pas
portée disparue, elle à pensé au moins à m'appeler, malgré son travail ! Elle
est adorable ! La discussion, un pur moment de bonheur, pouvoir parler avec elle
par autre chose qu'un répondeur interposé, c'est un un vrai petit moment de
bonheur. Je suis sur un nuage. Elle est vraiment surchargée de boulot, elle a eu
une journée de merde, elle est déprimé, son maître de thèse pense qu'elle est un
peu à la bourre, en plus elle doit partir une semaine en conférence, elle va pas
fort. Je la réconforte, je sors l'artillerie du copain protecteur, rassurant,
confident. Bon, ne pas trop en faire quand même, il ne faut pas oublier que je
ne veux pas risquer de devenir son meilleur ami. La discussion dure, elle
regrette de ne pouvoir se libérer demain soir, mais elle veut rester seule chez
elle avec son chat (snif, mais il vaut mieux ça que mal accompagné par un autre
que moi). Et dimanche, elle bosse, comme d'habitude. Je lui dis que si par
hasard elle veut se changer les idées, boire un coup, sortir, elle peut compter
sur moi. Je lui parle de sa thèse, que j'ai cherché sur le net de quoi ça parle,
histoire qu'elle comprenne que je pense à elle, moi ! Elle est toute
contente, bref j'exulte. Elle a encore fait comme d'habitude : elle fait la
morte toute la semaine et se réveille le week-end. Bon, là elle est pas libre,
mais je m'en fous, j'ai pu lui parler. Je suis tombé bien bas. Elle annihile
toutes mes résolutions, je suis reparti pour me languir toute une semaine. Je
crois que je craque pas mal pour elle...
Et comme le cercle de la malédiction s'est enfin rompu j'ai
aussi reçu un coup de fil de mon
Couple idéal. Ils s'inquiétaient de ne pas avoir de nouvelle depuis 2
semaines (non, je ne me suis pas encore pendu, ne vous inquiétez pas). On papote
longtemps aussi et on convient d'un cinéma dimanche. Youpi, j'ai quelque chose à
faire. C'est bon, je ne suis plus maudit. Mais surtout, Elle m'a téléphoné !
10h30
Rendez vous chez le coiffeur. Un jour il faudrait que je
change de tête, la mienne ne me revient plus, mais j'en ai pas encore le courage
pour l'instant. J'ai lancé une lessive et je dois encore aller faire les courses
cet après midi, je n'ai absolument plus rien à manger chez moi, même pas une
bouteille de lait à boire.
J'ai trouvé un nouveau plan pour séduire ma Belle Etudiante.
Oui, elle occupe 80% de mon temps et de mes projets en ce moment. Donc je passe
mon temps à échafauder des plans séduction. Et hier soir avant d'aller me
coucher, j'ai eu une idée. Oui, ça m'arrive de temps en temps et en plus je suis
sûr que c'en est une bonne : en vérifiant mon journal (histoire de voir si
j'avais pas salopé des liens avec FrontPage comme à mon habitude), j'ai eu droit
à une belle pub de mon hébergeur : "La Saint Valentin approche, envoyez des SMS
à votre être aimé". Pauvres cloches, ils viennent me narguer jusqu'ici. On me
moque dans mon propre journal. La belle affaire. Comme si j'avais quelqu'un à
inviter pour la Saint Valentin, fêtes des amoureux, Némesis des célibataires. Et
là j'ai eu un déclic. A la base, cette fête stupide sert surtout à faire sa
déclaration, à envoyer une carte en forme de coeur (6€ à la Carterie), offrir un
gâteau infâme qui étouffera l'être aimé. Et dans quelle situation suis-je en ce
moment ? Celle du soupirant (qui soupire tous les soirs devant la photo de sa
douce avec son chat. Je veux être un chat !). Et donc que faire ? L'inviter
Vendredi soir au restaurant ! C'est décidé, Lundi je l'appelle et je lui propose
une sortie Vendredi soir. Je pense être fixé : si elle refuse, j'ai enfin droit
à mon râteau et je pourrai me lamenter toute la semaine avant de me faire une
overdose de pizza vendredi soir. Si elle accepte c'est peut être qu'elle tient
un tout petit peu à moi, non ? Oui, je vais faire ça, pourvu qu'elle accepte.
J'ai des signes, je suis sûr que ça pourrait marcher entre nous : comme je l'ai
déjà écrit, je l'ai rencontré par hasard alors que j'étais au fond du gouffre
(en train de creuser en plus). Elle est thésarde comme ma meilleure amie / femme
de ma vie. Elle a la même voix au téléphone. Et elle a des yeux magnifiques et
adore les chats. Et elle est très intelligente. Cette fille est parfaite. Enfin
presque, je ne sais pas si elle m'aime. A part ça elle a presque tous les degrés
de perfection. Il vaut mieux vivre ses rêves que rêver sa vie. Ben oui, elle me
fait rêver. Elle me soigne, me permet d'oublier, me redonne espoir. J'espère
juste que je serai suffisamment soigné pour pouvoir survivre au jour où je me
prendrai un râteau, sinon je serai obligé de reprendre ma pelle et de creuser.
Tiens ma machine à laver est finie, je vais étendre.
14h30
Il est temps d'aller faire les courses. Je prends mon Caddy de grand-mère, enfile mon super casque de Walkman top futuriste avec accentuation des basses, mets un minidisque de Métal dans le lecteur et pouf, en route pour la superette. Je ressemble vraiment à un Alien comme ça : le Caddy de vieux et un look de jeune. J'aime bien me balader dans les supermarchés avec mon Walkman. Je me débarrasse des courses en 30 minutes, record battu, j'ai de quoi survivre pour la semaine. Bon, j'ai encore pris n'importe quoi comme d'habitude, j'ai oublié d'acheter des oeufs et de la crème fraîche. De toute manière je n'ai jamais de liste de commissions, j'y vais au pif et j'oublie la moitié de ce que je dois acheter. Bon, il me reste à aller nettoyer ma voiture (mon "char") qui est absolument dégueulasse : il a neigé récemment et elle est pleine de sel maintenant. Ensuite faut que je me trouve un plan pour ce soir.
19h12
C'est une catastrophe !!! Mon Dieu, c'est vraiment terrible. Bon, ça va être compliqué, il faut que je reprenne depuis le début. Lundi dernier je décide de m'inscrire à la CEV. Je trouve cette communauté sympa et je pense que des gens peuvent me comprendre là bas. On est censé attendre 48h la réponse pour savoir s'ils nous acceptent. Mercredi, toujours rien, donc j'en déduis qu'ils ne veulent pas de moi. Le soir même, L'Irrécupérable me contacte sur ICQ, on papote et je ne sais comment on en vient à parler de ça, je lui dis que j'écris un journal intime sur le Internet mais que je ne veux pas qu'il le lise que c'est perso et que seuls des inconnus devraient le lire. Et comme un con que je suis, je lui balance l'adresse de la CEV, pas rancunier, lui indiquant que là bas il y a des journaux supers biens qui pourraient l'intéresser. Moi j'étais persuadé que je n'apparaîtrai jamais dans leur listing, du coup ça m'a pas choqué. Fin de la discussion. Jeudi, je le vois sur ICQ, mais il ne me parle pas, étrangement, pas de message, rien. Sur le coup, je me dis qu'il doit être occupé. Mon inscription à la CEV est confirmée, j'apparais dans le listing avec un gros "Nouveau" clignotant à droite de mon nom. Hum. J'ai un petit doute, mais bon. Pas grave. Vendredi, même combat. Il fait du sport avec moi (quand j'y vais), il est rentré tard, je me dis qu'il est claqué et qu'il ne veut pas parler. Tout à l'heure, conscient que ma soirée de samedi risque d'être violement compromise, je regarde ICQ à la recherche d'une idée et tombe sur lui. J'avais déjà dit que je serais pris samedi soir et donc n'irait pas à sa soirée Tartiflette. Mais dans un instant de lâcheté je le contacte innocemment. Voici le log ICQ de notre conversation :
Moi : coucou, quoi de neuf ?
Lui : je cuisine et twa ?
Moi : ben moi ça va, j'ai fini mon ménage et mes courses.
Lui : activités typiquement samedisiennes...
Moi : oui et en plus j'ai rien de prévu ce soir. XXX m'a laisse un msg en début
d'AM pour une soirée crêpe, mais bon, je préférerai une reblechonade si
tu la fais tjs
Lui : Oui je le fais toujours. Je pensais pas que tu serais dispo
Moi : ben en fait YYY est pas libre ce soir, du coup, je fais rien
(YYY : c'est ma Belle Etudiante. Il est vaguement au
courant du fait que je la drague)
Lui : Ach, gross malheur
Moi : ouip je te raconterai tt ça. sniff
Lui : Je crois que j'en connais déjà une partie
(là pour le coup, je crois qu'il pense que je me suis pris
un râteau. Je réponds donc en fonction)
Moi : ah non ça n'a rien a voir, c'est qu'elle s'est fait bomber au boulot en
fait, elle a pas le moral et elle doit bosser.
Lui : bomber ?
Moi : c'est compliqué je t'expliquerai, mais en gros elle est pas prête pour sa
thèse. donc tu fais ta soirée ce soir ? :-D
(j'ai envie d'en finir avec ma Belle Etudiante, il n'est
pas au courant de l'histoire de toute manière, hein ?)
Lui : Ah YYY c'est la Belle Etudiante ?
(mon sang se glace. "Belle Etudiante" est le surnom que je
lui ai donné pour mon journal. Personne n'est au courant que je l'appelle
comme ça, à part ceux qui lisent mon journal et encore ils ne sont pas censés
connaître YYY. J'ai un affreux pressentiment, je sens que ça va pas tarder à chier pour
mon matricule. Je tente une dernière parade)
Moi : euh, que veux tu dire par la ?
Lui : Je crois que ma question est claire, non ?
(Merde. Je suis foutu. Il sait tout. c'est une
catastrophe, c'est la fin pour moi. Je vais me pendre à mon ficus. Il est temps
d'avouer et d'affronter ses responsabilités).
Moi : oui c'est elle.
Lui : Ah ok
(bon autant jouer cartes sur table, il est manifestement
tombé sur mon site l'a lu et avec ce que je lui ai balancé dans la tronche, il
est top furax).
Moi : tu as lu des trucs ?
Lui : J'ai lu des trucs
(confirmation s'il en fallait une. Dieu priez pour moi.
Non, je ne le mérite pas, j'avais qu'a fermer ma gueule après tout, j'ai ce que
je mérite. Mais ça va faire mal, moi qui aime souffrir, je vais être servi).
Moi : hum alors... :-/
Lui : Si tu veux, on peut continuer cette discussion au téléphone, ça me
permettrait d'avancer dans ma cuisine. Sinon on la saute ce soir
Moi : hum du coup je suis moins motive pour ce soir...
Bref, la suite c'est un coup de téléphone, une explication très froide et je suis en train de préparer mes bagages et mon passeport pour fuir le pays. Je ne vais pas à la soirée même si officiellement j'y suis encore invité et que le sujet ne doit pas être abordé devant les autres. On est censés continuer la discussion demain après midi, ça va être terrible. J'ai retiré la rubrique "Portraits" de mon journal. Pour ceux qui ne l'avaient pas consulté, c'est une rubrique où je décrivais mes amis célibataires / en couples sur un ton relativement violent selon les personnes. L'Irrécupérable avait eu droit à une version plutôt atomique / sanguinaire. Donc cette rubrique n'existe plus, elle reviendra peut être un jour mais dans une forme retravaillée. Je dois réécrire tous les portraits pour prévenir des cas comme celui-ci. L'éternel problème de l'anonymat d'un journal intime sur Internet revient sur le tapis. Néanmoins, je ne me pose pas la question de savoir si je dois l'arrêter, changer d'adresse, changer encore de nom, je décide de continuer en espérant que l'Irrécupérable ne balancera pas mon identité à tout le monde. Le but de ce journal est d'être éventuellement lu et commenté par des gens ne me connaissant pas. L'affaire d'aujourd'hui remet en cause sa légitimité. Si des gens me lisent et m'ont reconnu, je leur demande juste de respecter au moins mon anonymat, de me laisser vivre tout seul dans mon coin, dans ce petit espace de liberté que je m'accorde. Qu'on me laisse en paix me débrouiller avec ma Belle Etudiante, surtout qu'elle ne tombe jamais sur ce journal.
Hum, la nuit fut agitée, les événements de hier soir m'ont fait réfléchir. Il est temps de crevé l'abcès avec Mr Irrécupérable.
Je me suis levé en retard pour aller au cinéma. J'ai du tomber dans une faille temporelle : j'ai commencé à petit-déjeuner à 12h40 et j'ai levé le nez de mon bol de chocolat à... 13h21 !!! Comment est-ce possible ? J'ai du dormir assis devant mes tartines, y'a que ça. J'ai quand même réussi à être à l'heure au cinéma. Au programme : une comédie à la française. Je ne suis vraiment pas fan du genre, mais cela fait trop longtemps que je n'avais pas vu de film comique, j'étais abonné aux drames, tragédies et histoires tristes ces derniers temps. Le film (Rires & Châtiments) était sympa, à part la fin qui m'a un peu gonflé : on nous balance encore l'éternel sujet de la rédemption où comment un mec ne méritant pas sa copine arrive au terme d'un travail sur soi à la reconquérir. Conneries ! Non je ne suis pas aigri, mais j'en ai juste marre de me voir abreuvé de non sens pareils. Il n'y a jamais de deuxième chance dans la vie, quand on fait une connerie on la paye (surtout en amour) ! Je vais pas ressortir ma grande tirade sur "je suis malheureux, j'ai foiré ma vie amoureuse, la femme de ma vie est partie", mais l'idée est là. Heureusement j'étais avec mon couple idéal (je vais leur donner des prénoms, ce sera plus simple : Tim & Léa), ils me redonnent espoir. Bon, mon grand combat va bientôt commencer : explication sur ICQ avec Mr Irrécupérable (Alain)...
23h34
Fin de la discussion. Ce ne fut pas si houleux que prévu. En
fait ça tourné direct en chat sur IRC avec le noyau dur de mon groupe de potes
qui étaient plus ou moins au courant de l'affaire. Le but était de faire bouger
Alain pour qu'il s'assume un peu plus et qu'il puisse enfin trouver l'âme soeur.
Le résultat est quand même décevant, au début tout partait bien, c'était
constructif et puis tout est retombé comme un soufflé hors d'un four. Alain a
arrêté de parler et de se débattre. Mais bon, je pense qu'il aura retiré quelque
chose de cette affaire. Et moi j'ai reçu l'assurance de ne pas me faire tuer la
prochaine fois que je le vois. Affaire à suivre.
Demain, ouverture de mon super plan d'attaque : inviter Chloé
pour la Saint Valentin. Je vais tout faire pour la séduire, la soutenir dans ses
études, l'aider, la réconforter. Est-ce cela l'amour ? Je ne sais plus trop,
c'est vraiment confus dans ma tête en ce moment. Mais je crois que... que je ne
le hais point. Allez, je vais encore regarder sa photo avant de m'endormir, elle
est si charmante. Au fait, des gens lisant mon journal m'ont écrit pour
m'encourager. Merci ! Ca fait plaisir de recevoir des encouragements !
Y'a des semaines qui commencent mal, celle-ci en prend bien
le chemin.
J'ai envoyé un mail à Chloé, je vais me morfondre en
attendant sa réponse qui viendra en fin de semaine, comme d'habitude. Je vais
essayer de ne plus penser à elle, histoire de pouvoir me concentrer sur autre
chose. N'empêche que ce matin je me suis retrouvé à consulter ma boite mail 3
fois en espérant une réponse, maudissant tous les autres mails et sachant très
bien que si réponse il y a, elle viendra Vendredi. En plus j'ai un mal fou à me
concentrer sur mon boulot et c'est vraiment pas le moment de chômer en plus.
Sinon j'ai réussi à me motiver à aller au sport ce soir.
Histoire de me changer les idées. Quelle erreur ! J'ai effectué la plus mauvaise
séance de ma vie, je n'ai rien réussi à faire. J'ai franchement envie d'arrêter
le sport pendant quelques temps. Un petit mois ça semble bon, histoire de me
reposer, de faire le break. Ca fait plus d'un an que je pratique au rythme d'une
séance le Lundi soir et une autre le Vendredi. J'ai une grosse baisse de
motivation. En plus il y avait Alain ce soir. Salut glacial, on a échangé
quelques mots pour la forme. Bref, le bonheur total.
Ensuite je suis rentré en bagnole chez moi. J'ai emprunté des
petites rues tranquilles, sans voiture. J'essayais de ne plus penser à Chloé. Je
suis sûrement en train de me monter des films et ça c'est très dangereux. Donc,
en passant dans ma petite ruelle, je me suis souvenu. En Octobre 2001. Un repas
avec Ange qui était venue faire des recherches dans la région. On était allé au
restaurant dans le coin, à pied et le soir on était rentré par cette petite
ruelle, tous les deux, seuls, main dans la main. Qu'est ce que j'avais aimé ce
moment là. C'était avant que l'on fasse une connerie tous les deux, mais il y
avait tellement de complicité, de sensualité, de tendresse. Plus que je n'en ai
jamais eu avec Marie. Pour une fois, j'avais l'impression de rentrer chez moi
avec la femme que j'aimais. Comme un couple normal, à la fin d'un resto tout
simple. Ce sont ces petits riens qui font apprécier une relation, les choses que
l'on ne remarque pas. Rentrer main dans la main, sourire à l'être aimé,
l'embrasser tendrement, rester à coté d'elle à la regarder, parler avec elle de
tout et de rien, l'écouter. Quand on est en couple on perd ces choses de vue, on
ne voit que les cotés négatifs au bout d'un moment. Ce soir là j'étais
sincèrement heureux. Une petit bonheur simple, de ceux dont on se rappelle. Et
évidement ce soir ça m'est revenu en tête, comme si j'avais bien besoin de
penser à cela. A passer dans cette rue, j'ai revu nos ombres, marcher lentement
sur le trottoir, paisiblement comme deux amis, comme un couple.
A chaque fois que je tente d'oublier Chloé, c'est Ange qui me
revient en tête et vice versa. Je dois avoir une femme à la place du cerveau. Il
faut que je trouve un truc pour me changer les idées. Je lis des bouquins où il
y a toujours des histoires d'amour (pas ma faute, c'était pas marqué sur la
couverture !), je vais voir des films où ça parle toujours de couples qui se
déchirent. Hum... Il me reste la musique. Tiens je vais mettre un petit CD de
Nick Cave, la dernière chanson, elle est sympa... Je vais m'endormir avec...
Nick Cave, "Death is not the End" (Murder Ballads)
"When you're sad and when you're lonely
And you haven't got a friend
Just remember that death is not the end
And all that you held sacred
Falls down and does not mend
Just remember that death is not the end
Not the end, not the end
Just remember that death is not the end
When you're standing on the crossroads
That you cannot comprehend
Just remember that death is not the end
And all your dreams have vanished
And you don't know what's up the bend
Just remember that death is not the end
Not the end, not the end
Just remember that death is not the end
When the storm clouds gather round you
And heavy rains descend
Just remember that death is not the end
And there's no-one there to comfort you
With a helping hand to lend
Just remember that death is not the end
Not the end, not the end
Just remember that death is not the end
For the tree of life is growing
Where the spirit never dies
And the bright light of salvation
Up in dark and empty skies
When the cities are on fire
With the burning flesh of men
Just remember that death is not the end
When you search in vain to find
Some law-abiding citizen
Just remember that death is not the end
Not the end, not the end
Just remember that death is not the end
Not the end, not the end
Just remember that death is not the end"
Bonne nuit moi... A demain.
Ah, enfin je revis un peu. La journée d'hier était tellement
exécrable que celle-ci ne pouvait être pire. Ce matin je me suis réveillé encore
plus malade que les autres jours avec tous les symptômes d'une sinusite
carabinée. Bilan : j'ai rendez-vous chez le docteur demain soir.
L'automédication, cela marche un temps mais au bout d'un moment il s'agit
d'arrêter et de prendre des mesures radicales. Imaginons que Chloé soit libre
vendredi soir et que je sois malade. Je fais quoi moi ? Je me pends. Donc demain
ça me coûtera 24€ mais cela m'assurera un week-end tranquille avec la
bénédiction de la Sécurité Sociale. En parlant de Chloé, pas de nouvelle (bonnes
nouvelles ?). Rien, le néant. Comme d'habitude. Pas de nouvelle de Miss 18, elle
est en vacance. Pas de nouvelle d'Angel, mais là je ne cherche pas à en avoir
non plus. J'ai eu des nouvelles de Marie qui ne m'avait pas rappelé depuis la
dernière fois. J'essaie de rester ami avec elle malgré notre rupture. Ben
j'aurai pas du l'appeler. J'ai encore eu l'impression que je la faisais chier,
elle n'avait rien à me dire. Quatre ans et l'on n'a plus rien à se dire, plus
rien à partager. S'il y a bien une chose dont je sois sûr, c'est que ce n'était
pas la femme de ma vie et que je ne l'aime plus bien que je veuille rester ami
avec elle. Voilà une certitude. Déjà ça. N'empêche que c'est presque impossible
de rester ami avec son Ex on dirait. Dommage. En tout cas j'en ai marre, je ne
l'appelle plus, j'en ai marre de me faire jeter !
J'ai acheté le dernier Nick Cave aujourd'hui (Nocturama),
j'aime bien son coté sombre et mélancolique. Et bien non ! C'est quoi cet album
? Il est où mon désespoir, elle est où ma mélancolie ? Il n'y a quasiment que
des chansons d'amour sur cet album, une horreur. Enfin, elles sont jolies, mais
vraiment j'ai pas du tout envie d'écouter des chansons d'amour en ce moment. Le
pire c'est la dernière : il hurle pendant 14'43 qu'il aime sa femme.
Insupportable ! A remiser sur une étagère et à écouter lorsque je ne serai plus
seul. En attendant je retourne à mes CDs déprime : il ne faut pas changer les
bonnes vieilles habitudes.
Pourquoi c'est une bonne journée alors ? Euh, j'ai eu un bon
horoscope (je le lis tous les matins), il s'est avéré totalement faux comme
toujours mais il était bon. Au niveau boulot c'est le bonheur. Toujours ça de
pris, au moins professionnellement c'est l'extase. Ca me fait une belle jambe...
Quoi d'autre ? Oui, j'ai rencontré par hasard un vieil ami du lycée ce soir ! Ca
m'a fait plaisir de le revoir, on ira boire un coup un de ces jours, pour parler
du bon vieux temps (je vais sûrement apprendre qu'il est marié et heureux). Et
j'ai eu un mail d'Alex, pour prendre de mes nouvelles, au moins un qui
s'inquiète de moi. En plus il me redonne toujours le moral, je sais pas pourquoi
je suis super bien en sa compagnie à chaque fois, je pense à autre chose, il est
un des rares à me changer les idées. Bon, je ne pense pas être devenu Gay, mais
j'aime bien sa compagnie, contrairement à d'autres qui me dépriment plus que je
ne le suis. D'autres amis m'ont aussi invité dimanche matin à un brunch. Pas de
bol, ce week-end je passe mon AFPS (Attestation de Formation aux Premiers
Secours) samedi et dimanche dans la journée. J'ai eu envie de faire ça, de
pouvoir aider si l'occasion se présente, de ne pas rester impuissant. Et cela
change les idées.
Finalement c'est une journée quelconque. Mais j'ai retrouvé le moral. Pourtant je suis entouré de gens heureux, voir tous ces couples qui frétillent en pensant à vendredi, c'est désespérant. En fait, voir des gens heureux lorsqu'on ne l'est pas c'est dur et voir des gens malheureux lorsqu'on l'est, c'est épuisant. Je pense que quand on est malheureux il ne faut voir personne. Ah mais du coup on se complait dans sa tristesse. C'est nul. Il faut pas être malheureux finalement. Facile à dire. Ah et l'horreur : je lis quelques journaux intimes sur Internet. J'aime bien voir comment réagissent les autres et en ce moment c'est un florilège de nouveaux couples qui se forment. Dur, très dur. Comme dit si bien Sophie "Si tu cherches quelqu'un, tu ne trouveras pas. Laisse couler et cela viendra à toi tout simplement". La bonne blague, vraiment, comment ne pas penser à la vie de couple en général, encore plus dans ce contexte printanier où tout le monde est heureux, tout le monde est amoureux et patati et patata. Bon, plus que 2 jours avant le mail de réponse de Chloé. J'aime sa conception du mail : elle a réussi à transformer un moyen de communication rapide en un truc encore plus lent que La Poste du début du siècle. J'aime cette fille.
Je suis allé chez le docteur. Effectivement je suis un peu malade. Beaucoup. J'ai une méga sinusite de la mort. Le docteur a été sympathique, il ne m'a pas frappé pourtant je sentais qu'il m'en voulais un peu :
"Docteur - Depuis quand êtes vous malade ?
Moi - Euh, depuis Lundi ? Oui, on va dire Lundi.
- Bizarre, généralement une sinusite comme ça, c'est une rhinite que l'on traîne
depuis longtemps et qui s'est infectée. Vous êtes sur que vous n'aviez rien la
semaine dernière ?
- Euh... Ben en fait j'avais un vague rhume, mais rien de méchant, c'est depuis
le retour du Ski, je me sens pas trop en forme, mais je voulais pas ennuyer la
Sécu avec mes petits soucis, vous savez ce que c'est, le trou qui n'arrête pas
de grossir, bref j'ai joué la montre avec mes microbes pensant que l'air pollué
de la ville les tuerait.
- Et vous avez pris quelque chose pendant ce temps ?!
- Ben des fonds de boites, pour pas gâcher, généralement j'ai des angines donc
je prends les mêmes médicaments c'est presque pareil et jusqu'à présent ça
marchait ...
- Oui et résultat vous êtes malade comme un chien, je vais vous prescrire des
médicaments même pas remboursés par la Sécu et un lavage nasal matin et soir."
Ah, dur le lavage nasal. J'aurais pu avoir pire : des suppositoires, mais pour la sinusite ils ont pas encore inventé. En tout cas j'ai une montagne de boites de médicaments maintenant, je pourrais soigner toutes mes futures angines avec, cool ! Ca me rappelle un peu quand j'étais plus jeune : j'avais des sinusites à répétitions à cause du climat hostile de ma ville d'origine et mon docteur m'avait prescrit une semaine de cure thermale. C'est sympa les cures thermales, on imagine ça comme à la télé, avec plein de jolies filles en bikini qui vous font des massages de boue. Ben moi je me suis fait avoir sur le prospectus. Déjà c'est tombé pendant les vacances d'été la première semaine, seule semaine de vacance commune avec ma copine de l'époque. Bonheur. Ensuite pour les filles en bikini j'ai été floué aussi : c'était des mecs pas sympas qui me faisaient faire des lavages nasaux tous les jours. Le principe est simple : on prend de l'eau de source, mais pas de l'Evian hein, non, de l'eau de source des volcans qui pue le souffre, on met ça dans un bocal de 500ml et on joue à un jeu super drôle : un tuyau part du bocal et rentre dans votre narine gauche. Le but est d'arriver à faire passer les 500ml de jus de boule puante de votre narine gauche dans votre narine droite sans vous noyer ou vomir. Si si, c'est possible. Les premiers millilitres sont les plus durs, on a vraiment l'impression de se noyer. Mais ensuite on s'habitue. L'odeur nous colle à la peau pour le restant de la journée et on a l'impression de respirer un volcan en permanence mais c'est assez efficace. Ma copine était folle de joie. Pouvoir embrasser "l'Homme de Lave" n'est pas donné à tout le monde. Il y avait aussi des gargarismes au jus de volcan, histoire d'être bien sur que j'allais refouler toute la journée et tout un tas d'autres activités avec des gens sympas (>60 ans...). Des vacances de rêve. Mieux que l'UCPA à l'île de la Réunion. En plus cette affaire m'a coûté un pot d'échappement : le dernier jour en sortant du parking de la cure, je commence à rouler et j'entends "blong blang bling, krriiiiiii, VROUM VROOUUUUMMM". Et je vois mon pot d'échappement dans le rétroviseur (ce qui est généralement assez mauvais signe). Il a fallu que je me tape la traversée de la ville sans pot d'échappement. Le bordel que ça faisait ! Et la Sécu a même pas voulu me le rembourser !
En rentrant j'ai reçu la visite d'un pote qui me rapportait des CD audio. On s'est mangé une pizza (le vendeur du coin m'adore, je sais pas pourquoi) et on a parlé de tout, de rien, d'Alain. Lui aussi le connaît, on a fait un bilan sur la situation. J'ai failli m'endormir pendant la conversation, depuis que je suis malade j'ai plus souvent envie de dormir, je dois pas être trop en forme tout de même.
J'ai décidé d'arrêter de courir après Chloé, c'est trop compliqué, ça ne me mènera à rien, elle ne m'a toujours pas répondu, cette fois promis, juré, craché, gravé dans le marbre, j'arrête de la draguer. En plus mon petit doigt me dit que ça ne mènera à rien, donc autant arrêter les frais maintenant. Tiens, j'ai eu un message de Miss 18 (Claire). Elle accepte ma proposition d'aide pour ses exercices de mathématiques. Mais elle n'est pas partante pour samedi soir, plutôt pour vendredi soir ! Mais c'est la Saint Valentin ! Je sais pas si elle avait quelque chose derrière la tête pour proposer cette date là, mais là ça serait ma pire Saint Valentin depuis des années : aider une fille de 18 ans à faire ses maths. Super romantique. A moins que... Ca fait des années que je n'ai pas passé la St Valentin tout seul. Ca va me faire bizarre. En tout cas j'ai réservé ma réponse, demain je vais appeler Chloé on ne sait jamais, peut être qu'elle sera libre. Hum, j'avais promis de ne plus lui courir après, mais ne gâchons pas une chance. Demain matin je luis téléphone et si elle n'est pas libre, j'invite Claire vendredi soir. Pour faire des maths, simplement. Ca doit être ça... pas vrai ?
Comme prévu j'ai téléphoné à Chloé. Comme prévu je suis tombé sur son répondeur. Comme prévu elle n'a toujours pas rappelé. Comme prévu j'arrête de lui courir après. Comme prévu je suis triste, abattu, dégoûté et malade comme un chien... Je veux bien que ses études soient très importantes, mais il y a des limites à ma patience : un coup de fil ne prend que quelques minutes, un mail à peine plus. Bref, j'aimerai tant qu'elle donne des signes de vie de temps en temps. Je ne pense pas qu'elle m'évite, elle est suffisamment franche pour oser me dire que je l'ennuie si c'est le cas. Non, elle est juste dans son monde, absorbée par son boulot, inconsciente de se qui se passe autour d'elle. Soit. Qu'elle continue à vivre avec son chat, moi j'arrête. J'en peux plus, je ne supporte plus l'attente, j'estime en avoir assez fait pour essayer de la voir. Je ne l'appellerai plus, plus de mail non plus. Pour ce que cela me rapporte de toute manière. Un jour peut être elle lâchera ses études...
Avec tout ça, je n'ai même pas eu le courage de rappeler Claire. Bah, si elle veut vraiment bosser ses maths demain soir, elle m'appellera. J'en ai marre de tout ça, de tous ces plans foireux, de tous ces espoirs déçus. Alex m'a proposé de se faire une bouffe tous les deux demain soir. Son mec est parti pour le week-end chez sa mère, le laissant en plan pour la St Valentin. Il était un peu triste, mais a décidé d'en profiter pour s'amuser et se reposer. Ca serait marrant de se faire un repas tous les deux, tel que je le connais il ne se générait pas pour me draguer, mais bon j'ai déjà assez de soucis avec les femmes pour en rajouter avec les hommes.
J'ai eu un coup de fil de ma marieuse (Julie). Elle était un peu triste, elle s'est encore disputé avec son mec et ils se sont encore séparés. La pauvre... Elle aussi se lamentait sur la Saint Valentin qu'elle va (encore) passer seule. On va peut être faire un truc ensemble demain soir, entre célibataires. Elle me demandait s'il n'y avait pas une fête style foire aux célibataires organisée dans la région pour demain soir. Si seulement il y en avait une... Non, on va peut être se faire un restaurant, je ne sais pas, pour avoir l'illusion d'être en couple, les gens penseront "Encore un joli couple qui fête la St Valentin". Non, pas de joli couple, juste deux amis qui se comprennent si bien par moment, qui ont les mêmes délires, qui s'aiment d'amitié et qui sont tous les deux absolument désespérés en ce moment. Elle m'a parlé de nos amis de l'université, des deux couples qu'elle avait formé (c'est pas une marieuse pour rien celle là !). Et bien ça laisse rêveur : les deux couples sont toujours ensemble et l'un a même acheté une maison ! Ce n'est pas fait pour arranger mon moral tout ça, j'ai encore tant de choses à concrétiser. Julie propose de se faire une petit "revival" un de ces jours, de se retrouver tous quelque part en France, de parler du bon vieux temps. Pourquoi pas, ça peut être sympa. J'ai perdu le contact avec eux, j'aimerais savoir ce qu'ils deviennent. Il y a tant d'amis avec qui j'ai perdu contact en m'installant ici, des gens supers sympas avec qui j'avais passé des années d'études excellentes. J'aimerai savoir ce qu'ils sont devenus. On ne prend jamais assez soin de ses amitiés, parfois on les perd par fainéantise, on oublie de rappeler des gens, on les oublie tout simplement...
A part ça aujourd'hui j'ai usé deux paquets de Kleenex suite aux splendides médicaments de mon docteur. En plus ces trucs me donnent des crises de somnolence et comme j'avais une réunion cet après midi, ce fût ultra dur. Je suis sorti ce soir avec Simon et un ex-collègue de bureau. On est allé boire un coup chez Simon pour parler de tout et de rien. J'ai encore failli m'endormir. Des amis à lui sont arrivés, deux splendides couples rayonnant de bonheur. Tsss, je sais pas comment il fait pour supporter ça lui. Ah j'allais oublier, aujourd'hui j'ai mon ancienne "Chef" de bureau qui avait une réunion dans nos locaux. Je crois que c'est à cause d'elle que ça ne va pas top ce soir. Elle a été muté à Toulouse il y a 2 ans. C'est une femme géniale, elle a 35 ans maintenant, elle est blonde, physiquement très jolie, a très bon caractère, elle est intelligente et adore son travail. Mais elle aussi elle ne pense qu'à son travail. Pendant des années elle s'est vouée corps et âme à son boulot. Et maintenant à 35 ans, elle est toujours seule, elle n'a presque plus d'amis, ceux-ci sont tous partis vivre leurs vies à deux ou bien parce qu'elle n'était jamais disponible, trop accaparée par son boulot. Elle se pose des questions, elle déprime un peu, elle aimerait avoir un enfant, un homme dans sa vie. J'en discutais avec une collègue qui a travaillé avec moi sous la direction de cette fille, elle aussi se demande comment une fille comme mon ex-chef peut encore être seule. Elle m'a balancé "Tu sais, les hommes ne savent pas ce qu'ils perdent, il passent à coté d'une fille géniale !". Ouais, elle est géniale, elle a tout pour elle, absolument tout, mais même elle, elle est seule. La vie est absurde parfois, certains restent sur le carreau pour d'obscures raisons alors qu'il mériteraient d'être sous la lumière des projecteurs. Cette fille mériterait tellement mieux que sa vie actuelle. Elle paie son dévouement passé, elle paie le fait d'aimer ce qu'elle fait. C'est si injuste. Quand je la vois, je pense à Chloé. Chloé est vraiment le même genre de fille. Elle pourrait tout avoir (je ne parle pas de moi !), mais elle est obnubilée par son boulot. Pourquoi je raconte ça ? Je n'en sais rien, ça m'a fait bizarre de revoir ma chef, je pensais qu'en déménageant à Toulouse elle aurait décidé de changer de vie, de se trouver un copain stable, de fonder une famille. Elle n'a pas réussi. On ne réussit pas toujours finalement. C'est ça qui fait le plus peur...
12h47
C'est bien une journée de merde. Ce matin j'étais encore plus malade qu'hier mais je me suis obstiné à aller au boulot. Bilan, j'ai eu la nausée toute la matinée, j'ai toujours mes crises de somnolences mais je pense que c'est lié à la fièvre. En tout cas, j'ai posé mon après-midi de congés, j'avais tout un tas d'heures supplémentaires à récupérer donc autant ne pas se priver. Voilà au moins je suis chez moi, tranquille et je vais essayer de dormir un petit peu. Je vais quand même en profiter pour aller chercher un colis à La Poste, laver ma voiture (toujours pas fait) et la mener chez le garagiste pour un petit soucis d'antibrouillard de merde qui arrête pas de déconner. Et ce soir je reste chez moi, tout seul ! Fuck la Saint Valentin ! J'ai dit non à tout le monde sauf à Chloé qui a du mourir dans la semaine pour ne pas donner signe de vie à ce point. En plus je suis trop fatigué pour sortir. Hier j'ai eu un coup de fil de Claire. Pas répondu. Pas envie de lui parler, de lui expliquer quoi que ce soit. Donc, je vais profiter de mon après midi de congés pour faire des tas de taches chiantes et pour dormir. Idéal non ? Au moins il faut beau, cela fait un certain temps que je ne me suis pas baladé sous le soleil. Certes il fait froid (6.5°C au soleil) mais au moins il ne pleut pas, c'est déjà beaucoup.
14h30
Retour de la ville : personne à La Poste, personne à ma banque. Le bonheur total. C'est bien de faire des trucs quand les gens bossent. Je vais chercher ma voiture pour aller la laver avant d'aller la porter au garage.
15h14
Pas de chance. Non seulement j'ai eu droit aux éternels bouchons pour aller laver ma voiture à la pompe à essence locale, mais en plus quand je suis arrivé ce fut pour découvrir que le gros bidule à rouleau qui sert à laver ma voiture est en panne. 20 minutes de bouchons pour ça ! Tant pis, mon garagiste aura le droit de réparer mon tas de boue dans son état "Après la pluie". En tout cas je n'en reviens toujours pas, il fait beau ! Cela fait des semaines que j'ai droit au froid (je pars le matin il fait 2°C, le soir il fait 2°C...), à la nuit (matin et soir tel est mon lot). Je dois être un petit peu comme mon Ficus, il me faut de la lumière solaire sinon je dépéris. Je vais peut être lire à ma fenêtre, histoire de profiter un peu de ce climat, ça serait trop bête de perdre mon temps à dormir.
18h27
Parfait, ma voiture est réparée, enfin je suis tranquille. J'ai un peu eu honte en rentrant dans le garage avec mon tas de boue : il y avait toutes les petites soeurs de ma voiture, rutilantes, neuves, parfaites. Et moi j'étais là au volant de mon char couvert de poussière. Hum. Tant pis, je la laverai un autre jour. Sur le chemin du retour j'ai failli écraser un couple qui valsait au milieu de la route, manifestement heureux d'être ensemble (dans ma ruelle, celle à moi et Ange !). Ils sont vite remontés sur le trottoir ces deux là ! Saleté de Saint Valentin, cette fête est horrible pour ceux qui ne rentrent pas dans le moule : les célibataires. Et surtout pensez à ceux qui viennent de perdre leur conjoint ou qui viennent de divorcer par exemple ? Super bonheur pour eux ! La radio en parle, à la télé on a droit à des supers reportages sur les façons les plus originales de déclarer sa flamme. En allumant ICQ j'ai eu droit à un message d'un random user : "Happy valentine's day to you and your family". Pauvre cloche ! Journée de merde. Tiens je vais bouffer et me coucher, vivement demain !
Je dois changer ! Hier encore on me reprochait de devenir de plus en plus aigri et de moins en moins cynique. C'est vrai, j'ai eu tendance à me laisser un peu aller la semaine dernière et à m'apitoyer sur mon sort. On va dire que c'était le syndrome St Valentin qui oeuvrait dans l'ombre. En tout cas c'est bien fini, maintenant j'ai décidé d'être plus positif (y'a du boulot) et de me bouger encore plus. Ca tombe bien ma sinusite est en train de vivre ses derniers instants et mon bombardement préventif médicamenteux semble enfin avoir de l'effet. Pour tout dire j'ai une pêche d'enfer. Hier soir je me suis couché à 21h, comme une poule et ce matin je me suis réveillé en pleine forme à 8h pour aller suivre ma formation de secouriste.
En fait j'ai déjà mon diplôme de secouriste, mais il est un peu vieux et la formation a changé donc autant se remettre à jour. Au menu du jour : la protection, l'alerte, les soins en cas d'hémorragie, d'étouffement, la réanimation sans instrument (massage cardiaque, bouche à bouche), etc... Une journée bien remplie (5 heures de cours). Maintenant je maîtrise le bouche à bouche sur mannequin adulte / adolescent / bébé. Génial. En tout cas ça m'a permis de rencontrer de nouvelles personnes d'horizons & milieux très différents du mien qui passaient tous cette formation dans des buts bien précis : des mères de famille soucieuses de savoir quoi faire si leurs enfants se blessent, un homme dont la femme est spasmophile, une fille qui veut travailler avec des handicapés, un homme qui en a besoin pour son travail, d'autres qui veulent juste pouvoir aider le moment venu. C'était vraiment une bonne journée, utile et agréable. Demain j'ai encore la suite de la formation et je devrai obtenir mon diplôme si tout se passe bien. En fait, je pense même continuer avec la Croix Rouge, Mercredi prochain je vais participer à une de leur réunion pour voir ce que je peux faire bénévolement pour eux. Je pense que cela me fera du bien, un peu de bénévolat me permettra de ne plus m'apitoyer sur ma pseudo misère et en plus je me rendrai utile pour une fois. J'aimerai bien pouvoir m'occuper de personnes âgées ou alors d'enfants, ça pourrait être un bonne expérience. Qui sait, on va voir ce qu'ils proposent.
Tout à l'heure je suis invité à manger chez Thomas & Sophie avec Tommy, cool ça fait longtemps que je ne les ai pas vus. Il y aura peut être d'autres personnes, méfiance, Alain serait-il invité ? Avec un peu de chance j'arriverai à trouver un lav'o'matic en chemin pour nettoyer mon char. Je sais ça tourne à l'obsession mais bon, si un jour je dois ramener une fille chez elle, autant que mon char soit propre, hé hé. Bon, en tout cas, aujourd'hui je change à nouveau, j'arrête de me plaindre, enfin en tout cas j'arrête d'être aussi aigri !
01h26 du matin...
Rentré de soirée. Bilan excellent mais je dois aller me coucher sinon tout à l'heure je ne vais pas être frais pour mon cours...
8h00
Le réveil sonne, France Info éructe des news incompréhensibles. Je suis super fatigué. Qu'est ce que je fais dans le canapé ? J'ai dormi là dessus moi ? Etrange. Je vais dans ma chambre, Ange dort tranquillement dans mon lit. "Il est l'heure, je dois aller au boulot maintenant...". "Hum... pas maintenant, je suis fatiguée, je veux encore dormir". "Fais moi un câlin" ajoute t'elle d'une petite voix, les yeux toujours fermés, un petit sourire illuminant son visage. Je m'allonge contre elle précautionneusement, il ne s'agit pas de faire une bêtise, je tiens à Chloé et ne souhaite pas lui être infidèle. Je caresse le dos d'Ange, il est si doux et j'ai besoin de cette chaleur humaine qui me fait tant défaut actuellement. Elle me sourit et se roule en boule contre moi, met sa tête contre mon torse. Ses yeux sont ouverts maintenant, son regard est rivé dans le mien, elle s'approche insensiblement de moi. Je respire son parfum naturel, contemple ses lèvres si douces légèrement entrouvertes, je l'embrasse. Nos corps se touchent, nos mains se croisent, se montrent plus téméraires. Je caresse, j'embrasse ses petits seins qui m'ont toujours tant fascinés depuis toutes ces années et qu'elle n'a jamais aimés les trouvant trop petits. "Tout ce qui est petit est mignons. Les tiens sont parfaits" dis-je dans un murmure. Elle me regarde légèrement étonnée puis nos lèvres se collent à nouveau, je sens son piercing sur la langue, je joue un peu avec. Je caresse ses cheveux, bloque ma main contre sa nuque, la rapproche de moi. Je lui enlève totalement son T-shirt, lève aussi le mien, nous sommes enlacés maintenant. "On te l'a déjà fait avec un piercing ?". "Non..." dis-je avec un léger sourire qui demande clairement à en savoir plus. Elle me met sur le dos, me griffe légèrement le torse en descendant vers mon bassin. J'oublie tout, je ne vois plus que ses yeux vissés dans les miens pendant tout ce temps. "Mon Dieu, merci pour avoir inventé le piercing...". Je la ramène contre moi, l'embrasse à nouveau, nos caresses se font plus adultes, plus charnelles tout en étant tellement sensuelles. Elle est maintenant allongée sur le dos, entièrement nue. Je peux voir ses courbes sensuelles, je descends vers ses hanches, embrasse son tatouage dans le plis de l'aine, un petit chat noir démoniaque avec des ailes d'ange. Ange, mon démon, ma princesse, ma lumière... Je l'embrasse longuement, jouant tour à tour avec son chat et ses lèvres. Puis je remonte progressivement vers son visage, m'attardant longuement sur les différentes parties de son corps si délicat. "Tu veux ?". "Je ne sais pas", dit-elle, "Tu devrais faire attention pour Marie". Marie, Chloé, les prénoms s'emmêlent dans mon esprit, je suis incapable de réfléchir, de savoir qui est qui, de comprendre ce qu'il se passe vraiment, je sais juste que Ange est face à moi, que notre désir est plus fort que tout, plus fort que toute logique, toute éthique, tout remord. "J'en ai dans le tiroir, ne t'inquiète pas". A ces mots, elle se jette à nouveau sur moi, j'arrive d'une main à ouvrir le tiroir, à en sortir un préservatif. J'arrive à le mettre tout en l'embrassant et la caressant de l'autre main. Ensuite, tout se passe comme dans un rêve, son regard, son petit sourire ravageur, ses yeux tellement sombres. Nos corps s'animent, la sueur perle sur notre peau, elle s'agrippe à mon dos, je l'embrasse dans le cou, sur les lèvres, partout, nos mains se mêlent à nouveau dans une étreinte torride, je me mords les lèvres pour pouvoir résister, me retenir encore un peu jusqu'à son plaisir. Enfin elle pousse son petit cri habituel, alors je peux m'abandonner tout entier à elle, en elle, nous restons enlacés longtemps comme ça, sans rien dire, à nous regarder. "Cela fait tellement longtemps que je n'avais pas eu d'orgasme comme cela" dit-elle, en me posant la main sur sa cuisse pour bien sentir les battements de son coeur au sein de ses veines, comme une preuve de ses dires. Moi aussi, c'est comme si je n'avais pas aimé ces dernières années, si j'avais fait ça machinalement, sans passion, sans désir si ce n'est la recherche du mien. Je souris, heureux d'être avec elle, enfin réunis, à nous aimer, j'aimerais tant que cet instant dure une éternité, que cela soit un jour sans fin, une éternel recommencement. Puis son sourire s'efface, son visage disparaît progressivement dans l'obscurité, comme dans un tunnel. Je sens le froid, la nuit, il pleut. Je suis sur le trottoir, Chloé est là, nous parlons tranquillement. "J'ai passé une St Valentin fantastique vendredi soir avec mon copain, c'était merveilleux, je suis désolée de ne pas t'avoir appelé nous étions tellement occupés cette semaine tous les deux. Si tu veux on peut se faire un restaurant avec lui un de ces jours, qu'en penses tu ?". Je ressens une énorme douleur au coeur, je vois ma poitrine bouger, mon coeur à fleur de peau battre de plus en plus fort. Puis éclater. Le sang gicle sur mon corps, Chloé me regarde étonnée, je ne peux plus articuler un mot. "Faites moi un massage cardiaque, mon coeur va mal, aidez moi, s'il vous plait, sauvez moi, Chloé, aides moi, occupes toi de mon coeur !". J'ai envie de lui hurler ces paroles, mais aucun son ne sort de ma bouche. Ma vision se brouille, tout redevient noir, je me sens couler à travers le bitume qui se referme sur moi. Chloé me regarde en souriant, son copain lui tient la main. Ange est là, Caïn aussi. Son visage est flou, je ne l'ai jamais vu, je n'ai jamais voulu le rencontrer, je les vois tous les deux sur mon lit à s'aimer, je me revois avec Ange, mais en fait ce n'est pas moi, c'est Caïn, ce n'est pas Ange, c'est Chloé, tout s'emmêle dans mon cerveau, mes yeux se ferment tout seuls, je me sens si fatigué, je n'ai plus envie de regarder ce spectacle, mais je ne peux pas détourner le regard de Ange qui me fixe en faisant l'amour avec Caïn, Chloé embrasse son copain et me fixe aussi, j'entends leurs rires, leurs ébats, leurs cris, leurs soupirs. Et puis enfin le silence, l'obscurité arrive, le froid et puis le noir absolu.
8h00
"France Info Express, nous sommes le Dimanche 16 février, au sommaire de l'actualité...". Je hurle de toutes mes forces, cherchant ma respiration. Je suis assis dans mon lit, en sueur, tremblant, livide. J'ai si mal au coeur, j'ai tant de peine. Rêve, réalité, souvenir, lequel est le plus douloureux... Ange vit avec Caïn depuis six mois maintenant, je n'ai pas eu de nouvelles depuis le 1er janvier. Je n'ose pas l'appeler. Chloé n'a pas de copain, du moins je pense. Bizarrement je ne rêve jamais de Marie. J'ai vécu 4 ans en se compagnie et je ne rêve même pas d'elle. Le cerveau humain est si ironique, il sélectionne les moments les plus douloureux de sa mémoire. Mais aussi les plus beaux. Ange, sa peau, son corps, ma Némésis. Il est 8h, je dois me préparer pour mon cours, me rappeler des gestes qui sauvent, de ceux qui font repartir des coeurs arrêtés... Rêver un impossible rêve...
17h
J'ai mon diplôme, enfin. C'était une excellente journée.
Quand j'étais plus jeune, j'aimais me répéter qu'à partir du moment où tu avais
sauvé une vie, la tienne était remplie, tu avais accompli ton rôle, tu pouvais
partir. Je crois que c'est ce qu'il me manque, j'ai besoin d'essayer d'aider les
gens, de ne plus être si égoïste. Mercredi j'ai une réunion à l'antenne de Croix
Rouge locale pour m'inscrire. Je veux faire du bénévolat. Je veux me sentir
utile, je veux que ma vie serve à quelque chose. Je vais m'inscrire pour une
formation plus poussée pour être apte à pratiquer la réanimation par
instruments. Ensuite, je postulerai comme bénévole Croix Rouge en délégation du
Samu. Je pourrais patrouiller avec les camions de la Croix Rouge et effectuer
des interventions médicales. J'ai enfin trouvé un but, un sens à tout ça, je
vais pouvoir aider. J'ai besoin d'appartenir à une famille, à un groupe, je ne
survivrai pas tout seul. A défaut de vivre pour moi, je vais vivre pour les
autres, au travers des autres !
Claire m'a téléphoné depuis un autre portable pour pouvoir
enfin me joindre. J'ai réussi à la convaincre que j'étais malade depuis Jeudi,
ce qui est un demi mensonge. Elle veut venir faire ses maths chez moi Mardi
soir, pourquoi pas, je dois héberger un pote la semaine prochaine, je pense que
c'est à partir de Mardi, bah, je verrai bien.
Bizarrement après avoir raccroché mon portable, j'ai
inconsciemment composé le numéro de Chloé. Elle a répondu. Elle est au labo
depuis ce matin 9h. Elle est complètement HS, hors du monde, hors de la réalité.
Elle s'est excusé pour ne m'avoir ni téléphoné ni mailé. Samedi prochain elle
part mener une conférence aux Etats-Unis pour toute une semaine. Elle bosse
comme une folle sur sa présentation malgré la mise en garde de ses chefs qui
pensent qu'elle ne sera jamais prête. Fin mars elle a une nouvelle conférence en
Europe. Et elle doit délivrer sa thèse écrite prochainement et la présenter en
Mai. Elle me parle de réseaux de neurones, de paramètres L0 et L2 qui sont moins
bien que l'étude en cône (???). Elle a passé son vendredi soir avec son chat, en
tête à tête. Il a eu son cadeau de St Valentin : une boite de Sheba. Quel petit
veinard celui là, il vit vraiment avec une femme exceptionnelle. D'ailleurs elle
me confie ses problèmes de logistique : personne ne peut garder son chat, l'ami
qui s'en occupe d'habitude est parti en vacances et elle est un peu gênée de lui
demander ça, ça fait longtemps qu'elle ne lui a plus téléphoné. Bien sûr, j'ai
au moins le réconfort de ne pas être le seul abandonné par Chloé. "Si tu veux je
peux m'en occuper, tu sais bien que j'adore les chats ? Je peux aller le nourrir
chez toi tous les soirs, c'est un peu loin mais bon... Ou alors m'en occuper à
la maison". "Ah bon, je n'y avais pas pensé, ça me gêne un peu, on se connait à
peine". Bien sûr. On se connaît à peine. La faute à qui ? En fait je suis
parfaitement calme, je n'ai plus ni désir, ni amour, ni aigreur. Je commence à
guérir. En semble emballée par l'idée que je m'occupe de son chat pendant son
voyage. On va voir. A défaut d'avoir Chloé auprès de moi, j'aurai la moitié
d'elle même à mes cotés pour toute la semaine avec un peu de chance. Je dois
être fait pour aider les gens finalement...
Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d’une impossible fièvre
Partir où personne ne part
Aimer jusqu’à la déchirure
Aimer même trop même mal
Tenter sans force et sans armure
D’atteindre l’inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l’étoile
Peu m’importe mes chances
Peu m’importe le temps, ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans question
Se damner pour l’or d’un mot d’amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s’éclabousseraient de bleu
Parce qu’un malheureux
Brûle encore
Bien qu’ayant tout brûlé
Brûle encore
Même trop mal
Pour atteindre à s’en écarteler
Pour atteindre l’inaccessible étoile
Rien de transcendant aujourd'hui, si ce n'est le début d'une semaine compliquée : j'héberge un pote, une amie à ce pote (elle a déjà un copain mais mon pote en pince pour cette fille, bref c'est compliqué, affaire à suivre), je dois aussi caser un cours de soutien mathématique à Claire, une réunion de locataires dans l'immeuble où j'habite et ma réunion Croix Rouge. Pff, c'est compliqué mais j'ai une pêche d'enfer en fait, ça m'a fait un bien fou de me reposer ce week-end. Et je continue quand même le sport, ce soir j'y retourne, je m'accorde une dernière chance de briller (malgré l'hématome noirâtre que j'ai découvert sur mon genou hier soir, résidu de ma séance catastrophique de lundi dernier) !
Bon par où commencer... Déjà j'arrête le sport pour quelques temps. J'ai encore fait une séance catastrophique, je vais donc arrêter pour 1 bon mois minimum. Je vais me remettre à la course à la place. En plus la séance a été entachée par un blessé : un ami, pourtant très sportif (Phil) s'est démis l'épaule, je l'héberge chez moi ce soir avec l'autre pote (Stan) qui était prévu. Bon, c'est compliqué j'ai d'un coté Stan qui gonfle le matelas gonflable gonflable à la vitesse d'un escargot asthmatique et de l'autre Phil qui se masse l'épaule avec de la glace. Et moi j'essaie d'écrire au milieu de tout cela. J'abandonne pour aujourd'hui, je raconterai tout en détail demain... Ah bon, ça y est, je leur ai préparé à manger, j'ai un peu de latitude pour écrire quelque chose. Demain Stan va chercher son amie à la gare. Je ne sais pas ce que je vais faire demain soir. J'ai bien envie de les laisser tranquille le soir. Je ne sais pas ce que je vais faire. Bon, il reste le matelas à gonfler. Au moins j'ai l'occasion de mettre en pratique mon diplôme de secourisme, ça ne pouvait pas mieux tomber... Promis, demain plus d'infos, mais là c'est un peu dur pour écrire.
10h30
C’est la première fois que j’écris au boulot, il faut dire qu’en ce moment je n’ai pas trop le temps ni la possibilité à la maison et que mon travail actuel me laisse pas mal de temps « libre », lui.
Petit retour sur la soirée d’hier. Tout avait bien commencé, nous étions relativement nombreux à la séance : Alain, David (avec Isa en observation suite à une blessure), Seb, Stan, Moi, Simon, un de ses potes (tous deux débutants) et Phil. J’avais la forme, j’étais super motivé pour cette séance. J’ai même réussi à échanger quelques mots aimables avec Alain, le temps ne semblant plus être à la guerre entre nous deux. Puis tout à commencé à partir de travers : je me suis aperçu que ma belle motivation fondait comme neige au soleil, je me braquais, je n’arrivais à rien faire. Seb a quitté la séance très tôt, il était franchement fatigué (de mariage ce week-end, il a un peu trop fait la fête). Isa était de mauvaise humeur, énervée de ne pas pouvoir faire du sport, de ne pouvoir quasiment rien faire, énervée tout court en fait. A ce stade là j’avais déjà décidé de faire une grosse pause , d’arrêter pour au moins un mois. Quand la motivation n’y est plus, cela ne sert plus à rien de continuer. Isa et moi avons convenu de refaire du sport ensemble : elle se remet au vélo, moi à la course. C’est jouable, en plus on pourra se motiver mutuellement. Et quand on sera prêt, on retournera s’entraîner tous les deux. C’est dommage, le pote de Simon semble super motivé et je lui sers de professeur depuis 2 semaines. Bah, un professeur pas motivé c’est pas terrible, il vaut mieux qu’il s’en trouve un autre.
Au moment de partir pour aller au Sauna, Phil a décidé de continuer un tout petit peu. Et c’est là qu’il s’est déboîté l’épaule. C’est la deuxième fois que cela lui arrive en 1 an et demi. La première fois il s’est retrouvé pendu à 12 mètres du sol avec l’épaule qui pendouillait. Quand on a pu le redescendre, son épaule s’était plus ou moins remise en place. Après quelques mois de rééducation il a pu revenir s’entraîner avec nous. Et hier alors qu’il semblait en pleine forme, son épaule s’est déboîtée à nouveau. Bon, elle s’est remise en place immédiatement mais le mal était fait. Il est encore bon pour quelques mois de convalescence. Et c’est d’autant plus difficile que c’est un sportif aguerri : il fait de la course, du badminton, de la natation, s’entraîne avec nous, a fait 15 ans de Hockey sur glace. D’ailleurs c’est avec lui que j’étais parti au ski il y a 2 semaines. Bref il n’arrête pas. C’est peut être pour ça d’ailleurs qu’il commence à se blesser. Il approche de la trentaine, age ingrat où l’on devient plus fragile. En fait on commence tous à vieillir sérieusement : Alain s’est fait une entorse l’an dernier et nous a manqué quelques mois. Isa s’est aussi fait un entorse couplée de problèmes de dos et est au repos pour encore au moins un mois. David souffre aussi d’un manque de motivation notable. Et moi mon manque de motivation est plus que notable. Et Phil s’est déjà déboîté l’épaule deux fois. Nous formons une bien belle équipe.
Après ça , Stan, Phil et moi sommes rentré chez moi. Phil habite un peu loin et ne se sentait pas vraiment prêt à prendre les transports en commun, je lui ai donc proposé de dormir à la maison. En plus comme on travaille ensemble, on pouvait aller au boulot ensemble ce matin. Phil a utilisé tous mes glaçons à Martini pour son épaule, Stan a montré son incompétence à gonfler un matelas pneumatique (hé hé) et moi j’ai tenté d’écrire quelques lignes tant bien que mal pendant tout ce temps, discrètement. On s’est couché à 2 heures du matin.
Ce matin, Stan a dû se lever à 6h30 pour aller chercher sa copine à la gare. Il veut absolument me la présenter « C’est une femme magnifique, super intelligente, quand tu la verras tu n’auras plus envie d’aucune autre femme ». Ouais, on va voir je suis passablement fatigué suite à ma soirée d'hier...
16h
J'ai craqué, je suis un peu comme quelqu'un qui veut arrêter de fumer. Parfois l'envie est trop forte, on a beau se dire que c'est mauvais pour nous, que l'on a une volonté de fer, on craque. J'ai téléphoné à Ange. Heureusement j'ai eu son répondeur, je lui ai juste demandé de me rappeler demain. Je n'en pouvais plus, 14 ans d'amitié & d'amour ne peuvent pas disparaître en 3 mois. Je ne sais pas pourquoi aujourd'hui j'ai craqué comme ça, peut être à cause de mon rêve de ce week-end, je ne sais pas, je l'ai dans la peau, elle est ma drogue et là j'étais en manque. Rien que le fait d'écouter sa voix sur son répondeur, quel bonheur, sa voix si douce. Et quelle tristesse en même temps. Je me suis rappelé les mots doux qu'elle m'a murmuré, ses pleurs, ses cris. 14 ans. Combien de gens peuvent se vanter de connaître quelqu'un depuis si longtemps. Combien de gens peuvent affirmer connaître si bien une personne. Elle me manque tant. Je me fais du mal, mais mes souvenirs sont si bons comparés à la douleur que j'éprouve que cela en vaut la peine. Je crois que je suis prêt à tout faire pour rester ami avec elle, même si j'en souffre, je ne peux pas me résigner à l'oublier.
20h
Plouf, tout est tombé à l'eau, rien n'a marché comme prévu : Stan est bien allé cherché sa copine et lui a fait visiter la ville mais ce soir elle a reçu un coup de fil de sa famille indiquant que la grand mère n'allait pas bien. Classique, les grands parents sont toujours là pour vous casser les coups les plus mûrement préparés. Bilan, la demoiselle prend le train de 23h pour retourner chez elle, avec 1 jour d'avance pour le plus grand désespoir de Stan. Pas de chance gars. Au moins ils vont au resto ce soir, avant d'aller à la gare. Moi je reste à la maison pour me reposer un peu, il fait trop froid dehors et je n'ai pas envie de m'imposer, je sais très bien que Stan rêve de cette soirée en tête à tête, je compte bien lui laisser toute latitude pour briller. Je leur ai conseillé mon super restaurant japonais, celui de mon repas avec Chloé. Chloé, Ange, encore une journée à penser à elles, mes thésardes, si différentes et si proches parfois. Ange... Je suis content d'avoir déjà réussi à écrire mon rêve, je pense que mon coeur commence un peu à cicatriser, il y a un mois je ne pouvais même pas penser à Ange sans fondre en larmes. Le Temps efface tout... Quelle phrase stupide !
10h32
Je me surprends encore à écrire au boulot. Cela en devient
compulsif par moments, j'ai besoin d'écrire. Je ne me sens pas très bien ce
matin, j'ai des vagues souvenirs d'avoir fait un cauchemar cette nuit, mais
impossible de m'en rappeler. Je me doute que cela tournait encore autour de Ange
& Chloé. Finalement il vaut peut être mieux que je ne m'en rappelle pas. J'ai
juste un sentiment de malaise depuis ce matin. Je suis d'humeur sombre. J'ai
encore essayé d'appeler Ange. Direct sur le répondeur comme hier. Je n'ai pas
laissé de message. Elle éteint son portable dans la journée et je n'ai pas le
courage de l'appeler au labo, j'ai un peu peur de la déranger. Je tenterai de
l'appeler à midi pendant sa pause. J'ai vraiment besoin de lui parler, même pour
me faire jeter, il faut que je lui parle de tout, de rien, surtout pas de ce que
j'éprouve, elle vit avec un mec maintenant, je n'ai plus à me mêler de ses
affaires. Mais je pense que cela me fera un bien fou de l'avoir au téléphone,
pouvoir fermer un peu les yeux et me l'imaginer, revivre un peu aux travers de
souvenirs. Ca me fait un peu rire, on dirait que je suis condamné à être
amoureux de filles inaccessibles. Je suis un abonné des répondeurs, je parle
plus à ces maudites machines qu'aux vrais gens. J'ai appelé Julie, pour voir ce
qu'elle avait de prévu ce week-end et pour prendre des nouvelles. Elle est
définitivement séparée de son copain cette fois-ci et est repartie sur son idée
de "plan patinoire" pour dans deux semaines. Elle n'est pas libre ce week-end et
là j'ai méchamment gaffé, il y a des fois où je ferai mieux de me taire :
"- Moi : Tu n'es pas libre ce week-end ? Bon tant pis, en tout cas amuses toi
bien et passes un bon week-end !
- Julie : Euh, je ne t'ai pas dit ce que je faisais ce week-end ?
- Pas vraiment, bah tu vas faire la fête comme d'habitude, non, ha ha ha ?
- Ce week-end j'ai invité toute ma famille, on va fêter l'anniversaire de la
mort de ma mère.
- ... ... ... Euh, désolé, je ne m'en rappelais plus. Passe un bon week-end
quand même."
Putain mais que je suis con parfois ! J'avais complètement oublié que sa mère
était morte pendant cette période. Mais quel abruti ! Maintenant je me sens
encore plus mal qu'avant. En même temps quand je regarde le parcours de Julie,
je me dis que cette fille est passée par un tel nombre d'épreuves qu'elle a du
mérite d'en être arrivé là où elle est. Parfois on ne soupçonne pas ce
qu'endurent les gens et la force qu'ils sont obligés de déployer pour arriver à
sourire et paraître heureux aux yeux des gens.
11h
"- Moi : Regarde par la fenêtre Phil ! La petite
nouvelle, elle est super mignonne ! Vraiment trop craquante, elle a l'air un peu
jeune, mais elle est vraiment jolie !
- Phil : Bah, non, elle je te la laisse, pas du tout mon genre ! Elle n'a pas de
hanche, elle est plate et elle fait gamine. Tu la trouves belle ?!"
C'est bizarre parfois comme on peut être plus ou moins
sensible au charme d'une personne. Je trouve la petite nouvelle vraiment jolie,
un véritable top model et Phil n'y jette même pas un regard. C'est comme hier
soir quand Stan m'a présenté son amie, 8ième merveille du monde. Jolie, mais
sans plus, en tout cas pas à mon goût. En fait on a rarement les mêmes critères
pour juger la beauté d'une personne. C'est pas plus mal finalement. En même
temps c'est à double tranchant : prenons le cas de la petite nouvelle. Je la
trouve particulièrement jolie, mais n'ose pas l'aborder car justement elle est
trop jolie. Or il se peut que la majorité des gens la trouve absolument banale.
Et donc cette fille n'est peut être pas courtisée du tout et désespère de
trouver quelqu'un. Bon, c'est un peu confus, mais ça rejoint aussi l'idée que
les plus jolies filles sortent toujours avec des blaireaux car les mecs normaux
n'osent pas aller les aborder alors que les blaireaux sont les seuls à y aller
ne craignant pas les râteaux. Et au final je suis sur que ça marche. Bon,
j'arrête de raconter n'importe quoi. Au moins ça m'a changé les idées.
Ce soir j'ai une réunion à la Croix Rouge, on va voir ce que
cela donne, j'espère pouvoir m'inscrire à la formation avancée de secourisme,
j'aimerais vraiment pouvoir aider les gens. C'est marrant, beaucoup de personnes
de demandent pourquoi j'ai passé mon AFPS, pourquoi j'ai envie de faire du
secourisme. Suis-je donc anormal de vouloir aider des gens, sauver des vies ? Le
bénévolat ne paye t'il plus de nos jour ? Qui a t'il d'étrange à vouloir aider ?
Je pense que c'est la région qui veut ça, les habitants du coin sont des sombres
cons égoïstes...
16h51
Je l'ai eu. Elle sortait de son labo et rentrait chez elle.
Quel bonheur d'entendre à nouveau sa voix, si douce, si tendre et en même temps
plus mature. Elle est devenue une vraie femme maintenant. Elle semblait heureuse
de pouvoir me parler, d'avoir a nouveau de mes nouvelles. Elle travaille
toujours autant, semble nager dans le bonheur. Mais j'éprouve moins de haine
qu'auparavant, je pense que je commence à me stabiliser. La prochaine que je
rentre chez moi, nous irons boire un coup ensemble, Ange, moi et Caïn. Je pense
que je suis prêt à l'accepter. Elle a fait sa vie, j'ai laissé passé ma chance
et je ne crois pas aux miracles. La vie n'est pas un film, je n'ai rien à
espérer et je ne dois rien espérer, ce serait malhonnête envers elle, elle
mérite amplement son bonheur, elle aussi a beaucoup souffert dans sa jeunesse.
On a parlé de Noël, elle m'a reproché gentiment de ne pas être allé les voir.
"Je m'en sentais pas capable, je suis désolé, c'était trop dur pour moi.". Elle
comprend. J'accepte cette fatalité, elle n'est en aucun cas fautive pour ma
lâcheté. Elle hésite à parler de Caïn, de leur vie, elle sait que le sujet est
sensible pour moi. Mais je pense que je suis plus serein maintenant. J'ai digéré
ma rupture, ou plutôt mon "acte manqué". Je dois aller les voir, elle doit
pouvoir être sure que nous resterons amis à jamais, je l'espère. On a parlé de
nos amis du collège dont nous avons encore des nouvelles. L'un est maintenant
marié, trois enfants et bosse dans la même boite que ma mère. Le monde est plein
de coïncidences. "C'est vraiment le dernier d'entre nous que je voyais marié
celui-là !" dit-elle. Oui, la vie est pleine de surprises, d'ironie. En même
temps cela me donne un peu d'espoir, j'arriverai bien à trouver quelqu'un, un
jour. J'ai perdu une femme de ma vie, il doit sûrement en exister d'autres.
C'est un peu comme un rendez-vous manqué avec la vie. J'espère que d'autres
rendez-vous se présenteront et que cette fois je serai prêt. Hum, je commence à
avoir les yeux qui rougissent. Pourvu que personne ne me remarque. Je dirai que
ce sont mes lentilles qui me font mal. Ca marche bien comme excuse. J'ai réussi
à être agréable et joyeux au téléphone. Je ne veux pas l'embêter avec mes états
d'âme, sinon elle ne voudra plus jamais entendre parler de moi.
"Bisous, à bientôt alors !" dit-elle joyeusement.
"Oui, bisous et à bientôt..." dis-je en raccrochant. Je crois qu'elle n'a pas
entendu mon sanglot. Ma sérénité ne pourra venir que de celle qui me fait tant
souffrir. Ange. Enfin la vie reprend, je suis peut être toujours seul, mais j'ai
retrouvé mon amie. J'affronte enfin mes souvenirs, je ne fuis plus.
19h26
Mail reçu de Chloé : "Je crois bien que je vais accepter ta proposition de garder mon petit Miaou". Miaou, c'est le chat (c'est pas son vrai nom). Cool, je vais avoir un chat à la maison la semaine prochaine ! J'adore les chats, encore plus le chat de Chloé. Ah, une petite boule de tendresse dans ma vie, enfin ! Finalement la journée n'est pas si mal. Bon, je dois partir à ma réunion Croix Rouge...
22h37
Fin de la réunion, au programme : organisation du bal de la Croix Rouge le 1er Mars, cobaye pour deux formations (je vais faire le mort !) et soirée crêpes au local Croix Rouge le 14 Mars. J'aime beaucoup, hé hé.
C'est le soir, Chloé et moi sommes assis sur mon canapé, seulement tous les deux,
si proches. Nous discutons
depuis un bon moment, pour une fois elle ne parle pas de son boulot et semble
détendue. Je suis très tendu, je suis si content d'être avec elle.
- Chloé : Tu es tellement gentil avec moi, pourquoi tu fais tout ça pour moi ?
- Moi : Tu n'as toujours pas compris, tu ne vois donc rien ?
- Je sais pas, expliques moi.
Mon coeur bat très fort, ma respiration s'accélère et se fait plus bruyante.
j'ai l'impression que mes battements de coeur s'entendent dans toute la pièce.
Puis comme dans un seul souffle, je lui dis :
- Mais c'est simple, je fais ça parce que je t'aime ! Je suis complètement fou
de toi !
- Ah bon ? Mais moi aussi je t'aime, je ne l'avais jamais remarqué auparavant,
mais je t'aime aussi ! Embrassons nous !
Mon coeur explose, je m'approche lentement d'elle tout en la fixant. Une musique
jazzy sort de nulle part et commence à envahir doucement la pièce. Nos lèvres
sont si proches, cela fait si longtemps que j'attends ce moment, quels goût
auront-elles ? Je respire son parfum enivrant, ma tête tourne légèrement, je
retiens mon souffle. Mon bras gauche essaie de l'enlacer mais je n'ose la
toucher, ma main va se poser sur son dos au moment où nos lèvres sont sur le
point de se rejoindre... L'instant semble durer une éternité. Le fond sonore
augmente, le Jazz se fait plus virulent maintenant, comme pour souligner
l'importance du moment. Soudain Stan sort de nulle part et déboule dans la pièce
en criant :
- Stan : il faut que je change mon billet de train, vient m'aider Dark !
- Chloé : Ah bon, tu ne m'aimes donc pas ? Restons seulement amis alors.
- Moi : Qu..quoi ?! Mais mais, je t'aime, embrassons nous !
Chloé se lève en me souriant, disparaît dans le noir, d'ailleurs Stan lui
aussi a disparu, tout se trouble, je ferme les yeux. Lorsque je les rouvre, il
fait noir. Une petite lumière rouge clignote à ma droite :
7h34
France Info est toujours en grève depuis 3 jours maintenant et diffuse aléatoirement du Jazz à la place des flashs d'actualité. Déjà je déteste le Jazz. Ensuite j'en ai marre de rêver, mais surtout de me souvenir de mes rêves stupides le matin. Et Stan est rentré chez lui hier dans la journée. Il avait pas trop la pêche, revoir sa copine lui a un peu miné le moral. Je l'aime beaucoup mais s'il commence à me pourrir mes rêves ça va mal se passer ! Je suis légèrement énervé, cela avait beau être un rêve, un baiser de Chloé, même en rêve, c'est quelque chose ! La journée démarre mal. Mes rêves sont stupide, tout justes dignes d'une écolière pré pubère.
19h21
La journée s'est plutôt bien passée. J'ai acheté un agenda,
avec la Croix Rouge je commence à accumuler les rendez-vous, cela devient
difficile de ne pas se planter. J'en ai trouvé un beau, orange vif, couverture
transparente. En plus je l'ai eu en promo, je dois être le seul abruti à acheter
un agenda le 20 février. J'ai noté tous mes rendez-vous pour les deux prochains
mois, ça me permettra de mieux organiser mes week-end. "La vie c'est vraiment
une longue guerre" écrivait hier la petite
Elicce. C'est vrai, et il faut de l'organisation pour la gagner. Autant
mettre tous les atouts de son coté. J'en ai marre de subir la vie, de me laisse
porter sur les flots du temps. Je prends mon destin en main ! (Arf, avec un
agenda orange transparent... Ben je vais pas aller loin avec ça...)
J'ai enfin réussi à laver ma caisse, j'ai choisi le programme
le plus cher à la station service, depuis le temps que mon tas de boue accumule
la poussière, il mérite les meilleurs soins. Au menu : lavage, cire, lustrage,
séchage, nettoyage des roues, des jantes, du châssis, etc... Total : 9€ ! Eh
ben, c'est pas donné d'avoir une belle voiture. En tout cas ça pourra toujours
servir de faire un peu propre, je dois aller chercher le chat de Chloé demain
soir, autant faire une bonne impression en arrivant. Heureusement, il n'y a pas
eu de pluie sur le chemin du retour, cela m'aurait un peu fait mal au coeur.
Arrivé à la maison, dépilage des mails : pubs pour allonger mon pénis (non merci
et puis ça ne servirait à rien en ce moment), powerpoint scabreux, photos de top
models à la plage, best of des assurances (rien que du classique, direct
poubelle, je jette quand même un coup d'oeil au powerpoint, hum, jolies les
filles). Mail de Chloé ! "blah blah, voici mon adresse pour venir chercher Miaou
demain soir, blah blah". Yes ! Au moins je sais où elle habite, c'est un bon
début. Un petit tour sur Internet pour trouver un plan et un itinéraire. Ca
devrait pas être trop compliqué. Mon portable sonne : "Chloé - Portable". Mon
Dieu ! C'est elle, bon, il faut paraître calme et détendu. Elle rentre à peine
du labo. Quelle vie. Elle est joyeuse aujourd'hui, on parle de tout, de rien, de
son chat (vraiment elle l'adore cet animal !). Je vais chercher la boule de poil
chez elle demain soir et on mangera ensemble une pizza. Comme ça va être
romantique, nous deux dans son appartement, à manger une pizza. Quel bonheur, si
simple, mais si bon. Ensuite elle veut m'accompagner à la maison pour m'aider à
installer Miaou, je lui dis que je la ramènerais ensuite, pas besoin qu'elle
prenne les transports en commun le soir. La lutte est dure, elle ne veut pas me
déranger, elle me remercie d'être si gentil et serviable. Si elle savait ce que
je pourrais faire pour elle. "TU N'ES PAS JUSTE UNE AMIE COMME UNE AUTRE ! JE
T'AIME" ai-je envie de lui hurler. Mais bon, jouons la calmement, Chloé c'est de
la drague version Polytechnique, faut s'accrocher dur...
"Bon ben, bonne nuit et à demain soir !" dit-elle.
"Euh oui. Biso... Bonne nuit" dis-je dans un soupir, tout en raccrochant.
J'suis nul. Finalement, "écolière pré pubère", ça me convient plutôt bien par
moment ! Bon, faut que je range mon appartement ! Si Chloé vient à la maison
demain soir, je dois lui faire un bonne impression !
Chloé est assise lascivement sur mon canapé, on parle de tout et de rien, principalement de Miaou qui vient d'emménager chez moi pour 8 jours. Je ne peux m'empêcher de la regarder, ses yeux si bleus, son petit sourire, ses longs cheveux blonds, ses mains. Je suis très tendu, la savoir si proche de moi et ne rien tenter est une véritable torture. Et cette fois, ce n'est pas un rêve.
Retour dans le temps... Il est 17h30, je pars du boulot, c'est vendredi et j'ai encore explosé le compteur horaire cette semaine, il est temps de rentrer. Arrivé chez moi, je me refais une légère beauté histoire de ne pas faire négligé, je dois quand même voir Chloé ce soir. Elle habite carrément à l'opposé de la ville par rapport à chez moi. Fondamentalement ce n'est pas loin, c'est l'histoire de 20 Km maximum. Sauf que là c'est les heures de pointes et ça va pas être triste. Bah, je prends un CD pour la voiture et c'est parti.
1h30 plus tard, j'arrive enfin chez elle. L'enfer sur terre ! J'ai eu droit à des embouteillages monstrueux et en plus je me suis paumé en arrivant. Mais c'est bon, j'y suis. Je sonne. Elle est là, elle vient m'ouvrir. Elle est radieuse, mais semble un peu fatiguée. Ses longs cheveux blonds sont détachés, elle porte un petit jean rouge absolument délicieux, ses Doc. Martens montantes, un pull noir et un long manteau noir. Elle est ravissante. On décide d'aller directement acheter une pizza. Il y a un vendeur dans la rue, ça tombe bien. Nous rentrons dans le magasin et Chloé demande tout de go "Bonsoir, on voudrait une pizza !", le plus naturellement possible. Quand je dis qu'elle est un peu déconnectée de la réalité. Le vendeur nous regarde interloqué, surpris de voir des clients voulant effectivement acheter une pizza dans sa pizzeria et non pas un couscous ou une bouillabaisse. Je rectifie le tir en ajoutant "Une quatre fromage pour deux, SVP". La pizza préparée, nous allons chez elle. Enfin j'ai le privilège de découvrir son appartement. Un petit studio d'étudiant, avec une mezzanine pour le lit, des papiers de thèse absolument partout. Et Miaou. Ce chat est intelligent, dès le début il senti qu'un truc ne tournait pas rond, il m'a regardé bizarrement. "Oh mon beau Miaou, tu vas pas faire le jaloux maintenant !". Tsss, S'il y en a bien une qui est absolument aveugle dans cette pièce, c'est Chloé. Même le chat il a vu que je suis fou d'elle. Bon, je vais me laver les mains, direction la salle de bain. Arg, ses sous-vêtements sont en train de sécher sur la baignoire. Mon Dieu, éloignez de moi tout pensée lubrique. En tout cas elle a bon goût. On mange tranquillement, elle me montre sa thèse qu'elle a quasiment fini (147 pages de trucs incompréhensibles, dur...). Briefing sur le chat, comment le nourrir, nettoyer la litière. Je crois qu'il commence à me tolérer, j'arrive à le caresser. C'est un début. J'ai 8 jours pour devenir le meilleur ami du chat, ça me rapprochera peut-être de la maîtresse. Maintenant, on part chez moi.
40 minutes plus tard (ça roule beaucoup mieux), nous y
sommes. Visite de l'appartement, positionnement des quartiers du chat : la
litière dans les toilettes, les bols dans la cuisine, le chat sur mon lit. Il
perd pas le nord celui-là. Brave bête, il est vraiment très intelligent, je
l'adore ! Vas-y, donne l'exemple ! Euh, je m'égare un peu là... Chloé et moi
allons discuter dans le salon. Elle farfouille un peu sur mes étagères (j'ai
bien fait de faire le ménage hier).
- Oh, un billet pour Stratovarius ! Tu vas les voir en concert ? C'est comme
Rhapsody et Angra, c'est bien.
- Pardon ? Tu connais ça toi ??? (les groupes cités ci-dessus sont
qualifiés de barbares par le commun des mortel)
- Oui, quand j'étais en collocation, mon amie écoutait tout ça, du coup je
connais un peu.
Seigneur, cette fille aime le Speed Métal (vulgarisation rapide du style
musical). Elle est merveilleuse. Et comme un con, je n'ai qu'une place pour
Strato et le concert est déjà complet. Bien, gros naze. Bon, j'ai deux places de
théâtre pour dans deux semaines, faudra pas que j'oublie de l'inviter. Nous
allons ensuite nous asseoir sur le canapé.
- Regarde Miaou, il commence à s'habituer à l'appartement, il va se plaire ici
on dirait.
Je me penche sur elle pour jeter un regard à Miaou. Je suis presque couché sur
elle. Je ne la touche pas mais je peux sentir sa respiration, voir sa poitrine
se soulever délicatement. Je me remets rassois normalement. Pourquoi je n'y
arrive pas avec elle ? Quand je me suis retrouvé avec Claire dans la même
situation, tout s'est passé beaucoup plus simplement. Avec Chloé, c'est le
blocage. Je n'ose pas lui toucher la main, encore moins tenter de l'embrasser.
Peut être que j'ai peur de précipiter les choses. Avec Claire, c'est malheureux
à dire, mais comme je m'en moque un peu, j'y vais plus directement (et
malheureusement ça marche). D'ailleurs elle m'a écrit tout à l'heure et veut me
voir demain (pour faire ses maths ?). Pourquoi pas... Bref, Chloé est sur mon
canapé depuis bientôt une heure et nous parlons toujours. Elle doit rentrer, son
avion décolle très tôt demain matin. Ne brusquons rien, je vais y aller
doucement. Je la ramène chez elle en voiture et retourne chez moi.
Voilà, il est 1h du mat' et je suis là à finir d'écrire mon journal. Miaou me regarde d'un oeil torve du bout de la pièce, genre "hé hé, elle n'aime que moi, bon courage gars !". Moi j'ai lamentablement merdé toute tentative d'approche ce soir. En fait je ne suis pas déçu, je n'attendais pas grand chose de cette soirée. Je suis déjà content d'avoir pu lui parler si longuement, je pense que nous sommes un peu plus proches maintenant. Et en apprenant à mieux la connaître, je ne l'aime que plus...
- Pourquoi tu me regardes comme ça ?
- ...
- Arrêtes de tirer la tête, elle est partie et tu es obligé de vivre avec moi
pendant au moins une semaine. Et ne fais pas le difficile, c'est plutôt bien ici
: l'appart est grand, je te nourris bien et je suis gentil avec toi, ça pourrait
être pire, non ?
- Miaou !
- Comment ça, "Miaou !" ? Ca veut dire quoi ? Tu veux encore des croquettes ?
Chloé m'a dit "Une tasse par jour, découpée en 3-4 prises, pas plus sinon il va
grossir et il risque de vomir". Tu as entendu toi aussi, hein ? Allez, viens
faire un câlin à tonton. Viens sur mes jambes, nooon pas sous le lit ! J'ai pas
passé l'aspirateur dessous, c'est plein de poussière. Et voilà, tu as vu dans
quel état tu es maintenant ! C'est du propre. Bon, puisque c'est comme ça, on va
commencer nos exercices : c'est qui le meilleur ami de Miaou ? (tu dois répondre
mon nom)
- Miaou meow.
- Je suppose que ça veut dire "Toi" en langage chat de gouttière. C'est un bon
début. Souviens toi mon petit ami à poils, nous devons être les meilleurs amis
du monde Dimanche prochain quand Chloé rentrera. Et promis, Dimanche prochain je
lui fais une déclaration : "J'ai ton chat en otage, acceptes de m'embrasser ou
tu ne le reverras jamais ! Ceci est mon dernier avertissement ! Aimes moi ou je
ne réponds plus de rien !". Ouais, j'opterai pour une méthode moins radicale
quand même. Si seulement ta maîtresse comprenait qu'il n'y a pas que le boulot
dans la vie et que je ne suis pas une gène potentielle pour sa thèse (et
accessoirement si elle pouvait me trouver à son goût ça serait encore mieux,
ceci étant le pré requis à toute relation digne de ce nom). Tu dis rien toi,
arrête de me regarder comme ça. Tu ne sais pas la chance que tu as. Hier quand
elle t'as dit au revoir et que tu étais collé contre sa poitrine, une patte sur
ses seins à lui faire un petit bisous félin, qu'est ce que j'aurai aimé être à
ta place. Franchement, je suis tombé bien bas : je suis jaloux d'un chat
maintenant. Bon, je dois aller chercher un colis à La Poste, sois sage, je
reviens bientôt.
Je hais La Poste. J'ai encore fait la queue une demi heure, tout ça pour m'entendre dire au guichet qu'ils ont perdu mon colis. Ca n'arrive qu'à moi des trucs pareils. Qu'est ce qu'ils ont pu bien faire de mon paquet ceux là encore. Et la bonne femme qui me demande si cela contenait un objet de valeur susceptible d'intéresser quelqu'un. Pour peu qu'un livre sur "L'analyse d'image et les morpho mathématiques" puisse intéresser quelqu'un à part moi, je serai tenté de répondre oui. Au lieu de ça je lui ai adressé mon plus beau sourire en lui disant qu'ils pouvaient faire leur enquête et me contacter quand ils l'auront retrouvé.
Retour à la maison. Miaou dort sagement sur mon canapé. Je suis content, il est plutôt du genre calme. Bon, au programme : passage d'aspirateur, Mr Miaou étant le champion pour ramener au grand jour moutons & boules de poussières en tout genre planqués derrière mes meubles. Chloé m'a dit qu'il a peur de l'aspirateur. Ca promet de pas être triste. Tiens je vais lui prendre quelques photos de star. Ensuite hop, un petit mail à Chloé avec les clichés en attachement. C'est super tactique : quand elle verra les photos, elle aura un coup de blues d'avoir laissé le male de sa vie (Mr Miaou) tout seul, en même temps une vague d'amour la submergera, mêlée à du remord et avec un peu de chance, le tout sera associé à mon nom (en tête du mail). (Moi + Miaou)/(durée de séparation)*remords = amour pour moi ? Hum, équation un peu fumeuse. Non, je ne suis pas machiavélique, je m'imagine juste dans un rêve : je mesure 10 cm, je suis caché derrière un chat à essayer de faire des signes de la main à Chloé en hurlant "hé ho, je suis là, je t'aime, houhou, est ce que tu me vois ?". Et elle, elle lit sa thèse à Mr Miaou.
Coup de fil de Claire. Elle ne fait rien ce soir et propose un cinéma... Ok, cinéma, on revient boire un coup chez moi et je la ramène chez elle.
2h48
Je viens de rentrer. Ca s'est pas du tout passé comme prévu, mais alors par du tout, oulala, c'est pas bon, pas bon, pas bon... Je vais me coucher, j'y verrai plus clair dans quelques heures.
11h12
Je vais tout reprendre depuis le début. Hier soir j'ai été
contacté par Claire pour aller au cinéma. On s'est donné rendez-vous à 20h.
Lorsqu'elle arrive, je me dis que ça va être compliqué. Elle est plus belle que
dans mes souvenirs, elle a changé de coiffure pour quelque chose de plus
moderne, encore plus sexy. Vraiment, elle est délicieuse. Cette fille a une
classe folle. Bon, une petite bise sur la joue, après tout on ne sort pas
ensemble, d'ailleurs elle m'a dit qu'elle draguait un autre mec en ce moment.
Alors pas question de faire quoi que ce soit. D'ailleurs je suis assez étonné
qu'elle veuille aller au ciné avec moi ce soir, on avait été bien clair la
dernière fois : entre nous deux, ça ne marchera jamais. Bref, on se dirige vers
le cinéma. Prochaine séance, 22h. Pas cool ça. Ca va finir trop tard. C'est ça
quand on va au ciné sans prendre la peine de regarder les horaires. En fendant
la foule pour partir, elle se fait légèrement bousculer et tombe sur moi. Je la
rattrape et me retrouve bizarrement à lui tenir la main. Et étrangement, j'aime
ça. Je pense que j'ai un affreux besoin de tendresse en ce moment, j'ai besoin
d'être aimé, d'avoir quelqu'un auprès de moi. Pas forcément la femme de ma vie,
mais quelqu'un. Discussion autour de la suite des événements, quel film aller
voir et où ? Au final, je propose d'aller louer un DVD pour le voir chez moi.
Elle accepte. Autant être franc, j'avais une idée derrière la tête en proposant
ça. Je ne suis pas un Ange non plus, loin de là et pire, je suis un mec.
Nous arrivons devant le Vidéo futur. Heureusement que je ne
lui ai pas fait croire que je travaille là. Les films défilent. "Oh, Ocean's
Eleven, tu l'as vu ?" demande t'elle. Je l'ai déjà vu et j'ai pas trouvé ça
terrible, voire même ça m'a un peu gonflé. "Non, on va le prendre ça a l'air
bien !".
Nous sommes sur mon fidèle canapé. Le film n'est pas si
pourri que dans mes souvenirs. Nous sommes collés l'un contre l'autre, nous nous
tenons la main. Miaou boude dans ma chambre, vexé de voir que non seulement sa
maîtresse n'est toujours pas revenu, mais qu'en plus je ne suis pas disponible
pour sa séance câlin sur le canapé. Claire me regarde, je craque, je l'embrasse.
Nous nous enlaçons, allongés sur le canapé jusqu'à la fin du film. Ces derniers
temps je commence à me reconstruire depuis les événements de Décembre. J'ai un
énorme besoin d'amour et de tendresse et Claire semble disposée à m'en donner.
Notre relation est très ambiguë, elle est censée avoir un copain maintenant et
nous sommes tous les deux à nous embrasser chez moi. Le film se termine, nous
sommes toujours collés tous les deux.
- Tu veux continue à regarder la télé ?
- Non.
- Tu veux que je te ramène chez toi maintenant ?
- Non.
- Tu veux qu'on aille dans ma chambre ?
- Oui.
D'accord, je l'ai cherché, je suis coupable. D'autant plus
qu'il a fallu que je vire Miaou de mon lit, ayant droit au passage à un regard
lourd de signification "Ca va, tu te fais pas chier toi ! Tu dragues ma
maîtresse et dès qu'elle a le dos tourné, tu couches avec la première venue !".
Oui, mais Claire au moins, elle sait que j'existe ! Le reste n'a que peu
d'importance, c'était grand et malgré son age (bientôt 19 ans je tiens à le
préciser, elle est majeure !!!), Claire fait preuve d'une maturité intéressante.
On se comprend très bien et nous savons tous les deux ce que nous voulons.
Quelques heures plus tard, je la ramène chez elle, en voiture. "Waouh, elles est trop classe ta voiture". Voilà j'ai confirmation de ce que tous mes potes disent : ma voiture est un "attrape minettes". Mais elle doit attraper que les moins de 26 ans alors parce que Chloé y est totalement insensible. Claire ne me parle pas du futur, de nous deux. Etrange, on a l'air d'être d'accord sur la suite de notre relation. On est des "sex partner" tous les deux. Enfin, j'espère. Je ne veux juste pas la faire souffrir. Je ne sais que trop bien ce que l'on ressent quand on est amoureux d'une personne qui vous ignore, pire, qui ne vous aime pas. Avec Claire, c'est bizarre, je ne sais plus quoi penser. On doit se revoir un soir dans la semaine, officiellement pour que je lui donne des cours de math. J'en suis pas convaincu.
16h52
Retour de mon baptême de plongée. Moi et Tommy allons nous inscrire au stage niveau 1 de plongée prochainement. Cet été nous partons draguer, euh, plonger 10 jours avec l'UCPA en Tunisie. Ca va être sympa je le sens. En attendant ça me fera une nouvelle activité pour les week-end (la plongée, pas la drague). Stan revient squatter chez moi demain soir. Il risque d'y avoir des petits soucis logistiques prochainement : Claire doit passer chez moi Mardi soir, je vais devoir me débarrasser de Stan pour la soirée. Je ne vais pas manquer d'occupations les prochaines semaines. "Un Roi sans divertissement est un homme plein de misère" (Jean Giono - Un roi sans divertissement).
19h37
J'ai reçu un mail de Chloé en réponse à celui avec les photos de Miaou en attachement. Quel bonheur ! Déjà elle est bien arrivée aux Etats-Unis. Non pas que j'ai eu peur, mais dès que quelqu'un à qui je tiens prend l'avion, j'ai toujours une certaine anxiété tant que je n'ai pas reçu de nouvelles. Bref, elle est arrivé à bon port. Elle est toute contente de voir que Miaou s'entend bien avec moi et elle me demande s'il dort avec moi. Hum, comment dire... J'ai un petit sentiment de culpabilité vis-à-vis d'elle, comme si je l'avais trompé. Moralement, je l'ai trompé. Dans les faits, nous ne sortons pas ensemble (malheureusement !). Miaou est avachi sur le canapé (ce canapé, il en aura vu passer...), en train de se lécher au son de Brahms. J'ai essayé diverses musiques tout au long du week-end, histoire de voir quels étaient ses goûts musicaux (oui, un chat ça peut aimer la musique). Bilan mitigé : il n'aime pas le Speed Métal, la Pop-Rock. Il est peu sensible au charme de Marylin Manson et à celui des Pink Floyd (hérétique !). Mais là je crois que je tiens le bon bout avec ce Lieder de Brahms. Il semble adorer. Demain je tente Beethoven et peut être Wagner. Pour revenir au mail de Chloé, elle me remercie pour "ces photos merveilleuses". Faut dire que c'était facile pour moi, connaissant son point faible (Mr Miaou). Elle a eu droit à Miaou dans tous ses états : sur mon lit, dans mes couvertures, sur le fameux canapé. Et elle termine son mail par "Bises a tous les deux !". Oui, je sais c'est nul et mièvre, mais ça me fait un plaisir fou ! C'est la première fois qu'elle m'adresse une bise virtuelle. En plus je suis associé à Miaou (l'homme de sa vie !) dans l'affaire, je crois que mon plan marche. Nouvelle série de photos et réponse à son mail. Au moins elle répond vite pour une fois. Je ne veux tirer aucune interprétation bénéfique ou maléfique, je m'en fous, je suis h-e-u-re-u-x !
14h56
Et voilà, je me retrouve encore à écrire au boulot en
écoutant Eminem. Oui, mon boulot me permet d'écouter de la musique (au casque).
Faudra que j'essaie avec Miaou, peut être qu'il aimera ça. Stan arrive à 20h30
environ chez moi ce soir, ça me laisse un peu de temps pour préparer
l'appartement et m'occuper de Miaou. Le pauvre en aura vu passer du monde
pendant son stage chez moi, je ne pense pas qu'il y a autant de circulation chez
Chloé. J'espère en tout cas !
J'ai téléphoné à Claire pour prendre ses nouvelles. Comme d'habitude je suis tombé sur... son répondeur ! Mais bon, elle est était sûrement en cours, c'est normal que son mobile soit éteint. J'ai laissé un petit message gentil dans lequel je me préoccupe d'elle et lui demande quand on pourrait se revoir. Ben oui, je suis un peu intéressé aussi et je n'ai pas envie de jouer le goujat qui après un samedi soir endiablé fait le mort pendant toute la semaine.
J'ai ensuite téléphoné à Marie. Ca faisait deux semaines que je n'avais pas eu de nouvelle. Elle allait bien, semblait contente de m'entendre. On a longuement parlé, elle est surchargée par son boulot et ses études en parallèle. Sa vie est assez calme, elle ne sort quasiment pas et passe son temps à bosser et à étudier. Ca me fait de la peine de la voir comme ça. C'est une fille bien qui mérite quelqu'un de bien. J'espère qu'elle retrouvera bientôt un copain. Je voudrais qu'elle soit heureuse, qu'elle ait moins de soucis, que quelqu'un puisse prendre soin d'elle, enfin. J'aurais tant voulu être cette personne, pouvoir être assez fort pour l'aider et l'aimer correctement. Malheureusement je n'en ai pas eu la force. Je sais qu'elle a aussi beaucoup souffert après notre rupture, qu'elle m'a détesté. Je ne sais pas si c'est bien que je continue à prendre ses nouvelles, j'ai peur de lui rappeler de mauvais souvenirs, mais je ne peux pas tirer un trait comme ça sur nos 4 dernières années. Elle va peut-être revenir dans la région prochainement, si ses études lui permettent de dégager du temps, pour revoir une amie commune en provenance du Québec et de passage. ALex serait aussi présent. Cela fait 4 ans aussi que je n'ai pas revu notre amie québécoise. A l'époque elle sortait avec tous les mecs de notre campus, juste pour le plaisir. Elle avait aussi un copain officiel au pays, en fait c'est elle qui m'avait expliqué le concept de "Sex Partner" : un copain officiel pour l'Amour avec des sentiments, d'autres pour le sexe. J'ai appris que maintenant elle est aussi célibataire et qu'elle n'a pas eu de relation sexuelle depuis 1 an, un record pour elle que ne tenait pas une semaine en place. Ca m'étonne un peu de sa part. Les gens changent... Quelle fine équipe nous formions à l'époque : Marie et moi qui avions tendance à nous aimer un peu partout, Stéphane l'homo qui prenait un malin plaisir à "convertir" des hétéros et notre québécoise nymphomane qui coucha avec la moitié du campus et tenta pendant 1 an de coucher avec Alex, c'était son défi personnel. Une nuit elle est même rentré dans sa chambre, nue, et à tenté de le faire craquer. Malheureusement pour elle, ALex n'a aucune envie de faire l'amour avec une femme. C'était le bon temps. J'espère que nous pourrons nous retrouver.
A midi je suis allé au CE avec Phil. Nous nous sommes retrouvé dans la queue juste derrière la petite nouvelle. Elle était encore habillée bizarrement (pour son travail) : baskets tendance d'un bleu électrique, pantalon de toile quelconque et un superbe pull-over rose, ses cheveux blonds attachés en une queue de cheval très "enfant sage". Elle fait vraiment jeune. Mais en la regardant de plus prêt elle doit bien avoir 25 ans. Par contre c'est vrai qu'elle n'a pas de hanches et encore moins de seins. Et pas de bague non plus, ce qui est un signe. A partir de 25 ans, il faut se méfier et toujours regarder rapidement les mains des jeunes filles en quête d'une quelconque alliance ou bague de fiançailles. Dans son cas, rien. J'ai même pu voir son prénom sur son badge. Pas tip top ni franchement sexy, mais comme on dit, on ne choisit pas son prénom et il y a bien pire. Bah, je mourrai moins bête. Phil a tout de suite vu que j'observai avec attention la petite nouvelle. Et évidement, il m'a bousculé pour me faire tomber sur elle. Je me suis rattrapé à la table manquant d'étaler une pile de DVD au sol. Si le but initial était de me faire remarquer, ce fut fort réussi. La petite nouvelle s'est retournée en me souriant, alors que j'étais à moitié par terre en train de m'aider de la table pour me remettre debout. Phil s'empêchait d'exploser de rire derrière moi. "Euh, désolé, j'ai glissé". C'est un peu bidon comme explication, mais en voyant le regard noir de signification que j'ai balancé à un Phil hilare, elle a du se douter de la réalité de ma chute. S'en est suivi une discussion autour des DVD que nous empruntions, et blah blah blah. En tout cas elle sait que j'existe maintenant, je dois être dans son esprit "le bouffon qui s'est viandé au CE en tentant de me mater". Merci Phil, franchement, belle opération. Vivement vendredi (prochaine ouverture du CE) !
J'y pense, Vendredi dernier j'ai mangé le midi avec André. Il
bosse dans le même coin que moi et on avait convenu de se faire un resto
mexicain un midi pour papoter un peu. André, c'est tout un personnage. Grand,
brun ténébreux aux cheveux long, il a tout du gothique. Quand il parle, on
dirait un livre de BHL et parfois il se lance dans de longs monologues
philosophiques qui ne tolèrent aucune réponse. De toute manière on est souvent
trop concentré à essayer de saisir tout ce qu'il veut dire pour tenter une
répartie. Ce repas là n'a pas dérogé à la règle : à certains moments j'étais
perdu à essayer de le suivre et je me contentais de répondre "oui", "tout à
fait", "c'est clair". Actuellement il est dans une relation un peu particulière
avec une chinoise qui habite en Chine, rencontrée sur ICQ. Comme je lui ai déjà
dit, dans le style plan foireux, on a rarement vu mieux (ou pire). On a discuté
de son départ du groupe il y a quelque temps. Nous formions un bon groupe de
copains (Thomas, Alain, Jeff, Tommy, etc...) et du jour au lendemain André a
commencé à nous éviter, à ne plus vouloir faire des trucs avec nous. Petit à
petit on l'a oublié, nous ne pensions plus à l'appeler pour des plans, bref, on
n'y pensait plus. Puis un jour il est revenu et a été très mal accueilli. Limite
rejeté. Depuis il existe une certaine tension réciproque entre lui et d'autres
membres du groupe. En fait comme moi maintenant, il a eu besoin de respirer un
peu, de prendre l'air, de voir ailleurs, de se sentir vivre, de rencontrer de
nouveaux gens. Il a été totalement incompris et on a considéré ça comme une
trahison. Maintenant je sais ce qu'il a du ressentir vu que je suis ses traces
en ce moment. Mais je comprends aussi pourquoi il a fait ça. On ne veut plus se
contenter de survivre, d'avoir une vie d'immobilisme, on veut se sentir exister
et surtout rencontrer des gens d'autres milieux.
C'était vraiment un très bon repas, très sympa. Je crois que
je le comprends un peu mieux maintenant (sauf quand il part dans ses délires
mystico-philosophiques !). Bon, c'est la fin du CD d'Eminem, je vais me remettre
à travailler. Ah non ! C'est bientôt la pause café...
19h26
Retour chez moi. Le chat m'accueille en héro et m'accompagne devant sa gamelle. Au moins je suis sur qu'il ne dira rien à Chloé à propos de Samedi soir, je le tiens par ce qu'il n'a plu : c'est moi le maître de la boite à croquettes. Pour le féliciter, je vais même lui donner du saumon fumé. Hop, croquettes + saumon fumé et une nouvelle gamelle d'eau, c'est pas la belle vie ça ? Mon squatteur arrive bientôt, cela me laisse un peu de temps pour préparer l'appartement. Il sera là pour une durée indéterminée vu qu'il commence à bosser dans le coin Lundi prochain et qu'il n'a toujours pas trouvé d'appartement. J'espère que Mr Miaou ne sera pas jaloux. Et que Stan trouvera un film à aller voir demain soir si Claire passe pour... ses cours de math.
Je suis détruit. J'ai passé une nuit épouvantable. Stan est
arrivé hier soir. J'ai immédiatement remarqué le regard torve de Mr Miaou, style
"Qu'est ce qu'il fait là lui ! Mais, c'est mon canapé ça ! Tires toi de là !".
Accueil mitigé du chat donc. Stan a même eu droit à un vent monumental à un
moment : le chat était en train de se rouler de plaisir par terre (sûrement une
envie de croquettes) en miaulant de joie. Stan s'approche pour le caresser, le
chat le regarde et se tire sous mon lit. Ensuite il a fait le fou jusqu'à 3h du
matin ! Il n'arrêtait pas de courir dans tout l'appartement, de sauter sur mon
lit (avec moi dedans tentant vainement de dormir). Il s'est enfin calmé à une
heure indue et est venu dormir à mes pieds. Quel bonheur ! Quel adorable petit
animal. Il faudra que je le dise à Chloé, elle sera contente de l'apprendre. En
tout cas Stan et moi sommes d'accord pour dire que Miaou n'a pas du voir
beaucoup de personnes dans sa vie, il est un peu asocial. Bref, aujourd'hui
j'étais fracassé au boulot.
J'ai fait mes statistiques du jour. Ce n'est pas compliqué :
au boulot j'ai un dé à 20 faces (si, ça existe !) qui me sert à tirer des
probabilités. C'est stupide mais plus fiable que mon horoscope en tout cas. Le
principe est simple, je fixe un but, lance le dé et si le résultat vaut au moins
12 (niveau de difficulté standard de la vie), je but sera atteint. Aujourd'hui
mes buts étaient :
- Sortir avec Chloé un jour : 18/20. Absolument positif, j'ai toutes les raisons
d'espérer (c'est pathétique, bientôt je vais consulter une voyante si ça
continue comme ça !). N'empêche que le résultat augmente de jour en jour ! Au
début j'obtenais 8 sur un tel jet, maintenant je tourne entre 15 et 18. C'est
beau l'espoir.
- Coucher avec Marie si elle vient me rendre visite (ben oui, j'ai le droit
d'être lubrique !) : 8/20. Correct, c'est bien son genre, nous sommes séparés et
même si elle n'a pas de copain, je la vois mal se jeter dans mon lit par amitié.
Faut croire que le concept de relation sexuelle amicale n'est connu que de moi
et Ange.
- Sortir avec Ange à nouveau : 11/20. Snif. Ma grande déception du jour. Hier
j'avais tiré 8 sur ce jet. Même le hasard refuse de me donner espoir.
- Séparation de Ange et Caïn : 1/20. Bon alors là ça a le mérite d'être franc !
C'est carrément un échec critique ! J'en ai marre !
Je sais pas pourquoi j'ai toujours cru à ces conneries de
destin, hasard et coïncidences. Je suis persuadé que ma rencontre avec Chloé
n'est pas le fruit du hasard, que c'est un signe. Comme je suis persuadé que
Ange était (est) une (la) femme de ma vie. J'ai tellement hâte de la revoir.
Mais j'ai si peur aussi, j'ai peur de replonger. Je veux la savoir heureuse,
mais en même temps je ne veux pas la voir heureuse. Je redoute le moment où je
la verrai approcher, tenant pas la main Caïn. Tous ces souvenirs, j'aimerai que
ma mémoire me laisse tranquille, j'en ai assez de cette torture mentale. Elle
sera sûrement plus belle qu'avant, radieuse. J'espère être suffisamment fort
pour pouvoir faire semblant de rien en leur présence. Pouvoir parler de tout et
de rien. Elle parlera sûrement de sa vie avec lui. De leurs vacances, de leurs
week-end, de leur vie. Je sais qu'elle est allé passer Noël chez ses parents
avec lui, qu'elle s'entend bien avec eux. Je suis conscient que c'est foutu pour
moi, mais je l'ai vraiment dans la peau, dans mon coeur. Tiens, aujourd'hui
c'est la saint Roméo, patron des amoureux éperdus. Lui aussi a raté sa vie
amoureuse pour une erreur, une incompréhension. Il en est mort.
J'ai reçu un coup de fil de la sous-directrice de la Croix
Rouge locale pour Samedi. Je dois les aider à organiser le bal de la Croix Rouge
: rendez-vous à 10h du matin pour préparer la salle, début de la soirée à 20h30,
fin à 2h du matin et rangement jusqu'à 5h du matin le dimanche. Sympa, la
journée va être longue. Elle m'a demandé quel poste je voulais occuper entre le
bar et la sécurité à l'entrée. Ca prouve au moins une chose : elle ne se
rappelle plus très bien de moi, ni de ce à quoi je ressemble. Moi, à la sécurité
?! Non, mais avec mon physique est ce que j'aurais une quelconque crédibilité à
la sécurité à l'entrée de la salle ? Je m'imagine bien :
- Excusez moi, vous ne pouvez pas rentrer monsieur.
- Oh il veut quoi le moustique, niques ta reum ! [Paf une grosse mandale dans la
tronche].
Au final je vais être secouru par la Croix Rouge ! Super plan. Il est hors de
question que je me foute à la sécurité ! J'ai choisi par élimination le bar.
Quel malheur. Hé hé. Je connais déjà 2 - 3 filles qui vont tenir le bar avec
moi, ça va être sympa tout ça. La seule consigne, ne pas boire parce qu'il
s'agit pas d'être bourré à la fin de la soirée, ça ferait mauvais genre. Le
week-end va être cool. J'en ai profité pour demander au répondeur de Claire si
elle voulait venir bosser chez moi vendredi après-midi. Par la grâce des heures
supplémentaires, j'ai pu poser mon vendredi après midi et je me suis rappelé que
Claire n'a pas cours ce jour là, quelle coïncidence. Coup de fil en retour de
Claire, elle accepte ma proposition et viendra bosser ses maths chez moi. Je me
suis arrangé avec Stan, il ira voir un film et des potes cet après midi là. La
vie est pleine de hasards. Je crois au hasard.
Dur dur d'écrire avec un chat et un pote à la maison. Bon, j'ai filé une balle à Miaou et Stan remplit sa déclaration d'impôts dans un coin, ça l'occupera un petit moment. Le problème c'est qu'il arrête pas de me parler en même temps, j'ai du mal à me concentrer sur ce que j'écris.
En fait la journée était plutôt pourrie. Ce matin en me levant, je découvre une flaque visqueuse dans le salon, genre mélange de vomi et de bave. Et au milieu... une feuille de ficus mâchouillée. Et Miaou qui me regarde depuis un coin de la pièce. Ok, j'ai compris, il a voulu se taper mon ficus pendant la nuit, il a pas aimé et a tout gerbé. Je vais lui acheter de l'herbe à chats, il a peut être envie de se purger et j'ai envie de sauvegarder mon ficus. Bref, j'ai du me taper le ménage de bon matin (en plus sa bave a attaqué mon parquet !). Au point où j'en étais, j'ai nettoyé la litière. J'ai horreur de ça, j'adore les chats mais je n'en veux pas les inconvénients.
En arrivant au boulot, je découvre une armée de post-it sur
mon écran d'ordinateur, écrits par Ted. "Ecrits" est un bien grand mot. En fait
il écrit comme un chat. C'est absolument illisible. Je distingue juste des
points d'exclamations, des machins soulignés. Ca doit être important. Je vais le
voir, il est en réunion. Je retourne plus tard, le croise en coup de vent, il a
pas le temps. Ok, il se fout de ma gueule et je suis pas d'humeur. Hop, à la
poubelle les post-it, il se démerdera sans moi. Non mais faut pas abuser non
plus !
Plus tard dans la journée, je constate que le petit nouveau
que je forme depuis 1 mois a terminé une note qu'il écrivait sous mon contrôle.
Et cet énergumène a osé me lever des destinataires, je ne suis même pas en
copie, bref, je suis éradiqué du sujet. Ben ça fait plaisir, mais bon, je ne
vais pas me l'allumer aujourd'hui, ça risquerait de barder méchant vu mon humeur
exécrable. En plus j'ai hâte de voir comment il va défendre "son" papier,
sachant que je lui ai "un peu" tenu la main tout le long. Ca va pas être triste
cette affaire. En tout cas ça a achevé de m'énerver. Ensuite Simon s'est encore
permis une remarque genre "je suis blasé, j'ai compris la vie, vous êtes des
gnomes des forêts" sur je sais plus quoi, j'ai du m'exiler au bout du bureau
pour éviter de l'étrangler avec le fil de sa souris.
En plus je me pose des questions sur Chloé. J'ai encore une
baisse de motivation (pourtant le "dé du pouvoir" m'a indiqué 19 aujourd'hui !),
je ne sais pas si j'ai des chances avec elle, j'en ai marre douter. Et en plus
elle risque de quitter la région, pire le pays, pour son post-doctorat. Je me
souviens d'une phrase qu'elle a prononcé à Miaou quand je suis allé les chercher
: "Mon pauvre Miaou, tu es bien courageux, on bouge tout le temps, qui sait où
nous serons l'an prochain". La haine. Faut que je tombe amoureux d'une fille qui
risque de se tirer dans 1 an. Pitié, plus de relation à distance. Pourtant je
pense que j'ai mes chances avec elle, l'amour fait de miracles. Et cette fois je
serais prêt à suivre.
Sur ces bonnes résolutions je me suis remis à bosser en
écoutant un peu de musique. Choix ardu : David Bowie ou Robbie Williams.
Allons-y pour Robbie, "Sing when you're winning". Ouais, je suis un winner, je
vais chanter... Et là, catastrophe, la dernière chanson : "The road to
Mandalay". Ma chanson, notre chanson à Marie et moi. C'est comme si le plafond
me tombait sur la tête. Je nous ai revu en train de nous promener au bord de
l'océan, je me suis souvenu d'elle joyeuse essayant de m'apprendre à siffloter
cette chanson, elle avait même la musique de la chanson en sonnerie de portable,
je me suis rappelé de tout un tas de bons moments passés avec elle. Arg, journée
pourrie ! Pourquoi ça me fait mal quand je pense à elle ? Pourquoi c'est si dur
d'aimer quelqu'un, pourquoi c'est dur même quand on n'aime plus quelqu'un. Ou
alors...
Robbie Williams
The Road To Mandalay
Save me from drowning in the sea
Beat me up on the beach
What a lovely holiday
There's nothing funny left to say
This sombre song would drain the sun
But it won't shine until it's sung
No water running in the stream
The saddest place we've ever been
Everything I touched was golden
Everything I loved got broken
On the road to Mandalay
Every mistake I've ever made
Has been rehashed and then replayed
As I got lost along the way
There's nothing left for you to give
The truth is all that you're left with
Twenty paces then at dawn
We will die and be reborn
I like to sleep beneath the trees
Have the universe at one with me
Look down the barrel of a gun
And feel the Moon replace the Sun
Everything we've ever stolen
Has been lost returned or broken
No more dragons left to slay
Every mistake I've ever made
Has been rehashed and then replayed
As I got lost along the way
Save me from drowning in the sea
Beat me up on the beach
What a lovely holiday
There's nothing funny left to say
Miaou et moi nous entendons de mieux en mieux. La petite
boule de poils est venue dormir contre mon ventre cette nuit. Il s'est blotti
contre moi, quel bonheur. Bon, j'ai moins de formes que Chloé, c'est un fait,
mais il faut croire que je suis au moins aussi confortable. Brave chat. Il va me
manquer quand je vais le rendre à sa maîtresse. A moins que...
Hier soir j'ai eu un coup de fil de Jeff. Il avait une
furieuse envie de parler. Il n'a plus de boulot depuis novembre et sa boite
l'autorise à rester chez lui tout en le payant normalement. Au début il aimait
ça, mais là il crise totalement. Il passe des journées sans sortir de chez lui
et fait des overdoses de films. Il est quand même sorti Samedi dernier.
D'ailleurs cela m'a un peu vexé. Alain, Jeff, David et Isa sont allés faire un
billard en ville. J'ai carrément été zappé sur ce coup là. Bon, autant être
franc, je n'y serai pas allé de toute manière et je ne sors plus avec eux ces
temps-ci, mais sur le principe, c'est vexant. Cela se paiera en temps et en
heure, hé hé. Alain veut se la jouer comme ça, soit. N'empêche ça devait être
une super soirée avec ces quatre là, si si, vraiment. Ca devait respirer le
bonheur... C'est bien, Alain a trouvé d'autres rochers auxquels s'accrocher.
Finalement, je n'ai aucun remord pour avoir coupé les ponts. Jeff me disait hier
que je reviendrai sûrement dans le groupe quand je me serai stabilisé et quand
j'aurai retrouvé une copine. Comme il se trompe ! Il est hors de question que je
retombe dans mes travers immobilistes. En fait je suis vraiment fatigué du
groupe, de l'ambiance qui y règne depuis un certain temps, de l'hypocrisie
générale de ses membres. Machin dit du mal dans le dos de Truc alors que Truc
croit être un bon ami de Machin, etc... C'est pénible. Je suis même étonné que
Jeff puisse penser que je reviendrai quand j'irai mieux. J'espère ne pas être
lâche à ce point. J'assume mes actes (euh, je crois) et il est hors de question
que je m'abaisse à revenir la queue entre les jambes, genre "Tada ! Me revoilà
avec ma nouvelle copine !". Et puis quoi encore.
Toujours hier soir, j'ai eu un coup de fil de Tim pour me
proposer un super plan jeudi prochain : une soirée étudiante de créateurs de
mode, organisée par le frère de sa copine (qui possède une marque de vêtements "Street
Wear"). C'est un peu compliqué, mais c'est un plan top génial. Il faut être
accompagné pour rentrer (pas cool comme plan drague) mais Tim m'avait même
trouvé une partenaire pour la soirée. Bref, le plan idéal. Manque de bol jeudi
prochain je suis à la Croix Rouge, cobaye pour le module "brancardage et levée
de corps". La haine. Voilà ce que ça me rapporte le bénévolat. Il y aurait eu
plein de créatrices, en couple d'accord, mais ça aurait pu être intéressant.
Remarque, à la Croix Rouge il y a plein de filles aussi, miam. Euh, pardon. Bah,
ça sera pour une prochaine fois. Il m'a aussi raconté une histoire sordide avec
son nouveau hamster. Il y a deux ans il avait offert un hamster à Léa pour la St
Valentin (ça a au moins le mérite d'être original, non ?). La petite bête a vécu
heureuse à tourner dans sa roue jusqu'à l'hiver dernier où elle nous a quitté
pour le paradis des hamsters (le jardin devant sa maison) à cause d'une tragique
histoire de pneumonie. Léa étant inconsolable depuis, Tim est allé lui acheter
un nouveau hamster la semaine dernière. C'est là que ça devient un peu gore : il
faisait très froid ce jour là et assez humide, ce qui fait que le petit animal a
eu comme un choc sur le trajet du retour entre le magasin et sa nouvelle
demeure. Résultat, arrivé à la maison, le hamster avait un prolaxus anal ou un
truc du genre, c'était un nom barbare mais la traduction pour le commun des
mortels c'est : une boule de sang lui sortait du cul !. Il parait que c'est
mortel. Affolé, Tim appelle 4 vétérinaires qui lui disent tous que c'est foutu,
il passera pas la nuit (le hamster, pas Tim). Le quatrième est quand même plus
serviable : il propose de se déplacer pour tenter de le sauver pour la modique
somme de 90€ (le hamster a coûté 15€). Ou alors il existe une dernière solution
: faire rentrer tout ce qui dépasse à l'intérieur du hamster et prier. Devant
les suppliques de Léa, Tim a pris son courage à une main et un coton tige dans
l'autre et s'est appliqué pendant une heure à tout faire rerentrer dans le
rectum du hamster (avec du chatterton ? l'histoire ne le dit pas) qui commençait
à vouloir bouffer son excroissance anale. Ensuite, il est resté avec la boule de
poils (ensanglantés ?) dans les bras jusqu'à 2h du matin, lui mettant un
doigt... au cul, pour pouvoir empêcher quoi que ce soit de ressortir. C'est la
nuit des morts vivants son histoire. En tout cas l'animal est sauvé maintenant,
il se porte comme un charme et déifie Tim. Une histoire de fous, complètement
hallucinant.
J'ai aussi eu un coup de fil de Stan dans la journée, affolé
car il ne retrouvait plus le chat dans l'appartement. Pourtant c'est pas un
château chez moi, mais bon, le chat était introuvable. Mon sang n'a fait qu'un
tour. J'ai imaginé le pire : le chat a pu s'échapper ce matin lorsque j'ai
ouvert la porte, il est peut être parti dans la rue, Chloé va me crucifier,
etc... En plus il aime pas Stan, alors il ne lui répondra sûrement pas. J'étais
déjà en train de préparer mes affaires pour rentrer chez moi. Et là une vision
d'horreur a traversée mon esprit : le frigidaire ! "Stan, ouvre le frigidaire
!!!" Ben le chat était pas dedans non plus. On sait jamais, on fait pas gaffe et
le chat peut rentrer dedans et alors là... Finalement, j'ai eu une idée de génie
: faire mettre des croquettes dans un bol et le secouer en se baladant dans
l'appart. Ca a marché, le chat et sorti d'un armoire en miaulant. Sale bête, me
faire des frayeurs comme ça ! Ce soir, pas de câlin ! L'histoire du frigidaire
m'a rappelé une histoire sordide arrivée il y a quelques années à une de mes ex.
Des amis à elle possédaient une maison de campagne et deux Yorkshire. Un jour en
partant de leur maison pour aller au village voisin, ils laissent les chiens à
la maison. Plus tard en rentrant, ils découvrent que leur maison a été
cambriolée, tout est en vrac, bref un carnage. Et pas de trace des chiens. Ils
cherchent partout sans les trouver. La police arrive pour constater le vol et
leur disent que les chiens ont sûrement été lâchés dans la nature ou enlevés
pour être revendus. Le couple est très attristé et commence à se faire une
raison. Deux jours plus tard, l'épouse est en train de cuisiner et va chercher
quelque chose dans le congélateur familial. Et elle retrouve les chiens...
14h26
Prêt pour le grand week-end : Samedi bal de la Croix Rouge,
Dimanche patinoire avec Julie et de nombreuses autres personnes. Et aujourd'hui
: demi-journée de congés l'après midi, bonheur ! C'est bon de ne rien faire de
temps en temps. En parlant de rien faire, ce n'est pas vraiment le cas. Claire
doit passer à la maison pour que je l'aide en math (va falloir creuser dans mes
souvenirs, ça promet d'être drôle). J'ai viré Stan, il est en goguette en ville
pour voir des amis à lui. De toute manière il a pas eu le choix. C'était soit il
est pas là, soit il est pas là. Facile, non ? Claire devrait pas tarder à
arriver maintenant. Je vais vaguement ranger l'appartement... Tiens, j'y pense,
hier j'ai gaffé, dialogue surréaliste avec Stan :
- Moi : Vivement que Chloé rentre, j'ai hâte de la revoir, j'espère qu'elle
pourra venir au théâtre. (je le gonfle tous les soirs à lui parler de Chloé!)
- Stan : Qui ça ?
Et là j'ai réalisé que j'avais prononcé le prénom "Chloé" et non pas le vrai
prénom de la demoiselle dans la vie réelle. L'horreur, je commence à mélanger
les prénoms maintenant ! Déjà la semaine dernière en téléphonant à Chloé je
balance "Salut Ch... euh XXX (son vrai prénom)". Je sens que je vais me rater un
de ces jours, ça va pas faire un pli. Déjà que j'appelle le chat "Mr Miaou"
maintenant, mais bon ça peut encore passer...
Dans l'après midi...
- Moi : Bon, on va reprendre, si x est dans ]-2;+inf[, alors limite[1/(x+2)] en
-2 vaut ?
- Claire : ...Euh, 0 ?
- Oh putain con, mais c'est pas compliqué pourtant... snif. En plus je t'ai vu,
tu as tenté de remplacer par des chiffres dans ta tête ! C'est pas de la
divination les maths ! C'est mathématique ! Euh, enfin, c'est scientifique !
Dans l'après midi + 3h45 de limites et asymptotes dans les
dents...
- Claire : J'ai froid.
- Moi : je vais mettre le chauffage...
- J'ai encore froid.
- Tu veux une couverture ?
- Non. J'ai sommeil.
- Euh, tu veux aller t'allonger dans mon lit.
- Voui.
Nous deux, allongés dans le lit.
- Claire : Tu fais quoi avec ta main là ?
- Moi : euh, je te réchauffe ?
- [En se retournant] J'ai pas envie. Dis moi, qu'est ce que tu penses de nous ?
- [oh merde, prise de tête en approche] Ben comme je te l'ai déjà dit, je ne
pense pas que cela puisse marcher entre nous. Je sors d'une rupture, je ne veux
pas m'engager dans une relation durable pour l'instant (hum, enfin, comment
dire...).
- Tu sais moi je ne sais pas si cela m'irait que l'on reste juste ami et que
l'on couche ensemble de temps en temps. Je peux très bien me passer de sexe tu
sais. En plus j'ai un copain.
- C'est quoi son prénom ?
- ... Yves.
- Tada !!! Tu as mis trop longtemps pour répondre, tu mens ! Il a les yeux bleus
?
- Euh, noir.
- Tu vois tu hésites ! Tu me mens. Il est brun ?
- Euh... bon d'accord, j'ai pas de copain, je voulais que tu le croies pour que
tu me laisses tranquille ou que tu te décides.
- Ben c'est raté ! Donc si je comprends bien on reste amis et on ne couche plus
ensemble, bien que l'on soit tous les deux dans mon lit ?
- Oui. C'est mieux je pense.
- Menteuse ! [je lui saute dessus] Ah tu vois, tu mens encore, je le sens ! Tu
aimes les hamster ?
- Euh, je vois pas le rapport. On doit retourner bosser sur mes limites.
- Tu mens je le sais. Bon, limite de (3x+2)/(5-x) en 5 sur ]5;10[ ?
- ... Tais toi [elle m'embrasse]
Rideau...
Bref, dans l'affaire ça a quand même été bien prise de tête cette histoire. Je culpabilise encore pour avoir viré Mr Miaou de mon lit, il va commencer à faire des associations bizarres : "Claire + Darkside = arrivage de croquettes, on me vire du lit et en plus ils ferment la porte !". Maintenant il boude, il se fait les griffes sur mon canapé. T'as qu'à le dire à Chloé ! On en serait pas arrivé là si ta maîtresse m'accordait plus d'importance qu'à toi, Na ! Je me suis tapé des tonnes de révisions mathématiques cet après midi avec Claire, je veux pas être méchant, mais y'a du boulot. Puis la scène au lit, ah ça m'a calmé sur le coup. Tout coupé net. Bon c'est reparti rapidement ensuite, mais sur le coup, mieux qu'un sceau d'eau. Les filles ont le chic pour aborder les sujets qui fâchent au lit. Les mauvaises langues diront que c'est le seul endroit où on peut parler à un mec, mais quand même. Bref, elle me sermonne pendant une demi heure en me disant qu'on ne doit pas continuer et blah blah blah. Au final, c'est comme samedi dernier. On est guère avancés. Bah, la situation me convient je dois dire, des cours de math comme ça, ça ferait revenir les élèves dans les classes à coup sûr !
Dure journée : il faut préparer la salle, le buffet, le bar (d'ailleurs il faut que je me familiarise avec mon poste de travail, hé hé). Bref, je vais pas avoir le temps d'écrire grand chose.
Le réveil a été dur cet après midi, je suis rentré à 6h40 du matin chez moi. En plus Miaou a eu le bon goût de me réveiller à midi (une envie de croquettes pressante). Pour la peine je ne suis pas allé à la patinoire cet après midi, j'ai faut faux bond à tout le monde alors que c'était moi qui avait organisé ce plan là pendant la semaine. Hum...
Pour en revenir au bal. Hier j'ai commencé à bosser à 10h du matin : il a fallu aller chercher la bouffe du buffet, préparer la salle, monter la scène, mettre les décorations, courir à droite et à gauche toute la journée. C'était assez épuisant. Mais ça m'a permis de faire connaissance avec les autres membres de la cellule. Bilan : il y a beaucoup de jeunes et surtout énormément de filles (pas toutes célibataires, dommage). La moyenne d'age est de 22 ans je dirai.
Le soir j'étais en "poste" au bar, meilleur endroit s'il en
est pour passer la soirée : le buffet était à notre gauche et la scène en face
de nous. Le groupe, des ados jouant un mélange de rock et de reggae se
débrouillaient plutôt pas mal. Au bar nous étions 6 en tout. Au menu : des soft,
du vin, du champagne, de la bière et du Punch. Le fameux punch qui fut le héro
de la soirée : 40 litres de punch (dont 12 litres de Rhum) pour 150 personnes.
Il faut dire que la bal n'était pas vraiment un bal, plutôt une soirée privée de
financement de la Croix Rouge de ma ville. Seuls des secouristes et des
bénévoles étaient invités. C'est un mode de financement étrange : ce sont les
bénévoles qui donnent eux même de l'argent pour s'auto financer. En tout cas
j'ai pu voir toutes les équipes du département. Il y avait même les équipe de
garde qui étaient présente. Une de ces équipe a eu le temps de se servir au
buffet, de venir prendre des soft, de s'asseoir 5 minutes. Ensuite on les a vu
repartir en courant vers leur véhicule et partir avec le deux tons qui hurlait.
Pas de chance. En tout cas au bar, ça carburait sec. On ne chômait pas, les
secouristes savent bien vivrent sans toutefois abuser (enfin pas tous). On a
vendu énormément de soft et très peu de bière finalement. Par contre le punch a
eu un succès énorme. C'était une fille qui le servait. Elle était assise sur une
chaise à coté de l'énorme bassine et servait ses punch comme cela. A un
moment, PH, un des chefs d'équipe de la cellule (40 ans, célibataire) est venu
squatter sa chaise et elle s'est assise sur lui. En passant devant elle
lorsqu'elle servait ses boissons, j'ai compris la raison du succès du punch :
son décolleté. Mon Dieu ! J'avais bien sûr remarqué que la demoiselle avait un
décolleté plutôt plongeant, mais quand elle se baisse pour remplir ses verres,
c'est carrément l'extase. Et les clients au comptoir en prennent pour leur
argent. PH me voit tirer une tête pas possible devant la poitrine de la fille
(22 ans, étudiante en lettres modernes, célibataire, vraiment charmante) qui est
toujours assise sur ses genoux et me fait signe de venir en souriant. Je passe
derrière lui et découvre la raison de sa béatitude : un superbe string qui
dépasse amplement du pantalon de la fille quand elle se baisse. C'est chaud la
Croix Rouge ! Bref, tout se passe pour le mieux au bar, les filles sont sympas
et on délire bien. Bon, il faut faire gaffe quand des groupes viennent commander
et nous invitent à boire avec eux. Il faut savoir se freiner au bar sinon tout
peut déraper. Par exemple, c'est bien d'avoir une bouteille de jus d'orange
cachée à coté de la bassine de punch. Quand un client t'invite à boire avec lui,
tu fais semblant de te servir du punch mais tu mets que du jus d'orange et tu
peux trinquer tranquillement. Comme ça pas de risque d'être saoul.
J'ai aussi revue Carine, une fille que j'avais croisé lors de
la dernière réunion. Elle m'avait parlé en fin de séance, elle est moyennement
jolie mais semble super dynamique et a de très jolis yeux. Elle avait fait
sensation en prenant une poignée de préservatifs gratuits au local et debout au
milieu de la salle, le poing contenant les capotes levé au ciel en criant "Je
suis jeune, j'assume pleinement ma sexualité !". Elle m'a l'air bien cette
fille. Ben je l'ai revu hier soir. Mais pas de bol, dès qu'elle est arrivée,
elle s'est jetée au cou de Pascal, un autre gars du bar et l'a embrassé
fougueusement. Zut, casée la petite. Dans la soirée, ils enchaînent des slows
torrides, des rocks endiablés. Et à un moment, le gars reste seul à danser sur
la scène et Carine s'approche de moi (qui avait repris le contrôle du punch).
- Carine : Oh zut, tu es assis à l'endroit où je voulais me mettre. Tu as le
choix : soit je m'assois sur tes jambes, soit tu t'assois sur les miennes.
- Moi : Tu t'assois sur les miennes. (grand sourire entendu)
Elle s'exécute et se colle fortement à moi. Pour ma part, je pose machinalement
une main dans son dos pour la soutenir, si bien que notre position est un peu
équivoque. Je jette un regard à son copain sur la piste histoire de m'excuser,
mais celui-ci semble s'en moquer éperdument. Quoi, je semble si inoffensif que
ça ???
- Carine : Alors comment vas-tu depuis la dernière fois ? Au fait, je ne sors
pas avec Pascal, c'est juste mon meilleur ami.
- Euh, ah bon ? Enfin, vous semblez vraiment proches...
- Ah oui, mais on se connaît depuis 5 ans, on est sortis ensemble 2 ans et demi,
mais maintenant c'est fini. D'ailleurs il a une copine. Tout le monde croit
qu'on est encore ensembles à la Croix Rouge, mais en fait non. Il est même sorti
avec la sous directrice récemment, on s'est d'ailleurs engueulées toutes les
deux, c'est pour ça que je lui en veux. Moi aussi j'ai un copain mais je vais le
larguer quand il revient de vacances.
Tiens c'est marrant, il n'y a donc pas que moi à avoir une vision biaisée du
sexe et des relations amoureuses. Cool ça ! Elle enchaîne :
- D'ailleurs tu vois les deux mecs là bas : ils m'ont proposé d'aller en boite
échangiste avec eux tout à l'heure. Mais j'ai refusé, je ne suis qu'une paire de
seins et un cul pour eux. Ils ne voient que ça.
- Pourtant t'as de jolis yeux. (oui, c'est naze, mais j'ai pas su quoi répondre
sur le coup)
- Merci c'est gentil mais ils les ont pas vu eux.
S'en suit une discussion généraliste sur elle, moi, notre vie. Elle désire que
je m'assoie sur ses genoux. Je m'exécute, et j'hérite au passage d'une main sur
la cuisse. On est carrément proches, sa tête est à 10 cm de la mienne. Ah c'est
sur que comme allumeuse elle est super douée, je suis déjà en feu. On reste une
petite heure comme ça à parler, à servir des punch. J'avoue que je suis moins
disponible pour mes clients depuis qu'elle est là. PH passe au loin et me
souris. Les dirigeants de la cellule aussi. J'ai envie de leur dire que non, je
n'ai rien fait à cette fille, je suis ici pour le bénévolat et pas pour coucher
avec toutes les minettes bénévoles. Pourquoi alors que je cherche à me caser
dans une relation stable je n'arrête pas de tomber sur des plans plus foireux
les uns que les autres ?!
La soirée se termine sans incident notable, il est temps de
ranger. Tout d'un coup, Carine m'appelle de loin :
- Coucou mon chéri, tu viens m'aider à porter la table ?
- Euh, moi ? (mais elle est folle de m'appeler comme ça cette petite)
- Oui chouchou, vient m'aider.
Bon, on porte des tas de trucs ensemble et lorsque le rangement est fini on
repart vers le local. Je l'entends promettre à PH un massage s'il la ramène en
voiture au local. Je me dirige vers le véhicule d'intervention avec lequel je
suis venu lorsqu'elle m'appelle à nouveau :
- Chéri, tu rentres comment ?
- Je rentre en voiture avec la VL.
- Tu veux venir avec moi, je rentre avec PH.
- Ok.
Arrivée au local, je l'aide à faire la vaisselle pendant que Pascal somnole dans
une banquette. Vers 6h du matin quand tout est enfin fini on s'accord un petit
moment de repos bien mérité. PH réclame son massage à Carine. Celle-ci esquive
en disant qu'elle n'a rien promis, etc. PH bon perdant décide de rentrer chez
lui. Moi je suis avachi sur une chaise en attendant un café que Carine est en
train de préparer. Tout d'un coup elle arrive dans mon dos et commence à me
masser la nuque.
- Quand j'ai massé PH l'autre fois, c'était par intérêt, je voulais juste qu'il
me ramène comme aujourd'hui. Mais avec toi c'est différent.
Hum, charmante petite. A 6h30 on décide de rentrer. Carine se fait raccompagner
chez elle par un autre gars qu'elle connaît bien. Je vais pour partir (j'habite
pas très loin à pied du local).
- Carine : tu restes avec nous le temps qu'on finisse notre clope ?
- Ok, pas de problème, c'est un plaisir.
- Tu seras à la réunion Mercredi soir ?
- Sans faute, tu y seras aussi ?
- Oui, on va se revoir donc. Bon, on a fini, on va rentrer. Bisous.
On s'embrasse amicalement. Je rentre chez moi, dans le froid et sous la pluie.
Je sens que ça va être drôle la Croix Rouge. En plus d'après ce que j'ai vu,
tout le monde couche avec tout le monde. Mon Dieu, où suis-je tombé ?
17h14
Chloé vient d'appeler, elle vient récupérer Miaou. Snif, ça y est je suis triste. Il va me manquer. Mais Chloé est de retour ! Après le coup de fil, Stan m'a vu m'activer à ranger l'appart, à m'habiller correctement, à me faire beau (arf). "Stan, ranges ton bordel ! Tout de suite !". Seigneur, Chloé est de retour !
Retour sur la veille. Chloé est venue chercher Miaou dans la
soirée. Je suis allé la chercher à l'arrêt de Bus, elle était resplendissante.
Ses cheveux blonds attachés en une petite tresse dans le dos, une écharpe bleue
ciel sur un pull Ralph Lauren adorable. Elle semblait un peu fatiguée à cause du
décalage horaire, mais a quand même réussi à me sourire. J'ai même eu droit à un
cadeau : un très bon vin de Californie (cuvée Ford Coppola !). Je lui ai promis
de l'inviter pour le boire avec elle un jour. En allant chez moi, on parle un
peu chiffon, elle a acheté des nouvelles fringues là bas (dont le fameux pull
Ralph Lauren), elle est toute contente de son nouveau pull, elle fait la Star
devant moi en me la montrant. Arrivée à la maison je lui présente Stan et
ensuite elle se dirige vers ma chambre pour retrouver Mr Miaou. En la voyant, il
se cache sous le lit, visiblement vexé d'avoir été abandonné dans mes mains pour
toute une semaine. Chloé est un peu vexée et part boire un verre avec nous dans
la salle à manger. On parle un peu de son voyage, de ce qu'elle à fait, de
l'avancement de sa thèse. Je suis extrêmement tendu, je n'ai pas envie de gaffer
ou de dire une bêtise, en même temps je n'ai pas envie qu'elle ait l'impression
que je la dévore du regard (ce que je fais).
Au bout d'un moment, nous repartons à la poursuite du chat
qui est maintenant caché derrière l'évier de ma salle de bain. Stan arrive à se
contorsionner pour le récupérer. Il le ramène dans ses bras. Chloé commence à le
caresser, moi aussi, nos doigts se touchent, s'effleurent l'espace d'une
seconde. Comme j'aurai voulu que Stan disparaisse à ce moment là ! Il repose Mr
Miaou par terre et j'ai droit à un festival de tendresse de Chloé envers
l'animal de sa vie : bisous, patte de velours, caresses, elle le prend contre
son sein, elle est vraiment superbe avec son chat. Je croise le regard de Stan
et lui décoche une mimique "Ouin, j'en peux plus, je l'adore, elle est trop
mignonne". Il me retourne un sourire entendu compatissant.
Plus tard, il est temps de la ramener chez elle. On prend ma
voiture pour rentrer chez elle. Comme d'habitude il y a des bouchons. J'avoue
que cette fois, cela ne me dérange pas, je suis en compagnie de Chloé. Je
constate que celle-ci lutte pour rester éveillée et être de bonne compagnie,
mais au bout d'un moment elle finit par s'endormir. Elle qui d'habitude semble
toujours si dure, la voici tellement paisible. Un léger sourire aux lèvres, elle
est là, à coté de moi en train de dormir. J'ai tellement envie de lui prendre la
main, de lui caresser la joue, d'écarter ses cheveux pour mieux la voir.
J'aimerai lui parler, ce serait tellement plus simple, tout lui avouer alors
qu'elle dort. J'aimerai l'embrasser, juste pouvoir toucher ses lèvres, je rêve
de la voir ouvrir les yeux au moment où je m'approche d'elle, en souriant et en
me laissant continuer. Je crois que je pourrais rester des heures comme ça à la
regarder sans rien faire. Finalement nous arrivons près de chez elle. J'aimerai
tant pouvoir lui prendre la main et lui dire tout doucement "Chloé nous sommes
arrivés" et la voir me sourire. Je suis en train de la contempler au feu rouge,
elle ouvre les yeux, notre regard se croise, elle sourit en comprenant que
j'étais en train de la regarder, elle s'excuse de s'être endormie, elle est
désolée mais elle est très fatiguée (elle est réveillée depuis 25 heures
environ).
Nous montons chez elle, son appartement est en vrac, il y a
des habits de partout, une valise éventrée jonche le sol. Je bois un verre et
nous nous regardons, je ne sais pas quoi dire, toutes mes idées s'échappent, je
ne peux juste que la contempler. Elle me promet de tout faire pour venir au
théâtre. Je rêve de cette soirée avec elle. J'ai vraiment des rêves si simples
pour elle, Claire et Carine sont tellement loin de mon esprit à ce moment là. Il
faut que je parte, je ne veux pas la déranger plus longtemps. Je lui dis au
revoir sur le pas de la porte, je la regarde fixement, elle sourit. Mon Dieu,
son regard à ce moment là. Elle ne tenait pas la porte comme on fait d'habitude
pour se débarrasser des intrus et être enfin seuls. Elle était là, debout, à me
regarder avec cette expression si étrange sur le visage. Aujourd'hui encore je
n'arrive toujours pas à comprendre ce qu'elle voulait me faire comprendre, son
visage au sourire un peu triste pouvait tout aussi bien dire "Je suis désolée,
je ne peux rien pour toi" que "Je suis désolée, attends un peu, ce n'est pas le
moment". Je lui dis au revoir et elle murmure "Dans deux semaine tout sera fini,
je serai enfin plus disponible". Je ferme la porte en la regardant. Tout d'un
coup une vague de larmes me submerge. Je ne sais pas quoi penser, je ne sais pas
si je dois être heureux ou triste, je me sens si bizarre. Son regard m'a
vraiment chaviré le coeur, son expression m'a redonné tant d'espoir, j'ai
vraiment envie d'être optimiste aujourd'hui, le problème vient du fait que je ne
suis pas objectif avec elle. Quand on aime quelqu'un, on ne voit que ce que le
coeur veut vous montrer, on occulte volontairement ces petits détails funestes
ou agaçants. Mais là, j'e crois que j'étais heureux, tellement heureux que les
larmes embuaient mes yeux. Je suis resté quelques secondes devant sa porte, puis
je suis parti dans la rue. Dans deux semaines elle rend sa thèse, enfin elle
sera plus disponible. Seigneur, j'aimerai tant pouvoir tout lui avouer, avoir le
courage de lui dire "Je t'aime, jettes moi ou aimes moi mais dis le moi !". Je
m'étais juré en début d'année de foncer, de ne plus attendre, d'être moins
frileux dans mes relations. En un sens j'ai réussi avec Claire, mais avec Chloé
mes vieux démons reprennent le dessus. Je crois que je redoute l'instant où je
lui dirai en face que je l'aime. J'aurai tellement aimé la prendre dans mes bras
devant sa porte, mettre ma main sur sa nuque, l'amener à moi délicatement et
l'embrasser, lui prendre la main lorsque nous allions chez elle. Mais son regard
a transpercé mon coeur, ses yeux si bleus ont noyés ma pensée, ont annihilé
toute ma volonté. En cet instant, elle était un Ange, mon nouvel Ange. Cela à
semblé durer une éternité, une éternité de silence à nous regarder. J'ai croisé
un groupe des jeunes gens dans la rue, heureux, en train de s'amuser. Ils ont du
voir passer un pauvre gars en larmes, la gorge nouée, qui semblait porter toute
la misère du monde sur ses épaules, mais souriant. Etrangement, ce pauvre gars
souriait de bonheur.
Sur le chemin du retour, Julie me téléphone pour m'engueuler
de lui avoir posé un lapin à la patinoire. Elle avait réussi à convaincre sa
colocataire de venir pour me rencontrer. Elle faisait semblant d'être furieuse
et de m'en vouloir. Ca m'a fait du bien de parler à quelqu'un à ce moment là.
Quand je suis rentré à la maison, Stan m'attendait. J'avais un peu peur de son
jugement, des critiques qu'il pourrait formuler à l'égard de Chloé.
- Ben elle est jolie ta copine. Mais par contre c'est "Ice Queen" cette fille !
- Oui, elle parait un peu froide au premier abord, mais je suis sûr que c'est
une fille géniale, elle a un truc, je ne sais pas.
- C'est vrai qu'elle est mignonne, mais vraiment, c'est un glaçon, je me demande
même ce que tu lui trouves, comment tu fais pour vouloir encore la draguer !
- Je ne sais pas.
Chloé me fascine, elle me subjugue, c'est vrai qu'elle parait froide quand on ne
la connaît pas, mais aujourd'hui je crois que j'ai pu entrevoir un court instant
la fille qui se cachait derrière le masque. J'ai vu cette lumière dans son
regard, j'ai vu tant de choses dans ses yeux. Je crois que j'ai vu un Ange...
Ange.
La journée a été calme. En ce moment je suis surchargé de
boulot, je n'ai pas le temps de penser à grand chose. Enfin, si. Je pense à
Chloé. Comme toujours. Je revois ses yeux merveilleux et j'espère. En même temps
j'ai peur, peur qu'elle me réponde "je suis bien comme je suis actuellement, je
n'ai pas envie de sortir avec quelqu'un, mon chat me suffit". Réponse fortement
probable. En tout cas je vais mieux. Même mon entourage le remarque. Aujourd'hui
Thomas me le faisait remarquer au téléphone : "Tu vas mieux en ce moment, non
?". Oui, je vais mieux. En fait avoir parlé à Ange au téléphone l'autre fois a
levé la chape de plomb qui m'écrasait depuis décembre. Je commence à me
remettre, à penser à autre chose, à d'autres personnes. En plus j'ai vraiment un
emploi du temps monstrueux pour les deux prochaines semaines, que cela soit au
niveau boulot ou au niveau personnel. Je pense être sur la bonne voie. En tout
cas je suis quand même abonné aux plans sentimentalement foireux.
Tiens, ça me fait penser à une histoire qui m'est arrivée il
y a 4 ans environ. Je venais d'emménager dans la région et
mon ex-copine vivait loin de chez moi. Un jour j'achète un lecteur DVD et le
premier soir je me dis "Tiens, allons louer un DVD au Vidéo Futur". Je regarde
l'adresse du magasin le plus proche de chez moi, je me perds dans la ville et
arrive devant un quart d'heure après la fermeture. Super. Tout raté. Je vais
pour partir lorsque je vois une fille s'acharner sur le distributeur automatique
de DVD juste à coté. Je m'approche d'elle et lui indique qu'il faut une carte
spéciale pour le distributeur (carte que je possède pas). On commence à discuter, je lui raconte que je
suis dégoûté de ne pas pouvoir essayer mon beau lecteur DVD tout neuf. "Tu
sembles être quelqu'un de bien, ça te dirait de venir regarder un film chez moi
?". Je réfléchis intensément, pense à ma copine (Marie) que j'aime, me dis que je ne fais rien de mal et accepte. Sur le chemin de son
appartement elle me déballe qu'elle vit avec son copain (pas bon ça), mais qu'il
est absent car il rend visite à son ex-copine pour son anniversaire (pas bon
pour elle ça), qu'elle en a marre parce qu'il doit la tromper et qu'elle se sent
seule ce soir. Ben voyons, c'est bien ma veine, je suis encore tombé sur
quelqu'un de simple. Arrivé chez elle, je découvre l'appartement : un lit en
face de la Télé. Elle me propose un truc à boire et de regarder un super film ("Daylight"
avec Stallone, une de ces merdes !). On s'allonge sur le lit et on commence à
visionner le film. Au bout d'un moment elle me dit qu'elle a froid et qu'elle
rentrerait bien sous les couvertures. J'accepte. En plus la fille était super
mignonne, le genre à vous faire douter de votre amour pour votre merveilleuse
copine. Un peu plus tard elle se tourne vers moi :
- Elle : Tu sembles un peu tendu, ça va ? (grand sourire)
- Moi : (un peu que j'étais tendu, avoir cette fille à coté de moi en petit
pantalon moulant, ça à de quoi tendre n'importe qui, quoi). Euh, ça va impec.
- Tu sais quoi ? Tu ressembles vachement à Jean Luc Delarue.
Alors ça, ça restera gravé dans ma mémoire pendant des années. C'est censé être
un compliment ? Sur le coup je l'ai pris comme tel. J'ai donc une tronche à la
Jean Luc Delarue, le bon petit soldat du PAF, bien propre sur lui, le grand
frêre idéal. Arg. Vers la fin du film, on discute un peu d'elle et elle me
propose de manger (un yaourt, c'est fou comme ces petits détails me reviennent).
Et là, elle se penche devant moi pour aller chercher le yaourt dans le frigo. Je
me retrouve face à... son auguste fessier fort joli avec un petit string qui
dépasse de son pantalon moulant. Et elle reste comme ça à onduler devant moi
pendant un certain temps avant de trouver son maudit yaourt. Là je dois dire que
j'étais, euh, extrêmement tendu et j'avais très chaud. J'ai même vu le moment où
je lui tombais dessus. Je me forçait à penser à ma copine ("Je l'aime, pas de
conneries, tu fais comme Travolta dans Pulp Fiction : tu rentres chez toi, tu te
prends une bonne douche froide et tu te déstresses, un point c'est tout !") mais
mon coté obscur se battait violement pour l'emporter. Finalement je prends
congés, je la remercie, on se retrouve devant la porte de chez elle. Je lui dis
au revoir tranquillement. Quand l'ascenseur se referme, j'ai le temps de la voir
faire une mine un peu déçue. Arrivé en bas de la résidence, je me retrouve face
à des grilles fermées. Je suis obligé d'escalader pour fuir cette tentatrice et
je m'en retourne chez moi. Et je prends une bonne douche. Je m'en suis voulu
longtemps, une occasion comme ça ne se présente pas souvent. Mais bon, tromper
sa copine pour un bête plan cul n'est pas vraiment une bonne chose (pour ce que
ça m'a apporté d'être fidèle une fois dans ma vie !).
Je sais pas pourquoi ce machin là me revient à l'esprit en ce
moment, peut être parce que j'ai toujours eu des plans foireux dans ma vie, je
me retrouve toujours dans des situations pas possibles. Et j'en ai encore tout
un stock d'histoires comme ça (et certaines dont je n'ose même pas parler dans
mon journal, même Thomas n'est pas au courant, c'est dire !). Je dois attirer
les nymphomanes, les pervers, les obsédés, les déviants. Je veux une relation
normale, je ne veux plus de maîtresse, de plan sexe, je veux un truc stable.
N'empêche que demain je revois Carine à la CR et j'ai appelé
Claire aujourd'hui pour que l'on se revoit prochainement. La chair est faible.
Moi encore plus.
2h38 du matin
Je viens de rentrer de ma soirée CR. Une soirée de fous, vraiment. Je vais me coucher, faudra que je raconte tout demain, au programme : une réunion, Carine, une mec qui "deale" des portables, des flics, une partie de Love Trivia. Bref, que du classique, non ?
23h07
Retour de la CR. Ce soir, j'ai servi de cobaye pour le cours "brancardage et levée de corps". C'était sympa, je me suis fait tripoter toute la soirée par des filles (bon, y'avait quelques mecs aussi) qui devaient me soulever. Le reste de la journée a été assez hallucinant, tellement que je vais pas pouvoir tout écrire vu que je dois raconter ma soirée d'hier.
Hier soir donc. Ca devait être ma journée bonnes actions :
don du sang le matin et réunion CR le soir. Tout s'est bien passé, j'ai donné
mon demi litre de sang et je suis allé à ma réunion le soir. Déjà, petite
déception, pas de Carine. En plus la réunion était chiante, vu que je n'ai qu'un
diplôme de base, je ne peux pas prendre de poste intéressant. Alors que je
somnolais dans mon coin, Carine entre dans la pièce, en retard. Elle parcourt la
salle du regard, me fais un sourire et s'assoit à l'autre bout. La réunion
continue jusqu'à la liste des formations. Au programme, formation Radio (une des
rares formation que je peux passer pour l'instant). Le directeur cherche des
candidats pour une date précise. Je constate que Carine fait des grands gestes
dans son coin en me regardant. Je ne comprends rien à ce qu'elle raconte et je
la rejoins (en rampant).
- Carine : Tu t'es inscrit à cette formation ?
- Moi : non pas encore, pourquoi ?
- J'y suis, viens avec moi, ça va être drôle !
- ... Ok, Chef ! Je suis partant pour la formation !
- Chef : ok, je te note. Donc, inscrits ce jour là, Carine & toi.
La réunion se termine. Carine me propose d'aller boire un verre au pub du coin avec Pascal et un autre pote (à la CR eux aussi). Pourquoi pas, il est 22h30, mais j'ai l'habitude de me coucher tard. On va donc au pub sur une table en extérieur (il faut chaud), Carine rentre commander avec Pascal. Lorsqu'ils reviennent, Pascal porte les boissons et Carine... un Love Trivia ! Alors là, j'ai senti que la soirée risquait de déraper. Love Trivia, c'est comme le Trivial Pursuit, mais version plus érotique et avec des gages. On commence à jouer, à boire, à avoir des gages. Au début c'est soft, c'est du genre "Vas faire la bise à la fille dans la rue, vas demander la longueur de leurs sexe aux deux jeunes gens qui passent". Et puis je me bouffe un gage. Je dois aller embrasser deux filles dans le bar. Soit, ça me va. Les autres me regardent en se marrant, j'y vais, j'ai du mal à les convaincre mais j'y arrive. Au retour Pascal me balance : "Elle était mignonne la blonde, hein ? Et la brune aussi, non ? Je les connais bien, ce sont des amies, elles sont lesbiennes". Ah ben c'est malin ça. On continue avec nos gages stupides, l'autre pote de Carine s'en mange un : il doit me faire un "smack". Alors là, je suis top heureux. Avec un mec en plus. Et merde. Au bout de longues négociations, on s'exécute (après tout, un smack sur un mec c'est pas la mort, j'ai connu pire...). Plus tard vient le tour de Carine. Et ce que je craignais depuis longtemps arrive : elle doit m'embrasser réellement (ouais, avec la langue). Tergiversations, négociations, elle rechigne (zut) et cela se transforme en simple baiser (mais bien quand même).
Vers minuit on quitte le bar, Pascal et son pote rentrent
chez eux en voiture (un break 2 places uniquement).
- Carine : Zut, je vais devoir prendre le bus, il en passe souvent ici ?
- Moi : ben pas vraiment, tu vas attendre longtemps... Tu veux que je te ramène
?
- Non, pas la peine, tu habites à coté, je vais pas te faire sortir ta voiture.
- Mais non, pas de problème, ça me gène pas, tu veux ?
- Ok, ça marche.
On se dirige vers chez moi, on délire bien en chemin. Je dois
rentrer dans mon appart chercher les papiers de la voiture. Stan dort sûrement,
je vais essayer d'être discret. Carine et moi rentrons doucement dans l'appart.
- Carine : Waouh, top classe l'appart, il faudra que tu m'invites pour le
visiter un autre jour ! (ben voyons !)
- Moi : sans problème, tu viens quand tu veux. Je vais chercher mes papiers. (je
rentre dans le salon où dort Stan)
- Stan : mmmm, tu rentres ? C'était bien ta soirée ?
- Euh oui, mais là je repars, je raccompagne Carine.
- Ah... Ok.
On se tire au garage.
- Carine : Re-Waouh ! Top classe ta caisse, elle est délire !
- Moi : euh, ah oui ? (bon définitivement, j'ai acheté la voiture attrape
minettes par excellence).
On part donc avec ma voiture. Je vais ramener Carine chez
elle, un pote l'attend en bas de son immeuble (à minuit passé ??? C'est quoi ce
plan foireux ?). Arrivé chez elle, je me gare comme une bouse et on se dirige
vers son immeuble. Le pote sort de derrière un poteau. Le genre à pas faire
rire. Salut amical, on discute un peu et je vois Carine sortir un portable de
son sac (elle bosse dans la téléphonie mobile).
- Elle : Voilà le portable, il est désimlocké.
- Lui : impecc, j'ai un preneur, tu le fais combien ?
- Elle : oh, on s'arrangera, y'a pas de soucis, comme d'hab.
- Moi : Euh, z'avez des prix sur les mobiles ?
- Lui (petit sourire) : J'ai tout ce que tu veux. Tu me passes commande par SMS,
j'ai le mobile à 60% du prix public. Voici mon numéro appelles moi !
- Moi : Ok.
- Carine : Tiens, viens par ici.
On s'éloigne tous les deux dans une cage d'escalier un peu
sombre.
- Carine : J'habite ici, tu vois c'est simple pour venir. J'ai un top ascenseur
avec des vitres géantes et de la moquette. Je kiffe trop le bloquer entre deux
étages et de faire l'amour dedans un jour. Au fait, tu as une copine en ce
moment ?
- Moi : Je dragues une fille ouais, mais ça marche pas top. (mais je suis con,
pourquoi je suis honnête avec les filles moi maintenant ???)
- Moi aussi j'ai un copain, mais je vais le larguer Samedi. (ben voyons, comme
par hasard)
- Ben moi je vais aller à la CR avec un panneau "JH ch. JF pour relation
sérieuse, etc...".
- (elle se jette sur moi et me prend dans ses bras) Pas besoin, je suis première
sur la liste ! (grand sourire). Au fait, il faudra qu'on continue ce qu'on a
commencé au Love Trivia un de ces jours (elle m'embrasse - sans la langue).
Tiens au fait, comme on est dans la même formation, voici mon numéro, tu
m'appelleras pour qu'on y aille ensemble.
Oulala, la situation commence à m'échapper : Claire, Carine,
Chloé, Marie, Ange. Aïe Aïe Aïe, mais pourquoi ! J'ai rien demandé, je suis pas
un dragueur, j'ai pas le physique d'un dragueur, je veux pas dragueur, je veux
vivre avec Chloé, c'est tout ! On retourne voir le trafiquant de mobiles. Il est
bientôt 2h du matin, je vais raccompagner le gars chez lui et rentrer chez moi.
- Carine : Tu m'appelles pour la formation hein ?
- Moi : Ok, je te phone lundi, c'est bon ?
- Je m'en fous, tu peux me phoner quand tu veux ! (grand sourire)
Bien bien bien. Je ramène le mec chez lui, il m'explique
qu'il a une filière pour avoir des mobiles neufs, c'est pour ça qu'il a des prix
dessus. Je sens que je vais passer commande bientôt. Je finis pas le déposer. Il
est 2h du matin. Je suis claqué. Hop, je coupe une ligne blanche et prends la
route pour aller chez moi. J'ai pas fait 300m que je vois 3 voitures de flics au
bord de la route, et 4 mecs au milieu qui me bloquent le passage, torches
dirigées vers moi, me faisant signe de me garer. Oula, heureusement j'ai bu
qu'un verre, mais là c'est un peu chaud on dirait.
- Euh... Bonsoir monsieur l'agent.
- Papiers du véhicule et permis de conduire, contrôle du véhicule s'il vous
plait.
5 flics la main sur l'arme commencent à entourer mon
véhicule. Un autre gars s'obstine à me braquer sa torche dans les yeux. Le gars
s'éloigne avec mes papiers. Je suis vraiment pas rassuré. Les minutes passent,
je les entends parler au loin : "... pas lui... même voiture... raté...
correspondait bien...".
- Merci monsieur, voici vos papiers, désolé, bonne route.
Je repars sans demander mon reste. Putain de caisse de merde. Attrape minettes
et attrape emmerdes aussi ! J'ai donc une voiture de dealer, c'est un fait.
Fuck. Retour chez moi, je suis cassé. Le lendemain (aujourd'hui donc) j'ai une
formation sur les "Marchés Publics" dans un cadre très particulier, ça va pas
être triste. En tout cas je pense que si je raconte ma soirée, les gens vont
croire que j'invente tout, que c'est trop hallucinant pour être vrai : une
partie de Love Trivia, je me fais draguer ouvertement, je discute avec un petit
voyou au pied d'un immeuble à 1h du matin et je manque de me faire coffrer.
Soirée classique, vraiment j'ai de la chance d'avoir une vie si tranquille.
Ma semaine aura commencé calmement, mais on peut dire qu'elle a terminé en beauté ! Déjà ce soir je me retrouve seul à la maison, Stan ayant trouvé un appartement, il est rentré chez lui pour préparer son déménagement. Avec tous ces événements, j'ai pris du retard dans mon journal, je vais tenter de rattraper un peu tout ça.
Hier, donc. Formation toute la journée sur les "Marchés
Publics" dans mon secteur d'activités : réponse à appel d'offre, trucs et
astuces pour les remporter ainsi que les piéges à éviter. Sur le papier ça
semble sympa. Dans la réalité c'est... euh... étrange. J'ai toujours pensé que
ce que l'on voit dans les films sur les magouilles entres sociétés relève plus
de la fiction que de la réalité. Que les affaires politico industrielles
relevaient du passé, des années 80. Ben je me suis pris une méga claque. Je suis
arrivé en plein polar. Attention hein, aucune incitation à "tricher", ni à
l'entente illicite entre la personne responsable du marché et les entreprises
répondant à l'appel d'offre. Juste des anecdotes, une sorte de condensé des
jurisprudences des marchés. L'autre coté du miroir en quelque sorte, la
différence entre les textes de lois et la réalité. Petit exemple classique : A
fait un appel d'offre pour un marché public. B et C sont deux entreprises leader
du marché et fortement concurrentes. B engage la société D pour qu'elle s'allie
avec C pour répondre à l'appel d'offre afin de la saborder au dernier moment et
que donc B remporte l'appel d'offre. Très courant selon mon formateur (qui
possède une expérience au delà de tout soupçon). Et d'autres histoires plus
graves encore, plus... sanglantes. Il vaut mieux que je m'arrête là. En plus je
ne sais même pas ce que je foutais dans cette formation, vu que c'est pas demain
la veille que je m'occuperai de marchés public dans mon boulot avec mon poste de
gnome.
Aujourd'hui c'était encore plus drôle : j'étais invité à une
réunion avec le CEO de notre groupe pour la France. tout notre département était
présent et les directeurs des autres branches aussi. Réunion chiante à mourir,
très classique : des chiffres, des projets, bref le truc super guindé fait pour
les top chefs (donc pas moi !). Et à la fin le CEO reprend la parole :
- Merci pour votre attention, si vous avez des questions...
(grand silence comme d'habitude puis j'entends quelqu'un se lever deux rangs
derrière moi)
- Oui, bonjour, Mr X, ingénieur en machin depuis 5 ans chez vous, payé 216 KF
soit 33 K€, j'aimerai savoir comment les 2 milliards d'euros du projet truc vont
être redistribués dans notre département ?
Alors là, énorme froid dans toute la salle. Déjà ce mec est
dans la même division que moi. C'est un dépressif notoire un peu placardisé (il
n'a que 28 ans !). Il a fait 1 an de dépression après avoir travaillé... dans
mon service juste avant que j'arrive. Et il est vrai qu'il est très mal payé
pour son poste. Mais franchement c'est pas du tout la question à poser dans ce
type de réunion ! Je regarde le CEO qui est un peu décomposé, mon directeur de
département qui s'agite dans un coin, la DRH qui demande à son voisin ce qu'il
se passe. Grand brouhaha dans le Board. Au bout de quelques secondes, le CEO
reprend la parole :
- Euh, merci pour votre question, euh... Les répercutions de ce contrat se
ressentirons dans les 10 prochaines années environ. Euh... merci monsieur...
Euh, d'autres questions ?
Le même mec toujours debout reprend la parole. Je me fais
tout petit dans mon siège, je suis super mal à l'aise.
- Oui, j'aurais une question à propos du harcèlement moral qui a lieu dans notre
société, de la demande de résultats et de la pression qu'elle engendre. Quelle
est la position du groupe à ce propos, que comptez vous faire ?
Là, c'est le bouquet. Le CEO est verdâtre, il serre les
dents, la DRH vient à son secours, lui marmonne un truc à l'oreille. Le Board
est en ébullition. Le CEO finit par reprendre la parole lorsque le silence
revient.
- Euh... la direction n'a rien prévu à ce sujet. D'autres questions ? Non, merci
bien, la séance est levée.
Waouh, j'avais jamais vu ça ! Je crois que si ce gars avait
lancé une grenade à la face du CEO il y aurait eu moins de dégâts. Il est foutu.
Je ne sais pas pourquoi il a fait ça, il va peut être donner sa démission, de
tout manière il n'a plus que ça à faire. Une attitude kamikaze comme ça, ça
mérite au moins le respect. Quoi que... Le plus drôle c'est que Lundi je suis
invité (et lui aussi) à la même réunion mais version "nationale". Et là il
risque d'y avoir le CEO international. Aïe aïe aïe.
En rentrant j'ai téléphoné à Carine pour lui redemander le
numéro (que je ne retrouve pas) de son pote vendeur de mobiles. Je vais passer
une commande. On discute pas mal. Je lui dis que j'ai appris hier que la
formation Radio est complète et je suis inscrit sur la suivante (ce qui est
vrai). Elle me demande si je ne peux pas me mettre en liste d'attente, s'il n'y
a rien à faire. Elle semble désolée. Elle veut changer de session et se mettre
dans la mienne mais ça tombe pendant ses vacances. Foutu, on ne pourra pas être
ensemble. On ne se reverra que Vendredi prochain (nouvelle soirée CR) du coup.
J'ai aussi reçu un SMS de Claire qui passe son bac blanc. On va peut être se
voir ce week-end. Pitié, je suis fatigué... Je veux dormir. Juste dormir.
Voilà la semaine est presque finie. Ce soir je vais au
théâtre, plus rien ne peut m'arriver, je suis claqué, fatigué, j'ai vraiment
envie de me reposer et de me remettre de tout ça...
9 mars, 9h25 du matin...
Mais qu'est ce que je fous un Dimanche matin à 9h25 en train d'écrire mon journal. En plus ce n'est pas que je sois levé tôt, non non non, c'est plutôt que je ne suis pas encore couché ! Fais-moi ça souvenir. Eclair du flash...
Hier, aujourd'hui, bref, Samedi. Me suis levé à 11h, je dois aller me faire vacciner. Ensuite j'ai rendez-vous avec Carine à son travail, on doit manger ensemble. Elle bosse dans une boutique de téléphonie mobile et m'a invité à manger avec elle. C'est un peu le bordel pour y aller, mais je finis par trouver. Elle est là, toute sérieuse pour une fois en train de pipoter un client. On va manger un truc dans une brasserie voisine. On commence à 13h, on quitte la table à 16h ! Je sais presque tout de sa vie, une vie chargée, une vie triste, sombre et douloureuse. Waouh, de toutes les filles que j'ai rencontré, c'est le pompon. Elle me dit aussi que son pote trafiquant est persuadé que nous sommes fait pour sortir ensemble, que Pascal lui demande tous les jours si elle m'a revu, si elle va me revoir, etc... Je crois qu'à la CR tout le monde est maintenant persuadé que je suis son prochain mec. Moi je veux pas contrarier le destin. Elle est adorable, super gentille, un peu space, mais sympa. Finalement je reste avec elle jusqu'à la fermeture du magasin, on discute tout l'après midi. Le soir elle m'invite à son anniversaire (22 ans) mais je suis déjà pris... Elle me raccompagne jusque chez moi car sa soirée a lieu dans le même coin. Elle monte à la maison, visite mon appart, on repart, je la quitte devant l'arrêt de bus. On discute encore longuement. Son bus arrive, au moment de lui dire au revoir, je sais pas pourquoi je la prends dans mes bras et lui fait une bise. Pourquoi je l'ai pris dans mes bras ? Je ne sais pas. Bizarre. Elle me téléphone depuis le bus. Je dois me dépêcher d'aller à mon rendez-vous : 20h30 en centre-ville pour aller bouffer avec Tim & Léa ainsi que d'autres amis. On doit ensuite aller à la soirée de l'ISC qui diffuse 4 films à partir de minuit : "Moi, César, 10 ans et demi, 1m39" en avant première, "L'auberge espagnole", "La Recrue" en avant première et "Astérix et machin contre Cléopâtre". Tout s'est bien passé, la soirée à commencé à 1h du matin, on est parti à la fin u troisième film vers 8h30 du matin. Message répondeur de Carine. SMS en retour. Elle me rappelle, on discute, il est 9h55, il fait jour. Ce soir - demain - dimanche j'ai donné rendez-vous au Pub à Alain, Jeff, Tommy, Thomas & Sophie pour papoter un peu et enterrer la hache de guerre avec Alain. Putain j'ai oublié d'appeler André. Vais le faire quand je serai réveillé. J'ai même pas sommeil. Je dois dormir. Fais-moi ça fatigue. Eclair du flash. Fais-moi ça sommeil. Eclair du flash.
Le réveil sonne, il est temps de se lever. Je rampe vers mon portable, j'ai trois tonnes de messages, dont un SMS de Carine. Je la rappelle, on parle encore une demi heure, je suis vraiment à la bourre, j'ai rendez-vous à 19h au pub. J'arrive à me préparer, je suis à l'heure au rendez-vous.
Tout le monde est là, la soirée est sympa, on boit un coup, on va manger au japonais, tout se passe bien. Vraiment cool. Ca m'a fait plaisir de revoir un peu tout le monde. Nouveau SMS de Carine : "J'espère que tu passes une bonne soirée avec tes potes, j'avoue quand même que tu vas me manquer (un petit peu) cette semaine d'ici à Samedi. Kiss, Carine". Je vais lui téléphoner demain. J'ai un sérieux coup de barre, je vais aller me coucher, il est 22h35... Pourquoi c'est pas Chloé qui m'écrit ça... Pourquoi.
Ma vie commence à redevenir tranquille. Ce soir, miracle : je n'ai rien de prévu. Pas la moindre sortie, pas le moindre plan. Juste une soirée pépère chez moi, seul, devant un bon bouquin. Le bonheur. Bon, ça ne risque pas de durer bien longtemps : j'ai déjà mon week-end de planifié et surtout... demain soir je vois Carine. Comment j'en suis arrivé là au fait ? Ah oui...
Hier soir juste après avoir écrit dans mon journal, j'ai reçu
un coup de fil de Carine. On a parlé jusqu'à minuit passé. On a évoqué la Croix
Rouge, elle m'a demandé comment un mec comme moi a pu atterrir avec eux. C'est
vrai que c'est une bonne question. Tout le monde me la pose, pourquoi un jour je
me suis réveillé en disant que j'allais faire du bénévolat. En fait pour être
franc j'ai toujours essayé de donner un peu : j'ai été membre d'Amnesty
International, j'ai adhéré à Greenpeace (plus pour suivre ma copine de l'époque
que par conviction), je donne mon sang, bref, je dois sûrement essayer de me
donner bonne conscience. Mais surtout il y a un événement qui a marqué ma
jeunesse.
J'étais en 5ième au collège et un jour mon prof d'histoire
nous interpelle en cours : "Voilà, je voudrais vous parler de mon collègue en
Mathématiques, son fils est hémophile (je crois que c'était ça mais je suis plus
sûr) et a besoin de toute urgence d'un don de plaquettes sinon il risque de
mourir. Il est du groupe O+ et je me permets de vous demander d'essayer de
convaincre vos parents d'aller donner pour lui, en son nom au CRTS le plus
proche. Il a 12 ans comme vous, s'il vous plait aidez le". Le prof avait les
larmes au yeux et semblait vraiment triste de ce qui arrivait au fils de son
collègue de travail. Le soir même je demande à mon père d'y aller (il était déjà
donneur de sang régulier). Le don de plaquettes est un peu long (à l'époque 3h
de transfusion je crois) et comme mon père travaille il prend rendez-vous le
samedi. Le samedi il se rend au don comme prévu et revient dans l'après midi. Je
lui saute dessus pour lui demander comment ça s'est passé, si le petit garçon
pourra être sauvé. Mon père me regarde tristement et m'annonce "Je suis désolé,
il est mort hier, il n'a pas reçu de don à temps".
Je pense que j'ai commencé à me soucier des autres à ce
moment là. Ce petit garçon est mort, bêtement, pour un stupide manque de
plaquettes, parce que des gens n'ont pas jugé bon d'aller souffrir pendant 3h
pour sauver une vie. C'est tellement stupide, il aurait mon age maintenant, il
serait peut être même marié, aurait des enfants. Et ses parents seraient
heureux. J'ai beau fanfaronner en me réfugiant derrière ma bonne conscience de
moralisateur, je ne vais pas donner mes plaquettes pour autant, je ne m'en sens
absolument pas capable, vu que je manque de tomber dans les pommes pour un bête
don de sang. Mais quand je vois des gens qui me disent "Oh, tu vas donner ton
sang aujourd'hui ? C'est courageux, moi je peux pas, je supporte pas la vue
d'une aiguille, mais je suis de tout coeur avec toi", je suis franchement
énervé. D'ailleurs généralement je zappe de sujet pour ne pas m'engueuler avec
eux. Un don dure 5 petites minutes. Et oui, moi aussi j'ai peur des seringues,
je fais des pointes à 16-8 de tension et de temps en temps je tombe dans les
pommes. Mais je me dis que mon petit demi litre de sang peut sauver une vie. Et
ça, ça vaut toutes les douleurs.
Enfin, tout ça je ne l'ai pas raconté à Carine. Je ne lui ai
pas non plus dit que j'avais un violent besoin de changer ma vie en 2003, sinon
j'aurai sûrement fait une connerie. Et je ne regrette pas d'avoir fait ce choix,
d'avoir fait le choix de me bouger plutôt que de me laisser vivre en attendant
un quelconque changement. En fait je l'aime vraiment bien, elle est super sympa,
c'est une battante, elle respire la joie de vivre malgré son passé. A un moment
de la conversation elle rétorque à une de mes sarcasmes :
- Elle : Ah la la, mais que vais-je faire de toi ? avec une petite voix) Quoi que j'ai bien une idée,
mais je la garde pour moi.
- Moi : Ah bon, c'est quoi ton idée ?
- Je te le dirai pas, tu verras bien. Et toi ?
- Moi aussi j'ai des idées, mais bon... changeons de sujet (petit rire)
- Toi, tu me réserves une soirée dans la semaine ! Tu es libre quand ?
- Euh, mardi soir par exemple ?
- Ok, mardi soir, tu es à moi, on se fait un truc.
Nouveau plan foireux en perspective. Elle m'a encore
téléphoné aujourd'hui, elle m'appelle "mon chéri" constamment et on se voit bien
demain soir. Je ne sais plus quoi faire si elle tente quelque chose. Je dois
revoir Claire un de ces jours, vu qu'elle a fini son Bac blanc. Pourquoi Chloé
n'est pas comme ça. Chloé aurait juste à me dire "attends moi", je l'attendrai
des mois, des années peut-être. Je n'ai même pas des idées lubriques avec elle,
je rêve de la serrer dans mes bras, de l'embrasser, de respirer son parfum,
d'être simplement avec elle. Pourquoi elle me fait ça. Et pourquoi d'un autre
coté je me retrouve tenté par la facilité.
En tout cas, je crois que j'ai retrouvé confiance en moi. Je
pense que je peux plaire et ça c'est vachement important. Après ma rupture, je
me suis dit que j'étais foutu, que plus aucune fille ne voudrait de moi, que
j'allais finir seul avec un chat. En plus je ne me suis jamais trouvé beau. Je
sais même pas si je suis beau, mignon ou juste "marrant". J'aimerai un avis
objectif un jour, ça pourrait être intéressant. Claire et Carine me redonnent
confiance en moi, surtout Carine, elle est si gentille, si attentionnée, si
adorable. C'est si compliqué. Pourvu que Chloé puisse se libérer pour le théâtre
la semaine prochaine, pourvu que je trouve le courage de lui parler.
Chloé est encore vivante ! Elle m'a envoyé un mail dans la
journée avec une de ses présentations en anglais en attachement. Je considère ça
comme une marque d'amour venant de sa part. Elle est tellement dans l'espace
qu'elle doit peut être considérer qu'un abstract de sa thèse est la plus grande
preuve d'amour qu'elle puisse me montrer.
Le soir je suis allé au restaurant avec Carine. On a bien
déliré, cette fille est super sympa. Elle a rompu la veille avec son copain et
m'a expliqué sa conception de l'amour : elle commence à sortir avec des gens
sans forcément être folle amoureuse, histoire de voir si c'est quelque chose est
possible. Cool, ça se défend. Elle m'annonce clairement que je l'intéresse.
Après le resto elle est venue boire un coup chez moi, on a de nouveau discuté un
long moment. On n'a pas arrêté de se "chercher" toute la soirée, collés l'un à
l'autre sans oser rien faire, à s'enlacer à la moindre blague mais sans rien
faire de plus. Une grande complicité en fait. Ca faisait longtemps que je
n'avais pas eu de discussion aussi sympa avec une fille : avec Claire nous avons
une trop grande différence de maturité et avec Chloé, euh, c'est toujours très
space, elle est dans son trip en quelque sorte. J'ai raccompagné Carine chez
elle vers minuit. Au moment de lui dire au revoir, je l'ai à nouveau serrée dans
mes bras en lui faisant la bise. Mais cette fois je ne l'ai pas relâchée. Elle
m'a regardé en rigolant. Nos visages étaient très proches. Je me suis avancé
vers ses lèvres, guettant un mouvement de sa part, style "vas-y je suis
d'accord". Elle a pas bronché. Bien, un râteau ? Je me recule un peu, on se
regarde en rigolant. Elle est toujours dans mes bras. Je lui fais à nouveau la
bise.
- Elle : tu vas me faire la bise encore combien de fois ?
- Moi : je sais pas. (j'éclate de rire).
- Qu'est ce que tu voulais dire ? Tu allais dire une conneries !
- Rien, rien. (je rigole toujours)
- Vas-y, tu voulais dire quoi ? (sourire complice)
- Rien rien. (je la regarde en souriant).
Je l'embrasse. Elle se laisse faire, puis elle resserre son étreinte. On reste
comme ça assez longtemps.
- Elle : c'est toujours pareil avec vous les mecs, nous on attend toute la
soirée que vous fassiez un geste et c'est au moment de nous raccompagner, quand
il est tard, que vous vous décidez. Vous pouvez pas être un peu plus rapide
parfois !
- Moi : ben oui, mais on ose pas souvent. Et le baiser d'adieu est souvent plus
propice à une "déclaration".
On reste encore longtemps l'un avec l'autre à s'embrasser,
devant sa porte. On décide de rentrer chacun chez soi, il est 1h30 du matin.
Comme le dit si bien Carine avec son langage jeune-banlieue, "elle me fait bien
kiffer cette fille". Je vais la revoir vendredi soir à la soirée crêpes de la CR.
Je vais faire profil bas auprès des autres, je ne veux surtout pas qu'il sachent
que je sors avec Carine, sinon je vais passer pour le pervers de service qui
s'est engagé uniquement pour draguer. Et comment vais-je faire avec Pascal :
Carine et lui ont toujours cette relation super ambiguë. C'est une profonde
amitié, n'empêche que ça va me faire bizarre si je la vois embrasser Pascal
devant moi. Bah. Je crois que j'ai rien à dire. Faut que je fasse du ménage dans
ma vie en ce moment : je vais essayer d'être clair avec Claire (arf jeu de mots
involontaire). Et que je vois quoi faire avec Chloé. Que faire si elle accepte
de sortir avec moi mardi prochain ? Oulala, c'est compliqué. En plus je crois
que j'aime bien Carine.
J'ai reçu un mail de Chloé : elle a quasiment confirmé pour
le théâtre mardi prochain. Super, une soirée rien qu'avec elle. Et moi qui sors
avec Carine. Génial, super timing. A croire que tout est fait pour m'emmerder.
Mais pourquoi je n'ai jamais de relation simple : je suis célibataire, je drague
*une* fille, je sors avec, on reste ensemble ou on casse et basta. Non, il faut
que je drague la fille la plus space de la ville et que je me fasse méchamment
brancher par deux autres dont une qui en plus a le bon goût de me plaire sur
d'autres points que le physique. Fantastique. Et maintenant si je fais un bilan
:
* Je couche de temps en temps avec Claire et on semble d'accord le principe,
personne n'attend rien de plus de l'autre.
* Je sors avec Carine (bon je ne l'ai qu'embrassée mais dans les faits nous
sortons ensemble). On s'appelle 2-3 fois par jour et on se fait des bisous
téléphoniques. Mais on s'est jamais dit "je t'aime". D'ailleurs je ne sais pas
si on s'aime, rien n'est moins sûr pour l'instant.
* Je drague Chloé, je suis persuadé d'être fou amoureux d'elle, que c'est la
nouvelle femme de ma vie, mais elle est plongée dans ses études et je ne sais
pas ce que je suis pour elle : ami / emmerdeur / petit ami potentiel ?
Oh, le merdier. Enfin, pour l'instant je ne sors pas avec
Chloé donc il n'y a pas virtuellement de problème. Et rien n'est vraiment très
sérieux avec Carine qui en plus est au courant pour Claire et ça n'a pas l'air
de la gêner plus que ça. Autre problème tout bête mais qui va sûrement devenir
très gênant à la longue : Carine fume comme un pompier. Genre 5 à 10 clopes par
jour. Et moi je fume pas. J'ai même jamais fumé. Et j'aime pas l'odeur du tabac.
Je sais plus où j'en suis, je sais plus quoi faire. Je crois que je vais me
laisser porter par le flot des événements en contrôlant vaguement ce qu'il se
passe. Je vais attendre un peu, essayer de voir plus clair en moi (et en Carine
aussi !) avant de prendre des décisions hâtives. Si Chloé avait été plus rapide,
tout aurait été tellement plus simple. Mais si Chloé se décide, que vais je
faire ? Ca promet des gros ennuis en perspective...
Retour du cinéma. Aujourd'hui j'ai décidé de me faire une
petite sortie cinéma avec des potes du boulot pour aller voir "Les Lois de
l'attraction". Le film était vraiment excellent, c'était une bonne soirée. Au
retour, au moment de prendre les transports pour rentrer chez moi, j'ai un coup
de fil de Carine.
- Elle : tu es où là ?
- Moi : je vais prendre le train, je vais rentrer chez moi.
- Non, tu viens me prendre à l'arrêt machin.
- Ok, j'arrive.
Je dis au revoir à mes potes, prends le train jusqu'au rendez-vous indiqué.
Carine est là, elle doit passer prendre un truc au local CR et comme c'est à
coté de mon appartement, elle a jugé bon qu'on y aille ensemble (bien jugé).
Arrivé chez moi, on passe prendre son bidule au local et on va boire un verre au pub du coin. On dirait un vrai petit couple. On se tient par la main, on s'embrasse en chemin, adorable. On fait quand même gaffe à pas tomber sur d'autres bénévoles : on est d'accord pour nous la jouer discrets à la CR afin de ne pas me pourrir le semblant de réputation que je possède encore. Ca va être cool, je vais devoir feindre de l'ignorer (en tout cas de juste la connaître vaguement) lors des réunions, etc... On passe un bon moment au pub, elle me raccompagne chez moi, on reste un long moment devant ma porte puis elle rentre chez elle. Et c'est là que se trouve mon dilemme. J'aime bien Carine. Même pas mal. Elle est sympa, jolie, agréable et on s'entend bien. C'est pas forcément la femme de ma vie, mais je pense qu'on pourrait passer quelques temps ensemble. Et le problème est que maintenant je ne sais plus quoi faire avec Chloé. Je dois voir Chloé mardi soir avec un peu de chance et je ne sais plus à quoi m'en tenir avec elle. En fait mon enthousiasme à son égard s'est même un peu estompé : à force de franchir des obstacles, je commence à fatiguer. Et je me sentirai un peu coupable de la draguer au théâtre. Autant avec Claire c'était limpide dans mon esprit : c'était un plan sexe un point c'est tout. Autant avec Carine c'est plus que ça. On en est encore au stade bisous / main dans la main / sorties à deux et ça me convient plutôt bien. Je suis bien ennuyé, à force de jouer je me suis brûlé les ailes. C'est toujours quand on ne s'y attend pas que l'on commence à s'attacher à une personne. C'est le bordel. Demain Carine ne peut pas venir à la soirée crêpes à la CR, elle bouffe au Mac Do avec sa petite soeur. Elle veut que je la retrouve après, ce que je vais faire. J'ai l'impression de jouer sur plusieurs tableaux à la fois et je m'aperçois que je ne suis pas habitué à ce petit jeu là. Pourquoi il a fallu que je rencontre Carine avant d'être fixé avec Chloé ! Les lois de l'attraction...
Gros coup de blues. Ca m'a pris ce matin, j'étais tranquille
au boulot en train d'écouter de la musique. Et je suis tombé sur "Hey You", ça a
été comme une grosse claque. Qu'est ce qu'il foutait sur mon CD ce morceau.
C'est mon morceau déprime pour Ange. A chaque fois que j'ai déprimé à cause
d'elle je me suis plongé dans l'écoute intensive de "The Wall" et surtout d'"Hey
You". Voilà, j'ai le bourdon. En y réfléchissant bien, je réalise une sorte de
fuite en avant pour éviter le problème, car j'ai bien un problème avec elle.
J'essaie par tous les moyens de l'oublier, d'ignorer que je suis fou d'elle en
multipliant les rencontres, les sorties et les activités. A force de courir dans
tous les sens j'arrive à ne plus penser à elle mais il suffit d'un détail pour
que le problème surgisse de nouveau.
Je suis noyée dans une bouillie émotionnelle en ce moment.
Ange est la femme de ma vie mais je n'ai plus aucun espoir à avoir. J'adore
Chloé mais je ne sais pas à quoi m'en tenir avec elle. J'aime bien Carine et mes
sentiments pour elle commencent à grandir. Mais est-ce vraiment de l'amour que
je ressens pour elle ? Ou bien est ce qu'elle m'apporte juste ce dont j'ai
tellement besoin en ce moment : de la tendresse et l'illusion d'une relation
stable. Mes quatre dernières années avec Marie ont été empreintes d'une immense
frustration : ne pas pouvoir la voir quand je le voulais, ne pas avoir de
relation normale. Je rêvais de pouvoir aller me promener avec elle, d'aller
faire mes courses avec elle, de laver mon linge avec elle, etc... Ca paraît
stupide comme ça, mais j'avais juste envie d'être avec elle, n'importe où. Et je
ne le pouvais pas.
Maintenant, j'ai envie que l'on s'occupe de moi, que l'on
prenne soin de moi, que l'on sorte avec moi, que l'on m'appelle pour prendre de
mes nouvelles, que l'on me dise "je t'aime". Et Carine m'offre tout ça. Elle est
spontanée, toujours partante pour sortir, pour aller boire un coup, pour venir à
la maison, etc... On croit toujours que les mecs sont insensibles et tout ça.
Mais moi j'aime savoir que je suis aimé, je veux que l'on me dise "je t'aime",
j'aime toutes les marques d'affection que l'être aimé peut témoigner dans une
relation.
Si je n'avais pas rencontré Chloé, tout serait peut être plus
simple. Il faut que j'apprenne à aimer à nouveau, voilà ma résolution de la
journée. Ces derniers temps j'étais comme anesthésié sentimentalement, froid et
calculateur. L'épisode avec Claire en était le plus parfait exemple : aucun
sentiment, juste du sexe. Et ça, ce n'est pas moi, je ne suis pas comme ça, je
ne veux pas être comme ça. Bon, il est temps que j'aille à ma soirée...
"Hey You"
Hey you ! out there in the cold
Getting lonely, getting old, can you feel me
Hey you ! Standing in the aisles
With itchy feet and fading smiles, can you feel me
Hey you ! don't help them to bury the light
Don't give in without a fight.
Hey you ! out there on your own
sitting naked by the phone would you touch me
Hey you ! with your ear against the wall
Waiting for someone to call out would you touch me
Hey you ! would you help me to carry the stone
Open your heart, I'm coming home
But it was only a fantasy
The wall was too high as you can see
No matter how he tried he could not break free
And the worms ate into his brain.
Hey you ! out there on the road
Doing what you're told, can you help me
Hey you ! out there beyond the wall
Breaking bottles in the hall, can you help me
Hey you ! don't tell me there's no hope at all
Together we stand, divided we fall.
Enfin en Week-end ! Enfin je vais pouvoir me reposer. Petit
retour sur hier soir : je suis allé à ma soirée, c'était sympa, la bouffe était
bonne, j'ai rencontré de nouveaux membres. De toute manière pour l'instant je
dois faire acte de présence et montrer que je suis motivé vu que je ne peux rien
faire d'autre. Carine nous a rejoint dans la soirée. On a dû faire comme si on
se connaissait vaguement de vue. Une petite bise sur la joue, un salut et basta
je suis retourné à mes conversations et elle a dit bonjour à ses potes. C'était
un peu dur. A un moment je suis allé dans le bureau du chef pour corriger mon
dossier avec lui et au moment ou il est sorti Carine est rentrée. On s'est
retrouvés tous les deux, seuls dans le bureau, à l'abri du regard de tous pour
quelques minutes. On s'est embrassé comme des fugitifs et on est ressortis comme
si de rien était. Je pense que personne n'a rien vu. On s'est juste fait capter
par sa soeur qui était là : Carine devait s'occuper de sa jeune (15 ans) soeur
toute la soirée et ne pouvait donc pas rester longtemps avec nous. Sa soeur est
au courant pour nous deux et n'a pas arrêté de nous surveiller toute la soirée,
elle a donc intercepté quelques clins d'oeil complices et quelques sourires en
coin entre Carine et moi. Mais à part ça, personne ne se doute de rien, même
Pascal n'est pas au courant. A 22h Carine a dû partir avec sa soeur. Les gens
commençant à partir, j'en ai profité pour faire mes adieux à tout le monde et
rentrer avec elle. Un peu louche, mais bon, c'est le mieux que j'ai pu trouver.
Je les ai ensuite ramenées en voiture :
- La soeur : Waouh, t'as raison il a une top voiture !
- Carine : tu vois je te l'avais dit ! (grand sourire moqueur dans ma direction)
- Moi : bon les poulettes, je vous emmène quelque part ? (sourire retourné).
Saleté de caisse. Arrivés chez elles, je les dépose, je vois
la soeur s'éloigner vers la porte d'entré et nous attendre à l'intérieur. Elle a
dû être briefée ou elle à l'habitude. Carine s'est jetée sur moi. J'avais une
envie folle de la ramener chez moi, mais bon, elle travaille le Samedi donc ce
n'est pas envisageable. N'empêche que je l'aime bien. Je guéri petit à petit.
Cette soirée m'a fait rajeunir de 5 ans, je me serai cru revenu à 20 ans. Une
petite amourette toute mignonne avec la soeur qui se planque pour ne pas nous
gêner, c'est si mignon. Je rajeunis. Je crois que je vais mieux.
Retour de chez le coiffeur, mon petit moment détente mensuel.
Mon coiffeur, ou plutôt ma coiffeuse, est toujours à la bourre et j'ai beau
avoir un rendez-vous à l'heure H, je suis souvent pris à H+45 minutes. Je m'en
fous, j'ai au moins le temps de lire des magazines intellectuels : Voici (le
meilleur de tous !), Paris Match (bien), Gala (j'aime moins) et Femme Actuelle
(rubrique courrier des lectrices). Très drôle. Aujourd'hui elle était à la
bourre car elle coiffait un jeune couple qui venait d'être parents et ça
papotait, ça papotait. Une petite fille est rentrée en tenant des pages
arrachées d'"OK Podium" ou d'un truc du genre : des photos de Jennifer de la
Star Academy. Elle voulait être coiffée comme elle. En plein milieu d'un super
article d'actualité sur le suicide de Bernard Loiseau (Paris Match, semaine
dernière) je me fais refiler une coupe de champagne. Hein ? Ah, c'est
l'anniversaire de ma coiffeuse (50 ans, bad luck, elle veut pas prendre une
jeune apprentie ma coiffeuse ?) et elle veut fêter ça. Bon, on trinque. H+40
minutes, on tient le planning. J'ai fini mon deuxième magazine.
- La coiffeuse : ... blah blah... et vous Mr Darkside c'est pour quand ? (petit
rire)
- Moi : (je quitte à contrecoeur mon article sur les amours du Prince Andrew)
Euh, hein, pardon ? C'est à quel propos ? (une vieille dame sous un casque de
Star Trek chauffant servant à je ne sais quoi me regarde avec un sourire
édenté).
- Votre mariage ? C'est pour quand ? Le petit couple s'est marié l'an dernier et
a eu son premier enfant en Janvier, je les coiffais avant même qu'ils se
connaissent, ça me fait plaisir. Et vous, vous vous mariez quand ?
- Héhéhé (rire jaune - j'avais oublié qu'elle connaissait ma relation avec Marie
depuis 4 ans et qu'elle ne sait pas que l'on a rompu)... Pas encore, pas encore,
on est jeune, héhéhé (slurp, je bois une gorgée de champagne).
Gaffeuse. Bon, c'est mon tour maintenant, je quitte à regret
Britney Spears pour rejoindre ma coiffeuse.
Retour à la maison. 2h pour me faire coiffer (en comptant le retard), pas mal, c'est honnête. Au moins cette fois j'ai pas dû me battre avec une petite vieille pour prendre le dernier Voici. Carine m'a téléphoné pour me maudire d'avoir éteint mon portable après l'avoir raccompagnée hier soir : elle a été invitée en boite et voulait que je vienne avec elle. Du coup elle est sortie sans moi. La haine. Ce soir elle va passer chez moi après le boulot... Bon, en attendant, je vais effectuer mon petit rituel habituel : ménage + courses avec mon caddy de grand-mère. Il fait un temps magnifique, le bonheur, j'ai vraiment la pêche en ce moment.
13h39
J'ai fini de petit déjeuner, Carine doit arriver prochainement. Elle commence un poste à la CR à 16h et passe à la maison juste avant. Elle est venue me rejoindre hier soir. On est restés très sages, l'un contre l'autre sur le canapé devant la télé à regarder les émissions pourries du samedi soir. C'était un vrai bonheur, un petit bonheur tout simple, mais un bonheur quand même. Elle m'a parlé de son enfance, de sa vie et bon... on peut dire qu'elle n'a pas eu de chance. On est resté comme ça l'un contre l'autre jusqu'à minuit, ensuite je l'ai raccompagnée chez elle. Arrivée dans mon parking elle a voulu fumer une clope (incorrigible fumeuse...). J'ai mis de la musique dans ma caisse : Best of Michel Sardou en 20 chansons. C'est notre seul point commun musical : on adore la variété française et entre autre Sardou. Résultat on a dansé des slows dans mon parking pendant une demi heure. C'était étrange comme scène, nous deux en train de danser et chanter sur "Comme d'habitude" (repris par Sardou), dans mon parking désert à minuit passé. Des petits bonheurs. Je l'ai ensuite raccompagnée chez elle.
Plus tôt dans la soirée j'ai eu un coup de fil de Claire qui voulait avoir de mes nouvelles. J'étais un peu gêné, je ne savais pas trop quoi dire. Je suis tout à fait conscient que si je la revois encore on risque de coucher ensemble à nouveau. Non pas que l'idée me déplaise (loin de là) mais j'aimerai pouvoir éprouver une certaine fidélité sentimentale pour une fois dans ma vie. Déjà que je me pose beaucoup de questions à cause de Chloé, je voudrais éviter d'avoir à me torturer avec Claire. Bref, on a promis de se rappeler sans toutefois convenir d'un rendez-vous. C'est toujours le même problème, pourquoi faut-il que je fasse la distinction entre sexe et sentiments. Je dois arriver à mélanger les deux et à ne pas envisager le premier sans le second (bien que le second soit envisageable sans le premier à mon sens).
Du coup aujourd'hui j'ai du décommander mon rendez-vous avec Isa. On s'était promis de reprendre le sport ensemble et d'aller courir aujourd'hui (en plus il fait un temps superbe). Elle en vélo, moi à la course derrière elle. Il a fallu que je lui explique que je ne pouvais pas, que je voyais quelqu'un cet après midi. Elle est compréhensive, elle s'est retrouvée un peu dans la même situation que moi il y a 2 ans. Elle était au bord du gouffre, sortait d'une relation pourrie avec un mec qui la trompait ouvertement, n'avait pas trop d'amis dans la région. Je l'ai rencontrée au boulot. J'ai décidé de la "sortir", de lui faire rencontrer des gens, de la présenter à mes amis. Je pensais qu'elle irait bien avec Alain, manque de bol (pour lui), elle a préféré David. Depuis c'est une affaire qui roule (avec ses hauts et ses bas, mais c'est mieux que rien). Comme quoi je suis un peu comme Julie : un marieur à mes heures perdues infoutu de se caser lui même.
Après midi passé à faire le ménage en beuglant "Je vaiis t'aiiiiimer comme on ne t'a jamais zaiiimmé !!" en duo avec Sardou. C'est grave. Que je chante, passe encore, mais que je me serve de mon balais comme micro, c'est pathétique. J'ai vu Carine avant qu'elle aille à son poste. On doit toujours se cacher pour ne pas que l'on nous découvre. Plus tard je suis allé louer des DVD et en rentrant je suis passé à la CR. Carine revenait d'intervention. Je suis allé dehors avec elle pour qu'elle grille une clope. On a pas mal discuté à l'abri du regard des autres. Au moment de partir, je m'approche d'elle pour l'embrasser vu que personne ne nous peut nous voir de là où on est. Au même instant le reste de l'équipe sort en courant pour aller en intervention (avec Carine du coup). Je suis arrêté en plein vol. Arg, trop dur. "Je te téléphone quand j'ai fini' dit-elle du bout des lèvres. Je suis accro. Bon, je vais rentrer chez moi, Jeff doit passer à la maison. Comme il est au chômage et totalement déprimé en ce moment je lui ai proposé de venir mater des DVD avec moi : soirée pizza + films, rien de tel pour remonter le moral de quelqu'un non ?
La semaine démarre sur les chapeaux de roues. J'ai reçu un
mail de Chloé qui me demande comment on fait pour demain soir. Yes ! Elle vient
donc au théâtre. Mais je suis bien ennuyé. Il y a Carine dans ma vie maintenant.
C'est tout récent, soit, mais par principe je voudrais éviter de courir deux
lièvres à la fois (d'autant qu'à courir deux lièvres à la fois, on se retrouve
bredouille...). En tout cas je suis content que Chloé ait pu se libérer. J'ai
réussi à ne pas penser à elle durant une semaine complète et maintenant que j'ai
reçu ce mail, je suis excité comme une puce.
A midi au boulot on a commencé à parler des possibilités de
rencontres de nos jours, des rencontres sur Internet, du Speed Dating qui est à
la mode en ce moment, des cours de danse pour draguer, etc... Les couples
présents m'ont gentiment abreuvé de conseils pour rencontrer des gens, etc...
Ben oui, j'ai bien dû leur expliquer pour Marie, j'en avais marre qu'ils foutent
les pieds dans le plat. Simon était en face de moi, vaguement déprimé. Il refuse
de se bouger pour rencontrer quelqu'un. Tant pis pour lui. Je suis partisan du
bon coup de pied au cul de temps en temps pour se forcer à bouger. En tout cas,
certains se doutent que je sors avec quelqu'un en ce moment, je pense que cela
se ressent dans mon comportement.
Ce soir j'ai organisé une petite soirée au pub du coin avec
mes potes (Léa, Simon, Jeff, etc...) pour fêter la Saint Patrick. Je vais en
même temps tenter de mixer deux de mes groupes de potes qui ne se connaissent
pas. Bon, il n'y a quasiment que des mecs ou des couples, mais ça peut être
sympa. Jeff était partant pour venir bien que les soirées au pub ne soient pas
son truc, mais en ce moment il est tellement déprimé que je le force à sortir.
D'habitude il traîne souvent avec Alain, mais comme ce dernier est parti en
vacances à l'autre bout du monde avec d'autres potes, Jeff se retrouve
complètement seul pour deux semaines. Du coup, je me charge de le "sortir" (en
plus ça me fait plaisir, je l'adore !).
Aujourd'hui j'ai dû poser une journée de congés pour
récupérer mes heures supplémentaires (ah, les 35h, quelle belle invention !).
J'ai appelé Carine pour savoir si elle pouvait se libérer un jour pour que l'on
puisse se voir tranquille. Impossible, par contre Lundi prochain elle ne bosse
pas le matin. Conclusion, j'ai posé mon Lundi. Double avantage : long week-end
et je passerai la matinée avec Carine. Peut être même que j'arriverai à la
convaincre de dormir à la maison dimanche soir. Ben oui, les apparences sont
parfois trompeuses, c'est une fille assez prude, enfin pas le genre WASP, mais
pas non plus à coucher le premier soir. C'est pas plus mal, ça change. Mais je
suis pas un saint non plus. Enfin, elle m'a quand même avoué que le soir où nous
sommes allés au restaurant, elle avait envisagé la possibilité de dormir chez
moi le soir. Et moi j'ai rien tenté. Bah, on verra bien, en attendant, demain je
revois Chloé. J'ai plus trop d'espoir mais finalement c'est pas plus mal. Dans
le genre "reine de glace", c'est vrai qu'elle excelle, pas la moindre marque
d'amitié (et encore moins d'amour), rien, même pas un "Bisous, à demain" dans
ses mails. Je commence un peu à ne plus penser qu'à elle. Mais je ne me fais
aucune illusion. Demain, dès que je verrai ses yeux, je fondrai à nouveau.
Un regard. Un regard suffit à me faire oublier toutes mes
bonnes résolutions, Carine, la fidélité, le reste. Elle s'approchait, ses longs
cheveux blonds légèrement ondulés se balançant en rythme. Elle est allé chez le
coiffeur récemment, elle est encore plus belle que jamais. Je ne peux détacher
mon regard de ses yeux bleus, si bleus. Mon ange. Chloé est de retour.
Le théâtre. Excellent, superbe pièce d'Oscar Wilde
("L'éventail de Lady Windermere"). Elle adore. Moi aussi. On est un peu serré
(Loge de corbeille), je suis un peu collé contre elle. Je touche sa jambe droite
malencontreusement. Je ne bouge plus. Profiter de l'instant présent. Apprécier
le moment.
La pièce est finie, on parle des acteurs, des décors, elle
est enchantée. Moi aussi. Elle bosse encore plus qu'avant, elle a les traits un
peu plus tirés que la dernière fois. Elle présente sa thèse le 5 mai.
On marche un long moment avant d'atteindre le métro. On se
dit au revoir, pendant que je lui fais la bise je lui murmure un truc du genre
"tu sais je t'aime vraiment beaucoup", et en reculant pour partir dans ma
direction un truc du style "En fait, je crois que je t'aime (grand sourire)". Je
pars pour ne pas la laisser répondre, sans la regarder, pour ne pas affronter
son regard, en fermant les yeux. Elle me rattrape par le bras, se met face à moi
et m'embrasse.
On marche un long moment avant d'atteindre le métro. On se
dit au revoir, me lèvres s'attardent sur ses joues, aucun son ne veut sortir de
ma gorge, elle s'éloigne en souriant :
- Elle : Je ferai des gros câlins à Miaou de ta part ! (grand sourire)
- Moi : (j'ai la gorge nouée, je n'arrive qu'à bafouiller) ... oui, fais lui de
gros câlins de ma part. A bientôt !
Je suis nul. Complètement nul. Irrécupérable, pas doué, lamentable, pathétique, ridicule. Et seul comme un idiot sur mon quai de métro, les yeux un peu embués et souriant à Chloé de l'autre coté du quai, qui me fait des grands coucou. Son métro arrive. Elle me fait à nouveaux des signes en souriant. Mon coeur est serré. Est ce que cela vaut vraiment la peine que je me batte, que je m'obstine. Je n'y arrive pas avec elle. Claire, Carine, Ange, Marie, les autres, tout était si naturel. Face à Chloé je perds toute spontanéité. Je perds tous mes moyens. Marie. Je m'en souviens encore. Comme dans un film. Je l'avais invité à aller se balader en ville un soir, c'était la période de Noël, on s'amusait comme des fous à faire du lèche vitrines. Quelques flocons ont commencé à tomber, puis une neige dense à envahi le centre ville. On s'est réfugié dans l'encadrement d'une porte. On s'est retrouvé l'un contre l'autre. Et on s'est embrassé. Instant de bonheur, qui aurait pu prévoir l'issue de cela plus de 4 ans plus tard...
De retour chez moi Carine me téléphone. Elle me téléphone
tous les jours. Je l'aime bien. On discute un long moment. Je lis mes mails.
Claire. Elle veut me revoir, savoir ce que je fais ce week-end. Peut-être. J'ai
reçu une lettre d'un très bon ami. Il se marrie le 30 mai, je suis invité.
J'accepte. Je suis las. Fatigué de ces mensonges, fatigué de ne plus me
comprendre, d'être déchiré entre des envies bassement sexuelles, un amour
naissant, un amour impossible, des souvenirs... Je voudrais revenir en arrière.
C'est la première fois que je souhaite tant changer le passé. Je veux revenir en
arrière d'un an. Je veux oublier. Je vais peut être écrire à Chloé pour lui
avouer tout ce que je ne peux pas lui dire de vive voix. Je ne veux plus avoir
de sentiments, je veux être insensible, froid, dur, abject. Au loin une
bouteille de Martini me nargue...
Hum, en relisant ma journée d'hier, chose que je fais rarement, je m'aperçois que je n'ai pas été très clair. Non, je n'ai pas embrassé Chloé, c'était juste ce que mon cerveau machiavélique projetait de faire (espérait ?). Il n'y a rien eu. Nada. Que dalle, je lui ai même pas pris la main, rien. Si, je lui ai fait une bise. Pendant le théâtre j'étais gonflé à bloc et puis quand je me suis retrouvé avec elle dans le métro au milieu d'une foule d'inconnus qui passaient à coté de nous, tout s'est évaporé, j'ai plus su quoi faire. Echec total. Mais je vais continuer. C'est malhonnête de ma part sachant que je suis plus ou moins officiellement avec Carine, mais j'ai encore un soupçon d'espoir pour Chloé. Je vais me battre.
Sinon, j'ai été harcelé toute la journée au téléphone. Carine n'a pas arrêté de me téléphoner, elle est en plein dans la génération "portable", à m'appeler à tout bout de champs, m'envoyer des SMS toutes les 3 secondes. Rahhh, je craque. Je ne suis pas un accro du portable comme elle. Enfin, c'est adorable de sa part quand même. Claire m'a aussi appelé : elle a eu les résultats de son examen de math : 14/20 ! Elle était ravie (faut dire que d'habitude elle se tape des 5/20). Faut croire que mon "cours" de math a porté ses fruits. Evidement elle veut me revoir ce week-end. Evidement j'ai dit oui. Oui, je cherche les ennuis. Ben j'ai décidé d'y aller a fond dedans. On verra bien ce qui se passera. J'ai aussi décidé d'avouer mes sentiments à Chloé ce week-end si elle n'a pas donné signe de vie avant (99% de chances). Advienne que pourra. J'en peux plus. Je vais peut être faire une énorme bêtise, ça sera pas la première fois. Ce soir j'ai encore réunion CR. Carine est en formation Radio et passe à la maison ensuite...
Hier soir Carine est passée à la maison après sa formation radio. On a passé trois heures ensemble, à écouter de la musique, à fumer des clopes à ma fenêtre (elle, pas moi), à s'embrasser. C'était un moment très agréable. Elle n'est pas là vendredi soir, ni samedi soir. On se voit Dimanche soir. Je l'invite à manger chez moi. Enfin, je vais tenter de lui cuisiner quelque chose d'avalable. Elle m'a proposé de venir cuisiner pour moi, mais bon, ça serait un peu abuser. Je l'ai ramenée chez elle et je suis rentré chez moi... à 1h du matin. Bizarrement, je ne suis pas fatigué à force de tenir ce rythme.
Claire m'a appelé aujourd'hui, elle n'est pas libre ce week-end et propose que l'on se voit vendredi de la semaine prochaine. Elle veut encore que je lui donne des cours de math (voui, des vrais cours, enfin je crois) sur les logarithmes et les exponentielles. Bah, ça va le faire. Du coup demain soir je suis tranquille chez moi tout seul, je n'ai pas de sortie prévue. Je pourrais aller au sport... hum... non. J'irai peut être courir s'il fait encore jour. Et samedi soir je retourne au théâtre, tout seul. Stan et André me proposaient une soirée Goth, mais c'est pas trop mon truc. Je préfère de loin le théâtre. Cette fois ce sera "Médéa". Adaptation moderne (et trash) de "Médée", en anglais, surtitré en français.
Je m'étais promis de parler à Chloé ce week-end, mais j'ai
oublié qu'elle part encore pour un colloque samedi pour le week-end je crois.
Arg. Pauvre Miaou, il va rester seul... Je ne sais pas si cela pourrait marcher
avec Chloé finalement. Toujours en vadrouille, elle bouge trop pour moi. Hier
j'étais si bien avec Carine. On était juste l'un contre l'autre, à regarder les
étoiles depuis ma fenêtre, en écoutant Lina Lemay (vive le Québec !) et Patrick
Fiori (mouais, je préfère de loin Linda). Me dire que Carine habite à un quart
d'heure de chez moi, que ce soit en voiture ou en tramway, c'est bien
finalement. On peut se voir quand on veut, le soir après le boulot. Je l'aime
bien.
Hier elle m'a avoué que Lydie, la co-directrice de la CR, savait pour nous deux.
Carine était en intervention avec elle dimanche. Et Lydie a remarqué que Carine
téléphonait souvent à son "chéri". Bref, elle l'a traquée, elles en sont venu à
parler de moi et Carine a avoué. Lydie pense que l'on n'a pas à se cacher, qu'il
n'y a aucun problème, mais personnellement, je préfère me la jouer profil bas.
Maintenant je comprends mieux pourquoi Lydie me souriait avec un regard complice
lors de la réunion hier soir. Elle savait. Humm. Ca va devenir intéressant sous
peu.
Ah l'enfer, j'ai vu le moment où je ne pourrais pas écrire aujourd'hui. Ce soir je rentre, je vaque à mes occupations et je me mets devant mon ordinateur pour écrire dans mon journal. Le PC démarre et affiche un écran noir. Bah, il veut quoi lui ? Coup de pied dans la boite et j'appuie sur l'interrupteur d'arrêt. Il redémarre et là ça a commencé à déconner. Il me parle de mode en échec, de scan de disque, de fichiers corrompus, etc... Des tas d'insultes, comme si j'y étais pour quelque chose moi ! Mais j'arrive à accéder à mon bureau. Je veux lire mes mails. Marche pas. Il arrive pas à connecter je sais pas quoi. Va mourir. Je lance Média Player pour avoir un peu de musique pour me détendre. Marche pas aussi : la DLL truc machin est pas valide. C'est ma faute à moi ? Qu'il se démerde à se réparer tout seul. Il s'est bien cassé tout seul ! Bref, le machin déconne à fond, c'est une catastrophe. J'ai pas accès au mail et à ma musique, seules raisons de vivre de mon ordinateur, c'est donc rédhibitoire. Il faut que je fasse un truc. Le coup de pied n'ayant pas marché, je tente la médecine douce. Au pire j'ai un CD "Windows XP", je sais qu'en l'enfournant dans le lecteur le bidule va se réinstaller tout seul. Je perdrais mes mails et mes favoris Internet, mais au moins je pourrais écouter à nouveau ma musique. Je relance l'ordinateur et là il me demande ce que je veux faire. Je ne trouve pas l'entrée "Ecrire dans mon journal intime et réparer ce merdier". Y'a un truc qui semble bien : "Rétablir la dernière configuration de quand ça marchait avant que cet XP de merde explose tout seul pour m'embêter et achever de me gâcher ma semaine". Paf, emballé c'est pesé, je choisis ça ! Le bestiau commence à faire un drôle de bruit et au bout d'un quart d'heure mon bureau s'affiche. Tout remarche. Je n'ai rien perdu. Je sais pas ce qu'il a fait, en fait je m'en contrefous, mais il marche ! Miracle de la technologie ! Tout ça pour dire que j'en ai bavé pour pouvoir écrire ces quelques lignes.
Donc hier, Carine m'a encore téléphoné. On a parlé jusqu'à 1h du matin. Il faut voir le bon coté des choses : on mourra ensemble. Elle d'un cancer du poumon, moi d'un cancer de l'oreille ou du cerveau à cause de mon portable. Cool. Elle m'a parlé de ses Ex, m'a dit que c'était la première fois qu'elle se sentait si bien avec quelqu'un dès le début, que j'avais un "forfait illimité". C'est très poétique le coup du forfait : quand elle sortait avec un mec pour voir si ça pouvait coller, le mec était en forfait limité, un peu un CDD : petit ami pour un mois, reconductible. Ben moi je suis en illimité, l'équivalent du CDI pour le petit copain. C'est sympa, je me sens chanceux.
Ce soir elle m'a encore téléphoné pour savoir ce qu'on faisait dimanche soir. En fait elle m'invite au resto, elle a pris peur en découvrant que je voulais cuisiner seul. Merci pour la confiance. La prochaine fois, c'est pizza ! Ensuite elle m'a chargé de louer une comédie romantique à regarder ensemble. Facile, je les ai déjà toutes vues ! Limite le rayon au vidéo futur porte mon nom. Après elle va peut être dormir à la maison. J'ai bien dit "dormir". Je vais me prendre une douche froide avant, ça me calmera. Lundi matin (si elle dort à la maison) j'ai prévu d'aller lui chercher des croissants. Si mon boulanger est ouvert... Il est trop fort mon boulanger ! Cet été il a fermé 4 mois, il y avait un écriteau sur sa porte : "Fermé pour cause de vie familiale inexistante". Mortel ! Quand il a rouvert, la caissière avait changé, c'était une belle rousse plantureuse. Depuis il ferme les week-end. Oui, il est fermé le samedi ET le dimanche. C'est pratique ! Et comme en semaine il ferme à 19h, je bouffe pas souvent du pain. Donc lundi, je ne sais pas s'il sera ouvert. Mais ça serait bien : un petit déjeuner au lit avec Carine. Comme c'est mignon. Je crois que je l'aime bien.
23h28
Première biture on-line. Je n'arrivais pas à publier mon journal suite à une énième panne de mon hébergeur, donc je suis aller zoner sur ICQ. J'ai trouvé André qui était là, passablement éméché au rhum blanc. On a discuté un long moment, de sa copine chinoise, de nos expériences sexuelles (ben oui, discussion classique entre deux mecs), etc... J'écoutais du Paul Okenfold tout en buvant verre de Martini sur verre de Martini. Le résultat ne s'est pas fait attendre : au bout de 4 verres, mon clavier m'attirait irrésistiblement et nos propos sur ICQ devenaient de plus en plus incohérent. C'est pathétique... mais tellement bon !
Réveil tardif vers midi. Pas de gueule de bois, ce qui est bien compte tenu du mal que j'ai eu à trouver mon lit hier soir. Les murs n'arrêtaient pas de bouger ce qui ne facilitait en rien ma tache. J'ai passé l'après midi à aider mon pote à déménager. Ca y est, il a franchi l'étape ultime : il emménage avec sa copine dans une nouvelle maison, une vraie qu'ils ont acheté, pas un petit appart loué à un prix exorbitant. C'est bon, il a trouvé la bonne, il ne reste plus que le mariage. Finalement ça ne me touche pas plus que ça. Ma vie sentimentale est un capharnaüm, mais j'ai repris espoir. Il faut dire que Carine y est pour beaucoup. Elle arrive à me faire oublier toutes les autres. Je ne pense presque plus à Ange et Chloé commence même à m'exaspérer à force de cultiver le flou artistique sentimental comme art de vivre. En parlant d'Ange, je vais la revoir dans 1 mois maintenant. Pourvu qu'elle ne soit pas belle, pourvu qu'elle soit distante, pourvu que Caïn soit agréable, beau. Comme ça je n'aurai pas mal. J'aimerai tant que Caïn soit un gars bien pour elle, pour n'avoir aucun remord. C'est toujours ça avec les Ex : on sait qu'elles vont refaire leur vie avec quelqu'un d'autre mais on veut juste que ce quelqu'un d'autre soit mieux que vous. C'est affreux quand on découvre que le nouveau prétendant est un pauvre gars, stupide et laid, on se demande ce qu'elle lui trouve. Et du coup on se compare à ce mec, on se dit "ben finalement je valais autant que lui". Et ça fait mal. Je veux que Caïn soit un gars attentionné qui lui prenne la main, qui l'embrasse devant moi, qui s'occupe d'elle, qui l'aime... enfin ! Je ne pourrais jamais être avec Ange, mais au moins qu'elle soit avec un mec bien.
David m'a pris la tête ce matin. Il m'a téléphoné pour savoir si j'allais courir avec lui et Isa demain matin et si je voulais aller au cinéma ce soir pour voir Daredevil. Beuark ! Déjà je vais au théâtre ce soir. Ensuite demain je vais au resto indien avec Stan et André. David m'a sorti que ce n'était pas bien, que je ne faisais plus de sport, que j'allais grossir, etc... Mais de quoi il se mêle celui là, cet espèce d'anorexique qui pèse 50Kg tout mouillé ! Dans la famille "larve plantée devant son ordinateur à longueur de journée" je voudrais David ! En plus quand je lui ai dit que Lundi soir je ne reprenais pas le sport comme prévu (because formation Radio à la CR), il est parti dans un monologue sur les bienfaits de sortir, de faire du sport, etc... L'hôpital qui se fout de la charité. Déjà qu'il m'a gonflé à la Saint Patrick avec ses conseils sur l'art de trouver une copine, qu'à mon âge cela se fait crucial, que je vais ressembler à Alain. J'ai horreur du misérabilisme qu'il témoigne à mon égard, comme si j'étais mourrant, atteint d'un cancer au coeur qui me ferait dépérir. Oui j'ai traversé une sale période mais je n'ai jamais voulu de son aide, il n'a jamais compris ce que j'ai ressenti, pourquoi j'ai tant souffert. Il s'est vu lui ? Son couple est l'alliance la plus improbable qui puisse exister, avec mes potes on avait même pris des paris au début de sa relation avec Isa sur le temps qu'il mettrait à se faire larguer. Pour l'instant on a perdu. Mais vraiment avec David je craque. Si je veux bien ne pas recevoir de conseils d'une personne, c'est de lui. Bref, je regrette un peu de ne pas aller courir avec lui demain. Ca aurait été très drôle, une première mondiale même.
Dans 1 heure je vais partir au théâtre, et je suis là devant mon PC mort-vivant à écrire dans mon journal. J'écoute des vieux tubes de Goldman en bouffant des Lychees au sirop. Le soleil se reflète sur mon écran. Je pense à Carine, et je me dis que c'est une fille bien. Elle n'a que 22 ans, c'est un peu jeune, mais elle est vraiment mature. Hier elle me disait qu'elle ne voulait pas dire la phrase classique, celle que l'on se balance à tout bout de champs, celle qui ne signifie plus rien tant elle est simple à dire. "Je t'aime". C'est si simple à dire. Ca ne veut plus rien dire. On préfère ne rien se dire. Nos yeux parlent bien mieux. Pour reprendre mes classiques, je pense que je ne la hais point.
C'est agréable d'être avec Carine. Elle est pas prise de tête. Elle parle beaucoup, mais autrement elle est sympa. On avait prévu d'aller au resto, de louer une comédie romantique et qu'elle dorme à la maison. Elle n'avait pas faim et était fatigué (elle s'est faite bronzer tout l'après midi). On n'est pas allé manger, on n'a pas loué de film non plus, on s'est juste mis dans mon canapé sous ma couette, en habits de nuit et on a regardé des films en s'embrassant. D'abord "Moulin Rouge", ensuite "Gattaca". C'était génial, le bonheur sur terre, comme une injection de Cortisone en intraveineuse, un concentré de Lexomil. Je flottais sur un petit nuage. On est allé se coucher à minuit. Et pour une fois j'avais envie de rien, si ce n'est de dormir. Juste dormir, contre elle, sagement, pouvoir l'enlacer, avoir un peu de tendresse. Mais elle ne l'entendait pas de cette oreille. Elle m'est tombé dessus à peine nous étions nous couchés et au bout d'un moment j'ai craqué. Malheureusement comme dit le dicton (made by moi) "Homme forcé ne fait rien de bon". J'ai été pitoyable. Si si. Vraiment nul. Le genre cas de divorce avant le mariage, ou dernier avertissement avant largage. Je passe pour un demi-dieu aux yeux de Claire dont je me moque ouvertement et je foire lamentablement avec Carine alors que j'ai une certaine estime pour elle. Revanche du destin, à force de ne plus savoir où aller, le mental s'en fait ressentir. Bref, Carine ne semble pas s'être formalisée de ma suprême performance, ça a même été l'occasion d'une belle crise de fou rire pour tous les deux. D'ailleurs je m'en moque un peu aussi, contrairement à ce que pensent de nombreuses femmes, il ne suffit pas de se déshabiller devant un homme pour que paf ! Ca marche tout seul ! C'est pas qu'elle ne me faisait pas envie, loin de là, mais c'est que j'avais pas envie ce soir là. Je suis un peu déçu de ne pas avoir pu lui faire plaisir, ça sera pour une prochaine fois. Nous nous sommes donc endormis sagement l'un contre l'autre...
Réveil fatigué après ma nuit avec Carine. J'ai plus l'habitude de dormir avec quelqu'un qui squatte la moitié de mon lit, qui tire les couvertures, qui vous écrase le bras pendant la nuit, vous file un coup de boule en se retournant. Mais aussi quelqu'un à la peau douce, qui sent bon, qui se colle contre vous en poussant des petits grognements dans son sommeil, qui vous caresse le dos, le ventre. Et qui n'est pas du matin. C'est bien ma veine. Autant hier j'avais pas envie, autant ce matin j'avais une forme olympienne. Forme prestement calmée par une douche bien froide vu que Carine n'était pas décidée. C'est si dur de nos jours d'avoir envie des même choses en même temps. On est allé déjeuner à la terrasse d'un café, ensuite je l'ai accompagné au boulot. On se voit mercredi soir, son père est absent, elle est seule avec sa petite soeur à la maison. Elle m'invite à dormir chez elle. Et pas d'illusion à avoir, ce ne sera pas la... "période" pour faire des folies de nos corps. Soit.
Cet après midi, je suis allé bouquiner tout seul dans un parc, au soleil. 19°C, ça c'est du printemps. C'est aussi le jour d'une nouvelle grande résolution : j'arrête de courir derrière Chloé. J'en peux plus, je suis avec quelqu'un que j'apprécie, et je n'ai que faire de me miner le moral, de me pâmer pour une fille qui est aussi froide qu'un salle de bain carrelée un matin d'hiver.
Ce soir j'ai le début de ma formation Radio, je vais devoir apprendre des pages et des pages d'indicatifs, un pur bonheur, je suis retourné à l'école. Lu au détour d'une page, sous un soleil tapant, une phrase tellement pleine de bon sens : "Pratiquement tout le temps, vous vous dites que vous aimez quelqu'un alors que vous êtes simplement en train de vous servir de lui. Ca ne ressemble qu'à l'amour." Je vais méditer là dessus...
Retour à la triste réalité : le boulot. D'autant qu'en ce moment, je suis plutôt gâté de ce coté là : qui parle d'une crise ? J'ai encore plus de taf qu'avant. Bref, la journée est plutôt calme. Demain je suis invité chez Carine pour voir un film. Son père n'est pas là, sa petite soeur oui, mais ça peut être une soirée sympa. A part ça, rien de notable. Pour une fois, ça change, je vais arriver à écrire moins d'une page.
Journée de rêve, passée coupé du monde, à bosser dans une
salle où :
- je n'ai pas de téléphone,
- je n'ai pas accès à Internet (ça ne me change guère...)
- je n'ai pas accès au mail.
J'ai accès à quoi ? Hum... Rien. J'ai même pas de fenêtre. Il
parait qu'il a fait beau aujourd'hui, à vrai dire je n'ai pas vu le moindre
rayon de soleil.
Le soir je suis allé retrouver Carine. J'ai une pêche d'enfer en ce moment, en fait je multiplie les activités, j'ai un boulot monstre, je me force à me lever tôt tout en me couchant comme d'habitude (après minuit). Le pire c'est que je suis pas fatigué, j'ai vraiment l'impression que je pourrais soulever des montagnes. Et sans prendre de médicaments ! Je crois que je ne me suis jamais senti aussi bien.
Donc j'ai vu Carine. Je suis allé louer un film ("Couple de Stars"), on a mangé des pizzas chez elle et on a passé une super soirée, l'un contre l'autre. J'ai pu visiter son appartement, voir ses photos de famille, rentrer un petit peu dans son intimité. En y repensant, mon appartement est si impersonnel. Je crois qu'il y a une photo de moi et ma mère quelque part sur une armoire, mais rien de plus intime. Je suis peut être un mauvais fils, je n'ai pas de photo de mes parents sur ma table de nuit (j'ai une photo de mon chat à la place), si on me le demande je suis incapable de montrer des photos de mes parents jeunes, de moi bébé, de moi adolescent. Il n'y a aucun passé chez moi. Rien d'antérieur à 4 ans. Absolument rien ! Si je meurs, il faudra même batailler ferme pour retrouver l'adresse de mes parents à la maison. J'ai une photo de mon filleul dans mon portefeuille, au milieu d'un tas de portraits de Marie, que je ne me suis toujours pas résolu à enlever. Aucun album de famille avec mes petits cousins, mes grands-parents, rien de tout cela. C'est à ça que j'ai pensé en voyant les photos des parents de Carine, de ses soeurs, du mariage de ses parents, de leur période baba. Je n'ai rien à montrer, je n'ai pas de passé, je l'ai abandonné.
Toujours une pêche d'enfer. Journée de boulot monstrueuse. J'ai eu un mail de Julie, un ami commun vient dans la région ce week-end , on va aller boire un coup ensemble. Je n'ai même pas eu le temps de la rappeler. En ce moment au taf, lorsque le téléphone sonne, c'est "est-ce que je peux te rappeler plus tard s'il te plait" quand c'est un coup de fil personnel. Et je ne rappelle pas. Non par manque d'envie, juste par oubli. Bref, faut que je recontacte Julie.
Le soir, cinéma avec Thomas. Ca faisait longtemps qu'on ne s'était pas parlé, rien que tous les deux. On est allé voir "Daredevil", grosse [censuré] commerciale, tout juste digne du paquet de pop corn que l'on s'avale durant le film. Ensuite ballade au Virgin et papotage. Récemment il m'avait dit un truc du genre "Tu sais moi avec Sophie, c'est un peu la routine maintenant, il n'y a plus de séduction". Je déforme sûrement ses propos, mais l'idée est là. J'ai pas mal réfléchi à cette phrase. Ces derniers temps quelques personnes sont au courant de ma relation avec Carine. Jeff me disait hier de faire gaffe à ne pas tomber amoureux, que l'on est toujours le dernier à s'en apercevoir. Il peut parler lui ! 30 ans et une seule copine dont il n'a jamais accepté d'être séparé. Thomas m'invite à un resto la semaine prochaine avec des potes, il me propose d'inviter Carine, pour "la montrer". Je commence à voir plus clair maintenant. Je comprends mieux ce que je cherche...
Message sur le répondeur d'André : il s'est séparé de sa chinoise et est au bar avec Stan. Je n'ai pas le temps de le rappeler, il est super tard. Je pense que c'est mieux pour lui. Ce n'était pas une relation saine. Je peux parler...
En rentrant, j'ai retrouvé Carine. On a discuté un long moment. Je me suis couché à 1h passé.
Pourtant la journée s'est bien déroulé, au boulot ça a été sans exagérer je crois la pire journée de mon existence de travailleur. J'ai eu un coup de fil d'André, je le rappellerai plus tard. Oublié. Le soir il m'a contacté sur ICQ, encore zappé. Faut absolument que je lui téléphone samedi.
En rentrant, coup de fil d'Alain. Il voulait savoir si j'allais à l'escalade (mon sport, ça me gonfle de ne jamais le citer). Vu mes vertiges, c'est pas une bonne idée. Je vais reprendre lundi de toute façon. J'étais content d'avoir de ses nouvelles. Il a l'air d'aller bien. On va plus discuter lundi soir je pense.
J'ai annulé mon cours de math avec Claire, je suis trop détruit pour quoi que ce soit. On se verra peut être la semaine prochaine. En attendant, je vais dormir.
Une bonne nuit de sommeil, enfin. Je vais mieux, il faut juste que je me fasse un énorme repas et après ça sera la grande forme. Je vais appeler André pour voir comment il va, de toute manière j'ai eu un coup de fil perdu sur mon portable de la part de Stan. Ca promet...
Hier j'ai oublié d'en parler : j'ai eu un mail d'une amie du lycée, elle s'est installée dans la région. Toujours célibataire, elle n'a pas changé dit-elle. Pour la petite histoire, c'est une rousse incendiaire avec qui j'avais voulu sortir. Un de mes anciens râteaux.
Hier aussi j'ai mangé avec Tim le midi, j'avais besoin de faire une pause et comme il bosse pas loin de moi, j'en ai profité. Il va toujours aussi bien, je l'ai invité avec Léa à venir bouffer à la maison samedi prochain. On a parlé de Carine, de sa vie en couple, etc... Et là j'ai compris.
La plupart des couples de mon entourage me font pitié.
Longtemps j'ai cru que c'est ce que je voulais : rentrer dans le moule, faire
comme tout le monde, trouver une relation stable, pouvoir vivre à deux,
retrouver mes amis en couple, se faire des supers soirées de couple. Ce sont eux
qui sont à plaindre.
J'ai eu des nouvelles d'un ancien ami qui bosse à l'étranger
: il s'est trouvé une copine, elle l'a dressé, ils se sont empâtés tous les
deux. On ne fait plus aucun effort lorsque l'on est casé. C'est ça qui est bien
lorsque l'on cherche une copine : on doit se surpasser pour pouvoir plaire.
Quand on a trouvé, on considère tout comme acquis, et on se laisse aller. Thomas
parle d'une routine. Oui, c'est la routine. Lorsqu'il m'a dit que je pouvais
inviter Carine au resto avec eux la semaine prochaine, j'ai eu envie d'éclater
de rire. Pas à cause de lui. Non, à cause de moi : voilà qu'après tous mes
efforts de ces derniers mois j'étais enfin accepté dans la grande secte des
couples. Et oui, j'ai une copine, je satisfait donc la condition première
d'entrée dans cette secte. Mes potes célibataires pensent que je vais les
quitter pour vivre ma vie loin d'eux maintenant que j'ai trouvé une copine. Jeff
pense que je vais revenir progressivement à mon train train antérieur, et les
couples pensent que maintenant je vais faire leurs petites activités avec eux :
restos en couples, brunch le dimanche matin, etc... NON ! Thomas me demandais si
maintenant j'allais un peu ralentir avec mes "conquêtes" : tout arrêter avec
Claire, abandonner Chloé. Pourquoi ? Les gens considèrent que tout ceci est une
ultime tentative désespérée pour me caser ? Que je fais de la drague massive en
espérant tomber sur quelque chose ? Sophie m'a sorti la dernière fois que "je
devrais tirer mon coup" pour me changer les idées. Oh la bonne affaire, toujours
les bons conseils de Sophie. David et ses regards de complaisance à mon propos.
Tommy me disait que lui, Thomas et Alain faisaient des paris pour savoir si
j'allais sortir avec Chloé. Ils jouent en pensant je suis sérieux, à fond dans
ce que je fais. Mais qu'est ce qu'ils croient tous ?! Qu'ils sont supérieurs car
ils sont casés (quoi que Tommy et Alain sont loin du compte) ? Qu'ils sont
sauvés et qu'ils peuvent donc dispenser leur précieux conseils au reste du
monde. Mais ce sont eux qui se trompent ! La plupart vivent pour la première
fois avec quelqu'un, ou ont une copine pour la première fois. Et ils agissent
comme s'ils étaient déjà mariés depuis 50 ans. Comme des vieux. Ils ne font rien
ensemble, à part des petites sorties de temps en temps, des restos en amoureux
pour fêter leur anniversaire de rencontre, un week-end en amoureux parce le
boulot est trop dur et qu'il faut faire un break. Pauvres choux ! Comme la vie
est dure. Je me suis trompé de camps. Les plus à plaindre ne sont pas les
célibataires, ce sont les couples. Ange, ma belle Ange. Même elle a complètement
changée. Où est passée la fille de ma jeunesse, mon Ange tatoué, un peu rebelle,
gothique, qui hantait les cimetières pour faire des parties de jeux de rôles.
Mon Ange au passé si tourmenté. Maintenant c'est une gentille fille, propre sur
elle, qui vit joyeusement avec son copain, qui fête la Saint Valentin et lui dit
"je t'aime" avant de s'endormir. Certains appellent ça grandir, moi j'appelle ça
mourir. Lorsque l'on renonce à ses convictions, c'est que l'on accepte de
perdre. Ils ont perdu. Le plus drôle c'est de voir l'espèce de collocation qui
s'installe dans les couples : souvent la fille se couche tôt, le mec regarde la
TV ou joue sur son ordinateur encore de longue heures avant de la rejoindre.
Waouh, ça donne envie, putain, c'est ça que je voulais ? Mais j'ai pété
un câble moi ?
En ce moment tout le monde me juge, les célibataires comme un ancien membre qui change de catégorie, les couples comme une nouvelle recrue qui accède au stade ultime. Mais ils n'ont aucune expérience, ce ne sont que des puceaux sentimentaux, qui découvrent ce qu'ils croient être le bonheur, la vie. Ils n'ont juste rien compris, pour moi tout ceci n'est qu'un jeu ! Certes je suis sérieux dans ma relation avec Carine, mais je suis conscient que cela peut s'arrêter du jour au lendemain. Je ne suis pas dingue amoureux. Je prends mon pied à les contempler, à me moquer d'eux intérieurement, à les juger moi aussi, à faire des paris sur leur rupture prochaine, sur leurs prochaines crises de larmes. Maintenant, je joue. Et j'adore ça.
Réveil à 8h du matin. Horaire d'été, c'est à dire 7h du matin
temps d'hier. L'enfer, me lever à un horaire pareil un dimanche c'est intenable.
Pourquoi ça d'abord ? Pour 3 raisons :
1 - Emmener Carine à sa formation Radio qui est à perpète, perdue dans une cité
glauque.
2 - Emmener sa petite soeur en formation CR près de chez moi.
3 - Aller moi aussi servir de victime simulée pour la formation CR près de chez
moi.
Temps estimé : 45 minutes. Et j'ai tenu mon pari ! J'ai droppé Carine, ensuite
je me suis perdu avec la petite soeur pour trouver le local CR, j'ai réussi à la
déposer discrètement devant, je suis retourné me garer chez moi et j'ai fait
l'innocent en arrivant ensuite. Et oui, je ne suis pas censé connaître la petite
soeur, je ne l'ai vu "officiellement" qu'à la soirée crêpe de la CR.
Pendant toute la formation il a fallu que je fasse semblant de ne pas la connaître. J'ai fait ma victime toute la journée : je ne respirait plus, j'étais inconscient, je me suis cramé avec un fer à repasser, je me suis pris une balle dans le thorax. Ce dernier truc a été le pire. J'étais badigeonné de faux sang, j'avais un faux impact dans le poitrine, j'étais maquillé "pale" avec des sueurs. L'horreur, ça collait de partout, c'était gras, affreux. En plus la maquilleuse m'a foutu du sang plein le jean et les baskets. Et le mélange sang + latex + prothèse + sucre (pourquoi du sucre ? j'en sais rien) a une particularité marrante : en séchant il devient comme du vernis et colle. J'avais la main gauche en sang, toute collée et le T-shirt qui me collait au ventre et au dos (la balle m'a traversé). Et quand il a fallu lever tout ça... Misère ! Je ne suis franchement pas poilu, mais les pauvres résidus de fourrure qui peuplent mon torse ont littéralement fusionné avec le T-shirt et le sang. J'ai eu une épilation gratuite. Comme avec de la cire dixit la maquilleuse. C'est horriblement douloureux ! Mais il faut être fou (folle) pour supporter un truc pareil ?! Ensuite elle m'a achevé avec du dissolvant pour supprimer les bouts de latex. J'ai le torse en feu. Bref, à part ça rien de notable, il y aura peut être des nouveaux qui viendront voir à la prochaine réunion s'ils vont faire du bénévolat. Ca peut être sympa.
Quand tout s'est fini, Carine est venu nous rejoindre. Un petit bisous avant la prochaine fois. Ce soir elle fait un restaurant avec Pascal. Je suis bien mal placé pour me la jouer jaloux. Ensuite elle part pour deux semaines de vacances vendredi prochain. Et hier soir Claire m'a téléphoné car elle veut à tout prix me voir, même pas pour l'excuse bidon des maths. Va pour le week-end prochain.
Ah, j'ai aussi téléphoné à Milène, mon amie du lycée que je viens de retrouver. Elle va bien, croque la vie à pleine dents, est
Journée paisible. En fait c'était même trop calme comparé au rush que j'ai subi la semaine dernière. J'ai même pu écouter de la musique. Au programme : "ABBA - Greatest Hit" en boucle toute la journée. Et ben ABBA, ça donne la pêche ! Ce soir je retourne à l'escalade avec Alain, en priant pour qu'il ne me lâche pas de 12 mètres. En fait j'ai pas grand chose à raconter aujourd'hui : je vais peut être voir Carine juste après l'escalade, demain je retéléphone à Milène pour convenir d'un rendez-vous samedi. SMS de Claire qui veut toujours me voir ce même week-end. Elle connaît le jeu, elle connaît les règles...
Voulez-vous (ABBA)
People everywhere A sense of expectation hanging in the air Giving out a spark Across the room your eyes are glowing in the dark And here we go again, we know the start, we know the end Masters of the scene We've done it all before and now we're back to get some more You know what I mean Voulez-vous (ah-ha) Take it now or leave it (ah-ha) Now it's all we get (ah-ha) Nothing promised, no regrets Voulez-vous (ah-ha) Ain't no big decision (ah-ha) You know what to do (ah-ha) La question c'est voulez-vous Voulez-vous......... I know what you think "The girl means business so I'll offer her a drink" Looking mighty proud I see you leave your table, pushing through the crowd I'm really glad you came, you know the rules, you know the game Master of the scene We've done it all before and now we're back to get some more You know what I mean Voulez-vous (ah-ha) Take it now or leave it (ah-ha) Now it's all we get (ah-ha) Nothing promised, no regrets Voulez-vous (ah-ha) Ain't no big decision (ah-ha) You know what to do (ah-ha) La question c'est voulez-vous And here we go again, we know the start, we know the end Masters of the scene We've done it all before and now we're back to get some more You know what I mean Voulez-vous (ah-ha) Take it now or leave it (ah-ha) Now it's all we get (ah-ha) Nothing promised, no regrets Voulez-vous (ah-ha) Ain't no big decision (ah-ha) You know what to do (ah-ha) La question c'est voulez-vous Voulez-vous......... Voulez-vous (ah-ha) Take it now or leave it (ah-ha) Now it's all we get (ah-ha) Nothing promised, no regrets Voulez-vous (ah-ha) Ain't no big decision (ah-ha) You know what to do (ah-ha) I can still say voulez-vous Voulez-vous (ah-ha, ah-ha, ah-ha) Voulez-vous (ah-ha, ah-ha, ah-ha) Voulez-vous (ah-ha, ah-ha, ah-ha) Voulez-vous (ah-ha, ah-ha, ah-ha) Voulez-vous (ah-ha) Take it now or leave it (ah-ha) Now it's all we get (ah-ha) Nothing promised, no regrets Voulez-vous (ah-ha) Ain't no big decision (ah-ha) You know what to do (ah-ha) I can still say voulez-vous
Je ne cherche même pas à faire de jeu de mot vaseux autour du 1er avril ou à sortir une histoire invraisemblable pour avouer à la fin que "ah ah, poisson d'avril !". Ce matin France Info a annoncé dans la revue de presse qu'ils ne feraient pas de blague, rapport au contexte mondial quelque peu chargé ces derniers temps. Ils ont juste annoncé que en moyenne les français avaient 167 rapports sexuels par ans contre 25 pour les américains (tout en rajoutant que nous on fait l'amour, pas la guerre). Si je fais mon petit compte : Claire (x2), Carine (x0.5) = 2.5/167. Bref, je suis un peu à la bourre. Non pas que cela soit une course mais sur le papier je suis à la rue. Ca fait quand même beaucoup : un rapport tous les trois jours. Faut assurer quand même.
Donc pourquoi le jour du poisson ? Euh, parce que je suis
allé au restaurant japonais avec Thomas, Sophie, une très bonne amie - Valérie
(celle du
23/01/03, dans le même resto avec presque les mêmes) et un pote commun
d'université. Comme d'habitude on est parti dans des discussions autour du
boulot et ça a ensuite dévié sur... mes relations amoureuses et celles de
l'autre gars. Ben je croyais être le pire de tous, et non ! Lui il fait fort :
il est abonné aux femmes mariées (<30 ans quand même et sans enfant) ou en
instance de mariage. Moi je fais dans le vaguement post pubère mais lui il tape
dans un autre registre. Sophie m'a encore balancé quelques pointes comme
d'habitude, pas méchamment, elle est juste un peu 'Cash' parfois.
- Sophie : Et ça te fais quoi de rencontrer des gens d'un autre milieu à la CR,
avec une moins bonne éducation, tu arrives à leur parler ?
- Moi : ça me fait des vacances ! (Thomas est mort de rire à coté d'elle)
Ou encore :
- Elle : tu devrais vraiment partir en Turquie cet été (club UCPA où elle a
rencontré Thomas) toi !
- Moi : mais j'ai tout ce qu'il faut ici ! Et je pars en Tunisie cet été avec
Tommy en stage de plongée (grand sourire).
S'ensuit un long discours sur les plans dragues à l'UCPA dans ce fameux club en Tunisie. Bref, rien de notable, une soirée très sympa. Comme d'habitude on a ragoté sur tout le monde, les absents ayant toujours tort : Alain en a pris pour son grade, David & Isa aussi. Un vrai festival. C'était trop beau. J'aime ça en fait, Thomas et moi sommes de vraies commères. Pire que des filles entre elles je pense. En tout cas je suis de nouveau passé pour un Alien, avec mes plans drague à la con, mes relations bizarres. Bah, je m'en fous maintenant, j'ai compris que ce que je cherchais et enviais n'était qu'une illusion de bonheur. Le vrai est ailleurs. Où ? Euh, je cherche encore. Mais il est pas là c'est sur. Ah oui... hé hé... David et Isa vont bientôt déménager pour Toulouse où David retrouvera tous ses amis d'université avec lesquels il pourra sortir tout le temps. Résultat Thomas et moi avons repris les paris sur leur rupture prochaine. Il pense qu'ils se sépareront fin Septembre, moi j'ai rehaussé le paris à fin Août. C'est une certitude : je suis mauvais & méchant. Mais je m'en fous.
Et c'est reparti à bosser comme un fou. J'ai eu *1* jour d'accalmie. Trop fort. J'ai reçu un mail de Chloé, elle est encore vivante. Son talk s'est bien passé, sa thèse est finie, elle doit la relire, gnagnagna, etc... Ah si, elle a aussi envoyé une photo de son chat, le fameux Mr Miaou avec en commentaire "Qu'est ce qu'il a l'air tout tendre comme ça quand même ..." (l'animal est vautré sur mon canapé en quémandant des caresses en échange de croquettes). Misère. Enfin, elle a l'air un peu plus reposée que d'habitude, elle se considère presque comme en vacances. Je lui ai proposé un resto la semaine prochaine, on verra bien.
Le soir j'ai eu droit à ma séance de révision pour la
formation Radio, un examen blanc en quelque sorte. Ensuite réunion CR. Carine
était présente bien sur, Jess le pote de Pascal qui sait pour nous deux aussi
(Carine lui a avoué, bravo la discrétion féminine ça fait déjà deux fois, moi
j'ai réussi à tenir ma langue... euh...), Pascal et la directrice de la CR
(aussi au courant). Ignorance relative de rigueur entre Carine et moi. Petits
sourires entendus de Jess dans ma direction. Un des nouveaux de dimanche, RV,
est là aussi. Il est trop fort ce gars là : apprenti pompier, il conduit une
CLio sport "tunée" à mort. Un peu lourd aussi, mais brave. Il vient me voir
avant la réunion et me sort :
- RV : Waouh, t'as vu y'a Carine ce soir, elle faisait cobaye samedi sur ma
formation, j'ai vu son string !
- Moi : (ma chère et tendre devrait faire plus attention à ses dessous) Ah oui ?
Classe !
- Bon, je vais la brancher ! (et il se dirige vers elle)
Ben voyons, il va lui rouler une pelle aussi non ? En parlant
de ça, Carine smacke Pascal comme à son habitude. Va falloir s'y habituer. Jess
me fait des grands signes "quoi, tu la laisses faire ?". Petite moue de ma part
signifiant "Bah, you know the rules, elle m'avait prévenu et c'est que de
l'amitié (et ça j'en suis sûr)". RV semble interloqué par l'attitude de Carine.
Surtout quand elle va prendre Jess dans ses bras pour une obscure raison. C'est
nul cette affaire finalement, je suis le seul couillon à me faire avoir dans
l'histoire, je n'ai pas le droit de l'approcher lors de la réunion. Grrr. Je
commence à enrager. RV approche Carine et lui demande avec qui elle sort :
Pascal ou Jess ? Explication de l'intéressée comme quoi ce sont des amis et que
c'est trop compliqué. Je regarde la scène d'un oeil torve, je serai pas un peu
jaloux moi pour le coup ?
Réunion soporifique, je papote vaguement avec Carine. Blah,
blah, etc...
- La directrice : ..... et toi tu peux prendre le poste ce jour là ?
- Moi : ... mm mmm mmmoi ? (putain j'écoutais pas ! Je jette un regard désespéré
à Carine). Euh, je suis pas là ce week-end, je vais à XYZ.
- Et toi Carine ?
- Carine : moi non plus.
Petit sourire de la directrice. Zut !!! Elle croit que je
passe le week-end avec Carine. Même pas vrai, je vais *vraiment* à XYZ (revoir
Ange et mes parents!) .
Fin de réunion, on va au pub avec Carine, Pascal et Jess. Je
propose d'inviter RV, ça peut être drôle. On se retrouve donc à 5 au pub, à
jouer au Tarot jusqu'à minuit. On y apprend qu'RV a une copine, qu'il aurait du
rentrer ce soir là et que ladite copine lui en veut à mort d'être allé au pub
avec nous. Au retour RV nous emmène dans sa voiture infernale. Il pousse la
sono, le subwoofer fait trembler mes cheveux ! Il dépose Pascal et Jess devant
leur caisse et on se retrouve moi, Carine et lui devant ma maison :
- RV : bon Carine, je te ramène chez toi !
- Carine : Euh, non, non, c'est bon, il va me ramener il sait où j'habite.
- Moi : ouaip, c'est plus simple, t'inquiètes pas, ça roule.
- RV : tu es sûre Carine, ça ne me dérange pas du tout
- Moi : (NOON GROS NAZE, TIRES TOI !)
- Carine : non vraiment, merci mais il me ramène !
Enfin seuls. On peut enfin s'embrasser. Je suis un peu vexé
par cette soirée, j'ai été volontairement snobé et ça me gonfle un peu. Je
ramène Carine chez elle, on ne pourra pas se voir jeudi soir, et vendredi
elle part en vacances. Arg... J'ai trop la haine. Retour chez moi, seul et un
peu triste. Tiens, le portable a reçu un SMS. De Carine :
"Bonne nuit mhp, fais de beaux rêves, tu vas me manquer, gros bisous la femme de
ta vie".
Snif, c'est trop beau, elle est toute pardonnée. Elle va me manquer aussi.
J'ai vécu un grand moment de satisfaction au boulot aujourd'hui : j'ai été félicité en pleine réunion pour mon "travail fourni, son efficacité, sa qualité et sa rapidité" de la semaine dernière. Rien que ça ! C'est la première fois que mon chef, Ted, se fend d'un compliment, qui plus est en réunion. J'étais super content, flatté et en même temps un peu gêné, j'aime ne pas trop me faire remarquer (surtout en réunion). Ca ne m'a pas empêché de continuer à bosser comme un taré toute la journée. Je suis parti plus tôt du boulot pour aller voir mon médecin : je me suis réveillé ce matin avec un gros ganglion dans la gorge. Verdict : angine. Non mais j'ai rien demandé moi aujourd'hui, je veux pas être malade ! Pas encore !
De retour de chez le médecin, j'ai téléphoné à Claire. Elle m'avait mailé pour avoir de mes nouvelles. Elle est en vacances les 2 prochaines semaines je crois (Paques ?). Je lui ai proposé de la voir un soir en semaine prochaine. Elle adhère au principe, mais elle était bizarre au téléphone. J'ai comme dans l'idée qu'elle va me mener la vie dure cette fois. Bah, avec un peu de chance, elle m'enverra bouler sur les roses, ça simplifiera un peu les choses.
Carine n'a pas pu passer à la maison comme prévu plus tôt à cause de la grève des transports aujourd'hui, elle a du faire plus de 10 Km à pied pour rentrer aujourd'hui. Et son père est venu la chercher en voiture à la fin. Zut, je ne la verrai que demain soir avant mon cours Radio. C'est nul.
Mon portable a sonné. "Ange Portable". Mon Dieu que veut
elle. J'ai droit à son légendaire "Coucou !!!" lorsque je décroche. Elle aussi
bosse comme une folle, mais cela semble toujours coller avec Caïn.
- Ange : alors quoi de neuf ?
- Moi : bah, rien, je sors beaucoup, je suis inscrit à la CR et je taffe aussi
comme un malade (pas un mot sur Carine, je sais très bien qu'elle n'attend que
ça et je refuse d'aborder le sujet !). Et toi ? Tu as le temps de sortir ?
- Non, on ne fait rien avec Caïn, on bosse tout le temps...
- Vous prenez des vacances ?
- Non plus. (elle semble un peu triste. grand blanc)
Je ne sais plus quoi lui dire. Elle non plus. C'est foutu,
fini. Je lui parle de Milène, elle trouve marrant que je la revoie samedi, mais
je sens au ton de sa voix qu'elle sait exactement à quoi je pense : Julien. Elle
non plus n'a pas oublié. Je suis très triste après cette conversation. Elle ne
profite plus de la vie, mais au moins semble heureuse avec Caïn. C'est pas pour
me la jouer oiseau de mauvaise augure, mais je sens que ça ne marchera pas avec
lui. La vie pantoufle ne lui convient pas. Bah, je me suis bien trompé avec
David et Isa. On verra bien. J'espère juste secrètement qu'Ange le quitte. Mais
cette dernière conversation m'a vraiment fait prendre conscience de la cassure
qui existe entre nous deux. On n'ose plus se parler, trop de sujets sont
inabordables. Un peu comme Marie qui m'ignore royalement depuis deux semaines,
d'ailleurs j'ai décidé de ne plus l'appeler, j'en ai marre. C'est la première
fois que je ne trouve rien à dire à Ange ! Nous qui parlions des heures au
téléphone avant, maintenant on arrive à peine à soutenir une conversation de 15
minutes. Même Chloé a plus de conversation ! Remarque... ce sont bien les mêmes.
Je sens que les prochaines semaines vont être dures : Claire me prépare un truc, Carine part en vacances, Chloé est dans l'espace, Marie m'évite comme la peste, Milène va me rappeler de douloureux souvenirs. Et surtout Ange et moi sommes devenus des étrangers. J'ai perdu ma meilleure amie. Ne jamais tomber amoureux de sa meilleure amie. Jamais. La bouteille de Martini me regarde. Même pas, c'est formellement interdit avec les antibiotiques. C'est vraiment une journée de merde. J'ai vraiment perdu Ange. Tout est foutu.
Soirée formation radio : au programme, 10 apprentis
opérateurs radio comme moi qui veulent apprendre les procédures de transmission.
Sauf que dans toute formation, il y a :
- les gens normaux,
- les comiques qui s'en foutent,
- les sérieux, coincés,
- les stressés,
- les boulets.
Ben effectivement j'ai tout eu. Une étudiante stressée qui
avait peur de rater un exercice et qui virait à l'hystérie. Une bande de
comiques qui se marraient tout le temps (bon, j'étais un peu dans le lot aussi).
Des sérieux pas drôles, genre premier de la classe, un peu hautains qui sont là
pour bosser, bosser et encore bosser. Et surtout les boulets. Ah ça, on en avait
deux beaux. Une femme de la cinquantaine, ancienne CR qui doit repasser ses
diplômes. Elle bégaye vaguement quand elle est stressée, ne connaît pas ses
procédures, fait des blagues nulles et est un peu dans les vaps. A fortement
besoin d'un bon Lexomil. Et un gars de mon centre CR, dont tout le monde se
moque (dans son dos bien sûr). Il est franchement lourd, pose des questions
débiles tout le temps, a un humour "caustique" pour reprendre mes classiques. Et
donc pour les exercices on a du faire des binômes : deux comiques, moi et la
stressée, les deux pas drôles et les deux boulets.
Les exercices sont simples, il s'agit de passer des appels en respectant la procédure et les indicatifs. On a des papiers avec des phrases en "clair" à énoncer en utilisant le protocole. Facile. Chaque binôme prend un portatif, sorte de talkie-walkie de luxe, se met à l'autre bout du local ou dehors et on commence l'exercice. Ma stressée commence à lire toutes les phrases à l'avance, prépare tout mentalement et me demande de la corriger et de lui souffler. Mais oui, bien sûr, pour toi ce sera Prozac. Les boulets racontent n'importe quoi, lisent carrément les phrases sans rien retranscrire. Bref, un carnage. Les comiques sont esclaffés et les sérieux nous font un remake d'un mauvais film militaire américain. Génial ! Et dimanche on a notre examen final de 9h à 18h, ça va être trop trop drôle !
A la fin du cours, Carine me téléphone pour me dire qu'elle
passe me chercher. Consigne habituelle : discrétion. Tout le monde part et je me
retrouve seul avec Mr Boulet.
- Boulet : Tu sais j'habite vachement loin, tu serais pas venu en voiture ?
- Moi : (putain elle arrive quand Carine ?!) Euh c'est la lose, je suis venu à
pied. Je repars vers le Tramway.
- Ah ben moi aussi je vais prendre le bus juste à coté.
- (merde !!! Et Carine qu'est toujours pas là !) Ah ouiiii. Délire ! Et... Et...
Et... c'est où chez toi exactement ?
- C'est la résidence XYZ.
- (Carineeeeee, aide moi !!!!) Ahhhhh... Il faut peut être prendre le tramway
jusqu'à là bas et ensuite tu es ici et c'est pas trop loin, non ? (je veux pas
rentrer avec ce boulet et je peux pas lui dire que j'attends Carine, il va nous
griller direct, et lourd comme il est, il va le répéter à tout le monde. Miracle
! Carine est en approche !).
- Tiens, Carine est là.
- Ah ouais, trop drôle, salut Carine ! Tu vas bien ?
- Carine : oui, oui (sourire complice) je viens poser un truc au local (elle
rentre)
- Moi : Fait un peu frais ce soir, non ?
- Boulet : oui, ça s'est rafraîchi. Bon, on y va ?
- Euh, on va attendre Carine, on en a pas pour longtemps, elle a pas dit qu'elle
repartait vers le Tramway ?
- Je crois pas, elle a dit ça ?
- ... (Carine est perdue ? Hého !) Hum, je vais en profiter pour lui demander
l'arrêt de Tramway le plus proche de chez toi. (je rentre dans le local et
explique le problème à ma tendre et chère - on sort ensemble)
- Moi : bon on va vers le Tramway.
Bref, dialogue insipide avec Mr Boulet. On arrive à le
quitter vaguement discrètement devant son arrêt de bus. Carine passe à la
maison. On reste un long moment à "jouer", elle me fait un massage, on se
retrouve par terre. Et elle doit rentrer. Arg ! Même pas cool ! Elle part en
vacances pour 10 jours. Snif, elle va me manquer.
Donc Milène. On a parlé un long moment, de notre parcours, des gens avec lesquels on a gardé contact, de ce qu'ils sont devenus. Puis fatalement on en est venu à la question "Et tes amours ?". Ben en fait on a du subir une malédiction dans mon lycée. Milène est restée 4 ans avec un gars que sa famille n'a jamais voulu accepter (sombre histoire d'origine ethnique, pas tout le monde a la chance de ne pas être raciste). Et au mois de février dernier le gars est parti 1 mois en vacances seuls sans donner de nouvelles. Et quand il est rentré, il lui a annoncé qu'il avait acheté un appartement, au départ c'était pour lui faire une surprise mais qu'en fait comme elle était super chiante depuis qu'elle est au chômage, ben il va l'habiter tout seul l'appartement. Super sympa ! C'était en février. Depuis il est revenu vers elle en pleurant, mais elle est échaudée. On le serait à moins. Un autre pote du lycée vit en couple mais pense toujours à une fille qui était avec nous en seconde (la plus belle de classe) et ne s'est jamais remis de ne pas être sorti avec elle. Un autre est marié + 3 enfants dont 1 seul de lui, les 2 autres de l'époux précédent de sa femme. Un autre vit avec sa copine chinoise en Chine (c'est à la mode la Chine ou quoi ?). Un autre vit avec sa copine et est tombé dans l'échangisme (faudra que je parle de ce truc là un jour). Et on a parlé de Julien. Elle le déteste elle aussi. Bien. Et Ange. Bien sûr qu'elle s'en rappelle, bien sûr qu'elle sait pour Julien et Ange, moi et Ange, moi et celle d'avant Marie. Ah non elle savait pas pour moi et Ange avant, pendant et après. Ah oui elle pense que je suis passé à coté de la femme de ma vie, 14 ans ça fait beaucoup quand même pour une amitié. Bien sûr qu'elle s'imagine très bien ce que l'on doit ressentir, mon pauvre.
Ca fait du bien de parler d'Ange à quelqu'un qui la connaît, quelqu'un de cette époque, quelqu'un qui me connaît d'avant. Finalement on a tous foiré notre vie sentimentale, on a eu des histoires que l'on croyait éternelles et qui finalement nous ont fait plus souffrir que de nous rendre heureux. Comme moi elle est un peu échaudée, elle n'y croit plus, elle pense à ses 30 ans qui approchent. Comme moi elle se moque de ces petits couples qui pensent avoir trouvé le bonheur. Jeff me disait que l'on est toujours le dernier à s'apercevoir que l'on est amoureux. Peut être. Mais je pense aussi que l'on est aussi toujours le dernier à voir que son couple est mal appareillé, qu'il ne durera pas. Je me sens un peu mal d'avoir remué tous ces souvenirs. Mais je suis aussi soulagé de voir que je ne suis pas le seul désespéré sentimental patenté. Je ne suis pas le seul à tout rater.
Le soir Tim et Léa sont venus manger à la maison. Ils me donnent espoir. C'est vraiment le seul couple que je connaisse que je vois bien parti pour durer, à part peut être Thomas et Sophie. Repas sympa, on a bien discuté, on se revoit le week-end prochain. Ils m'ont redonné espoir... ... hum ... ... "Foi" !
Formation radio tout la journée... Retrouvailles avec les boulets, les comiques et les névrosés...
18h24
Retour à la maison. Journée éprouvante : début de formation à
9h, fin à 18h. En plus hier soir je me suis couché à 3h40 du matin (je me suis
oublié dans un livre, c'est malin). Et je suis claqué. Aujourd'hui les boulets
ont été encore plus lourd qu'avant, ma névrosée encore plus speed. Et le matin
on a eu un exercice assez drôle :
- Mr Boulet : Euh, PC de Portatif Castor (en plus il a un indicatif ridicule ce
pauvre gars)
- Directeur : Parlez
- Mr Boulet : Nous arrivons sur le lieu de....
(gros crachouillis sur la fréquence et quelqu'un se met à parler en interrompant
Castor)
- ???1 : PCM de Volante 1 pour un essai radio, à vous.
- ???2 : je vous capte fort et clair à vous
- ???3 : A tous de Vigie, cette fréquence à partagée avec la logistique et la
formation Radio.
- Directeur : message urgent de PC : à tous les élèves, l'exercice est
interrompu, n'accusez pas réception de ce message ! Terminé.
Le directeur débarque comme un boulet en nous expliquant que
manifestement des pompiers envahissent notre fréquence et sont donc prioritaire.
Il faut interrompre l'exercice. En fait la ville voisine organise un petit
marathon (hum, hum, watch the news tonight) et les secours sont un peu débordés
: il fait froid, les gens tombent un peu en grand nombre et du coup les pompiers
ont besoin de squatter une autre fréquence. La notre. Cool, jusqu'à la fin de ce
foutu marathon on aura droit aux pompiers qui parlent de temps en temps sur nos
exercices, au moins c'est marrant, on a un vrai exercice pratique et on est au
courant de ce qu'ils font.
Bref, on aura les résultats de l'examen prochainement, j'espère que j'aurai mon diplôme. En rentrant je m'aperçois que j'ai reçu un mail de Chloé : elle me propose un resto la semaine prochaine, jeudi soir. Adjugé vendu, je lui répond par l'affirmative. Cool, je vais revoir Chloé. De toute manière comme je n'attends plus rien d'elle, je ne risque pas d'être déçu. Sinon j'ai téléphoné à Carine. Elle me manque un peu quand même. Plus que 9 jours...
Radio GaGa
Queen
Radio - radio
I'd sit alone and watch your light
My only friend through teenage nights
And everything I had to know
I heard it on my radio
You gave them all those old time stars
Through wars of worlds - invaded by Mars
You made 'em laugh - you made 'em cry
You made us feel like we could fly
Radio
So don't become some background noise
A backdrop for the girls and boys
Who just don't know or just don't care
And just complain when you're not there
You had your time, you had the power
You've yet to have your finest hour
Radio - radio
All we hear is radio ga ga
Radio goo goo
Radio ga ga
All we hear is radio ga ga
Radio blah blah
Radio what's new ?
Radio, someone still loves you
We watch the shows - we watch the stars
On videos for hours and hours
We hardly need to use our ears
How music changes through the years
Let's hope you never leave old friend
Like all good things on you we depend
So stick around 'cos we might miss you
When we grow tired of all this visual
You had your time - you had the power
You've yet to have your finest hour
Radio - radio
All we hear is radio ga ga
Radio goo goo
Radio ga ga
All we hear is radio ga ga
Radio goo goo
Radio ga ga
All we hear is radio ga ga
Radio blah blah
Radio what's new ?
Someone still loves you
Radio ga ga (ga ga)
Radio ga ga (ga ga)
Radio ga ga (ga ga)
You had your time - you had the power
You've yet to have your finest hour
Radio - radio
Les affaires reprennent : je suis retourné à l'escalade. Et finalement je ne regrette pas d'avoir levé le pied pendant quelques temps : je grimpe à nouveau avec plaisir, sans perte de niveau, bref, le bonheur ! J'ai croisé à la salle David et Alain avec lesquels je devais grimper. Ambiance quelconque, j'ai rien à leur dire, et eux non plus. Heureusement Seb est arrivé un peu plus tard pour me sauver et m'arracher à ces deux zombis.
Sur le chemin du retour j'ai pas mal discuté avec lui. Lui aussi a quitté le groupe il y a quelques années, histoire de faire sa vie tranquille dans son coin. Il m'a tout expliqué : sa rupture de l'époque qui l'a forcé à changer (comme c'est étrange...), son besoin de voir autre chose. Je lui ai fait part de mon changement de 'stratégie' quand à la vie, ma volonté de sortir plus souvent, etc... Et il m'a sorti un truc qui m'a scotché sur place : "Tu sais, je t'envie quand même vachement, depuis que je suis avec Noémie, je ne sors plus, je n'ai plus le temps d'aller au cinéma, de lire, etc...". Y'a pas à dire : on n'est jamais content de ce que l'on a : célibataire, on cherche de la compagnie, en couple, on cherche à récupérer sa liberté. En tout cas je pense que l'on s'est bien compris lui et moi ce soir là. Une discussion comme je n'en avais jamais eu avec lui auparavant.
Quand on veut, on peut : Chloé m'a littéralement submergé de mails aujourd'hui pour mettre au point notre resto de jeudi soir ! 5 mails de sa part dans la journée, j'en ai eu pour 1 mois au moins là ! Quelle heure, où, comment, tu es sûr pour l'heure, etc... Pffuu tout ça pour un resto ! Bon avec Chloé, c'est vrai, mais tout de même.
Autrement, journée morne. Carine m'a téléphoné au moins 4 fois, même en vacances elle est phone-addict. En fait je n'ai pas eu une seconde à moi : je voulais me coucher tôt ce soir, résultat je suis sorti à 20h du boulot, mon père m'a téléphoné pour une hotline sur Kazaa avec lequel il avait des problèmes. Ca a duré 1h30... Ensuite re-coup de fil de Carine. Et au moment où je me suis mis devant mon journal, ICQ s'est affolé et André à commencé à me bombarder de messages. Y'à des jours comme ça. Et j'ai même pas eu le temps de bouffer. Donc je vais faire court : à journée inintéressante, journal inintéressant. Bonne nuit moi...
Réveil difficile. J'ai Big Ben qui sonne dans ma tête, je marche au radar. La douche ne m'aide pas, j'avale un yaourt et prends dans l'ascenseur. Je croise un voisin inconnu : "Bonsoir !" dis-je. "Bonsoir !" répond t'il. Aussi réveillé que moi celui là. On se regarde un peu bêtement, conscient qu'en partant comme ça, la journée risque d'être dure. Il s'arrête au premier sous sol. Encore un étage pour moi. Je m'affale contre le miroir de l'ascenseur. Y'a un truc qui va pas ce matin. Je sais pas encore trop quoi. Lentilles ? Présentes. Chaussures ? (qui n'est jamais parti une fois dans sa vie en pantoufles au boulot ? hein ? ) Présentes. Pantalon ? (ma hantise !) Présent. Serviette et clés ? Présentes. Chemise ? Présen... teuuuuhhh !! Merde j'ai enfilé ma chemise à l'envers ! Faut le faire ! C'est malin, j'ai pas envie de remonter chez moi, je vais perdre un temps fou. Bon, je bloque l'ascenseur, me fous torse nu et je remets ma chemise dans le bon sens. C'est mieux comme ça. La journée va vraiment être terrible. Ca me rappelle une fois où j'ai vraiment cru être fou. J'étais top crevé un soir et j'avais décidé d'aller au pieu tôt (genre 21h). Lorsque le réveil s'est mis à sonner, j'avais l'impression d'être toujours autant fatigué, j'ai couru dans ma douche, j'ai avalé un yaourt (mon régime matinal), je me suis habillé et j'ai consulté l'heure pour voir si j'étais pas à la bourre. Et là j'ai crû halluciner ! Minuit ! Voui ! Minuit du matin, minuit du soir ! En aucun cas 7h. Arg. En fait j'avais rêvé que le réveil sonnait, et je me suis préparé sans calculer l'heure. Et on se sent franchement bête quand on vient de se doucher et que l'on est prêt à aller bosser à minuit. Snif.
Aujourd'hui Carine m'a confié une mission : apporter un truc
pour elle à la CR. Actuellement elle est en vacances, elle rentre vendredi soir
pour repartir immédiatement au 24h du Mans. Seul problème, elle n'a pas de sac
de couchage. J'ai gentiment proposé de lui prêter le mien, sauf qu'il faut que
je le dépose à la CR. J'en reviens. Le principe était : "je viens pour filer un
sac à Carine, elle m'en a parlé dimanche après ma formation, etc... pipo
d'or...". En arrivant, je suis tombé sur Jess. Et ce chacal avait décidé de me
mettre mal à l'aise.
- Jess : Salut, tiens, c'est quoi ça ? (il était effectivement pas au courant)
- Moi : un sac de couchage pour Carine, elle en a besoin pour le Mans.
- Ah bon ? Comment tu sais le sais ? (grand sourire)
- Euh, elle m'en a parlé dimanche.
- Il fait chaud, hein, tu es tout rouge. (re-sourire)
Tous les autres secouristes m'ont regardé bizarrement. J'ai
peur d'être grillé sur ce coup là...
Coup de fil de la CR voisine. Dimanche je suis réquisitionné (sur ma demande) pour les aider à s'occuper du "Repas des anciens" d'une ville voisine. Cool ! Enfin une opération utile, parce que le bal, la soirée crêpes, c'est bien beau tout ça, mais ça fait pas avancer les choses. Donc dimanche je vais devoir revêtir le bel habit CR (je prendrais quelques photos, ça va pas être triste) et je passerai mon après midi à vérifier qu'un ancien ne s'étouffe pas avec un bout de poulet. Yes ! Vive le bénévolat !
De retour de mon restaurant avec Chloé. J'étais parti confiant ce soir : tout se passe bien avec Carine, j'ai retrouvé une certaine sérénité, tout va pour le mieux. Je pensais que revoir Chloé ne me ferai rien, que je la considérai comme une amie, que j'en avais suffisamment bavé avec elle pour pouvoir dire : "stop, tu arrêtes avec elle, c'est fini !". Ben non.
On a passé une excellente soirée, en tête à tête. Elle a été particulièrement exquise, on a parlé de musique, de théâtre, de cinéma, de ses Ex, des miennes, etc... Une vraie discussion entre amis. Je me suis permis de la chambrer un peu quand à sa vie de vieille fille, elle l'a plutôt bien pris. Je suis invité à sa soutenance de thèse, je vais en parler à Thomas, il adore la physique quantique (il est quand même bizarre parfois...), il voudra peut être venir avec moi (parce que moi, Dieu que ça me fait chier comme sujet !).
Plusieurs fois je me suis surpris à être perdu dans son regard. Elle l'a remarqué, me l'a fait remarquer. Mais maintenant je sais, j'arrive à lire dans ses yeux. Et je suis un peu triste. Triste, mais soulagé. Je n'ai rien à espérer avec elle, elle est simplement au delà de ça, par delà la notion même de couple, de copain, d'amour. Elle m'a parlé de son Ex avec lequel elle a vécu quelques années. Elle porte un regard tellement distant sur cette expérience, un peu comme une tentative d'adolescente, une expérimentation, comme si maintenant elle était passée aux choses sérieuses et que vivre avec un mec ne l'intéressait plus. Je suis soulagé. Soulagé de voir qu'il n'y a aucun risque pour qu'elle me fasse les yeux doux un jour. Et c'est tant mieux, car maintenant il y a Carine. Et il ne doit y avoir que Carine, pour une fois dans ma vie, je veux essayer d'être fidèle, en pensées comme en actes. L'age sûrement...
Maintenant je n'ai plus aucun complexe à inviter Chloé à sortir. Samedi soir j'ai prévu d'aller à la Foire du Trône avec Jeff, Tim et Léa. Oui, d'ailleurs, j'en ai marre de ce secret de polichinelle qui est mon lieu de résidence. La Foire du Trône, je crois que c'est clair, il n'y en a pas 36 en France. Et donc Chloé sera peut être là, en amie.
Au moment de lui dire au revoir, sur le quai de Bastille, j'ai encore soutenu son regard pour voir, pour me tester, voir si j'étais encore fou d'elle. Encore un petit peu en fait. Elle s'est éloignée pour prendre son métro. Et comme un signe du destin mon portable a sonné à ce moment là : Carine. C'est un signe. Chloé s'éloigne, Carine est là. Il faut choisir en chimère et réalité... et j'ai choisi.
Demain soir je vais au festival Emergenza avec Ted voir un pote jouer avec son groupe (Trigger Effect). Carine m'attend au retour du concert, en fait elle part pour les 24h du Mans samedi à 3h15 du matin et veut passer chez moi vers 2h, juste avant. Je lui ai dit qu'elle pourrait me réveiller. Un petit bonheur. Tout va tellement bien en ce moment. En fait je n'aime pas ça. Ca va sûrement retomber à un moment où à un autre. Mais en attendant, j'en profite.
Soirée au Gibus, très Rock Indé / Rock Prog. Le groupe de mon pote est plutôt pas mal en fait, j'ai été assez agréablement surpris. 8 groupes ont joué chacun 30 minutes et c'est le vote du public (hum... pondéré par le nombre de places vendues par chaque groupe) qui a élu les 3 meilleurs pour passer au tour suivant. Malheureusement mon pote n'a pas passé ce tour, en fait les meilleurs groupes sont restés sur le carreau : il y avait 2 groupes de nains, ooops, de gamins (15/16 ans en étant large) qui étaient venus avec leurs classes (3ième ?). Bref, un vrai troupeau. Ils jouaient mal (du Offspring-like insipide teinté de revendications pro-canabis, une vraie merde) mais avec leurs groupies ils ont réussis à finir 1er et 2ième. Y'a pas de justice.
Un groupe a particulièrement attiré mon attention : un groupe
de métal (Easterner
c'est ici leur site, c'est trop bon !). Alors là, c'était le cirque Gruss à eux
tout seul ! Le guitariste principal était tout de cuir vêtu mais avec un visage
de poupon qui tranchait avec le style qu'il essayait de se donner. Le batteur
souffrait du même problème, doublé d'un style vestimentaire intéressant :
pantalon en cuir moulant, ceinture formée de balles de mitraillette et torse nu.
C'est bien torse nu, ça fait style. Mais quand on est musclé comme moi, on
s'abstient. Le deuxième guitariste était en short, peut être une influence Angus
Young (mais en raté). Le bassiste était, euh... oubliable. Tous avaient des
cheveux longs bien sûr. Mais le top c'était le chanteur. Quand je l'ai vu monter
sur scène, je pensait qu'il s'était perdu : environ 2m de taille, un vrai géant,
la quarantaine, des grosses lunettes carrées, un T-shirt "Caliméro - c'est trop
injuste" (top crédibilité ça !), une petit moustache très "eighties", un crâne
plus que dégarni avec le peu de cheveux qui lui restaient rabattus sur le sommet
du crâne en filasses pour donner un semblant de densité (j'ai trouvé sa
photo !!! Et le reste des photos du groupe, c'est
ici). Vraiment... surprenant. Le groupe commence sont morceau, très
classique : du synthé, des grondements, une montée en puissance ordinaire. Le
chanteur fait des grands gestes avec ses bras, un peu accroupi, puis des signes
cabalistiques. Puis d'un coup la musique s'arrête, les guitares se déchaînent,
et le chanteur se met à hurler beugler
crier chanter. J'aime beaucoup le métal, je suis on ne peut plus
tolérant musicalement, j'écoute même du Céline Dion, c'est pour dire ! Mais là.
Franchement. Quand Moïse est allé au Mont Sinaï pour retrouver Yahvé (Ex. 19:3,
en libre service dans toute Eglise qui se respecte), ça lui a blanchi les
cheveux (variante Hollywoodienne : "Les Dix commandements" avec Charlton Eston).
Ben moi j'ai eu peur pour mes cheveux avec cette musique. J'avais même un
plombage qui tremblait dans un de mes dents ! Et le chanteur... Se dire qu'une
voix pareille puisse sortir de cette parodie de fonctionnaire modèle (je
respecte les fonctionnaires soit dit en passant). Il me vient une phrase en y
repensant : "Unleash Hell". J'ai vraiment eu l'impression de voir les portes de
l'enfer s'ouvrir devant moi. Un vrai calvaire, 30 minutes à vous griller le
cerveau. Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu. Ils ont fini dernier ceux là.
De retour j'ai retrouvé Carine chez moi. Je suis passé à la CR chercher mon uniforme pour dimanche. Elle partait à 3h du matin pour les 24h du Mans et est restée jusqu'à cette heure chez moi. En rentrant chez moi, j'ai croisé mon voisin qui faisait la fête chez lui : Carine portait l'uniforme et j'avais le mien à la main. Au début il a cru que quelqu'un avait appelé les secours pour chez lui, ensuite il s'est montré curieux (il m'a déjà croisé avec Claire, Isa et Chloé), a voulu savoir si on arrivait ou si on partait, pour nous inviter à boire un coup avec lui. Proposition sympathique, mais on a décliné, ça faisait 8 jours que je n'avais pas vu Carine, on est donc allé chez moi. On s'est mis tous les deux, sous la couette, à regarder "Une Gars / Une Fille (vol. 1)" et on a rattrapé 8 jours de séparation. A priori, on est grillé à la CR. Le directeur a plus que des soupçons pour nous deux. Tant pis, on s'en fout. Et du coup je me suis couché à 3h du matin...
Je suis éclaté. J'ai pas assez dormi, c'est sûr. Matinée classique : coiffeur, La Poste, ma banque. Je veux dormir. L'après midi j'ai eu mon premier cours de plongée. Tranquille, c'est marrant, y'a juste un truc qui ne va pas, mais alors pas du tout : un exercice où l'on doit remplir son masque d'eau, ouvrir les yeux (j'aime pas ouvrir les yeux dans l'eau !), continuer a respirer avec sa bouteille et expirer l'air avec le nez pour vider le masque. Facile en théorie. Sauf que y'a un truc que je maîtrise pas encore : inspirer par la bouche et expirer par le nez. J'en ai pris conscience cet après midi. Autant inspirer par le nez et expirer par la bouche ça marche. Tout faire par le même orifice aussi. Mais là, un obscur réflexe a fait qu'après avoir expiré une première fois, j'ai voulu continuer à tout faire par le nez. Et j'ai avalé le contenu de mon masque. Remarque, au moins il était vide ensuite, mais mes poumons n'ont pas apprécié. Je suis remonté à la surface en expulsant cet affreux liquide chloré. Ca sera mieux la prochaine fois. Bref, je me suis fait remarqué, je vais donc passer sur cet épisode profondément humiliant. En tout cas ça fait prendre conscience que ça doit être particulièrement horrible de se noyer.
De retour, j'ai eu un coup de fil de Tim, il est cassé, il ne veut pas aller à la foire du Trône. Ca tombe bien, je suis explosé, un mal de tête intenable, j'ai sommeil. Chloé m'appelle juste après, pour me dire qu'elle aussi est fatiguée et qu'elle ne sortira pas ce soir. Ouf, parfait, j'annule pour la foire du Trône ce soir. Chloé, j'ai beaucoup de nouvelles d'elles ces derniers temps. Elle me fait remarquer que je ne l'ai toujours pas invité à venir voir le Seigneur des Anneaux chez moi (la faute à qui ?!) et est partante pour une séance prochaine. Aïe, ça craint un max ça, comment je vais présenter la chose à Carine : "On ne se voit pas ce soir, j'invite une fille à mater un film avec moi, comme nous deux, sous la couette". Faudra convenir d'une date, mais ça va être compliqué.
Aspect purement technique, j'ai changé mon journal de place, j'en avais marre de mon ancien hébergeur. J'espère que je n'ai rien cassé...
Ca y est, j'ai été sur mon premier poste CR. Bon, c'était loin d'être aussi tripant que les 24h du Mans, mais c'est déjà un début. Au programme : rendez-vous au local de Sèvres. J'y ai retrouvé Lydie, une amie qui était avec moi en formation Radio et d'autres secouristes. On a commencé par aller chercher une vieille dame chez elle pour l'emmener à la fête. Elle ne peut quasiment plus marcher et est plutôt très sourde. Je la prend par le bras pour l'emmener dans l'ambulance. Elle commence à nous parler, nous raconte qu'elle était secouriste dans sa jeunesse (il y a 40 ans, pffuu, ça fait un bail). Elle est toute contente qu'on puisse venir la chercher, sans quoi elle n'aurait pas pu participer à la fête. C'est dans ces moments là que l'on se dit qu'on est utile. C'est sûr qu'il fait beau, que j'aurais pu aller bronzer dans un parc avec un bon bouquin au lieu de surveiller 308 personnes âgées. Mais rien que le fait de me dire que sans nous cette vieille dame serait restée chez elle, toute seule, ça justifie n'importe quelle journée "perdue".
Nous arrivons à la salle, on place la vieille dame "pas trop au chauds et pas trop au froid, et près des toilettes (sic)" et on met en place notre poste de secours : brancards, bouteilles d'O2, défibrillateur, etc... On a même droit à une table dans un coin avec la même bouffe que tout le monde. Cool ! Les serveurs arrivent avec des petits cocktails, tout content j'envisage d'en prendre un lorsque notre chef d'intervention balance au serveur "Non merci, nous ne pouvons pas boire en service". Euh, quoi, comment ? On est comme les flics ? On peut pas boire ? Nooooooooon !!! Mais il y a un belle petite bouteille de rouge, et même un joli petit muscadet. Arg, c'est trop injuste. Y'avait pas ça dans mon contrat de secouriste. Bon, ben j'ai compris, je vais carburer à l'Evian tout l'après midi. Et Dieu sait qu'il fut long l'après midi ! Aucun malaise, rien, le néant. J'ai juste aidé des petits vieux à descendre des escaliers et je leur ai ouvert des portes. N'empêche ils étaient tous contents que l'on soit là. L'orchestre était sympa, la musique... euh... de l'accordéon, de la trompette, du musette... Mais il y avait des danseuses (fort accortes d'ailleurs). Mais même avec ça, personne n'a eu la moindre palpitation. Bref, on a fini l'après midi à jouer au Tarot.
Avec Lydie on en est venus à parler des couples qui se sont
formés à la CR, et des mariages qui s'en sont suivis. C'est hallucinant le
nombres de couples qui se sont formés par ce biais ! C'est à mon avis le
meilleur club de rencontres qui existe.
- Lydie : ... et je crois que Carine sort avec un secouriste aussi, non ?
- Moi : euh, je crois pas, elle connaît bien Pascal, c'est son meilleur pote,
elle le smacke, mais c'est tout.
- Ah mais non pas lui, j'ai parlé avec elle, elle m'a dit qu'elle sort avec un
autre secouriste, mais elle a pas voulu me dire son nom.
- Ah... je sais pas (arf, si tu savais ma pauvre Lydie...)
A ce moment là mon téléphone se met à sonner. Carine. Quelle coïncidence.
- Moi : Oui bébé, comment vas-tu ?
- Carine : blah blah blah
- Lydie (qui a compris que je parlais à ma copine, prend une voix de petite
vieille) : Viens me prendre dans tes bras mon chou !
- Carine : C'est qui ça derrière ?
- Moi : C'est Lydie, elle fait l'imbécile...
- Lydie : Ah je la connais ?
- Moi : Euh, non, non. (bien sûr qu'elle la connaît, même très bien !)
- Carine : Ah ok, ça ne m'étonne pas d'elle...
Bref, ce fut très calme, aucune intervention. En un sens c'est pas plus mal. Mon baptême attendra. Je risque de prendre un autre poste fin Mai, dans un Poney Club. Gare aux chutes... De retour chez moi, je suis allé chercher Carine qui revenait des 24h. Elle était avec Pascal. Bah, je crois qu'on en a marre de ce petit jeu de cache-cache. Je l'ai embrassé devant Pascal, qui n'a pas eu l'air franchement surpris. Très bien, il n'y a plus de problème alors. Mercredi on a une nouvelle réunion, on n'aura peut être plus besoin de se cacher.
Mail de Chloé dans la journée. Elle me demande
si j'ai pas une place en plus pour aller voir Stratovarius samedi soir. Avec
moi. Je la hais. Vraiment. Elle pouvait pas se réveiller plus tôt ?! Maintenant
c'est trop tard. Et de toute manière le concert est complet. Demain soir Carine
vient à la maison, ça va être sympa. Je repense à hier au repas des anciens, il
y a eu un truc marrant. Je discutais avec ma chef d'intervention lorsque elle a
commencé à blêmir et à me tirer par le bras :
- Elle : viens vite ! Ils commencent la danse du tapis !
- Moi : hein ? C'est quoi ça la danse du tapis ?
- Tu connais pas ? Ils prennent une serviette, la pose au pied d'une personne
qui doit les embrasser et ainsi de suite. Sauf que les petits vieux craquent
pour l'uniforme. La dernière fois on s'est fait choper et on a embrassé la
moitié de la salle.
- Oh misère ! Bon, on va vérifier la bouteille d'O2, on sait jamais, et puis il
faut laver l'ASM et puis.... viens ! On se tire !
Ah ben ça, la danse du tapis, je connaissais pas, mais c'est vachement dangereux
on dirait !
19h30
J'ai encore séché l'escalade. Mais cette fois c'est pour
une bonne cause : j'ai décidé de préparer mon dessert favori, la tarte au citron
meringuée. J'ai promis d'en faire une pour le boulot, et cette fois, plus moyen
de reculer, je dois m'exécuter. Et je vais aussi en faire une pour Carine, elle
vient à la maison demain soir et je sais qu'elle adore ça. Bon, en principe
c'est un truc que réussis assez bien, c'est un peu long à préparer, mais ça
devrait le faire. J'ai acheté tous les ingrédients à midi, j'ai la recette,
scannée et mailée par les bons soins de ma mère. C'est pratique, dès que j'ai
une question cuisine, je téléphone à ma mère, je lui demande une recette et elle
me la scanne. Bref, je prépare ma pâte, et je vais pour tout étaler lorsque...
le téléphone sonne :
- Carine : Coucou Bébé (c'est mon surnom, la bonne affaire, je suis plus vieux
qu'elle en plus !)
- Moi : Oui chérie, comment vas-tu ? Tiens, je suis en train de te préparer une
tarte au citron pour demain soir (et j'ai de la pâte plein les mains
accessoirement)
- Carine : Cool, mais tu sais que je ne mange des desserts qu'à 16h et jamais à
la fin des repas.
- Moi : Oh p.... !!! (mais c'est pas chiant ça ??? Je veux lui faire plaisir et
elle me gâche mon beau gâteau ! Grr).
Bref, conversation longue, comme d'habitude, et quand je
retourne à ma pâte, elle a commencé à suinter, elle s'est trop réchauffée. Je
vais pour étaler cette saleté lorsque je constate que la recette est menteuse :
ça s'étale pas bien du tout ! C'est une calamité, c'est une pâte sablée (et elle
me les brise par la même occasion !), c'est top lourd à travailler. En plus
comme j'a prévu d'en faire deux, je suis pas rendu. Bref, je me débrouille tant
bien que mal. La pâte est en train de cuire, je prépare la garniture. Donc, du
beurre, du citron, de la... Maïzena ?! Nooon, j'ai oublié ce truc là. Zut, c'est
quoi de la Maïzena, ça a sûrement un substitut. J'appelle ma hotline cuisine :
- Moi : Allo maman ? Ca va ?
- Ma mère : Hum, toi tu veux un truc !
- Euh... oui, en fait un petit renseignement. Je fais ma tarte et j'ai pas de
Maïzena, je peux mettre quoi à la place ?
- Bah, moi j'en mets jamais, je mets de la farine à la place.
- Merci, bisous, bye !
De la farine. Ca j'ai. Bon, on va en mettre la même quantité, on va voir. Bizarre, ça se dilue pas bien. Ca fait un gros pâté ! Et ça gonfle pas. Aïe aïe aïe. Bon, avec le sucre et les oeufs, ça ressemble à quelque chose. Je prépare la meringue et hop, première tarte au four. Le résultat semble sympathique, ça à l'air bon. Bon, je démoule le truc parce que j'ai qu'un plat à tarte et j'en ai besoin pour la deuxième. Crac. Euh, comment ça "Crac" ? Zut !!! En démoulant j'ai craqué toute la pâte. Bon, je recolle les bouts, en refroidissant ça va se remettre, non ?
23h44
Deuxième tarte, j'ai un peu foiré la pâte, la croûte remonte pas assez, la garniture déborde. Mais la meringue est un franc succès. Demain je m'en fous, je les empoisonne tous au boulot ! Na !
La recette de la tarte au citron (Jpeg de 412 Ko environ)
Je suis allé chercher Carine juste après le boulot. Elle a
commencé à me convaincre de changer d'opérateur de téléphonie. Elle a sorti sa
paperasse et a réussi à me démontrer qu'en payant le même prix chez elle,
j'aurai un temps de communication doublé (bon, en magouillant un peu). En fait
tout est parti de ma dernière facture de portable : 93€. Intéressant, d'autant
plus que 80% de mes appels étaient pour Carine.
Ensuite nous nous sommes mis sous la couette devant la Télé,
pour regarder "Vis ma vie". Bah, il y a pire comme truc à la Télé. Et l'avantage
d'un programme inintéressant, c'est que l'on peut se concentrer sur autre chose.
Je me suis donc concentré sur Carine. J'ai commencé à l'embêter un peu, à jouer,
à lui faire des câlins.
- Carine : Mais tu vas laisser mes seins tranquilles un peu ! Qu'est ce qu'ils
t'ont fait ? (grand sourire)
- Moi : Ben, rien, je les aime bien c'est tout, tiens c'est quelle couleur de
soutien-gorge aujourd'hui ?
- Mais tu vas me laisser ! Je parie que tu ne peux pas passer la soirée sans les
toucher !
- Tenu ! C'est quoi l'enjeu du pari ? Si je gagne, je te vois tous les soirs
pendant 15 jours et... mummmm !
- Oki, mais si tu perds, tu ne les touches plus pendant 15 jours. Hé hé.
- Arg.... Je gagnerai.
Et j'ai donc passé le reste de la soirée à tenter de la faire
craquer tout en me retenant de la toucher.
00h02
Yes, minuit passé, on est donc un autre jour, j'ai gagné mon
pari !
- Moi : Carine, tu sais quoi ?
- Carine : non ?
- (je me jette sur ses seins et les embrasse) On est mercredi maintenant ! J'ai
gagné mon pari !
- (elle me repousse) Tsss, tsss, non non non chéri ! J'ai dit "pour toute la
soirée !" et pas "pour aujourd'hui !". T'as perdu. Arrière !
- ... ... Euh, tu triches là, c'est pareil soirée, journée, non ? Allez délires
pas, on annule le pari.
- Que dalle, tu as P.E.R.D.U. ! Pas touche pendant 15 jours !
- NOOON ! Mais j'y arriverai jamais ! Allez, sois cool !
- Non.
Zut, zut, zut ! 15 jours, ça va être super long...
Au passage, voici le résultat de mes efforts de la veille :

Réunion CR habituelle. Mr Boulet (celui de la formation radio) est là aussi.
Personne peut le supporter à la délégation, moi ça va, il me laisse relativement
indifférent. Et comme je suis plutôt du genre à me faire des amis facilement, il
commence à me brancher. RV est présent lui aussi, il est collé à Carine qui
feint toujours de m'ignorer. Au passage, on a tous eu notre examen Radio, yoohoo
! Je suis donc opérateur Radio. C'est un début. Le directeur présente les postes
à venir : poste à la régulation radio au Samu ce samedi avec lui :
- Mr Boulet : Moi moi moi ! Je suis dispo samedi (normal, ce mec n'a pas de vie,
sans la CR il serait seul au monde !)
- Directeur : Euh... (tronche dépitée) tu veux venir quand ? Le matin avec PH ou
le soir avec moi ?
- Le soir avec toi !
- Directeur : ...Cool, (il me jette un regard désespéré), et toi, tu veux venir
aussi le soir (pleeeaaaase sauve moi !)
- Moi : Désolé, je suis pris samedi soir (grand sourire)
C'est bête, je serai bien allé à la régulation pour voir, mais là j'ai envie de
faire autre chose ce week-end, en plus j'ai mon concert de Stratovarius. Ensuite
on prépare les équipes pour le muguet et la quête. Je tente de voir le directeur
discrètement en fin de réunion, mais Boulet me colle aux basques.
- Moi : au fait, y'a Lydie qui m'a proposé un poste local au Poney Club le 29
mai, je peux y aller ? (ce n'est pas la même délégation et il peut très bien me
refuser le poste s'il juge que je risque de merder)
- Directeur : y'a pas de problème, tu peux y aller.
- Boulet : un poste local, c'est super ! C'est quand, c'est où ?
- Moi : euh c'est complet, il fallait qu'un AFPS et... c'est moi.
- Directeur : (exaspéré) oui, c'est complet, dommage !
Ensuite comme d'habitude, on va boire un coup au pub du coin et jouer au Tarot :
RV avec sa copine (qui sera d'un mutisme inquiétant toute la soirée), Pascal,
Jess et Carine. RV ne sait toujours pas pour Carine et moi. Je crois que ce sont
les pires joueurs de Tarot que j'ai jamais rencontré : ils n'arrêtent pas de
parler, trichent ouvertement, ouvrent n'importe comment. Et par une chance
monstrueuse je passe la soirée à avoir un jeu terrible (au moins 2 rois et un
bout par main). Au moins le truc drôle avec eux, c'est qu'ils font tout pour
cacher le roi appelé le plus longtemps possible. Et comme on joue à la parlante,
c'est tout dans le bluff "non je te jure, c'est pas moi qui ait le roi de
coeur", c'est une espèce de Poker-Tarot.
- RV : J'appelle le Roi de Carreau.
- Carine : chéri, tu as encore deux rois comme d'habitude ?
- Moi : ... oui
- Carine : alors c'est toi qu'il a appelé, j'en suis sûre !
- Jess : en tout cas c'est pas moi, j'ai un jeu de merde (il le montre à Carine)
- Moi : ah ben non, commencez pas à vous montrer le jeu !
- Pascal : ah tu t'es trahi ! Bon ben au moins on sait avec qui on est.
(sauf que j'ai *pas* le roi de Carreau)
- Moi : Carine, fais gaffe, c'est pas forcément moi.
- Carine : mais oui chéri, je te crois, c'est ça...
- Moi : Ok, je te rachète le pari d'hier soir : si j'ai le roi de carreau, je
rempile pour 15 jours, sinon on annule le pari.
- Carine : ... ... ok !
La partie commence, Carine charge sur les plis de Pascal et pisse sur les miens.
Jess fait de même. Moi j'ai un doute sur Pascal, je charge les plis de Jess. Et
au bout d'un moment Pascal sort son roi de carreau.
- Carine : rahh l'enfoi..é !!! Et je lui ai filé ma Dame tout à l'heure !
- Moi : MWAHAHAHA ! Tu as perdu chérie, on annule ton pari ! Pascal, demandes
moi ce que tu veux, je suis ton homme, tu m'a sauvé !
- RV : mais je croyais que c'était Paul ! (càd moi, pour simplifier, on va dire
que je m'appelle Paul)
- Carine : ouin, ça compte pas ! Il m'a trahi ! Il m'a fait croire qu'il l'avait
pas, il m'a même montré son jeu.
- Pascal : oui, mais j'avais caché le roi derrière un atout. Ah ah, tu t'es
faite avoir !
- Jess : c'était quoi le pari ?
- RV : oui, c'était quoi ?
- Carine : toi RV tu peux pas savoir. (elle chuchote toute l'histoire à Pascal
et Jess qui éclatent de rire).
- Pascal : effectivement, tu m'es redevable !
On continue à jouer jusqu'à la fermeture (minuit, ça va, pas trop tard). Sur le
chemin du retour...
- Moi : RV, tu as du mal à deviner qui a le roi appelé au Tarot (grand sourire à
Carine qui ne voit pas où je veux en venir). Carine, on est un peu comme un roi
et une reine finalement (je lui prends la main).
- RV : euh oui (je commence à prendre Carine dans mes bras)
- Carine : tu n'as donc rien vu ? Je sors avec Paul
- RV : comment... tu sors avec Paul ? Mais Pascal ?
- Carine : je te l'ai déjà dit, c'est un ami. Jess aussi. Tu n'avais rien vu
pour nous deux ?
- RV : ben non, vous ne vous êtes même jamais embrassés devant moi.
- Carine : si, si, mais tu n'as rien vu : tout à l'heure quand tu embrassais ta
copine, la dernière fois au pub quand Pascal était aux toilettes et que tu
commandais à boire. Ca t'a pas choqué aujourd'hui que Paul prenne *mes*
rendez-vous sur *son* agenda ?
- Moi : et c'est pour ça que j'ai râlé tout à l'heure quand tu t'es intercalé
entre Carine et moi, et que je me suis retrouvé à coté de Boulet qui a commencé
à me brancher !
- RV : et c'est aussi pour ça que quand je t'ai demandé ton numéro tu m'as dit
de lui demander car il le connaissait par coeur
- Moi : ouaip. On est bien cachés finalement, non ? au fait chérie...
- Carine : oui ? (je l'attire vers moi)
- Moi : tu sais quoi ?
- Carine : non...
- Moi : tu as perdu ton pari ! (je la colle contre moi et pose mes mains bien en
évidence sur ses seins). Dommage ! (grand sourire)
Oula, j'ai eu un mal fou à me réveiller. Hier je me suis couché à 1h30 avec
cette affaire, ça devient de plus en plus dur pour se lever. Heureusement que le
week-end approche. J'ai vu mon pote batteur dans le groupe "Trigger Effect". Ils
ont été repêchés pour le prochain tour du festival Emergenza ! Du coup ils vont
en demi finale, au New Morning. La grande classe, le New Morning, ça commence à
devenir sérieux. En plus il y aura les maisons de disque en principe. Mais vu le
niveau des groupes, les maisons vont partir en courant.
Je n'ai absolument rien foutu de la journée. Je suis claqué. Hier soir j'ai fini
un énorme boulot en cours depuis 3 semaines, j'ai besoin de décompresser.
C'était à terminer pour vendredi soir, j'ai réussi à tenir mon planning, ça m'a
valu des semaines de 60h environ et un départ du boulot à 20h30 mardi soir (7h30
- 20h30, ça fait de belles journées). J'ai besoin de me reposer. Lundi j'avais
reporté ma séance d'escalade à ce soir, mais je vais annuler. J'ai envie de
passer une soirée seul, tranquille, à me mater un DVD. Et dormir, enfin dormir !
Hier j'ai eu des nouvelles de Stan, il déprime un peu (comme d'habitude). Il pensait
qu'en venant dans le coin on sortirait tous les soirs ensembles (moi, Thomas,
etc...). Sauf que l'on ne sort pas forcément tous les soirs. Et pour ma part, je
sors avec des gens avec lesquels Stan risquerait de ne pas s'entendre. Il m'a
quand même dit "Ca m'énerve, il y a des gens qui sortent et qui ne me proposent
même pas de venir avec". C'est marrant, Alain avait dit exactement la même chose
il y a quelques temps. Ils sont trop dépendants des autres, ils croient que l'on
va les prendre en charge, que l'on va les sortir, leur faire rencontrer des
gens, leur trouver une copine. Ben voyons ! Il faut s'assumer, se bouger, se
démerder tout seul ! Est ce que je demande à Thomas de m'inviter à chaque fois
qu'il sort ? Non ! Est ce que je l'invite à chaque fois que je sors ? Non plus !
Bref, j'ai horreur qu'on me fasse une espèce de morale en me disant que
gnagnagna tu sors et tu ne penses pas à tes potes, gnagnagna moi je connais
personne, etc... Grrr.
Pour finir la journée en beauté, j'ai ramené Simon en voiture
tout à l'heure.
- Simon : au fait, tu es au courant ?
- Moi : de quoi ?
- Je suis viré à la fin du mois, je pars le 28.
- C'est volontaire ou ils t'ont jeté ?
- Un peu des deux. J'ai laissé empirer la situation....
Ca, c'est une sale nouvelle.
Soirée cinéma en prévision avec des potes du boulot, on doit se faire un petit navet pour se détendre ("Destination Finale 2"). Ca fait deux semaines qu'on prévoit notre coup, j'ai été promu grand organisateur de l'événement. En fait ça devait déjà avoir lieu mardi soir (mais étant pris, j'ai annulé). La salle choisie : un UGC à coté de notre boulot, une des salles les plus merdique de France et de Navarre, ambiance 50 sièges, avec le top du top : des murs en métal. C'est cool les murs en métal. Ca reflète le film. Du vrai cinéma 3D. Séance à 20h15.
16h12
Dring... Dring... mon téléphone pro sonne.
- Carine : Coucou bébé !
- Moi : Hum, salut (j'aime pas qu'elle utilise mon téléphone pro, mais bon...).
Tu vas bien ?
- J'ai trouvé un truc super sympa pour toi : rendez-vous ce soir au magasin,
j'ai ton portable à un prix de ouf et je te fais l'abonnement machin qui te
donne 8h de comm, 100 SMS et 150 MMS.
- Ah excellent ! (une partie de mon cerveau allume une ampoule rouge : Warning
!!!) Mais... j'avais prévu un cinoche ce soir...
- Ben c'est toi qui vois, mais je suis pas sûre de pouvoir te faire ton
abonnement demain, il est retiré du marché depuis 2 mois maintenant, je suis
obligé de magouiller...
- ... ... Bon ok !
Je me dirige vers le groupe de pote qui devait aller au
cinoche avec moi.
- Moi : Y'a un blème, le film passe dans la petite salle, vous savez, celle qui
est plus petite que le salon de Simon.
- Simon : Ah merde alors, c'est cool ça !
- Pote #1 : Ah ben moi j'y vais pas, c'est trop pourri !
- Pote #2 : Ben on programme ça ailleurs, sur les Champs par exemple ?
- Pote #1 : Ah non, moi je veux pas voir le film en VO, en VF sinon rien.
- Simon : Aux Halles, il doit passer en VF ? Ou on se fait un Gaumont ?
- Moi : Pas cool, j'ai des billets UGC moi !
- Pote #1 : De toute manière je vais pas dans Paris avec ma caisse, hors de
question. On annule alors ?
- Pote #1 : ok
- Simon : ben ok alors
- Moi : Ah ben zut alors, trop bête, une autre fois alors, je vais tenter de
chopper le DIVX ce week-end.
Je ne suis pas fier. Je suis vil et fourbe. Mais au moins j'arrive à aller à mon rendez-vous avec Carine. Elle négocie tout avec le vendeur / confrère, je ne comprends absolument rien aux options qu'elle me prend, mais au final je paye peu pour un portable top génial et un abonnement deux fois mieux que chez mon ancien provider. Je rentre ensuite chez moi décortiquer la bête, Carine devant rentrer chez elle.
22h
Rahhh ! J'en ai marre, je comprends rien, le bidule veut pas se connecter à mon PC, j'arrive pas à trouver un moyen simple pour entrer tous mes contacts dans le truc et la liaison GPRS sur le Palm via le portable marche pas.
23h30
Bouhouhouh. Bon j'ai réussi à entrer tous mes contacts grâce à mon Palm. Bon, j'ai tout le monde en double, mais c'est mineur. J'arrive à brancher le portable au PC pour télécharger des logos et des sonneries. J'ai compris comment mettre une sonnerie spéciale pour les appels venant de Carine, y'a même un petit coeur qui s'affiche quand elle me téléphone. Pour ma mère j'ai mis une guêpe. C'est bien la guêpe, ça la symbolise bien, ma mère. Par contre pour consulter le Wap depuis mon Palm c'est la cata, ça marche pas.
01h30
Fuck a duck ! J'en ai marre de cette chiotte, je vais me coucher, demain j'appelle ma hotline pour qu'elle m'explique tout : Carine. Sont forts dans les pubs : ils te montrent que tu peux surfer sur ton portable sans problème, que tout est simple, que les enfants et les vieux y arrivent. Ouais, mon oeil, c'est la lose, y'a rien de simple dans la manipulation. Je vais dormir moi.
Tiens c'est marrant, j'ai rompu un voeux que j'avais fait en début d'année : ne plus jouer à ma console. En fait je me souviens bien ce que j'avais juré à Thomas : "Je ne toucherai plus à ce truc débile tant que je ne retrouverai pas de copine !". Faut dire que pour moi c'est la promesse la plus dure à tenir, pire qu'arrêter de fumer pour un gars qui en est à 3 paquets par jour. J'étais ce que l'on peut appeler un "Gamer", complètement accro aux jeux vidéos depuis des dizaines d'années, au courant de tous les plannings de sorties de tous les éditeurs, un habitué de Micromania, Scoregames et autres... Et en début d'année, j'ai mis tous mes jeux dans un placard, j'ai planqué mes manettes et mes cartes mémoires, j'ai débranché les prises péritel de mes consoles, formaté mes partitions de jeu sur le PC. Et c'était fini. Du jour au lendemain. 15 ans à jouer aux jeux vidéos qui s'arrêtent du jour au lendemain. Ca fait bizarre. Au début tout le monde continuait à me demander quoi acheter, si tel jeu était bien. Puis ils ont compris, j'évitais le sujet de peur de retomber accro. J'avais un petit pincement au coeur en voyant mes consoles prendre la poussière. Mais ça allait. Et aujourd'hui, je sais pas ce qu'il m'a pris, j'ai rebranché mon cube. Et j'ai joué à Resident Evil. Et bien je suis content. J'ai joué 2h environ, et j'ai pu m'arrêter sans problème. Je crois que je suis désintoxiqué. Cette partie de moi est morte elle aussi en janvier. Je crois que j'ai réussi à changer. Hop, retour dans la boite le cube. Retourne prendre ta poussière.
C'est le grand jour : le concert de Stratovarius. Je prends 3 Doliprane en prévisions et j'y vais. Au menu : Thunderstone, Symphony X et Stratovarius. C'est sûr, c'est pas très fin comme musique, mais c'est bon. N'empêche je suis tout seul, personne n'a voulu m'accompagner. Thunderstone. Ah, quel grand moment de bonheur, un guitariste du tonnerre, du grand spectacle. Symphony X. Trop violent pour moi, trop Heavy en fait. Le chanteur nous fait son petit blah blah à un moment et annonce qu'il a demandé sa copine en mariage la veille, au sommet de la tour Eiffel, et qu'elle a dit oui. Je le note, ça pourra servir un jour. Enfin Strato, un spectacle terrible, un jeu de scène fantastique, du grand art. Retour chez moi à 1h du matin, la tête comme un ballon, mais heureux.
Isa est passée à la maison récupérer des places de cinéma. C'est cool. Isa était une super amie, mais à partir où elle n'a plus travaillé avec moi, elle a commencé à couper les ponts, à ne plus trop nous parler, ne plus trop sortir avec nous. D'autant qu'on peut le dire : elle a un caractère de merde, une vraie plaie d'Egypte cette fille. Bref, ça faisait bien un mois que je n'avais pas eu de ses nouvelles, à part un pauvre bonjour à l'escalade, et voilà qu'elle me téléphone vendredi. "Coucou, tu peux me prendre une carte UGC au Comité d'Entreprise ce midi ?". Ben voyons, et je te l'envoie en recommandé accusé de réception aussi ? Bon, je lui ai pris sa carte et elle devait venir la chercher aujourd'hui entre midi et 13h. Elle a téléphoné à 10h40 ! Zut, je dors moi à cette heure là ! Finalement elle est passée chercher sa maudite carte à midi et demi. On n'avait presque rien à se dire, nous qui étions confidents il y a quelque temps, ambiance glaciale. Elle part à Toulouse le 1er Juillet avec David. Bon débarras ! J'en ai marre de ses humeurs.
A 14h j'avais rendez-vous devant Notre Dame avec André et
Stan pour se faire un resto et une petite balade. Il fait un temps de merde, pas
gagné la balade. 14h, j'arrive au métro Cité. Elle est où Notre Dame ? L'ont
déménagé ? En fait je suis nul en orientation, je me perds tout le temps, il
doit manquer un truc (entre autre) dans mon cerveau, la partie GPS ou la
boussole. Et donc je ne trouve pas Notre Dame, je suis même infoutu de savoir
dans quelle direction elle se trouve. Un flic. Merci seigneur !
- Moi : Excusez moi, bonjour madame, je cherche Notre Dame s'il vous plait ?
- Vénérable agent de la force publique : C'est juste à gauche derrière le
bâtiment.
Bon, ok j'ai l'air d'un touriste, 5 ans que j'habite ici
et je suis toujours pas foutu de trouver Notre Dame. La honte, je suis la honte
de cette ville. Même les touristes sont plus doués que moi. J'arrive en retard.
Stan veut nous mener dans un petit resto français "pas trop cher et très bon"
(dans sa bouche, ça veut dire menu >30€). Bon, on trouve le resto. Fermé.
Génial, c'était pas prévisible cette affaire. C'est au tour d'André d'en
proposer un (moi je n'ai rien à proposer, de toute manière je suis perdu, je ne
sais même pas où l'on est alors de là à savoir quel resto correct se trouve dans
les environs ...). On y arrive, la bouffe est bonne, le service correct et la
note... "pas chère" (28€, c'est tout relatif). En plein resto, on en vient à
parler de préservatifs. Bon, faut dire que ce n'est pas anodin. Ca faisait un
bail que je n'en utilisais plus et récemment j'ai du en racheter. Et j'ai pas
été top content de mon achat. Bon, je vais tomber dans le grivois, mais c'était
comme embrasser au travers d'un sac plastique. J'avais oublié que c'était si nul
au niveau sensations en fait (mais c'est super important d'en mettre, sinon plaf,
vous êtes morts). Avec Marie la question ne se posait pas, avec Ange il n'y a
pas eu de problème, mais ma dernière boite, c'était pas l'extase. J'en avais
parlé à Stan au détour d'un verre (le nombre de conneries que l'on peut dire
autour d'un verre) et un jour il m'appelle en pleine journée :
- Stan : Salut ! Je suis au Marais devant une pharmacie, tu veux que je te
prenne des préservatifs particuliers ?
- Moi (au boulot, en pleine réunion) : Oui, c'est cela, j'en prendrais deux.
- Je te dérange ? Tu veux lesquels ?
- Ecoutez, je suis en pleine réunion, vous pouvez me proposer quoi ?
- Bouges pas, je vais voir le présentoir : King Size, Ultra Fins, Ondulés, Super
épais pour introduction anale (ben voyons !!!), ceux qui brillent dans la nuit,
aux fruits, les classiques pourris dont tu m'as parlé. Je te mets les deux dont
on parlait la dernière fois ? (top secret, faut deviner lesquels)
- Tout à fait, merci beaucoup, bonne journée.
Maintenant Stan me fait mes courses de préservatifs. La
déchéance. Et aujourd'hui il m'a apporté mes boites au resto. La grande classe.
On a donc parlé des mérites de telle ou telle marque, catégorie, etc...
En sortant, on décide d'aller au ciné ("Dreamcatcher"). Il
reste un peu de temps avant la séance, on est aux Halles, dans le quartier un
peu 'hot'. On décide d'aller dans un sex shop voir ce qu'il se fait de beau en
préservatifs, après tout, il ne s'agit pas que d'en parler. On est un peu gênés
mais on arrive à en trouver un pas trop glauque. On passe devant le rayon cuir /
métal, les cassettes vidéos / DVD, on arrive au rayon accessoires et latex. On
est interpellé par les godes. Il y en a un absolument terrible, un truc
monstrueux, en latex noir, 10cm de diamètre pour 40 cm long. Une force de la
nature, le genre de truc qui, s'il rentre, vous laisse des cicatrices à vie. On
est tous un peu amusé par l'engin. André le touche du bout du doigt et c'est à
ce moment là que le bidule se met à osciller, le socle bien ventousé au
présentoir, la tige dodelinant... du gland. Faut bien s'imaginer la scène, un
gode grand comme un bras de bébé qui oscille gentiment devant nous, nous
pointant du gland de temps en temps. On commence à tourner les talons lorsque le
vendeur s'approche de nous. Un grand black musclé. Immédiatement je pense au
gode. Surtout ne pas éclater de rire. Rester sérieux.
- Vendeur : vous désirez quelque chose de particulier messieurs, c'est pour
offrir peut être ?
- Moi : euh, en fait je voudrais voir votre stock de préservatifs.
- Vendeur : Ok, ici vous avez les king size, les ultra fins, les classiques, les
à la vanille, ceux à la menthe.
- Stan : A la menthe ! J'ai un pote qui m'a dit qu'il s'est tout irrité la
machin et celui de sa copine avec ceux à la menthe !
- Moi : Euh, c'est tout ? Merci au revoir...
Bref, un peu décevant le stock. On réussi à partir, évidement en sortant on croise un troupeau de jeunes filles (touristes à priori) qui nous regardent avec effroi. Gnagnagna, je suis un grand pervers, viens j'ai des bonbons chez moi et une voiture de dealer ! Grrr. Une bonne journée finalement, on s'est bien marrés. Le film était sympa. Et ce soir Carine vient dormir à la maison. On passe toute la journée de demain ensemble. C'est trop beau.
Un bonne journée. Si si, ce fut une bonne journée. Carine est venue dormir à ma maison hier soir, juste après sa garde CR. C'était vachement bien d'ailleurs, elle devait finir à 22h30 et venir juste après avoir rangé. Elle est arrivée à... minuit et demi. Pratique, la soirée était forcément bien entamée. Ca ne nous a pas empêché de nous mettre tous les deux sous la couette pour mater des épisodes de "Un gars, une fille". Ensuite on est allé se coucher. Dieu que c'est bon de dormir auprès d'elle. On s'est levé à 13h30 aujourd'hui, on est resté toute la matinée au lit. Elle est même allé chercher des croissants / pains au chocolat (bon, faut dire qu'elle avait plus de cigarettes donc elle devait sortir). Et on a passé l'après midi à comater sur le canapé. On s'est regardé "Requiem for a dream". C'est sûr, c'est pas joyeux comme film, loin de là, mais c'est tellement bien. On a parlé de sa mère, de son petit frère. Demain je suis même invité à aller boire l'apéritif chez elle, son père sera là. Hum, ça, ça va pas être triste je sens. Ensuite elle est rentrée chez elle. Une journée terrible, vraiment.
En fait le fait de revoir Requiem for a dream m'a rappelé des souvenirs que je croyais avoir oubliés. Quand j'étais plus jeune, vers 10-12 ans, mes parents et moi allions souvent passer nos week-end dans un petit studio au bord de la mer. On y avait des voisins très gentils, un couple de jeunes, Hélène et Loïc. Ils étaient fans de bandes dessinées, en fait ce sont eux qui m'ont fait découvrir les BDs "adultes", j'entends pas là autre chose que les Tintin, Gaston Lagaffe et trucs du même acabit. Chaque week-end donc ils me prêtaient des BDs je découvrais de nouveaux auteurs. Ce sont vraiment eux qui m'ont fait découvrir ce monde là, qui m'ont initié. Loïc allait souvent faire les courses au marché en mobylette pendant qu'Hélène restait au Studio. Il travaillait dans une célèbre boite de nuit de Sanary, le Mai Tai (elle existe toujours, c'est même une des plus célèbres du coin), en tant que barman la nuit et comme pizzaïolo le jour dans le restaurant à coté, il était aussi très fort pour faire des tartes flambées. Un jour pourtant, Loïc n'est pas revenu du marché. Hélène s'inquiétait un peu, à l'époque les portables n'étaient pas répandus et on n'était pas au courant d'un problème aussi facilement que maintenant. L'hôpital a appelé dans l'après midi. Une voiture a grillé un "cédez le passage" et a percuté Loïc. Dans le choc il a eu la jambe prise dans la roue de sa mobylette, elle a été broyée, il a fallu l'amputer. Quelque week-end plus tard nous l'avons revu, il portait une prothèse en plastique, une fausse jambe, et arrivait un peu à marcher. Mais ce n'était plus comme avant, il avait perdu de sa joie de vivre, on l'avait viré de son job, ça n'allait plus trop bien avec Hélène. Elle l'a quitté quelques mois plus tard, elle n'arrivait plus à assumer, elle ne pouvait pas vivre avec lui, elle ne comprenait pas son handicap, elle n'était pas assez forte. Loïc a fait une dépression, il a commencé à boire, on le voyait rentrer complètement blindé. Il a commencé aussi à faire des crises d'épilepsie, et il se détruisait de plus en plus. Il s'est mis à prendre de la drogue. Ca je ne l'ai su qu'à la fin, quand tout s'est arrêté. Moi je voyais juste à l'époque que le gars sympa qui me prêtait des BDs changeait, devenait violent, insultait les gens et perdait tous ses amis. Lors d'une crise d'épilepsie particulièrement violente il s'était même sectionné le bout de la langue, ce qui rendait son élocution particulièrement difficile dans ses derniers temps. Un jour mes parents sont venu me voir dans ma chambre et m'ont raconté ce qu'avait dit la Police. Cela faisait une semaine que Loïc n'était pas sorti de chez lui, les propriétaires avaient fini par enfoncer la porte. L'appartement était en vrac, les étagères renversées, les BDs déchirées, les toilettes et l'évier étaient bouchés par du papier toilette, il y avait de la bouffe moisie par terre, tout était repoussant. Et Loïc était mort, allongé par terre, depuis quelques jours déjà. Je n'ai jamais connu la cause exacte de sa mort, on n'a jamais voulu me le dire à l'époque et depuis le sujet est un peu tabou. Mais d'après ce que j'ai pu entendre, il s'est fait un shoot un peu trop puissant et à commencé à faire un mauvais trip, suivi de convulsions et d'une crise d'épilepsie. Puis la drogue a du faire son effet, sûrement une overdose. Hélène n'est pas venue à l'enterrement. En fait il n'y avait pas grand monde à l'enterrement, peu de membres de sa famille étaient pas là, il y avait mes parents, mon oncle qui le connaissait bien. Il aurait fêté ses 29 ans cette année là je crois. Renaud chantait "Putain de Camion", moi pense à une voiture, je me demande bien ce qu'est devenu le conducteur de cette voiture, comment est sa vie maintenant, s'il se souvient encore du petit gars rouquin qui transportait des fruits et légumes sur sa mobylette qu'il a renversé ce jour là, s'il ce demande ce qu'il est devenu.
Putain de camion - Renaud
Putain c'est trop con
Ce putain d' camion
Mais qu'est-ce qu'y foutait là
Putain de vie d' merde
T'as roulé dans l'herbe
Et nous, tu nous plantes là
J'espère au moins qu' là-haut
Y a beaucoup moins d' salauds
Tu nous laisses avec les chiens
Avec les méchants les crétins
Sous un soleil qui brille moins fort et moins loin
J' voudrais m' blottir dans un coin
Avec Marius avec Romain
Pleurer avec eux jusqu'à la saint-glinglin
Putain j'ai la rage
Contre ce virage
Et contre ce jour-là
Où tu t'es vautré
Dire qu' c'était l'été
Dans ma tête y fait froid
J'espère au moins qu' là-haut
T'as acheté un vélo
Lolita a plus d' parrain
Nous on a plus notre meilleur copain
T'étais un clown mais t'étais pas un pantin
Enfoiré on t'aimait bien
Maintenant on est tous orphelins
Putain d' camion, putain d' destin, tiens ça craint
Enfoiré on t'aimait bien
Maintenant on est tous orphelins
Putain d' camion, putain d' destin, tiens ça craint
Hier...
J'ai passé une soirée épouvantable hier soir. En fait pour
bien situer les événements, il faut dire que j'ai eu un coup de fil d'Alex hier
matin. Comme j'étais au lit avec Carine, je n'ai pas répondu. Je l'ai rappelé
après que Carine soit partie : il vient de se faire larguer par Stéphane et va
assez mal, il est au bar avec des potes pour oublier. Je connais bien Alex, je
sais qu'il est capable des pires trucs quand il est déprimé, mais comme il est
entouré, je ne m'inquiète pas.
Le soir, au moment de me coucher, Alex me téléphone. Il va
visiblement très mal, il a un peu du mal à s'exprimer et me raconte l'histoire.
En gros Stéphane l'a trompé et le quitte pour son amant, ils sont venus le voir
à la maison pour récupérer ses affaires et l'ont un peu violenté. Et là, il est
seul, il déprime un max. Et je sens qu'il y a un truc qui ne va pas.
- Moi : Alex, va dormir, reposes toi, ça ira mieux demain... Tu as des potes
pour s'occuper de toi demain ?
- Alex : Oui, j'aurai plein de messieurs en blanc pour prendre soin de moi
demain.
- Alex, t'es pas drôle, arrête de déconner, tu vas pas faire de connerie ?
- Mais non, tu me connais...
- Justement, t'es suffisamment bête pour faire ce genre de connerie. Tu vas rien
faire, hein, tu fais pas de connerie, hein ?
- Et si c'était déjà trop tard.
- Oh seigneur, t'as rien pris Alex ? Hein, dis moi que t'as rien pris ?
- ...
- Putain de merde, t'as pris quoi ? T'as pris un truc, t'as pris quoi ?!
- Mais non, j'ai rien pris.
- Arrête de te foutre de moi, t'as pris quoi !
- J'ai bu deux verres de Pastis et j'ai pris 6 Doliprane et 6 Xanax.
- Oh merde, oh merde, oh merde... Putain tu fais chier. C'était quand ?
- Il y a quelques heures.
- Alex, je sais pas quoi te dire, je sais ce que tu peux ressentir, tu m'as vu
en Décembre, moi aussi j'ai pris des médocs, j'ai bu n'importe quoi, j'ai roulé
à 180 sur le périph en espérant me planter pour en finir, merde, ça apporte quoi
tout ça ?
- Oui mais au moins tu souffres plus après, tu es en paix.
- Mais merde, ça va rien changer. Et nous, tu penses à nous ? Nous on reste
derrière avec notre peine et nos regrets bordel, tu as toute la vie devant toi.
- Te fous pas de moi s'il te plait.
- Ecoute, je suis désolé, mais Stéphane n'en vaut pas le coup, s'il te plait,
fait pas de connerie, je t'en supplie, si tu te flingues, on viendra te faire
chier sur ta tombe tous les jours !
- Ouais mais j'aurais les oreilles décomposées, j'entendrai plus rien.
- M'en branle, j'irai embaucher un Marabout pour qu'il vienne te faire chier
dans l'au delà ! "Monsieur Alex, un appel longue distance depuis la terre...
Oui, c'est pour quoi ? ALEX c'est nous, tu fais chier, pourquoi t'as fait ça !"
- Ah ah ah, t'es trop con...
- Alex, je t'en supplie, fais pas de connerie.
Autant les Doliprane, avant de se suicider avec il faut en
vouloir, autant les Xanax, c'est plus dangereux. En fait Alex est complètement
Stone, il me raconte sa vie, je la connais si bien sa vie, ses peurs pour
l'avenir. Il a peur de finir seul, de ne plus jamais se trouver de mec, il
m'explique que pour les homos c'est plus dur de trouver quelqu'un. Moi je ne
sais pas quoi faire, j'ai envie d'appeler le Samu immédiatement pour qu'ils
aillent le voir, j'ai peur qu'il meure pendant la nuit, je m'en voudrais toute
ma vie, et je lui parle, je l'empêche de dormir, je veux être sûr qu'il va bien.
Je repense à ce que l'on dit souvent : "Quelqu'un qui veut se suicider, s'il
veut vraiment mourir il ne se rate pas, s'il le crie sur tous les toits, c'est
qu'il a juste besoin d'aide". En même temps Alex est capable des pires conneries
par amour et il n'a plus rien à perdre de toute manière, qu'il meure maintenant
ou plus tard ne changera rien, à part la date. Et du coup nous parlons, je luis
dis qu'il n'est pas le seul à souffrir, que c'est trop bête de vouloir mourir
pour un mec, qu'il n'en valait pas la peine. On a parlé du bon vieux temps, de
nous et Marie en Suède. Il m'avoue qu'il voulait sortir avec moi à l'époque, je
le savais bien sûr, que je plais énormément aux homos, qu'une fois il avait même
failli me tomber dessus dans le sauna. On se fait du mal avec nos souvenirs...
Il me dit qu'il a téléphoné à une amie à Montpellier dans la journée, qu'elle
s'est inquiétée elle aussi et qu'elle a appelé le Samu. Ces derniers lui ont
téléphoné dans la journée pour lui parler, savoir ce qu'il avait pris, s'il se
sentait bien. Il leur a menti en disant qu'il n'avais pris que deux Xanax avec
de l'eau. Il me parle de sa cousine lesbienne qui a tenté de se suicider au
Lexomil il y a deux mois, elle a avalé une boite complète de cachets, elle a
juste réussi à se faire dormir pendant deux jours complets. Putain de famille,
putain Alex, change de potes. Le seul truc qui me rassure vaguement c'est qu'ils
sont tous nuls en médecine et qu'ils ne connaissent rien aux médicaments.
Je le quitte à 1h du matin, il va vaguement mieux, en tout
cas il semble assez lucide. Je lui promets de le rappeler le lendemain à 10h, il
n'ira pas travailler de toute manière. S'il ne répond pas je lui envoie les
flics et le Samu, donc je me fous de savoir s'il dort, il aura intérêt à
répondre.
Aujourd'hui, 10h
Coup de fil à Alex, Seigneur, faites qu'il réponde. Les
sonneries s'enchaînent, puis il décroche. Merci, merci Seigneur. Il était en
train d'écrire une lettre à Stéphane, il doit le revoir ce soir pour lui donner
ses affaires, cela faisait 4 ans qu'ils vivaient ensembles, ils se sont même
pacsés. Il a encore pris des trucs, une boite de Célestène avec du Pastis,
putain il fait chier !!! Il n'a plus de Xanax, en fait il n'a plus rien dans sa
pharmacie.
- Moi : Putain Alex, arrêtes de déconner comme ça, je sais pas moi, prends de
l'homéopathie, le machin là, "Sédatif PC" c'est super bon contre les coups de
déprime, j'en ai pris des tonnes ça ne fait pas mal et ça te rend heureux.
- Alex : Tu as déjà vu quelqu'un se suicider à l'homéopathie toi ?
- Putain t'es con Alex, arrêtes de prendre n'importe quoi, tu vas juste arriver
à te filer la gerbe ou à devenir accro à un truc, y'a plein de cortisone je
crois dans le Célestène, tu vas gonfler comme une baudruche en plus !
- Bon, t'inquiètes, je vais aller me prendre un bon bain, ça ira mieux après.
Je le savais que tout était trop beau en ce moment pour moi,
tout allait trop bien. Je dois être allergique au bonheur, maintenant tout
s'effondre autour de moi, je porte la poisse à mon entourage ! Putain je
m'approche plus de Thomas ! Mais pour Alex ça me faire grave chier, je ne sais
pas quoi faire. J'ai peur de lui envoyer le Samu, il risquerait de m'en vouloir,
de se braquer et de faire encore plus de conneries. Je vais le rappeler dans
l'après midi.
11h09
Brrrr brrrr, mon portable vibre. J'ai reçu un SMS.
"Alex Portable :
Adieu"
Oh merde. Je lui téléphone illico.
- Moi : Alex !
- Alex : c'est qui ? (il est en larmes)
- c'est Paul.
- Ecoutes Paul, je peux pas te parler, bisous.
Il raccroche. Je sais pas quoi faire. Je sais pas quoi faire. PUTAIIIIIN
!!!!!!!!!!!!
Bon, j'attends 10 minutes... Je rappelle sur son fixe. Ca ne répond pas. Bon, ok
il s'est ouvert les veines dans son bain, je vais appeler les secours, pourvu
qu'ils arrivent à temps, je connais pas son adresse, zut, je sais y aller mais
je connais pas sa rue, le SAMU ils peuvent le savoir ça, non ? Bon, je tente son
portable. Ca répond.
- Moi : Alex, tu fous quoi là ?
- Alex : (complètement stone) ben je suis dans mon bain, à poil, il y a plein
d'amis qui sont venus (il a du faire un envoi de SMS massif à mon avis), ils me
regardent tous et le fixe n'arrête pas de sonner, je fais quoi, tu ferais quoi à
ma place toi ?
- Moi, rien. Je ferais *RIEN*. Tu vas bien ?
- Non. Enfin si, je vais pas bien mentalement, mais physiquement je vais bien.
Bon, je te rappelle cet après midi, bisous.
Oh putain, c'est moi qui vais le tuer s'il continue comme ça, il va me faire
mourir de peur s'il continue comme ça. Je le hais !
Journée de repos. J'ai passé l'après midi avec Carine et sa soeur dans un parc près de chez moi. On a joué au Tarot des heures durant. J'ai eu un coup de fil d'Ange : comme je retourne voir mes parents ce week-end, j'avais proposé à Ange de la voir, avec Caïn. Le rendez-vous est donc pris. Enfin, elle n'a pas parlé de lui mais en même temps je ne me fais aucune illusion. Il sera là. On ira vraisemblablement dans un salon de thé très tendance, la bonne blague, j'adore le goût de Ange pour l'ironie : c'est dans ce même salon qu'elle m'avait fait une déclaration l'an dernier, la dernière, ensuite il y a eu Caïn. Je sens que cela va être dur de la revoir, j'espère que tout se passera bien. Je croyais l'avoir oubliée. Ben j'y arrive pas. Mais elle avait l'air plus joyeuse au téléphone, j'espère qu'on pourra redevenir amis, comme avant. Oui, comme avant...
Alex est toujours en vie, tout ce qu'il a réussi à faire avec ses médicaments c'est à se shooter un peu, c'est tout. N'empêche je me suis un peu renseigné, même le Doliprane (à haute dose) peut être mortel. En tout cas à priori il a plus rien du tout dans se pharmacie et il ne peut plus rien avoir sans ordonnance. Pas de grandes news dans l'ensemble...
J'ai eu Alex au téléphone. Ca ne va pas mieux, loin de là,
mais au moins il est encore en vie. Il est allé voir un psy avec sa cousine (la
lesbienne qui a voulu se suicider au Lexomil, bonjour l'ambiance !) qui lui a
filé des cachets pour dormir. Du coup il dort presque toute la journée. Je ne
suis pas persuadé de l'effet bénéfique de la chose, mais au moins ça le repose.
La sage parole du psy a dit "Croyez moi, ça fait 30 ans que je fais ce métier et
j'ai étudié la psychologie homosexuelle, votre ami, dans 3 jours ou 3 mois il
est de retour". Ben voyons. Il vaut mieux qu'il soit de retour dans 3 jours
sinon Alex va péter un câble. Il faudrait que je téléphone à Marie pour lui dire
qu'Alex va mal. En même temps si elle l'appelle, il saura que c'est moi qui ait
tout balancé. Je n'ai pas envie de lui provoquer de nouveaux soucis (en plus
elle doit pas avoir forcément envie d'entendre ma voix vu que ça plus d'un mois
que je n'ai pas de nouvelle d'elle) mais je pense qu'elle pourrait le
réconforter un peu. Je ne sais pas trop quoi faire. Je vais lui envoyer un mail.
Voilà, un mail, c'est bien !
J'ai finalement appelé ma mère pour planifier mon week-end.
Grand réunion familiale en prévision, les 50 ans de mariage de mes
grands-parents maternels. Yeepee, ça va déchirer, je suis mort d'impatience. Si
si si. Bon, d'accord, je suis mort d'ennuie rien que d'y penser. Et comme
d'habitude, ma mère, commandeur suprême de la sainte inquisition a tenté de me
soutirer des informations sur ma vie privée. C'est son droit, mais à ce petit
jeu là je suis le plus fort. Enfin presque, j'ai gaffé lundi soir :
- Mère Torquemada : Tu as fait quoi aujourd'hui ?
- Moi : j'ai dormi jusqu'à treize heure et après *on* a avalé des croissants,
euh, *j'ai* avalé des croissants.
Zut, j'ai fait une boulette, elle a réussi à me faire parler. Bon, elle a pas
l'air d'avoir relevé mais futée comme elle est, elle va tenter de me faire
cracher le morceau ce week-end. Elle est rusée la bougre. Et tout à l'heure,
c'était le même combat.
- Elle : Tu fais quoi Samedi matin à part dormir ?
- Moi : euh, rien, je présume que j'irai acheter les fleurs avec toi, non ? Et
l'après midi je suis pas là, j'ai rendez-vous avec Ange.
- Ah, elle va bien ? Vous allez où ? Vous passez la soirée ensemble ?
- (tu veux savoir si je sors encore avec elle aussi, noooooon !!!) Au Shambala,
un salon de thé tibétain au cours Julien. Ils m'ont donné rendez-vous à 14h (en
fait elle n'a jamais prononcé le prénom de Caïn mais s'il est un minimum
intelligent, il se fera un devoir d'être présent). Et non, je ne passe pas la
soirée avec elle.
- Ah, elle vient avec son copain ?
- ... oui
- Tu le connais ?
- Non je l'ai jamais vu.
- Elle fait quoi Ange maintenant, elle a bientôt fini sa thèse ?
- Non maman, tu le sais bien, je te l'ai déjà dit, elle en a encore pour presque
un an. Elle passera bientôt à la télé dans "C'est mon choix : thèsarde à 27 ans
j'ai vouée ma vie aux études" si elle continue comme ça.
- Et elle aime ça ?
- (putaiiin mais arrête de me prendre la tête avec Ange, ça fait deux jours que
je pense à elle, arg...) Mais oui, sinon elle l'aurait pas faite. Bon, je te
téléphone vendredi soir avant de prendre mon train, bisous, smack.
Je le sens bien, elle regrette que je ne sois pas sorti avec Ange, elle adorait
cette fille, en plus je suis sûr qu'elle comptait sur elle pour me ramener dans
le Sud. Maman, maman, si tu savais. Je n'arrive pas à me concentrer aujourd'hui,
je ne pense qu'à elle, j'en ai des crampes d'estomac.
... Encore son répondeur. Oui, j'ai tenté de lui téléphoner,
en fait je lui ai envoyé un SMS tout gentil ce matin, et là elle est encore sur
répondeur. Au moins je peux écouter sa jolie voix sur sa messagerie. Je crois
que c'est clair, je suis obsédé par elle, je ne peux pas la sortir de mon
esprit. Dans 2 jours je la revois, je suis si excité, mais j'aimerai tant la
voir en tête à tête pour pouvoir lui parler, m'expliquer, m'excuser, lui dire
que je ne veux pas l'embêter, que je vais la laisser vivre tranquille, heureuse,
que peut être nous n'étions pas fait l'un pour l'autre, si finalement, elle
était faite pour moi, mais pas l'inverse. Je ne peux pas lui parler dans la
journée à cause de son boulot, et le soir, je sais que Caïn rode dans la maison.
D'ailleurs je le vois que je vais mal en ce moment. J'ai exhumé un vieux CD de "The
Cranes" que j'écoute en boucle dans ma voiture le matin. Dans le style
mélancolique et dépressif, y'a pas mieux. Mais surtout... c'est sur ce CD que
nous avons fait l'amour la première fois. Et Ange s'en souvient très bien. La
dernière fois que je l'ai vue, alors qu'elle me raccompagnait chez moi, en
larmes, elle avait mis la K7 dans la voiture. Elle m'a regardé, le visage
trempé, d'ailleurs moi aussi je pleurais ce jour là, puis elle a fouillé dans la
boite à gants pour trouver la K7 et l'a mise. Dès les premières notes, j'ai
reconnu le morceau. 10 ans que je n'avais pas écouté cette chanson et pourtant
je l'ai reconnue immédiatement.
- Moi : Les Cranes... c'est ça ?
- Elle : Oui, c'est ça.
- Tu t'en souviens aussi ?
- (sèchement) Bien sûr !
- Je suis désolé, vraiment je suis désolé, je ne peux pas.
- (sèchement) Tu n'as pas à t'excuser, je comprends, j'aurais du voir que ce
n'était que de l'amitié, c'est de ma faute, je n'aurai pas du me faire
d'illusion.
- Ange, je t'en supplie, tu sais bien que ce n'est pas vrai, ce n'est *pas* de
l'amitié. C'est plus que ça.
Nous sommes arrivés chez moi. C'est la dernière image que
j'ai d'elle : partant en voiture, en train de pleurer et moi la mort dans l'âme
me disant que je faisais la plus grosse connerie de ma vie.
Je me souviens d'une fois où j'étais allé lui rendre visite à Bandol, je devais
avoir 16 ans, un truc comme ça. Elle m'avait mené sur une plage, sur des rochers
au bout d'une digue.
- Ange : c'est le rocher des amoureux, il y a écrit "Perdition" (sic !) sur un
rocher. Quand une fille emmène son copain ici et que le mec trouve le rocher, ça
veut dire qu'ils sont fait l'un pour l'autre. Cherche le pour moi (grand
sourire).
Et j'ai cherché, j'ai regardé au loin, sous moi, j'ai cherché
de longues minutes. Et je n'ai pas trouvé le rocher. Elle ma regardé tristement
et du regard m'a indiqué l'eau. Le rocher était devant moi, au fond de l'eau. Je
ne l'avais pas vu alors qu'il était en évidence devant moi, j'avais juste à me
baisser pour le voir. Ange, je t'avais devant moi toutes ces années et je ne te
voyais pas. Si seulement j'avais ouvert les yeux plus tôt.
J'ai téléphoné à Ange hier soir. Elle était radieuse. Elle
revient d'une semaine de vacances avec Caïn, ils ont eu besoin de faire un break
dans leur thèse, ils n'en pouvaient plus. A croire que j'aime souffrir. Quel
besoin j'ai eu de l'appeler, j'espérais quoi ? Quelle se soit séparée ? Qu'ils
soient en froid ? Ben voyons. Ca va être dur, très dur.
Heureusement Carine est là, elle m'a envoyé un texto super
mignon hier soir, elle m'aime je crois. Thomas m'a invité à manger chez lui hier
soir, il m'a dit d'inviter aussi Carine, il est impatient de la voir. Carine est
d'accord, reste plus qu'à trouver une date.
Dans la série "je remue le couteau dans la plaie", j'ai eu un
coup de fil de mon père cette fois :
- Lui : Salut fiston, blah blah, maman m'a dit que tu voyais Ange demain après
midi.
- Moi : mouais
- Lui : elle sera avec son copain ?
- Moi : (décomposé) voui.
Mais pourquoi ils s'obstinent à me renvoyer à la gueule le
fait qu'elle soit avec quelqu'un ? Ils veulent quoi ? Que je me fouette avec des
orties fraîches comme pénitence ? Non j'ai trouvé ! Je vais tenter d'empoisonner
Caïn samedi après midi : au Shambala il y a un petit thé absolument abominable :
un truc à base de thé fumé (moi je dirai pourri) et de lait de Yak caillé. Une
infection, ça ruine n'importe quel estomac. Je vais tout faire pour qu'il en
commande un. S'il en meurt pas il va tellement puer de la gueule ensuite qu'Ange
ne pourra que le quitter. Hier au téléphone elle disait qu'elle a rempli un
dossier de je sais pas quoi pour bosser dans le cadre de sa thèse :
- Ange : je sais pas trop où je vais atterrir, s'ils me proposent un poste à
Lille, ça ne m'arrangera pas (moi si ! elle serait loin de Caïn et plus près de
moi !!!)
- Moi : Et euh, à Paris ? Il n'y a rien ?
- Ah non, j'ai rien vu sur Paris. (et merde !!!) Par contre il y a un poste à
Marseille, ça m'arrangerait carrément, c'est juste à coté. (tu parles d'un
bonheur ! C'est à 20 bornes ma belle, c'est pas cette distance qui mettra en
péril ton couple).
Bref, c'est pas gagné. J'en ai marre, le temps reflète mon
humeur : gris et humide. Carine m'a téléphoné, j'en ai profité pour la remercier
pour son texto.
- Carine : j'ai hésité avant de l'envoyer, j'avais un peu honte mais je me suis
dit tant pis...
- Moi : ben il était super mignon, c'était gentil !
- Oui, mais c'est un peu trop gentil justement, trop fleur bleue.
- Un peu "Amour gloire et beauté" finalement, non ?
- Oui c'est ça : trop romantique.
Mais bordel, si même les filles ont peur de leur sentiments
maintenant, où vas ùt'on ? J'ai besoin qu'on soit gentil avec moi (ouais enfin,
je me comprends), qu'on me dise je t'aime, j'ai besoin de preuves d'amour, il
n'y a que ça pour me sortir Ange de la tête. Tout simplement, pour une fois dans
ma vie, j'ai besoin d'amour.
J'ai besoin d'amour - Starmania
Son regard a croisé mon regard
Comme un rayon laser
J'ai été projetée quelque part
Ailleurs que sur la Terre
Au secours, j'ai besoin d'amour
Au secours, j'ai besoin d'amour
Avec lui, j'ai envie de danser
Pieds nus dans la lumière
J'ai envie de marche sur la mer
De planer dans les airs
Au secours, j'ai besoin d'amour
Au secours, j'ai besoin d'amour
Comme la Terre a besoin du Soleil
Comme les étoiles ont besoin des étoiles
Comme le ciel a besoin de la mer
Comme l'été a besoin de l'hiver
J'ai besoin d'amour
J'ai besoin d'amour, j'ai besoin d'amour
J'ai besoin d'amour, j'ai besoin d'amour
J'ai besoin d'amour, j'ai besoin d'amour
Comme j'ai besoin de musique
Comme j'ai besoin de lumière
Comme j'ai besoin, j'ai besoin d'air
Juste un peu d'amour
J'ai besoin d'amour
Juste un peu d'amour
J'ai besoin d'amour
Juste un peu d'amour, juste un peu d'amour
Comme l'oiseau a besoin de ses ailes pour voler
Comme la Lune a besoin de la nuit pour briller
J'ai besoin d'amour, besoin d'amour
Juste un peu d'amour, besoin d'amour
Besoin d'amour, j'ai besoin d'amour
J'ai besoin d'amour, j'ai besoin d'amour
Juste un peu d'amour
Juste un peu d'amour
Juste, un Peu d'amour
Pas envie d'en parler, pas maintenant, blackout.
L'anniversaire de mariage s'est bien passé, toute la famille était là, ma grand-mère à quand même réussi à placer son "dis moi mon chéri, c'est quand que j'ai une arrière petite fille ?". Ben voyons ? Déjà c'est pas gagné que cela soit une fille, ensuite, je tiens à te rappeler que je ne suis plus avec Marie au cas où le message se serait perdu en cours de route. Lâchez moi tous. Enfin, j'ai avoué à ma mère que je sors avec quelqu'un en ce moment, ça lui a fait plaisir, elle pense que je vais mieux. A part ça le week-end a été cauchemardesque. Mes parents n'ont pas arrêté de me parler d'Ange. J'aurais jamais dû la voir hier, j'ai trop mal. Je pensais pouvoir assumer, non je n'y arrive pas, c'est pire qu'avant, tous les efforts que je faisais depuis des mois pour l'oublier et accepter ont été réduits à néant, balayés d'un coup. Et j'ai mal. Je ne supporte plus ma ville, je ne peux plus voir Marseille en peinture, ma si belle ville, j'en viens à la détester. Déjà Vendredi j'étais plein d'appréhension alors que le TGV s'approchait, mais Samedi ça a été le pompon.
Carine m'a téléphoné dans l'après midi.
- Carine : Coucou mon amour, tu vas bien ?
- Moi : Bof, c'est pas la joie.
- Tu as vu tes amis hier ? Comment vont ils ?
- (elle ne sais pas qui j'ai vu hier) J'ai revus des fantômes, bébé, trop de
fantômes...
- Tu as de mauvais souvenirs ?
- Oui et non, des mauvais c'est sur, mais aussi des bons et je ne sais pas
lesquels sont les pires. J'ai hâte de rentrer à Paris. J'ai un peu du mal là...
- Ah bon tu n'es pas content de rentrer chez toi de temps en temps ?
- Non, bébé écoutes parlons d'autre chose s'il te plait. Dis, tu veux venir me
chercher à gare de Lyon ce soir s'il te plait ? (je suis si mal, j'ai besoin
d'elle aujourd'hui, ce soir).
- Euh, je sais pas, il arrive à quelle heure ton train ?
- 21h41
- Ah non, c'est trop tard, je suis claquée, désolée.
- On se voit demain alors ?
- Je sais pas, peut être, tu dois pas aller à l'escalade normalement ?
- J'ai pas envie, vraiment pas envie.
Ca va pas du tout en fait. Vendredi soir Carine est allée à
la foire du trône avec Pascal, RV et d'autres amis. Je suis un peu jaloux. Elle
s'amuse et moi je vis un véritable enfer mental ici. Et elle ne veut pas venir
me chercher à la gare, j'ai tant besoin d'elle, elle est la seule à pouvoir me
réconforter, me ramener dans le présent.
Je prends mon satané train. Je quitte enfin cette maudite ville. Ca ne va pas mieux. J'ai des crises d'angoisse, j'ai la nausée. J'ai envie de chialer. Je me remémore samedi après midi. Ange, Caïn, nos souvenirs, Milène, Julien... J'ai observé le moindre des gestes d'Ange, comme quelqu'un que je ne reverrai pas avant longtemps. Et le pire c'est que cela risque de ne même pas être le cas. Tout cela est si ironique, ma vie est une farce. Chercher le défaut, ne plus l'aimer, la trouver laide, la trouver inintéressante. Rien n'a marché. Dans le train, le mec en face de moi sort un bouquin : John Gray "Les hommes viennent de Mars, les femmes de Venus". Bon courage gars, j'ai déjà lu ce bouquin à la recherche d'une formule magique et j'ai rien trouvé.
Le train arrive en gare. Enfin de l'air, je vais marcher, me
concentrer sur autre chose. Une fille attend son copain et se jette à son cou.
Pour moi il n'y a personne devant mon wagon. Je suis à l'autre bout du quai.
J'ai au moins 100m à marcher avec mon gros sac. Il y a une entrée pour le RER,
je continue jusqu'au bout du quai, on ne sait jamais, un miracle peut toujours
arriver, un ami, une connaissance. Je pense à Ange, à Carine. "J'ai revus des
fantômes, bébé, trop de fantômes...". Plus que 10 mètres. Une jeune fille me
regarde, hilare... Carine est appuyée contre le wagon de tête, fière de sa
surprise. Elle est venue à la gare, pour moi. Je me jette dans ses bras.
- Moi : Oh bébé, bébé....
- Carine : héhé, je savais depuis vendredi soir que je viendrais, tu vas bien
mon chéri ?
- Mieux depuis 2 minutes. Tu ne peux pas savoir le plaisir que tu me fais.
- C'était si éprouvant que ça Marseille, je t'ai manqué tant que ça ?
- Tu n'as pas idée bébé, tu n'as pas idée...
Finalement les miracles existent. Carine sera peut-être mon salut tout compte fait. Mais j'ai perdu contre moi même ce week-end, j'ai eu trop mal en revoyant Ange. C'était trop tôt, ce sera peut être toujours trop tôt. J'ai mal, j'ai tellement mal. A l'aide ...